lente macération (suite)
Je n'oublie rien
c'est pour cela que j'écris
mes chants de la nuit
la terre morte de mes jours
L'écriture est mon long voyage
sur le tarmac
on se rejoint
pénible et lent
J'écris à défaut de vivre
si près de
il suffit de laisser infuser
ce n'est pas dormir
Un verre se partage
un écrit se démultiplie
se replie selon
comme un poème de papier sur la table
Il est ma main
qui déraille
et je laisse filer
le reste du corps
Billie - 27-01-2012
Lente macération
C'est l'arbre qui n'a plus de bras
comme si le calque opacifiait
le ciel vide
C'est un visage blanc dans l'espace
masse molle démembrée
il n'y a plus d'air
Tu sais que l'on peut rêver en couleurs
une boîte à musique
et ses ritournelles
Il en tombe de la poudre de rouille
le craquement des os usés
jour à jour le froid sur la peau
Pour avancer
on ôte le clou
et on laisse filer la lumière
*
Ma nuit est mon réverbère
jaune comme la lune
éclairant mon insomnie
Mon chemin est mon clavier
où courent mes doigts
et mes heures de silence
Cette nuit est votre sommeil
le noir est mon clair
livrant tous les secrets
Quand la paix règne
je me bats moi-même
me griffant le visage et la peau
lutin - 24-01-2012
C'est trop tôt ce besoin...
C'est trop tôt ce besoin d'écrire quand l'amour s'en va aussi vite que la poussière. J'ai aimé cette maison au toit de tuiles dont les racines soulèvent la terre jusqu'à la chambre dedans, le manque de bruit, les promenades de nuit dans le ronflement qu'est la mer sans réverbère je l'ai affrontée, l'œil est un guide plus lumineux encore, une façon d'être dans le monde habillé de vent. Ma poésie est une souffrance que je retourne entre les mains comme une pâte blanche écrite au tableau ainsi je ne possède rien du soleil ou de la table et du mur refermé. Aujourd'hui elle est un refuge et c'est elle qui commande le repas à ses heures hypnotiques, méandres de l'arbre des formes et des contours elle m'habite alors qu'émergent les visages du réel. Je ne suis que l'ange, la lumière qui s'éteint, le bruit d'un corps de passage, dedans ce feu qui bouge.
Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer" assez vite, j'effleure, je loupe les trains, les messages des murs, émergent des visages, des yeux encore. Dans ma mise en examen je ne suis pas l'auteur volontaire, juste des mains procédurières pour accompagner la tarte aux pommes renversée au fond du plat, nos sets de table gris et rose flottent au vent emportant les arômes du repas et le parfum de ma peau distillé avec lenteur, on ne l'appellera pas Dévotion juste Envie d'être à la hauteur, Encre je cherche encore la journée devant, le vrai sur la peau.
De toi je ne sais rien si ce n'est que les poils poussent même la nuit, alors que dehors il fait frais j'ai perdu mon rôle au numéro 55 de la rue. Il n'y a pas de cigarette mais je la sens comme l'ivresse si proche du canapé muet dans sa position langoureuse, point lumineux marbré de gris je respire l'intérieur et mes peurs de souliers sur le trottoir. Dans cette maison je m'appelle Barcelone ou Béatitude sur la nappe rectiligne qui n'existe pas lorsque le téléphone sonne, tu hésites à décrocher, tu décroches, yes dis-tu au monde, c'est une pub pour les radiateurs de la mer, les peluches circulent dans la tête.
On est deux face à face, profils captés si peu pressés de s'effilocher tu me frottes le dos jusqu'à la salle d'embarquement d'un nuage d'avion alors que tout se crée dans le cerveau les bateaux mémorisent un désir enlisé où habite le silence et la douche déjà prise.
C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer et ses ponts.
Billie - 14 - 01 - 2012
Tout glisse et tout s'efface
Il n’a pas de visage mais des mains qui se balancent
Pas plus grosses que des hirondelles
Le vent fou travaille pour nous
Impose ses pas comme s’il avait un corps
Sous ses traits déchirés
Amorce le virage nous préservant du vide
Ramenant les odeurs jusqu’à la jambe qui se frôle
Les poussières patinent la peau
Ainsi on se regarde
On s'attrape les bras dans la terre reconnue
Tu coupes l’air et le vent nous mélange
Le bleu et la mer dans un immense murmure
Paupières baissées à la manière des vagues
Nous lient l’esprit comme un chien de chasse devant un gibier
D’hier et de demain nous portons les grelots
Billie
Rêve de soie
B - pastel - 50 x 60
Douce sensation de l’œil
la fente des paupières baille
à même la terre
le monde s’agite dans un soleil blanc naissant
où le froid se dissout
étrange cette sensation d’être accompagnée ainsi
j'avais oublié la douceur
Billie - 18-01-2012
C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer
C'est trop tôt ce besoin d'écrire quand l'amour s'en va aussi vite que la poussière. J'ai aimé cette maison au toit de tuiles dont les racines soulèvent la terre jusqu'à la chambre dedans, le manque de bruit, les promenades de nuit dans le ronflement qu'est la mer sans réverbère je l'ai affrontée, l'œil est un guide plus lumineux encore, une façon d'être dans le monde habillé de vent. Ma poésie est une souffrance que je retourne entre les mains comme une pâte blanche écrite au tableau ainsi je ne possède rien du soleil ou de la table et du mur refermé. Aujourd'hui elle est un refuge et c'est elle qui commande le repas à ses heures hypnotiques, méandres de l'arbre des formes et des contours elle m'habite alors qu'émergent les visages du réel. Je ne suis que l'ange, la lumière qui s'éteint, le bruit d'un corps de passage, dedans ce feu qui bouge.
Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer" assez vite, j'effleure, je loupe les trains, les messages des murs, émergent des visages, des yeux encore. Dans ma mise en examen je ne suis pas l'auteur volontaire, juste des mains procédurières pour accompagner la tarte aux pommes renversée au fond du plat, nos sets de table gris et rose flottent au vent emportant les arômes du repas et le parfum de ma peau distillé avec lenteur, on ne l'appellera pas Dévotion juste Envie d'être à la hauteur, Encre je cherche encore la journée devant, le vrai sur la peau.
De toi je ne sais rien si ce n'est que les poils poussent même la nuit, alors que dehors il fait frais j'ai perdu mon rôle au numéro 55 de la rue. Il n'y a pas de cigarette mais je la sens comme l'ivresse si proche du canapé muet dans sa position langoureuse, point lumineux marbré de gris je respire l'intérieur et mes peurs de souliers sur le trottoir. Dans cette maison je m'appelle Barcelone ou Béatitude sur la nappe rectiligne qui n'existe pas lorsque le téléphone sonne, tu hésites à décrocher, tu décroches, yes dis-tu au monde, c'est une pub pour les radiateurs de la mer, les peluches circulent dans la tête.
On est deux face à face, profils captés si peu pressés de s'effilocher tu me frottes le dos jusqu'à la salle d'embarquement d'un nuage d'avion alors que tout se crée dans le cerveau les bateaux mémorisent un désir enlisé où habite le silence et la douche déjà prise.
C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer et ses ponts.
Billie - 14 - 01 - 2012
Jaune lune
Dune
Nue
Rides de sable
Dans l'attente d'une escarcelle de rêves...
Peau au microscope de notre regard
Quand rien ne va plus
Il pleut
.
Il pleut sur la peau à regarder la lune
Un rire d'exception
Derrière de mes lèvres
De l’eau à laver les pliures
As-tu déjà prié la lune quand elle est bien ronde ?
Où se pose le regard de Dieu
Billie - 15-01-2012
Bleu vers
Inutile d'aimer
de vouloir
le chagrin
Dérive la mer de plus en plus loin
vers l'incertain
Fuit sa peine
Le corps entre la peau
déshabille
Le reste du cerveau
dans l'air
se plie
Billie - 14 - 01 - 2011
Jusque dans la pierre
Sans cesser de regarder l’arbre
à travers un mur de verre
j’étais là à l’intérieur de toi
Prière secrète
.
.
Il y a quelque chose qui se casse
Quelque chose qui bouge
Jusque dans le ciel s’agitent les formes et les couleurs
Les pensées ne savent plus nager
Loin des rives embrassées
Dans l’océan lestées de phrases enroulées
Elles se sont enfoncées
Quelques bulles en signe de la main
Le remous de jupe retardant la disparition
L’eau est un train fantôme
Les vagues un incendie
Il faut aimer le cimetière qui s’enfonce
Les pierres usées
Et les indices laissés danseront
Il faut aimer les sanglots
Comme le prochain orage viendra du ciel
Nourrir les mers et leurs chants
Telle est la prière secrète des voix mêlées
Où le vent souffle
.
