11 mai 2008
Virevolte
Fusain - Acrylique
lutin - 12-05-2008
06 mai 2008
Débris de mots
Sculpture de Louise Bourgeois
Il fait encore nuit
le corps déboulonné dans le sable
il y a la tempête dans la tête dévissée
loin du coeur elle gît
une tornade l’a emportée tordant la bouche autour du cou
en nœud marin
coulant le long de la gorge
elle a l’air ravagé
autrefois les seins rebondis
elle sentait bon
Les oiseaux tourbillonnent
en éclaireurs piquent du bec
un festin à l’heure de la faim
une bouillie de mots éjectés
entre les dents à manger
Macabre direz-vous
vos pensées si fortes prennent voix
sur vos visages froissés
à multiples facettes
la vermine prend forme
la lance de vos yeux crève le cœur
ainsi gisent les opprimés
veines éclatées
ventre à terre
Il faut écrire sans détour ce que les mains ressentent
avant la gifle fatale
une tige de fer se tord
elle a perdu les formes voluptueuses du plâtre qui l’emmurait
orpheline au sol elle se rouille
le sel rampant sur la matière
le corps à ses côtés en milles morceaux s’effrite
Il y a la vague saline qui souffre croisant le fer
salie elle recule pour mieux revenir
têtue elle piétinera
progressivement digèrera
atmosphère étrange en bord de mer
un semblant de couleur monte au ciel
un soleil peut-être
de la chaleur pour brûler le tout
faire table rase à coups de flammes
lutin – 05-05-2008
05 mai 2008
Ephémère
Les mots de sable au sang de mes doigts
je les grave
les croyant immortels
tant ils sont sincères dans le balancement de la vague
J'oublie qu'elle va monter
j'oublie qu'elle nettoie naturellement les plages
qu'elle efface la vie humaine pour marquer la terre de la vie marine
Je voudrais être étoile de mer
je voudrais être escargot de mer
je voudrais être tout
sauf humain
Des paroles jetées en l'air
je suis cerf-volant
au-dessus de la plage en déséquilibre
je pique du nez pour marquer la fin
Je suis sous-marin
dans le ventre de la mer
gronde ma carcasse désarticulée
à sang elle colore le sable de mes mots
Je suis l’ombre sur la plage
à la recherche de la veille
entre les grains de sable
silencieuse je chasse le vent
lutin -05-05-2008
04 mai 2008
Achille
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Du papier froissable on voudrait faire du bronze, une matière invulnérable brillant au soleil représentant un pharaon dans la vallée des Rois.
On a tous voulu cela un jour.
Je m'y suis accrochée et je me suis ensablée comme tant d’autres.
Quand je marche mes pieds s’enfoncent à devenir humides, à trop creuser ils ont pris l’odeur du puits des morts.
Dans mes mains j’ai mis une matière noble à pétrir, de l’or dégoulinant dans l’interstice de mes phalanges.
J’ai senti le feu remonter au poignet, au coude, à l’épaule, dans ma nuque penchée sur l’ouvrage, des gouttes d’émotion perlant de ma peau, mes boyaux secoués d’une nervosité telle que la matière en rebondissait le long des parois en crampes successives.
Petit poucet mal éduqué j’en ai perdu ma route donnant au corps médical une litanie suspendue au plafond. J’ai un trou dans la maison qui prend pluie. J’ai l’orage dans la tête, la tempête dans le ventre, le vent sur la couche.
Une pierre éclatée s’est enfoncée dans le cosmos à la rencontre de la dé fusion, happée elle a laissé sa racine à arroser, une tête évidée comme la coquille de l’escargot avalé d’un coup de langue.
Je vomis un goût d’ail sous le palais quand le coq reçoit le premier coup de couteau dans la cuisse.
Il faut écrire maladroitement ce que les mains ressentent si bien sur la rive pleine de promesses abandonnée à la hauteur de la faille. Il faut encore respirer tant que le sarcophage est ouvert, tu n’es pas mort comme Achille.
De la pâte in modelable on voudrait faire du fer forgé à planter au sommet des églises, girouette météorologique des amours pour demain, comme nourriture quelques grains de sel au bout de la queue pour immobiliser le temps.
