les secrets de lutin

poésie et textes...Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

11 mai 2008

Virevolte

danseuse

Fusain - Acrylique

lutin - 12-05-2008

Posté par lutinB à 13:06 - Main libre - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2008

Débris de mots

louise_bourgeois

Sculpture de Louise Bourgeois

Il fait encore nuit
le corps déboulonné dans le sable
il y a la tempête dans la tête dévissée
loin du coeur elle gît
une tornade l’a emportée tordant la bouche autour du cou
en nœud marin
coulant le long de la gorge
elle a l’air ravagé
autrefois les seins rebondis
elle sentait bon

Les oiseaux tourbillonnent
en éclaireurs piquent du bec
un festin à l’heure de la faim
une bouillie de mots éjectés
entre les dents à manger

Macabre direz-vous
vos pensées si fortes prennent voix
sur vos visages froissés
à multiples facettes
la vermine prend forme
la lance de vos yeux crève le cœur
ainsi gisent les opprimés
veines éclatées
ventre à terre

Il faut écrire sans détour ce que les mains ressentent
avant la gifle fatale
une tige de fer se tord
elle a perdu les formes voluptueuses du plâtre qui l’emmurait
orpheline au sol elle se rouille
le sel rampant sur la matière
le corps à ses côtés en milles morceaux s’effrite

Il y a la vague saline qui souffre croisant le fer
salie elle recule pour mieux revenir
têtue elle piétinera
progressivement digèrera
atmosphère étrange en bord de mer
un semblant de couleur monte au ciel
un soleil peut-être
de la chaleur pour brûler le tout
faire table rase à coups de flammes




lutin – 05-05-2008

Posté par lutinB à 16:46 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2008

Ephémère

DSCN1158

Les mots de sable au sang de mes doigts
je les grave
les croyant immortels
tant ils sont sincères dans le balancement de la vague

J'oublie qu'elle va monter
j'oublie qu'elle nettoie naturellement les plages
qu'elle efface la vie humaine pour marquer la terre de la vie marine

Je voudrais être étoile de mer
je voudrais être escargot de mer
je voudrais être tout
sauf humain 

Des paroles jetées en l'air

je suis cerf-volant

au-dessus de la plage en déséquilibre

je pique du nez pour marquer la fin

Je suis sous-marin

dans le ventre de la mer

gronde ma carcasse désarticulée

à sang elle colore le sable de mes mots

Je suis l’ombre sur la plage

à la recherche de la veille

entre les grains de sable

silencieuse je chasse le vent

lutin -05-05-2008 

Posté par lutinB à 11:50 - Ecriture libre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mai 2008

Achille

Achille_mort

.

.

Du papier froissable on voudrait faire du bronze, une matière invulnérable brillant au soleil représentant un pharaon dans la vallée des Rois.

On a tous voulu cela un jour.

Je m'y suis accrochée et je me suis ensablée comme tant d’autres.

Quand je marche mes pieds s’enfoncent à devenir humides, à trop creuser ils ont pris l’odeur du puits des morts.

Dans mes mains j’ai mis une matière noble à pétrir, de l’or dégoulinant dans l’interstice de mes phalanges.

J’ai senti le feu remonter au poignet, au coude, à l’épaule, dans ma nuque penchée sur l’ouvrage, des gouttes d’émotion perlant de ma peau, mes boyaux secoués d’une nervosité telle que la matière en rebondissait le long des parois en crampes successives.

Petit poucet mal éduqué j’en ai perdu ma route donnant au corps médical une litanie suspendue au plafond. J’ai un trou dans la maison qui prend pluie. J’ai l’orage dans la tête, la tempête dans le ventre, le vent sur la couche.

Une pierre éclatée s’est enfoncée dans le cosmos à la rencontre de la dé fusion, happée elle a laissé sa racine à arroser, une tête évidée comme la coquille de l’escargot avalé d’un coup de langue.

Je vomis un goût d’ail sous le palais quand le coq reçoit le premier coup de couteau dans la cuisse.

Il faut écrire maladroitement  ce que les mains ressentent si bien sur la rive pleine de promesses abandonnée à la hauteur de la faille.  Il faut encore respirer tant que le sarcophage est ouvert, tu n’es pas mort comme Achille.

De la pâte in modelable on voudrait faire du fer forgé à planter au sommet des églises, girouette météorologique des amours pour demain, comme nourriture quelques grains de sel au bout de la queue pour immobiliser le temps.

J’ai fait des nœuds avec les veines, j’ai tressé les muscles, j’ai cousu la peau, j'ai mouillé le talon.



lutin - 04-05-2008

Posté par lutinB à 00:15 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

Un marbre, un fusain

la_ch_telaine1

Fusain d'après un marbre de Camille Claudel

.

Le Regard

.

