Un nouveau regard, les mots qui se détachent

12 mai 2020

Porteur de clef

 

 

DSCN7812-1

 

Repli foetal
alors que la clef est tombée dans l'eau
ce n'était pas une maladresse
cet instant là
lorsque tu as crocheté ton coeur à l'arbre

Ce n'était que lassitude
l'envie de partir
courbé dans l'hiver
 

Et ta main a chassé les étoiles
comme l'on repousse le vent de sable
la clef s'en est allée tout au fond de ta mémoire
éteignant la lumière



Posté par lutinB à 12:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 avril 2020

Un nouveau regard

 

97373149_o

Posté par lutinB à 18:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
31 mars 2020

Autrement/L'autre...ment

Traversée blanche

 

Les balançoires vides tanguent au vent de la nuit
les pieds ont imprimé une dernière page
on en fera un livre de folies
des armées de mots sous la langue.

Il y avait le diamant sous la paupière
les bas de dentelle qui laissent la chair paraître
le sein caché
dans le pull croisé noir près du cœur
une main sur la peau
le baiser sur la main.

Le soir est si doux dans la chambre
quand les draps offrent l’empreinte du livre
les yeux mi-clos dans l’attente de l’ombre qui s’allonge
sur l’oreiller le poids de la tête dessine les rêves
tanguent les mots, s’agite le corps.

Il y avait un grand trait noir sous l’abat-jour du ciel
des jambes longues et silencieuses
des pas si lents au bord du lit
un genou à terre embrasse la main tenant le livre
dans l’amnésie/amnistie du temps.

 

 

Posté par lutinB à 15:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
17 février 2020

L'envie de vivre

 

10801619_10153027105346349_5495571019558697371_n


Je danserai avec la mort

Il y a si longtemps qu'elle tourne autour de moi
Je valserai jusqu'à lui faire perdre la tête

En espérant qu'elle m'oublie
Dans cette folle farandole elle mourra une nouvelle fois
Bien avant moi

La métamorphose du visage
Face à moi ce grand carnassier
Son corps déployé ne m'atteindra pas
Comment ce grand chien pourrait-il me mordre
La peur ne me crispe pas alors que respirent ses narines félines
La main s'avancerait-elle pour éteindre mes yeux

Mes yeux verront son ombre hachée
Anonyme empreinte fugitive
Toujours dans la tourmente du monde
Comme des lambeaux de chair
Creusant sa propre tombe

Je danserai avec la mort
Ma robe de soie en tourbillon
Après une nocturne de lutte
Prise au piège je l’étranglerai
Au coeur de l'envie de vivre

 

 

Posté par lutinB à 17:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
14 février 2020

Rêverie

 

Rêve du soir
Poésie n'a plus corps
entre chien et loup
silence des mots
le parfum si présent 

De l’Est point l' horizon rose
coloriant l'amour blessé
il ne savait pas l'aimer
l'aimait avec son désespoir 

Sur la touche de piano repose la paix
la main s’est arrêtée là
suspendue
dans ses propres blessures 

Les yeux brûlés deviennent lumière
la douceur de la bouche
si loin, si proche
si tendre, tente un baiser
imaginaire
dans l'obscurité, le tremblement des lèvres 

Sur un drap froissé
les yeux, les yeux,
si loin, si proches,
il avait pris sa main dans un rêve

Accoudée, si proche
elle écoute Schumann
Rêverie

 

Posté par lutinB à 11:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 janvier 2020

Autre cercle

 

 32832711_1704003733040611_2329907917131612160_n



Une voix s'éleva d'un long souffle vigoureux

la lune nourrit tant d'ombres détachées du ciel
les volets que l'on tire créent l'invitation aux mirages

Quelqu'un est venu autrement que dans l'impuissance
yeux grands ouverts
naïveté souveraine 

Le bleu du ciel n'arrête pas le regard
nous marchons en dehors de la sphère
liant les corps et leurs noms

Serait-ce l'enfant si longtemps attendu ?
dans la gravité de la terre il avait choisi le jaune pâle du coma
entracte de l'aube
des éclairs habitent son visage 

J'ai posé ma main, là où repose l'esprit qui éclaire le monde
elle a ressenti les vibrations aux épaules de l'hiver
puis le mouvement
dans l'âme l'envie d'être dans le même train

 

Posté par lutinB à 09:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
07 janvier 2020

Pourquoi ?

 

 

 

Sur la route le sang circule, on sent le pouls de la vie, on y danse, on double. Les chevaux sous le capot on se projette en avant. Séparés d’un certain nombre de choses l’aiguille dit toujours plus vite, on la méprise comme la température du corps oubliant le frein. Devant on aura tout le temps de respirer, derrière on n’y croit plus, il n’y a plus l’ombre d’une ombre dans le rétroviseur, juste un radar pour la photo souvenir en noir et blanc.

C’est un jour de semaine sur le macadam, longues herbes dans l’attente de  l’automne et éoliennes croissent et les bras ne pèsent rien. Pourquoi la fumée monte-t-elle au ciel ? Pourquoi le vent transporte-t-il les odeurs jusque dans l’habitacle ? Pourquoi les souvenirs font partie du voyage ? On entend des cris alors qu’ils étaient cadenassés à la roue d’un vélo. Devant les paysages parlent, les champs et les bois ouvrent leurs mains et le fleuve longe le corps. Dans le dortoir silencieux je pense obscurément.

D’hier je me suis retirée très tôt juste avant l’aube, avant le vol bruyant des oiseaux se jetant dans le ciel encore à demi éteint, avant que je ne me réveille tout à fait, avant que les mots ne soient vains préférant l’apparition des framboises, des fleurs et des chevaux. Assise, je déroule la France, les coteaux et les bois. Combien de pâquerettes et de coquelicots avant l’enfance sur le grand drap de la route, Combien de virages dans la pénombre pour aller jusqu’à vous. 

Les bulldozers ont saigné la terre, les hommes ont posé un drain noir conduisant vers le faîte des toits que nous voulons contempler, et nous voici  grimpant aux arbres, aux branches tortueuses, nous enfonçant à nouveau propulsés par l’accélération et l’aiguille qui s’affole comme un météore, c’est aussi le sang qui bouillonne entre réverbération et soleil qui se fane.

Étrange voyage lorsque le réservoir se vide, l’énergie du corps perd  sa puissance, les kilomètres parcourus renvoient à la case départ et les images à atteindre fuguent. Pourquoi les chemins mènent toujours à la maison qui n’existe plus. Tout s’annule, les heures, les choses en hauteur ou en profondeur.

 

 

 

Posté par lutinB à 09:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
12 décembre 2019

Le bruit du silence

 

 

Vous avez tracé des rails de lumière
Un point d'horizon et des maisons tout autour
Des gens qui dorment
Vous avez dessiné les mains le long du corps
De longues enjambées dans la lenteur d'un brouillard floconneux touchant à peine le sol
Vous avez déposé entre deux trains une forme qui fuit quand le pavé résonne aux carreaux

Rien de plus apaisant la main posée sur le monde

Vous avez enfermé les insomniaques derrière le tableau
De l'autre côté de la ville vous avez coupé les ponts
La tête que vous avez voulu bien faite respire l'isolement empêchant le voyage
Bouche muette au bord du chemin c'est une image dans l'image que vous avez décidé de poser
Ouverte à la pluie
A votre langue indicible

Habillée comme vous le souhaitiez
Nue sur le fer à la merci de votre crayon dont vous êtes propriétaire
La colère mange le coin de la rue que vous avez oublié

Tout est métallique
Mystérieusement tendu dans cette forme sans âme
Sans écharpe que votre main a le pouvoir de rayer comme une illusion
Puisque vous avez omis le banc sur lequel la poser

A quelle heure dans ce parfait silence cette rébellion du corps risque t-elle prendre vie ?

Une forme de pensée dont vous perdriez la maîtrise
Faudra-t-il la dissoudre en particules d'acier

Posté par lutinB à 18:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]
22 novembre 2019

Arythmie

 

 

Nous sans le chat

Il n’y a rien que le silence
Et mes pas qui ne veulent pas mourir
Se tordent dans la terre de l’hiver
La boue colmate la semelle
Laissant un trou béant
Les cygnes fidèles m’accompagnent

Les rapaces en habit de deuil craillent leur faim
En couple se détachent des branches nues
De leur marche funèbre
L’œil ironique revendique les lieux

Le noir et le blanc sont ma bannière
Alors que le sang se fige dans mes veines
Il n’y a qu’arythmie
Et cet organe qui ne veut pas mourir
Cogne au thorax comme le bec de l’oiseau
Sur ce  lombric sorti de terre

 

Posté par lutinB à 09:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]
16 novembre 2019

Dans ma tête

 

396461_280799538657892_389319332_n

Dans ma tête il y a des nuits
Des sommeils qui tuent le silence

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux
Du vent sous les paupières
Jusqu’à la vague qui noie les heures

Dans ma tête il y a des avions
Et des oiseaux dedans
Des voyages qui passent
Des déserts enlisés au fond des draps

Dans ma tête il y a la mer
Une prison entre elle et moi
Un fourreau qui protège du froid
Un bas de soie galbant l’insomnie
Dans une chaussure de verre

Dans ma tête il y a des trains
Le noir des tunnels à deux pas de la lampe
Le hurlement du métal contre la peau
Des plaies sorties de mes bras
Des précipices à hauteur d’homme

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint
Prisonnière de l'air
Elle vient chaque nuit noircir les murs

Dans ma tête je suis ailleurs
A la merci des vents contraires
Je suis en plein océan
Fluide dans mon propre poing

Dans ma tête il y a des mouches
Collées sur la bouche
Pris au piège
Le corps s'agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
des mains qui se portent sur le visage
la salive brille et nourrit les heures

 

 

Posté par lutinB à 17:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]