les secrets de lutin

poésie et textes...Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

14 novembre 2009

Femme accroupie

Une nouvelle escapade au musée Rodin

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Je suis nue sur une table tournante
Position ordonnée
Corps soumis
Dépossédé
J’aime vos yeux
Humiliation jouissive
Je vous laisse  déshabiller le plus profond de mon être
Scruter les angles de ce corps docile
Pénétrer de vos pupilles dilatées l’ondulation de mes courbes

Asservie je pivote sur une table tournante
Toutes faces examinées
Dépouillées
J’aime vos mains
Intrusion enivrante
Je vous laisse habiller ce marbre de mes formes les plus profondes
Sculpter mon indécence exigée
Lacérer ma peau à coup de ciseaux
Envahir de vos doigts déliés les plis de mon intimité

Femme accroupie
Esclave de vos exigences
Cœur aliéné de dépendance
Corps approprié
Je suis un bronze prisonnier
Glacé d’indécence
Sur place publique

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Lutine

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10 novembre 2009

Ecrire de lutine -

J'ai beaucoup aimé le "Ecrire de Marguerite Duras", voilà comment je l'exprime.

...On parle d'inconscience quand la plume prend votre main, mais c'est cette magie que nous recherchons dans l'écriture, se lire et découvrir justement cet état couché sur la page blanche devenue noire de notre intérieur. Est-elle vérité ? je pense.

C’est étrange comme c’est indispensable d’être seule pour écrire. Comment s’intérioriser pour extérioriser si des parasites s’agitent  autour de vous, juste le silence pour compagnon ou une musique permet ce recueillement. L’amoureux de l’écriture est un animal sauvage qui a besoin de se replier le temps de l’accouchement d’un texte.

Je vois au bord de l’écriture comme à l’aplomb de la falaise ce mouvement plongeant pour aller au fond de moi. Le vent se nourrit de mes pensées et lit en moi comme dans un livre ouvert, celui que je ne connais pas encore. Dans le sifflement de sa trajectoire il transporte mes états d'âme les mixant  aux éléments. Sous la brûlure du soleil ils me reviennent en cortège de cendre et les doigts s’agitent sur le clavier.

Je ferme les yeux pour sentir la liberté, dans le noir je sors du carcan imposé par notre mode de vie, passant de l'état conscient à l'inconscient, la peau se lisse, les muscles se dénouent, ou l'inverse, se produit un dédoublement.

Devenir aveugle quand on sait que ce n'est pas irréversible. Un doux moment quand s’emballent les mots du cerveau à la pointe de l’épée. Avez-vous remarqué que les couples ferment les yeux quand ils font l'amour.

J’écoute toujours la même musique, celle qui réduit mon champ de vision à un point fixe dans le vide, et je danse en suspension vers le point final mais ce n’est jamais la fin dans le martèlement des touches, le leitmotiv des sons rentre en moi, là, face à cette table où tu es présent.

Je vois dans la peinture les images de mon écriture. Je laisse courir sur la trame ma vie mise à plat.

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Sous la chair il y a un coeur qui bat.

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lutine

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09 novembre 2009

Ecrire de Marguerite Duras

"Il y a une folie d'écrire qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.

L'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait rien de ce qu'on va écrire. Et en toute lucidité.

C'est l'inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n'est même pas une réflexion, écrire, c'est une sorte de faculté qu'on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d'une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible, douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d'en perdre la vie.

Si on savait quelque chose de ce qu'on va écrire, avant de le faire, avant d'écrire, on n'écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.

Ecrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait - on ne le sait qu'après - avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. Mais c'est la plus courante aussi.

L'écrit ça arrive comme le vent, c'est nu, c'est de l'encre, c'est l'écrit, et ça passe comme rien d'autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie."