Elle a peur de la profondeur de l’œil
de la paupière en forme de guillotine
la sentence est dans la pupille quand les mots ne suffisent plus

Elle a peur de la main
quand les doigts secouent les mots sur le papier
le verdict est au bout de l’ongle quand il trace sur le papier l’incision à jamais
le pouvoir des mots ne gommera jamais la distillation

Elle a peur de la voix
caverneuse de sa tombe elle remonte
s’étale en surface et se rassemble en tourbillon
et la voilà capturée
son souffle contre le sien
un lasso autour du cou

Les larmes une à une sectionnées saignent
sur la feuille
la sueur perle
la langue boit l’imaginaire
elle entend la raison glisser son mot à l’oreille


lutin - 29-04-2008

Posté par lutinB à 13:10 - Main libre - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 avril 2008

Nomade

Nomade

lutin - 26-04-2008

A trop chercher je m'ensable et je recommence

Posté par lutinB à 12:08 - Main libre - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2008

Vision du nomade

Vision_du_nomade

lutin 25-04-2008

J'ai voulu la retravailler, je l'ai regardée longtemps insatisfaite, me voilà  en phase avec cet homme qui reçoit la lumière.

Posté par lutinB à 14:51 - Main libre - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2008

Le Nomade

Le_Nomade

lutin - 19-04-2008

Acrylique - 55 x 46

Posté par lutinB à 00:04 - Main libre - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 avril 2008

Ultime

araign_ebourgeois

Il plonge dans sa tête
alors qu’elle perd pied

Elle nage dans son ventre
alors qu’il est dans sa tête

Elle serre les dents pour ne pas l‘avaler
elle ouvre les yeux pour l’oublier

Elle noue ses mains pour ne pas le tuer
elle s’attache les pieds pour ne plus flotter

.

Il pend dans le vide
ses pas à la recherche de la veille

Suspendu  il se heurte à sa folie
et remonte le fil

Gesticulations stériles
de sa démence il en fait un rituel

En nourriture des images en pagaille dans la tête
dans le ventre il ne reste rien

.

Rien que la culpabilité
semée et l’absence nécessaire

Sur la peau la destruction
dans l’oeil le cyclope en mémoire

lutin - 14-04-2008

.

Un transfert : la destruction et la reconstruction du père

louise_bourgeois

Posté par lutinB à 22:30 - Ecriture libre - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 avril 2008

Ombre

Ombre

Sous la première peau

il y a une  respiration

lumière diffuse

voix faïencée

les mots que l’on croyait morts

s’infiltrent sous la nudité

.

Derrière la couleur

il y a la blancheur

des corps qui se mangent

les sons résonnant en cristal

.

Dans un corps déshabillé

il y a une église

un ciel où se retrouver

une chair nue c’est la naissance du monde

.

DSCN2142

lutin - 08-04-2008

Posté par lutinB à 17:28 - Main libre - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avril 2008

A méditer

M_ditation

Je ne suis pas poète
j'écris avec le muscle
et laisse le mot gonfler
l'impulsion

Je ne suis pas poète
je vis avec le sentiment
et laisse le doigt tracer
l'expression

Je ne suis qu'une apparence
des mots de sang
remontés du puits
au poignet

Je suis l'iceberg accroché au glacier
bras émergés
enlacés
aux coudes

Je ne suis rien
que de l'eau colmatée
à fendre
les mots

Au fond du trou
il coule de la neige
sous mes paupières
je ne vois rien


lutin - 02-04-2008

Posté par lutinB à 17:48 - Main libre - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2008

Abandon

.

Abandon

.

Des pas montent l’escalier
les voix continuent de monter
les pas s’arrêtent sur le palier
les voix continuent leur chemin
être l’épuisement d’une attente inhumaine
le regard tourné vers le ciel
face à cette lune qui éclaire une chambre désertée
la tête entre les mains elle broie ses souvenirs
laisse rouler ses larmes sur le plancher
dépossédée d’elle-même
derrière ses rideaux blancs qu’elle froisse
dans l’espoir d’entrevoir l’ombre de ses pas
elle est la douleur inhumaine
elle compte les heures
se raconte des chimères
ne plus entendre les pas
ne plus entendre les voix
à l’écoute du silence
seule à genoux
elle demande à Dieu pardon
une nuit trop longue l’écrase
elle ne peut résister à l’au-delà
à l’aube aux premiers chants des oiseaux
quand le soleil naît à l’horizon
un corps épuisé gît sur le plancher
les yeux clos vidés d’attente inhumaine

lutin - 30-03-2008

Posté par lutinB à 19:00 - Main libre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2008

Yeux clos

.

yeux_clos1

Elle n'est qu'apparence

Tourne autour du cercle

S'enferme à l'extérieur

Elle se déshabille

Baisse les yeux

Femme rejetée

Elle est la vierge effarouchée

.

lutin 29-03-2007

Posté par lutinB à 00:09 - Main libre - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mars 2008

Regard caché

DSCN2030

Prisonnière de ma toile

J'aimerais envelopper ma nudité

M'asseoir près de vous

Quand la nuit devient jour

A genoux vous raconter

L'ombre est une couleur comme la lumière *

.

lutin - 25-03-2008

* Cézanne

Posté par lutinB à 18:43 - Main libre - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

Absence sanguine

fusain

sanguine1

première sanguine

lutin - 21-03-2008

Posté par lutinB à 19:41 - Main libre - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mars 2008

Vieille chouette

Tristement_t

fusain http://devillers.viabloga.com/

.