J’ai fait des nœuds avec les veines, j’ai tressé les muscles, j’ai cousu la peau, j'ai mouillé le talon.
lutin - 04-05-2008
29 avril 2008
Un marbre, un fusain
Fusain d'après un marbre de Camille Claudel
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Le Regard
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Elle a peur de la profondeur de l’œil
de la paupière en forme de guillotine
la sentence est dans la pupille quand les mots ne suffisent plus
Elle a peur de la main quand les doigts secouent les mots sur le papier
le verdict est au bout de l’ongle quand il trace sur le papier l’incision à jamais
le pouvoir des mots ne gommera jamais la distillation
Elle a peur de la voix
caverneuse de sa tombe elle remonte
s’étale en surface et se rassemble en tourbillon
et la voilà capturée
son souffle contre le sien
un lasso autour du cou
Les larmes une à une sectionnées saignent sur la feuille
la sueur perle
la langue boit l’imaginaire
elle entend la raison glisser son mot à l’oreille
lutin - 29-04-2008
26 avril 2008
Nomade
lutin - 26-04-2008
A trop chercher je m'ensable et je recommence
25 avril 2008
Vision du nomade
lutin 25-04-2008
J'ai voulu la retravailler, je l'ai regardée longtemps insatisfaite, me voilà en phase avec cet homme qui reçoit la lumière.
19 avril 2008
Le Nomade
lutin - 19-04-2008
Acrylique - 55 x 46
14 avril 2008
Ultime
Il plonge dans sa tête
alors qu’elle perd pied
Elle nage dans son ventre
alors qu’il est dans sa tête
Elle serre les dents pour ne pas l‘avaler
elle ouvre les yeux pour l’oublier
Elle noue ses mains pour ne pas le tuer
elle s’attache les pieds pour ne plus flotter
.
Il pend dans le vide
ses pas à la recherche de la veille
Suspendu il se heurte à sa folie
et remonte le fil
Gesticulations stériles
de sa démence il en fait un rituel
En nourriture des images en pagaille dans la tête
dans le ventre il ne reste rien
.
Rien que la culpabilité
semée et l’absence nécessaire
Sur la peau la destruction
dans l’oeil le cyclope en mémoire
lutin - 14-04-2008
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Un transfert : la destruction et la reconstruction du père
08 avril 2008
Ombre
Sous la première peau
il y a une respiration
lumière diffuse
voix faïencée
les mots que l’on croyait morts
s’infiltrent sous la nudité
.
Derrière la couleur
il y a la blancheur
des corps qui se mangent
les sons résonnant en cristal
.
Dans un corps déshabillé
il y a une église
un ciel où se retrouver
une chair nue c’est la naissance du monde
.
lutin - 08-04-2008
02 avril 2008
A méditer
Je ne suis pas poète
j'écris avec le muscle
et laisse le mot gonfler
l'impulsion
Je ne suis pas poète
je vis avec le sentiment
et laisse le doigt tracer
l'expression
Je ne suis qu'une apparence
des mots de sang
remontés du puits
au poignet
Je suis l'iceberg accroché au glacier
bras émergés
enlacés
aux coudes
Je ne suis rien
que de l'eau colmatée
à fendre
les mots
Au fond du trou
il coule de la neige
sous mes paupières
je ne vois rien
lutin - 02-04-2008
30 mars 2008
Abandon
.
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Des pas montent l’escalier
les voix continuent de monter
les pas s’arrêtent sur le palier
les voix continuent leur chemin
être l’épuisement d’une attente inhumaine
le regard tourné vers le ciel
face à cette lune qui éclaire une chambre désertée
la tête entre les mains elle broie ses souvenirs
laisse rouler ses larmes sur le plancher
dépossédée d’elle-même
derrière ses rideaux blancs qu’elle froisse
dans l’espoir d’entrevoir l’ombre de ses pas
elle est la douleur inhumaine
elle compte les heures
se raconte des chimères
ne plus entendre les pas
ne plus entendre les voix
à l’écoute du silence
seule à genoux
elle demande à Dieu pardon
une nuit trop longue l’écrase
elle ne peut résister à l’au-delà
à l’aube aux premiers chants des oiseaux
quand le soleil naît à l’horizon
un corps épuisé gît sur le plancher
les yeux clos vidés d’attente inhumaine
lutin - 30-03-2008
29 mars 2008
Yeux clos
.
Elle n'est qu'apparence
Tourne autour du cercle
S'enferme à l'extérieur
Elle se déshabille
Baisse les yeux
Femme rejetée
Elle est la vierge effarouchée
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lutin 29-03-2007
25 mars 2008
Regard caché
Prisonnière de ma toile
J'aimerais envelopper ma nudité
M'asseoir près de vous
Quand la nuit devient jour
A genoux vous raconter
L'ombre est une couleur comme la lumière *
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lutin - 25-03-2008
* Cézanne
21 mars 2008
Absence sanguine
première sanguine
lutin - 21-03-2008
19 mars 2008
Vieille chouette
fusain http://devillers.viabloga.com/
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C’est un drôle d’oiseau échoué au fond de la salle prostré entre les chambranles de la porte alors que je suis assise là depuis vingt minutes, on ne peut pas le louper quand soi-même on est chaque semaine assis au dernier rang, on devient spectateur de l’entrée alors que la scène se tient sur l’estrade.
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Cet oiseau est monté sur deux longues et fines pattes dont on imagine les griffes de harpie , un échassier sûrement, il suffit de lever la tête pour en mesurer le cou, un pélican même, une membrane molle se balance de gauche à droite à la recherche d’un lieu où se poser. Les flancs marquent la respiration du retardataire, pourtant à vol d’oiseau tout est possible. L’œil à la paupière globuleuse quant à lui reste fixe en dessous d’une tête pointue et fripée de couleur grise en guise de plumage clairsemé. A coups de bec de corbin, perturbateur, il s’est posé à côté de moi, haletant, à perdre le fil de la prose bourgeoise et javanaise qui se lisait sur scène. Dérangée, intérieurement je traite de noms d’oiseau le gêneur et l’envie de le renvoyer à coups de savates dans son nid près de ses congénères me démange.
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Reprenons le cours de l’histoire qui se déroule sur scène, comme nous l’avons dit précédemment et comme vous l’avez tous compris, le Dormeur du Val etc.…et me voici perdue, une heure de train pour une heure de cours envolée par des bruits de crécelle entre les sièges d’une salle comble d’élèves assidus.
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Drôle d’oiseau cette chose pliée en deux couchant des mots en virgules sur une feuille blanche, la tête dodeline de bas en haut doucement, le mouvement se fait de plus en plus brusque, dé vertébré en génuflexion le cou s’affaisse de plus en plus bas, les yeux sont clos, la tête lâche prise et la voilà posée sur le poitrail bicolore, le volatile s’est endormi laissant choir au sol non un fromage mais la nourriture intellectuelle venue chercher à coups de becquées en ces lieux. Un hoquet, quelques soubresauts, la tête se ressaisit, droite comme un héron à l’affût des mouches qui volent, l’œil acéré. Après quinze minutes d’une sieste en semi-apnée, l’ouïe reprend le cours de l’histoire, le stylo entre des ergots jaunis pose d’autres mots en suspension.
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Au bout des griffes il y a la main, il n’y a pas d’aile mais elle, un bras décharné, un torse aplati, un cou, une tête, la tête d’une très vieille femme oisive, une chouette peut-être qui dort le jour et vit la nuit. Promis la semaine prochaine je serai au premier rang au chant du coq .
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lutin - 19-03-2008
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17 mars 2008
Jeunesse perdue
Un fusain pour quoi faire...aux heures creuses charbonner
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lutin - 18-03-2008
13 mars 2008
Fumée
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C’est Wagner endossé
à coups de butoir
oreilles agressées
caverne des sons
à vouloir creuser sa tombe
ne plus entendre
elle a soulevé la peau de la mer
cascades de mots en étau
échos barbares
fauchés au bord des lèvres
noués aux chevilles
ne plus sentir
la plèvre perforée de ce monde
cigarette incandescente
elle se jette à l’eau
comme on monte à l’échafaud
puisqu’elle est condamnée
elle se déforme
c’est Liszt cajolant les reins
sonate gommant les traumatismes
les mâchoires de son esprit en perpétuels mouvements
friction de la matière
femme tronc
corps en mutation
cargo de braise
s'enfonçant dans la mer
vidé de sa substance
elle part en fumée
libre, elle sera libre
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lutin - 13-03-2008
lutin - 10-03-2008
04 mars 2008
Manhattan
lutin - 04-03-2008
Acrylique sur toile 38 x61
28 février 2008
Verticolor
Rien n’est droit rien n’est penché
il n’y a pas d’horizontal
il n’y a pas de vertical
c’est une diagonale qui s’empale dans la chair bleue
une corde vocale pointant son dard dans la couche d’ozone
pluie d’épines dans le plexus solaire
pente glissante à remonter
tapis roulant à rattraper le fil
épi planté buvant le sang
hématome bleu ciel
des jours noirs
c’est une érection tendant vers l’infini
vaisseau via la mer
en multicolore
une embouchure renversée
un entonnoir fermé
une tangente sans soleil
au choix les rails couchés
hampes hissées
sans drapeau
métal brossé d’espoir
le désespoir au bout gravé
un peu plus bas, un peu plus haut
une combinaison à deux trames
en biais le mur
au centre la clef
c’est un labyrinthe en deux triangles à la recherche de l’angle droit
le phallus érigé
personne ne voit jamais la même chose
lutin – 27-02-2008
peinture acrylique 38 x 46 faite le 27-02-2008
