Marguerite Duras

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J'adhère tellement à ces mots, je les ressens si profondément, que j'ai du les lire mille fois cette semaine, et c'est ainsi que j'ai écrit lors de la création de mon blog dans son en-tête

Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

lutine

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06 novembre 2009

Symphonie

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Il y a ce vertige intérieur
danse solitaire
les yeux veulent être autre que pierre
du désert, la larme la plus cruelle
celle qui sèche à l’intérieur
s’est s’échappée

S’écoule le déluge
couvrant le visage d’une robe de sel
en couches successives de peau
jusqu’à paraitre blanc
parfaitement habillé

Vêtue de soie
je vous offre une flute de champagne
pour l’éloge de nous
dans la bouche des torrents de mots

Les glandes lacrymales ont inversé le sens
les arbres bientôt nus reflètent nos visages
enfermés tout  l'été, et si c'était la fin

Mélangés nous nourrissons la sève   
au printemps à quelles cimes serons-nous séparés
les haies dans la tête deviennent obsession
fantômes dont on ne peut défaire les draps

Enroulée sur un banc, je contemple l’envol des oiseaux
les paumes des mains en feu , respirant l’air empoisonné
l'hiver est une prison comme le lac gelé de mes yeux

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lutin - 07-10-2009

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04 novembre 2009

Il y a des nuits

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Dans les jardins du musée une oeuvre de Rodin

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Rien ne s’oublie – c’est incrusté sous la peau
Les habitudes des mouvements dans le lac glacé

Les pas craquent sous le poids lent de l’absence
s’écoule le silence du même habit vêtu

Il faut apprendre à dormir dans les courants d’air
dans l’isolement – sans la bûche près du feu

La main s’est échappée – c’est la voix
dans le couloir de nuit sombre

Sans respiration les yeux ne se ferment plus
le clocher sonne la fuite des odeurs - des heures aussi

Il y a des nuits - c’est la natte du temps tissé
S’instaure une relation étrange comme le vent que l’on attrape du bras

On le blottit là où les reins craignent le vide
On s’appuie dessus pour croire en la peau

La chaleur se dégage, et la voix monte de l’autre côté du rideau

C’est une descente lente dans le corps
le sucre des mots jamais entendus - jamais savouré

Si tu n’ouvres pas les yeux tu peux y croire
c’est chaud, c’est mou
mort à la fois - un corps en sommeil

Celui que l’on pose tout contre les reins
en boule ne pense pas – époux de tes formes
dans le lit il te prend le cou – t’emporte




lutine - 04-11-2009

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02 novembre 2009

Virages

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31 octobre 2009

Page blanche

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Reste avec moi mon amour, il n'est pas besoin d'un miroir pour se regarder nus, la page pleine suffit. La nervosité de la plume, l’appui de l’encre sur la feuille donne l’intensité du moment, nul besoin du reflet. Etrange main qui donne le caractère de la relation.

Les choses mortes ne m’intéressent plus, ne raconte pas les phrases du passé, il est mort, regarde la feuille est vierge, le passé est un néant. Notre présent est une autre histoire, la naissance d’un livre. N’aie pas peur mon amour de cette amnésie naturelle, quand je tourne la page, quand je pose le livre, l’enfant renaît dans l’attente du premier amour.

Reste avec moi mon amour pour le début de la phrase dictée au futur, en italique elle prend la pose d’un devenir, le vent entraîne le mot amour au-dessus de l’horizon. C’est une question de vie ou de mort ce mot sur la page silencieuse.

Et je remplis la page comme le peintre étale sa peinture sur la toile, guidé par les sentiments le poignet ne ment pas. La fleur dépose son point, le papillon met l’accent sur la lettre. La force est dans le trait, elle vient du cœur mon amour quand ses pas se déplacent sur la moquette rouge.

Tiens-moi la main mon amour, notre chambre est un grimoire, une autobiographie à quatre mains enlacées pour mieux tenir la plume. L’encre séchée laisse une odeur incrustée sous la peau, des pastels au mur tels des nus dans le miroir signent notre dédicace, le fusain trame un couple, la sanguine pointe son nez quand les lèvres se touchent.

Il est presque l’heure de tes pas dans l’escalier, mes doigts se bloquent sur le clavier, j’écoute le silence, j’attends ta main sur la page blanche, tes yeux sur mes doigts pour me dicter ce que je ne sais pas encore, des levers de soleil.


lutine

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28 octobre 2009

Paris le 27 Octobre 2009 - Paris couronnée

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Oiseau j’ai nourri ta main de mon sel

m’enroulant dans le paysage de tes doigts
en son creux - les grains sur mes ailes
j’ai arrêté le sens - dans une cage
spirale d’or autour du cou -  je me pends

Je suis l’anneau

écrivant sur ton dos
la patte cerclée de l’oiseau - migrateur
quand le vent un peu plus me porte
vers l’épuisement
à l’intérieur - notre démesure

J’ai couché les bourrasques

comme la vague contre le sable
quand la peau se tord – eau contre vent
notre premier geste
autour de nous - rien que le sel

Notre écriture sur le dos

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lutine

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27 octobre 2009

Anatomie

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Les volets sont nos paupières

La porte, notre cerveau clos

Nos cils sont les stores vénitiens que nous baissons
pudeur ou frayeur, comme l'œil ressent

L’armoire que nous transportons est notre nez
l’enfance peut-être, et ses fantômes

La bouche, cette prison de chair

Muette, mouillée des mots retenus
elle trempe dans son bocal salin
la langue, ce poisson sans écaille (poison)
lèvres closes

Une émotion perpétuelle
le bruit des bracelets que tu cales à tes pas

Il y a l’écriture qui encombre la tête
et les mains voyagent en se tordant les doigts

Une vibration permanente
l’écho non verbal
qu’elle pouvait toucher de ses ongles transparents

En équilibre sur une branche
un matin elle a senti la mort battre son ventre
bouchant les trous de son anatomie



lutine - 26-10-2009

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25 octobre 2009

Il y a des jours

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Ronda - Andalousie

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On croise les heures
entre les jours d’un pont à l’autre
il fallait s’éviter alors que fondent les pas
se confondent les corps
le regard est une longue écriture

Sur les branches on entend respirer les nuages
les pulsations s'agitent au point de chute
et la peau frappe dans le virage à découvert
la sueur laisse des traces d’encre sur la margelle
au bord on la laisse disparaître

Tout s'envole quand le mouvement cesse
le parfum des nuages aussi
demain dans un filet de lumière on lira le sel imprimé

Il y a des jours l’écriture n’y peut rien
dans le vide des mots
on enterre les pensées comme on retrouve la vue
sous la colère des heures perdues
la terre vient se fermer

Il y a des jours Pénélope défait son travail
comme dans une passoire ne reste que le bien
le mal parti au tout à l'égout

Il y a des jours où tout est rose en apparence
alors que dessous est un concentré de particules grises
en mouvement



lutin – 25-10-2009

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23 octobre 2009

3 D

Les_mendiants

http://isabercee.wordpress.com/ ( huile sur toile de Isa  avec son autorisation)

J'ai envie de remonter ce texte là, je l'avais écrit en Juin 2009

A voir aussi le lien concernant Magritte que je viens de rajouter

Je me lève, il suffit de bouger le corps, je pense que la violence est là aussi dans ce geste impossible qui va de "la chambre d'écoute" au salon jusqu’à la salle de bain quand l’eau coule sur le visage pour s’extraire de son propre corps. Rescapée entre sommeil et vie, je m’étais effacée dans la tension de l’animal aux aguets, l’œil méditant l’éveil.

Je croyais que la violence était dans les cris, la guerre et le sang, alors qu’elle est dans la tête prenant figure humaine, dans l’image projetée, chaque image est une histoire, chaque histoire fait des images, un château de cartes que l’on pousse avec la porte, une lame de fond froide sur la peau.

On dit que la violence est partout, même quand on laisse peser le silence jusqu'à l'ignorance, c’est écrit dans les journaux chaque matin, à l’heure du café, sur la bordure de la table. On en parle à la télévision et on se sent agressé, c’est un bourrage de crâne sans gant sur le ring, le feu embrase l’esprit. Le soir j’entends respirer les nuages, ils passent à toute vitesse jusqu’au matin. Le jour pointait quand il a percé ma nuit, sorti d’un  imaginaire palpitant, sa substance couchée dans les méga octets d’un ordinateur.

Je l’attendais depuis des pages sur le dos, dans la couleur monochrome de la nuit, voilà comment j’ai rencontré son livre, il a frotté ses yeux comme un enfant pour adapter la fente de ses pupilles au noir de la chambre, il s’est arrêté là, les doigts près de mes paupières, il doit oublier les mots en suspension, j’effleure les lettres incrustées sur la peau, il ne se défait jamais de ses histoires et du processus des images qui s’emboitent comme un puzzle à la manière d’une autre écriture.

Quand se referme le livre, l’amour transforme l’espace, devient une œuvre bouleversant la lumière sous la caresse des paumes, le regard tout entier scrute et fait le vide sous la pulsion. L’amour n’est pas porteur, on ne l’écrit pas en première page, pourtant l’amour est violence quand les corps se prennent dans un consentement mutuel. On ne parle pas du paradis blanc quand la main se tend, de la force puisée en soi, de la matière entrant dans une troisième dimension. A l’intime de soi, les mains inventives pétrissent, triturent, la fouille dominatrice efface l’information, les écarts de langage interdits, à grands coups de butoir. Dans l’espace médiatique il n’y a que violence et maltraitance.



lutine

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la chambre d'écoute de René Magritte

Sens de l’œuvre

            Nous assistons là à une perturbation de l’ordre réel : on ne retrouve pas la pomme dans la nature mais emprisonnée dans une pièce, dans laquelle elle est surdimensionnée. Cette pomme disposée dans un environnement nouveau perturbe le regard du spectateur et l’ensemble devient incompréhensible pour quelqu’un qui cherche la réalité ou qui est habitué aux visions banales et quotidiennes.

            La présence de cette pomme peut être ressentie comme une menace pour certains : et si ce fruit était le reflet de l’homme qui a grandi, s’est développé dans le même environnement et qui ne peut plus s’échapper? Ou encore en changeant de point de vue sur l’œuvre (cf la note en fin d’exposé) une pièce qui exprimerait l’évolution technologique qu’ont les hommes, et qui dégrade et empiète sur la nature. Ce qui est représenté par l’emprisonnement de la pomme. La fenêtre qui appelle le regard, cette échappée vers la mer et le ciel, évoquant l’infini et le mystère, est devenue un rêve inaccessible. Et pourtant il y avait peut être quelque chose derrière…

            D’autre part à cause de sa ressemblance avec une pièce à l'architecture médiévale, et de la sensation de hauteur prodiguée par la vision offerte au travers la fenêtre on pourrait penser que cette pièce est en fait la cellule d'un donjon et que les couleurs qui peuvent représenter des sons différents sont en réalité (si l'on considère notre point de vue comme véridique) enfermés. On peut alors ressentir des sentiments de claustrophobie, d'enfermement.

http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=Oeuvressurreal&e_id=6057

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22 octobre 2009

D'après les article L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle

Creative Commons License
les secrets de lutin by B. Delage est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

l'article L.111-1 du Code de propriété intelectuelle prévoit que "L'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code." A ce titre, je vous remercie de ne pas vous approprier les textes publiés sur ce blog.

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21 octobre 2009

J'ai oublié le sens

J'ai oublié le sens

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si la musique gène votre lecture  cliquez sur le micro en bas à gauche de votre écran pour enlever le son

lutin - 25-05-2009

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Mots blancs

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20 octobre 2009

Cri primal (ou Kaléidoscope)

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........       Il y a l'évidence qui surgit, les silences qui hurlent, la vague d'encre jetée au visage. Un ras de marée couvait sous une mer d'huile ramenant sur la plage les cadavres cachés au fond des placards, des morts à moitié fantômes dans leur semi présence. Dans la tête un clocher sonne les heures, en écho une voix promenée en bateau.


J’ai marché tard à la lisière de l’eau la tête dans le miroir, les pieds râpant le ciment, quelqu’un sifflait très fort, tout était calme aux alentours. Il y avait le masque frisant la démence, l’eau claire reflétant les pensées infusées, drôle de tête pensent les poissons moqueurs au-dessous expirant quelques bulles, l'air est pesant au-dessus, quelqu’un crie à l’intérieur, vous êtes dans un monde sans oxygène.

Embrassant le vide j’ai senti le vent soulever le cheveu, décoller la racine, libérant le mâle. Trébuchant j’ai vu plier mon corps, j’ai vu mes mains fouiller la terre, mes propres bras enserrer ma tête pour en faire un toit, les doigts écrasant les paupières pour fermer les volets, les ongles crevant l’œil pour ne plus jamais voir, même pas le brouillard.

