Un nouveau regard, les mots qui se détachent

30 novembre 2018

Paris

 

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C'était Paris aujourd'hui
le train
stations aux miroirs gris 
griffées de tags ensanglantés
ils ont l'air si fatigué les gens
inexistants sans arbre ni oiseaux
les pierres le long des rails métalliques

Silhouettes de papier mâché
il n'y a que l'aigreur de la pluie aux carreaux
flèches aux couleurs de mouette
certaines plus vivaces touchent terre
rejoignent congénères piétinés

C'est la course
au crochet de la lune
la morosité que la saison dissimule
les journaux coulent l'encre
ne pas lire
non ne pas lire lors du dernier train 
sous le pied l'encre effacée
alors qu'on illumine les rues
sombrent les yeux sous la rame
  
Tout dégouline dans l'espérance du sommeil
les cernes lavés d'indifférence
courent vers la solitude
à l'abri de quoi
à l'abri de rien
du moindre bruit de pas

 

 

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20 novembre 2018

Libre

  

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 Le haras de Jardy 2018

J'avais envie d'air
de musique 
dans le silence de la rue
me vider de ce monde dévorateur
mes jambes voulaient s'en aller
défaites de moi
je les avais suivies jusqu'au bord de l'eau
sous mes pieds les cordes tendues s'assouplissaient
symétriques


Juste en dessous une rangée d'oiseaux
dans leurs vêtements blancs
un vibrato sourd et lent prenait possession de l'espace
étroit de ma tête
c'était le ciel qui s'entrouvrait
beau et chaud sur mon dos
derrière mon regard j'étais libre
libre et tremblante d'entendre les chevaux


La guitare à mes yeux devint femme
air voluptueux d'un temps marié
le long d'un voile d'or une ombre
peu pressée de s'effacer
prenant mon cou entre ses mains
se nouait au métal
caressé

 

 

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02 novembre 2018

On ne se détache pas

 

 

 

C'est
vide
rempli de lumière
roue libre de mémoire
cela palpite
cette tendresse
m'enrobe
de blanc

Elle s'en ira comme le reste
page blanche du ciel
juste quelques bateaux
rejoignant le flou
la mer vit

La journée est devant
on s'enlace
mot pour corps
nous rêvons plus large
encore
dans les premières vagues

Durant des heures
on va
on doute
on surveille les marées
le beige du sable
au pied de la mer
nous sommes seuls

Un grand verre de ciel
l'air descend
le coeur se tait
les yeux encore nos yeux
de plus en plus serrés
il y a peu à dire
seulement voir la lumière

Peau
voluptueuse et fripée
l'air passe
la bulle est étanche
fin du bruit
une nuit d'étain
la traverse

C'est l'infini amour ce carnet
livré au tamis
entre murmures tu me presses
le soleil dort
la mémoire tourne

 

 

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31 octobre 2018

Je tais ces quelques pas

 

 

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Muets à la limite de l’illusoire
Sous un effet de robe et de parfum
Le parc au fond des rêves
Les mots changent de portes et de fenêtres

Histoire d’un souffle entre deux murs
Comme une vie arrachée au silence
Suis-moi effrayant torrent
Dans les cassures des miroirs

Que ne suis-je cristal sur un sable lisse
Sang silencieux sous les plis du fourreau
Veine bleue à la croisée des vents
Enroulée dans la pureté des glaces

 

 

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08 octobre 2018

Francopolis

librairie

accueil

delage

Voir le lien ci-dessous

 http://www.francopolis.net/librairie/vostextesarchiveDEF.htm

 

et cliquez sur les titres

 

 

 

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29 septembre 2018

L'autre voix

 

Pour commencer ce week-end tout en poésie, nous vous proposons un poème de Bernadette Delage sélectionné par notre comité de rédaction.

 

L'autre voix

https://www.facebook.com/accents.poetiques/photos/a.241456051664/10156712082536665/?type=3&theater

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22 septembre 2018

Et palpite le coeur

  

Les pas ne laissent pas de trace
déjà l’air perd ton parfum
jamais nos corps usés ne rattraperont le temps
comme un arrêt de mort
nos bras s’éloignent habillés de la nuit
alors que la pensée recule

Dans l’autre sens les phares éclairent la route
terre aux veines bleues
dans un halo une fissure s’éveille
glisse le long des murs jusqu’à la grille

Aux formes gigantesques
un feu d’artifice éclate sur l’eau douce
ses étoiles éphémères
un peu de feu pour que tout recommence
et palpite le cœur

Les statues de marbre ne bougent pas dans les arbres
ce sont les robes qui se colorent et virevoltent
broderie de soie pourpre
rose de l’été, vierges habillées de soleil
le ciel sème ses arcs en ciel

Paupières closes je partage les heures
la nudité de mes épaules contre le vent
sans hâte j'écris des mots silencieux
sur un clavier sans âme, absente
j'entends l'eau profonde qui danse
dans cette nuit à la dérive

 

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28 août 2018

Comme en poésie - revue trimestrielle n° 75

Comme en poésie

Sommaire 1

Sommaire 2

 

 Vous pouvez passer commande à :

Comme en poésie

Jean Pierre Lesieur
730 avenue Brémontier
40150 Hossegor

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08 août 2018

Exil

 

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Oeuvre de Monet  

 

Je suis exilée de votre solitude qui vous tue un peu plus chaque jour
Je suis exilée de vos silences quand leur poids voute mes épaules
Je suis exilée de votre monde lorsque vos yeux n'ont plus de lumière proches d'une mort certaine
Je suis exilée de votre vivacité à aimer l'insurmontable lorsque j'ai peur de vous suivre dans des jeux dangereux, des moteurs qui ronflent pour lancer des voitures à toute allure
Je suis exilée de votre présence quand vos rêves m'isolent alors que les miens sont autres
Je suis exilée quand votre langage n'est pas le mien, les bourgeois ne s'expriment pas ainsi, les femmes ont leurs propres mots, une élégance qui plait
Je suis exilée de vos secrets qui organisent notre vie alors que ne perle aucun indice
Je suis exilée de vos projets alors que le calendrier rythme notre vie commune et me rend si triste
Je suis exilée de votre regard lorsque vous fermez votre porte et que vous tournez en rond dans votre propre monde ne me laissant voir que votre dos lors du sommeil
C'est terrible l'exil, le fossé qui se creuse, l'absence ressentie, l'inutilité d'être, la vie en transparence
La mort rode et m'exile quand vous prenez la parole coupant la mienne mise en retrait de ceux qui nous entourent
L'exil ouvre la porte, sentez-vous le danger qui nous guette malgré l'amour que vous me portez
Sentez-vous ce courant d'air qui s'infiltre à notre insu quand j'écris ce mot déchirant je suis libre
libre de prendre un autre bateau 

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