Billie
Identité
Ne plus être sous la lampe
quand les mots se délient
on les retient et on les tresse
le corps se dresse frileux
de sa prison dont il est le geôlier
amant de son propre cerveau il se libère
fermant les pages
La crainte a besoin de roses
dans cette agitation forcenée
on ne force pas l'intimité
pour s'exprimer au monde
en dehors d'un terrain vague
et l'eau dévale si peu pressée
au long d'un corps hivernal
Jolies mains d'écrivain effilochées
Le voyageur ne voit pas ta métamorphose
quand le soleil couchant vient jouer du piano
les buées pressent en arc-en ciel
l'écho halluciné de ce qui aurait pu être
j'en aime l'immobilité
et l'espérance au bout des doigts
Billie - 06-01-2012
Une seule porte de sortie
Soleille-moi (dernière version)
B - acrylique sur toile 80 x 65
Ombres phalliques
C’est ici les colonnes et les mots sur le sable
Un endroit rempli d’eau
La mer crache
Se vautre sur le sable
Ce n’est plus un jeu
Dessus – Dessous
Où est l’homme ? qui est la femme ?
Le bleu pour les garçons, l'autre pour les filles
La mémoire s’inscrit
Violente et ivre
Dans des éboulis de sable
Pleure mille fois amplifiée
A l’envers le sable sur la tête
Un monologue s’instaure d’entre les vagues
Que j’accompagne comme un chien
Dans la mer devinée
Sur la plage marchent nos ombres phalliques
Les drapeaux ont ouvert le champ de vision
Les cabines de bain ont disparu
Ta voix m’appelle
Traçant des lettres énormes qui barrent le chemin
Un caillou entre les doigts
J’attends la courbure de la terre
Il fallait faire demi-tour en haut de la butte
lutine
Toute tentative s'achève
Tout est caché et visible en même temps comme la table qu'il faut fuir quand on ne s'y sent pas bien. Personne ne peut obliger à s'asseoir si soi-même on ne peut plus s'allonger dans un lit de plomb coupé en deux. Il est terrible ce manège autour d'un chant dans la tête, envoutée je suis partie innocente de ce cercle aux mets délicieux sans amour sous la langue, entre les dents les restes de l'évitement puisque toute tentative s'achève. Pourquoi ne bouscules-tu pas le malaise en criant sur la chaise ? Pourquoi ne me violentes-tu pas au bord de la forêt ? Il me pousse des épines sur la peau, des cicatrices sur le dos, je ne sais plus me coucher, j'ai peur du devoir conjugal trop tendre, de la neige dans la cour, de l'odeur indécente qui n'est pas mienne et les seins se creusent sous l'intrusion gourmande me pliant chiffonnée sous la robe. Pourquoi tu t-y prends mal ? la peau ne ment pas. Imperceptible mouvement de recul dans une rangée de bougies je fixe cette couette dérisoire comme le nuage emporte le vent et la trace de l'avion invisible n'ouvre plus la fenêtre. Les lèvres gercées d'avance j'ai froid aux mains et ne sais plus parler du rapport humain sur les plaques de marbre que sont les jambes dissoutes, au fond de l'ennui elles ne se révèlent plus comptant les plages du disque sur lequel patine le fer au pied en dehors de la chambre. Sous le faisceau de lumière de l'empli alors que tu ne me remplis pas j'habite la musique, s'égrainent les rancœurs, s'élèvent les barrières. J'ai peur qu'elle n'arrête le mouvement du berceau, les pensées invertébrées des insectes occupant l'insomnie, les gestes automatiques. Les coupelles se vident, j'ai bu plus que de raison, rasant le plaisir au bord du verre je me balance alors que les objets s'immobilisent. Ne mangeant pas à ma faim je me suis relevée autour de la nappe marchant autour du banc toutes les deux minutes comptant les piqures de fourchettes sur le pain et les miettes sous la table. Passe-moi le sel et le poivre, un verre d'eau à faire fondre sur un nid d'hirondelles, au-dessus je me lèverai, passante si peu vêtue dépouillée de tout mystère je ne sais plus jouir en eau étoilée.
lutin 29-12-2011
Le bruit du silence
Vous avez tracé des rails de lumière, un point d'horizon et des maisons tout autour, des gens qui dorment. Vous avez dessiné au vent les mains le long du corps et de longues enjambées dans la lenteur d'un brouillard floconneux touchant à peine le sol. Vous avez déposé entre deux trains une forme qui fuit quand le pavé résonne aux carreaux. Rien de plus apaisant la main posée sur le monde. Vous avez enfermé les insomniaques derrière le tableau, de l'autre côté de la ville vous avez coupé les ponts. La tête que vous avez voulu bien faite respire l'isolement entre deux murs empêchant le voyage. Bouche muette au bord du chemin c'est une image dans l'image que vous avez décidé de poser ainsi ouverte à la pluie à votre langue indicible, habillée comme vous le souhaitiez nue sur le fer qui sépare la route à la merci de votre crayon dont vous en êtes le propriétaire. La colère mange le coin de la rue que vous avez oublié. Tout est métallique mystérieusement tendu dans cette forme sans âme et sans écharpe que votre main a le pouvoir de rayer comme une illusion puisque vous avez omis le banc sur lequel la poser. A quelle heure ? dans ce parfait silence cette rébellion du corps qui risque prendre vie et une forme de pensée dont vous perdriez la maitrise faudra-t-il la dissoudre en particules d'acier.
lutine - 24-12-2011
Deux sacs de cuir
Je ne supporte ni les blonds ni les bruns
je défragmente les mots morts
les mots tressés
la musique diluée dans le ciel à peine brouillé
Je ne suis pas en colère d'être comme cette eau
l'abstraction du manque
derrière la Cour Carrée au-dessus du banc il y a des pas qui dansent
des plaques de marbre dans le dos
la voix cérémonieuse en hauteur rit les entrechats photographiés
Je compte les intervalles
l'étonnement de l'œil
la soif de la langue
on ne pénètre pas le corps sur un banc
on attend les contours de l'horloge
la verticale de l'heure dans un lieu nommé chambre
Murs tendus nous n'y possédons rien
juste la peau au cœur d'années éphémères
la sentence entre deux musées
roule chaque nuit la pendaison
Jouissive vérité d'un long trajet entre Paris et les livres
jonchent le sol
je serai la première à fermer les messages
à taire le crayon
Je ne peux m'empêcher de lire la peau usée
je ne peux m'empêcher de gommer les histoires inventées
Où vont-elles dans le roman qu'on ne lit pas ?
Où vont les livres qui n'existent pas au travers du mutisme ?
Ils écrasent mon œil
m'emportent à la cave où perle la nuit
J'ai soif des aiguilles où se couche l'oubli
du sang que nous avons mêlé dans le même tricot
de la tresse au fond des draps
veine ouverte au même rythme
nous nous y sommes enfoncés
C'est la nuit des mots à jamais
ce sont des verges qui se dressent dans la pénombre
alors que le monde dort on s'entend respirer
Sur le banc c'est l'empreinte des talons
les bras tendus comme l'oiseau cherche l'air
la mer et son sommet
lutine - 20-12-2011
B - acrylique sur toile 80 x 65
Troublant
Trou blanc aux reflets argentés
La neige remonte de la mer
Mon souffle aussi
Devenu vague arrachée de son lit
Sa langue cogne aux marches
Cauchemar du vent prenant sa revanche
L'écume s'enroule
Aiguise le lasso
S'ouvre l'anneau pour avaler
La tempête et son sexe
Invisible bateau au milieu de l'hiver
Dans son ventre emporte les peurs
Deux sacs de billes
Frayant la route d'un passage secret
Mobile est la fente
lutin - 16-12-2011
En brasse
Personne ne m’embrasse et mes lèvres se tendent
j’embrasse le vent
j’embrasse la pluie qui ne tombe pas
le sol asséché
les odeurs au fond de ma poitrine
la main qui ne se pose pas
la montée de la lumière
Je suis venue voir le jour qui commence
J’embrasse le paysage
la feuille blanche sur le marbre encore froid
le gravier sous mes pieds
le champagne que nous n’avons pas bu
le café que je porte à ma bouche
les gâteaux que nous n’avons pas mangés
et l’arôme que je porte à mes lèvres
rempli de présence
Les cuisses douloureuses
nues sur une chaise de fer d'heures entières
les bras suspendus à mon corps
penchée sur la table
j’ai découvert le sens de la prière
j’enlace les lettres que j’écris
ma poésie de l'espace
sur des pages volantes je la retiens
lutine - 12-12-2011