Il faut crier et pourquoi ne pas chanter ou danser sa révolte dans le fumier. Cela brûle follement quand on bascule le tympan éclaté, c’est la peur qui rentre dans le corps, l’esprit qui sort, c'est un dédoublement de soi et pourquoi je pense à ce film d’horreur, l’exorciste, une tête à 180° fait le tour du passé crevé sur le pavé.

Les démons en forme de mensonges jaillissent dans le noir visant la tête, j’ai peur des balles perdues, je rampe sous les portes craquant l’allumette pour ne pas me cogner, je fais silence en moi pour ne pas déranger les voisins,  je ne suis là pour personne derrière les rideaux, je dors la porte ouverte, les flashs sont cruels sous les fenêtres, coquelicot cueilli dans la campagne, écrasé dans la main, je suis tombée empoisonnée.

J'aime les anges qui marchent avec moi emportant comme un drapeau noir la dernière étreinte et le désir sous l’étoffe. Allongée comme l’animal attaché à son arbre, l’entaille au poignet, mes mains comme deux nœuds de vipère frappent au centre de la terre la regardant sous ses jupes.

Je vais mordre la rage dans la mâchoire, le mouchoir entre les dents, je vais pousser mon premier cri primal. Je ne suis pas folle, on a volé mon sang, les mains malhabiles cherchent encore dans un panier de linge sale un ultime coït pour lui tordre le cou.

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lutine

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17 octobre 2009

Liberté

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.....J'ai honte de faire partie de ce bourbier, on me raconte tout. Je referai le chemin à l'envers chaque nuit. Elle me noue la gorge jusqu’au bout des membres, des ongles, jusqu’à la racine du cheveu. J'ai honte que ma vie fasse partie de ce mélange de chair dépravée. J'annulerai chaque pas, chaque caresse. On y bat les cartes, à qui sera Reine de cœur, Roi de pique et toi le Valet de chambre. J'ai envie de me récurer pour tout effacer jusqu'à l'intérieur du crâne. Je voudrais devenir amnésique pour que cette honte me quitte jusqu'à la disparition du jeu posé à l'envers sur le bûcher des ensorceleurs, je resterai l'As quoiqu'il arrive.

La lutte se termine, les cartes mélangées sont brûlées, la vie cramée, le noir est là, l'ombre sans lumière rentre dans la couleur. Les arbres ne sont plus seuls, les ceintures noires prennent leur élan et le fou aussi contre les chiens en chaleur. Les murs se rapprochent, tes mains les happent, on t’appellera l’homme ventouse à attirer l’asphyxie.

Vous croyez qu’ils sont seuls à courir ainsi, non cela commence sympathique, puis cette envie vous la connaissez, chacun son tour, mais manque de bol la banlieue est petite. Le cerveau habite une maison dont on rétrécit les murs un peu plus chaque jour jusqu’au cm2. Le fleuve tuera, le cœur en dehors, hors champ. Tiens bois un coup, se suicider cela ne se fait pas, ce n’est que parole pour attirer l’attention. C’est celui qui ne le dit pas qui le fait.

Aujourd’hui le ciel est vide. Elle me libère telle une mouche mise en scène pour réfléchir à son propre sort. Elle n’est qu’un concentré de particules à la recherche de l’éphémère, quelques grains de poussières en suspension, quelques hommes aussi en pointillés.

Il fallait cela pour que l’araignée tisse sa toile et que la spirale se mette en marche dans sa revendication biologique. Dans sa dentelle tissée à la rosée du matin elle sera ficelée, mangée, la menthe religieuse, d’une ceinture noire étranglée et pendue comme l’anneau omis autour de son doigt. L’anneau ôté est inscrit dans les anales de l’histoire comme le vagin unit une signature sans bavure.

Ce matin les éboueurs ont ébranlé les vitres libérant le cerveau habité, dans la télévision il y a eu de la neige, les acariens ont fui le lit. Sentez ! Non pas avec le nez mais avec les yeux ce qui s’est déversé dans la benne, les mensonges et les odeurs ayant fait leur chemin, je vous laisse frémir, cela ne me plait pas cette histoire de musée agricole pour le bien public préférant le requiem de Verdi aspirant à la vérité nue sans artifice.

On n’est pas seul dans un parc mais dans la maison on y est si seul que l’on écrit des livres inconnus mâchant le papier et les feuilles et c’est ainsi avec l’écriture que je comprends que je suis loin de tout à méditer devant des vitraux translucides la chair et le sucre. L’écriture je ne la dirige pas c’est elle qui me tient la main m’entraînant autour de l’église. Nous sommes maintenant séparés. J’arrose ma liberté, on peut embrasser la pierre grise, la toucher, pleurer et l'aimer mais cracher sur la décadence l’entraînant au cercueil.

Tout est parfaitement en ordre sur la table recouverte de tubes de peinture tordus. Raclé au couteau le noir au dos de la toile tue la mouche mise en scène, la menthe religieuse, sans  faim, sans fin, reste la guerre des arbres morts et le chien. J’arrose ma liberté, la mouche m’a libérée. Cela s'est fait progressivement pour en arriver là. Les genoux se cognent et puis le froid est entré.



lutine - 17-10-2009

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15 octobre 2009

Le "Point de Fuite" de B

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B - deuxième étape

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Tu es seule assise à l’abri de la ville
tu n'es pas malheureuse dit la souris
tu as de la peine
tu n’entends rien derrière le vitrail bleuté
c’est une cathédrale habitée de vies sorties de l’esprit
il faut tendre l'oreille, elles y chuchotent
les spots au-dessus éclairent le ciel
se décuplent dans les fenêtres éteintes
elles sont si fragiles qu'elles risquent de se faner d'oubli
on doit te voir
toi le rêve qui ne parle pas mais exprime du regard
sur le fil de l'invincible

.

La terre est en bas trempée de pluie
les pas fuient sous les parapluies aux baleines fragiles
les arbres  humbles se couchent
les cheveux de ces dames s’envolent
les parapluies se retournent
tu es au centre du manège
l’ange gardien juché sur son nuage de fortune
quand frappe la tempête
l'air entre par les fenêtres
un rayon de poussière s'élève à toi
dans le vertige d'une nuit sans sommeil
les jambes repliées et les yeux fixes

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lutin/B - 15-10-2009

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12 octobre 2009

le "Point de fuite" de B l'horizon

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Acrylique sur toile 46 x 55

B - 1ère étape

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10 octobre 2009

Point de fuite

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Je suis allée voir l’immensité
les ruelles blanchies qui se cognent
semées de pavés glissants
comme les mots barricadés dans la tête
nous sommes des éclopés
exclus du monde au point de fuite
coulés dans le béton jusque dans nos livres


Il ne me reste que 1500 jours du sable à la mer
comme les tortues courent à l’eau
comme le chasseur d’éclairs face aux orages
pour écrire un énorme livre et ne plus être entre deux livres
toutes les angoisses sont dans les phrases
dans la manière de décrire une porte
une fenêtre autour desquelles tout s’articule
jusqu’à la perspective d’une mort certaine


Je ne lutterai pas pour devenir poète muet
assise sous le porche d’une voie sans issue
j’ai besoin de ma mémoire
du rose et du noir
du printemps et de l’hiver
de laisser couler mes pensées à écriture haute
comme le vent forme la tempête
le faisant tomber dans le piège
pour devenir vivante
l’écriture n’est pas une protection
on peut mourir quand s’évadent les pensées
alors que s’écartent les barreaux

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lutine - 09-10-2009
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07 octobre 2009

Seul Dieu est vainqueur

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Zoom sur l'écrit

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Traduction

Wa lâ ghâliba illâ Allâh

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Seul Dieu est vainqueur

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Ces mots se répètent tout autour de l'Alhambra

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Une fenêtre s'est ouverte
    au milieu des branchages
          blondeur oubliée du vent
dernière feuille embarcadère


  Mais l'alcôve du vert
     replie sa douce béance

Et je comprends soudain
  mes chaînes lourdes au soleil
pétales décousus
lents comme la fleur du désert

un poème de Viviane dont les mots vont si bien avec cette photo prise à l'Alhambra

http://www.vlamarlere.com/article-36343418.html

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