.

C’est un drôle d’oiseau échoué au fond de la salle prostré entre les chambranles de la porte alors que je suis assise là depuis vingt minutes, on ne peut pas le louper quand soi-même on est chaque semaine assis au dernier rang, on devient spectateur de l’entrée alors que la scène se tient sur l’estrade.

.

Cet oiseau est monté sur deux longues et fines pattes dont on imagine les griffes de harpie , un échassier sûrement, il suffit de lever la tête pour en  mesurer le cou, un pélican même, une membrane molle se balance de gauche à droite à la recherche d’un lieu où se poser. Les flancs marquent la respiration du retardataire, pourtant à vol d’oiseau tout est possible. L’œil à la paupière globuleuse quant à lui reste fixe en dessous d’une tête pointue et fripée de couleur grise en guise de plumage clairsemé. A coups de bec de corbin, perturbateur, il s’est posé à côté de moi, haletant, à perdre le fil de la prose bourgeoise et javanaise qui se lisait sur scène. Dérangée, intérieurement je traite de noms d’oiseau le gêneur et l’envie de le renvoyer  à coups de savates dans son nid près de ses congénères me démange.

.

Reprenons le cours de l’histoire qui se déroule sur scène, comme nous l’avons dit précédemment et comme vous l’avez tous compris, le Dormeur du Val etc.…et me voici perdue, une heure de train pour une heure de cours envolée par des bruits de crécelle entre les sièges d’une salle comble d’élèves assidus.

.

Drôle d’oiseau cette chose pliée en deux couchant des mots en virgules sur une feuille blanche, la tête dodeline de bas en haut doucement, le mouvement se fait de plus en plus brusque, dé vertébré  en génuflexion le cou s’affaisse de plus en plus bas, les yeux sont clos, la tête lâche prise et la voilà posée sur le poitrail bicolore, le volatile s’est endormi laissant choir au sol non un fromage mais la nourriture intellectuelle venue chercher à coups de becquées en ces lieux. Un hoquet, quelques soubresauts, la tête se ressaisit, droite comme un héron à l’affût des mouches qui volent, l’œil acéré. Après quinze minutes d’une sieste en semi-apnée, l’ouïe reprend le cours de l’histoire, le stylo entre des ergots jaunis pose d’autres mots en suspension.

.

Au bout des griffes il y a la main, il n’y a pas d’aile mais elle, un bras décharné, un torse aplati, un cou, une tête, la tête d’une très vieille femme oisive, une chouette peut-être qui dort le jour et vit la nuit. Promis la semaine prochaine je serai au premier rang au chant du coq .

.

.

lutin - 19-03-2008

.

Posté par lutinB à 16:39 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2008

Jeunesse perdue

Un fusain pour quoi faire...aux heures creuses charbonner

DSCN1940

.

Jeunesse_perdue

lutin - 18-03-2008

Posté par lutinB à 14:14 - Main libre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2008

Fumée

.

.

C’est Wagner endossé

à coups de butoir

oreilles agressées

caverne des sons

à vouloir creuser sa tombe

ne plus entendre

elle a soulevé la peau de la mer

cascades de mots en étau

échos barbares

fauchés au bord des lèvres

noués aux chevilles

ne plus sentir

la plèvre perforée de ce monde

cigarette incandescente

elle se jette à l’eau

comme on monte à l’échafaud

puisqu’elle est condamnée

elle se déforme

c’est Liszt cajolant les reins

sonate gommant les traumatismes

les mâchoires de son esprit en perpétuels mouvements

friction de la matière

femme tronc

corps en mutation

cargo de braise

s'enfonçant dans la mer

vidé de sa substance

elle part en fumée

libre, elle sera libre

.

.

lutin - 13-03-2008

Fum_e1

lutin - 10-03-2008

Posté par lutinB à 13:18 - Main libre - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mars 2008

Manhattan

DSCN1800

lutin - 04-03-2008

Acrylique sur toile 38 x61

Posté par lutinB à 16:03 - Main libre - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 février 2008

Verticolor

Verticolor

Rien n’est droit rien n’est penché

il n’y a pas d’horizontal

il n’y a pas de vertical

c’est une diagonale qui s’empale dans la chair bleue

une corde vocale pointant son dard dans la couche d’ozone

pluie d’épines dans le plexus solaire

pente glissante à remonter

tapis roulant à rattraper le fil

épi planté buvant le sang

hématome bleu ciel

des jours noirs

c’est une érection tendant vers l’infini

vaisseau via la mer

en multicolore

une embouchure renversée

un entonnoir fermé

une tangente sans soleil

au choix les rails couchés

hampes hissées

sans drapeau

métal brossé d’espoir

le désespoir au bout gravé

un peu plus bas, un peu plus haut

une combinaison à deux trames

en biais le mur

au centre la clef

c’est un labyrinthe en deux triangles à la recherche de l’angle droit

le phallus érigé

personne ne voit jamais la même chose

lutin – 27-02-2008

peinture acrylique  38 x 46 faite le 27-02-2008

Posté par lutinB à 00:10 - Main libre - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »