Un nouveau regard, les mots qui se détachent

24 janvier 2017

Le monde à l'envers

 

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Au moment où tes doigts comptent le temps
pourquoi le sol se dérobe ?
dans le reflet de l'eau est le monde
émergent des visages
des bras tendus remplis de fleurs
pourquoi les algues avancent ?
et se détachent l'une après l'autre

Dans ta mémoire qui tourne
est-ce les cheveux qui tombent ?
le bleu du ciel n'est qu'un conte de fée
à la pliure des coudes il coule des fontaines
des pensées sans arrêt

Dans les eaux sombres
baignent les notes de piano
l'étang est un tunnel qui enferme le souffle des mots
la fièvre des égarés
où tu plonges la tête

Les griffes du chat traversent le ciel ruisselant
et c'est la grêle qui remplit tes mains
invitant l'ange de l'étang à poser ses larmes
au moment où tu comptes les couverts
pourquoi ton corps se remplit
pourquoi tu fouilles le monde à l'envers

 

 

 

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10 décembre 2016

Passy

 

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Où vont les vies et les voix
la lumière
les ombres qui marchent avec nous
où dorment-elles ?
une musique morte ouvre le chemin
 

L’eau que tout emporte
dans une incroyable précision 

où respire-t-elle ? quand elle nous vole
un tableau de Géricault
 

J’aimerais savoir pourquoi
alors que palpite le cœur

elles n'attendent pas
l’engourdissement de la sève
la pâleur des jupes de marbre

F
antôme
dans le désordre de ta forêt
déchiré ton cri s'estompe

au travers du vent
mon esprit court
affamé de mains tendres
je te perds de vue

 

 

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15 novembre 2016

J'écris ta mémoire

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J'écris pour rendre présentes les heures,
les jeux inventés, à cette atmosphère des lieux,
une petite fille magique, heureuse de l'instant,
le rayon entêté d'un soleil vient poser sa révérence.

J'écris pour ne pas rendre au silence nos embrassades,
pour incruster dans la chair les fondations heureuses,
les garder vivantes face à l'incertitude
qui pétrifie le monde, me démunit.

J'écris pour mieux t'aimer encore
alors qu'on meurt de silence,
d'une balle perdue,
du large qui se forme
à l'écran blanc du ciel.


J'écris pour tisser le lien encore plus serré,
Invitant ta mémoire à ne rien oublier,
lui donner à boire
les images, les boîtes à musique

d'une parole offerte.

J'écris apaisée aux épaules de l'hiver,
ton corps ravive ma soif
et me donne l'envie
simplement vivre, continuer
la source des sensations à venir.

 

 


 

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11 novembre 2016

Terre de sommeil

 

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Peinture de Michel Devillers


Nous l'avons saisie
Du ciel tombée
La nuit nous a accaparés
A cette heure avancée
Couchés

Inaugurateurs des lieux
Nous nous sommes enfoncés
Tendus et fondus
Dans une nouvelle matière
La lumière tourne

Mémoire de forme
Dans le tournis lent
Epaule contre dos
Double ardeur

D'un grand espace
Empreintes jumelles
Love Love
Sous la livrée de fièvre
En de nouvelles odeurs
Les membres s'accaparent la place

C'est toujours le même homme
Les mêmes gestes enrouleurs
Avec plus d'amplitude
Nous signons encore
Où la lune file
Et déflore


 

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19 octobre 2016

Rien que....

 

Rien que le vent et la terre
c’est Hiroshima
jusqu’à la forêt pétrifiée
aux grands arbres on leur demande de se taire
on s’asphyxie
on court comme l’on va à une manifestation contre le nucléaire
à la sortie du musée quelqu’un distribue des tracts
on prend le papier, on y parle du don d’organes la main sur le cœur
de peur qu’on nous l’ôte, il tape à l’intérieur
du bout des doigts on  le calme
le berce comme l’enfant


Est-ce aujourd’hui
est-ce demain que nos corps s’enrouleront
sans entendre le cri
les chaînes font silence, je cherche
je sais maintenant que les cartes sont distribuées
cartes retournées, il n’y a plus de jeu sur la table
ni de clauses particulières


C’est le monde qui rétrécit 
se contamine
lèvres closes on enchaîne
l’espérance, l'amour sans repos
la maladie est trompeuse
elle se couche
glisse le long du corps
s’arrête insidieuse
broyant quelques os
lentement elle ira
les lumières s’éteindront

 

 

 

 


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10 octobre 2016

L'abîme

Abime

 Corse - Les Sanguinaires

 

Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

La roche est friable
Fille de l'air je quitterai la terre
Epouse du soleil

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix
D'où surgit cet étrange refrain

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne



 

 

 

 

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26 septembre 2016

Guerre des mouettes




Etre au monde
face à lui

Etre là
un pacte entre les mains

Que la porte soit ouverte ou fermée
être là du même côté 

Immergés, submergés
être là paumes jointes

Le temps danse
suspend son vol

Jusqu'au bout des doigts être là 

 

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28 juin 2016

A quand ?

 

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Merci de m'avoir suivie ces quelques années


J'écrierai certainement, quand ? je ne sais pas. J'ai fait le tour, il ne me reste rien à écrire, si ce n'est que vivre intensément, l'esprit libre loin du clavier, jetant quelquefois quelques pensées rapidement. 
 

Amicalement vôtre,


 
Soyez heureux.

 

   

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27 juin 2016

Maille à maille

 

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Mascarade, volants bleus dessus-dessous, poupée de chiffon, peau de chagrin tu avances. Ma vue est en train de mourir, elle n’est plus une voix mais un œil égaré qui regarde l’arc en ciel des couleurs où s'éteignent les lumières en terre ennemie. Je compte sur mes doigts les gestes, les pas en avant, les mains en arrière, je multiplie, je coupe et je divise les mots, la tonalité de la jambe, le bras qui se lève prenant Dieu à témoin. On n’opère pas la mort, on n’opère pas le ventre, on n’opère pas le sexe ni la bouche dans le sexe, on n’opère pas la sève qui monte, la soif, le sexe dans le sexe, on n'opère pas l'envie. Il fait chaud, l’herbe se rétracte, tout se rétracte, le ventre, les ongles, la main dans la poche, la poche comme une voile sans vent. J’ai pris des coups de soleil, j’ai fait le trottoir dans l’herbe verte, j’ai foulé le sol déhanchée. Le baladeur dans les oreilles j’ai fait l’amour à la terre. Les yeux cachés derrière des lunettes noires j’ai baisé la terre, le monde, les cris. Les fesses dans la terre j’ai laissé monter le plaisir des corps qui se séparent. J’ai bu les rêves détruits, les mensonges révélés, la laideur amère, j’ai applaudi sur la table de marbre.

Danse avec moi mon corps la contorsion du cirque, danse avec moi mon corps le morcellement des convergences, danse avec moi parole dans la déchirure du corps. Le robinet fuit, il m’épuise maintenant le cloc cadencé des mots qui donnent vie au corps, il me creuse la tête ce pas minuté. Ma vue est en train de mourir quand les mains me secouent, sueur, tueuse de la nuit, mensonge dessus-dessous clairvoyant on le respire le fouet sur la peau. Le claquement s’accélère, le cœur derrière l’arbre se couche, la pluie sous l’escalier ne respire plus quand les chevaux se cabrent dans le bronze. Les bougies vont s’enflammer, ne parle pas trop fort, ne respire plus, les trottoirs sont prisonniers des passants assis sur l’autre rive, écoute les rires des sans cœurs le livre dans la poche pour se donner contenance.

J’ai fait l’amour dans ma tête, j’ai fait la rue et ses parallèles. J’ai bu un perrier menthe la paille dans la bouche, sur la table un livre en attente, sous les pieds la guerre fait crier les graviers. Comment aimer un jardin hanté, les trèfles à quatre feuilles en friche, la musique toujours la même, danse avec moi blessure suspendue à mes lèvres. Ma mère répondez-moi avant que je ne me jette à l’eau, sueur et sel de bain. Marie je l’ai vu plus sombre que le noir de la mort le chat navigant sur les eaux. Au travers des barreaux j’ai tout compris sous un ciel bleu, rubans volants démodés, dessus-dessous, herbes folles au pilori. Maille à maille je détricote les feux d’artifice sur la table quand ses doigts fouillent mon corps.

J’écris au chevet de mon ventre.

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20 juin 2016

Damien Saez - Le Manifeste - Ni Dieu ni Maître

 

"Dans la musique on est comme dans l'amour : engagé sur le sentier de la vie faible. On va du point A au point B, d'une lumière à une autre. On est entre les deux, trébuchant dans le noir. Vivant d'incertitude et souriant d'hésitation, attentif à ce mouvement en nous de la vie frêle, oublieux du reste"

Christian Bobin

 

Ecoutez cette musique dans le silence, c'est étrange nous quittons ce monde vers la création. Quel voyage !
(mettez plein écran)



Alors que l'ombre brille, alors que la nuit m’habille de sa robe de deuil, l'espace s’orne d’un miroir, je cherche un large pinceau, je tends le bras, quand le bras s’assouplit, quand mon corps se détend, je me prépare au voyage, je peins le ciel avant qu’il ne se décharge, avant que je n’oublie son parfum. Je suis la mer qui retourne les couleurs dans ses rouleaux, le gémissement des vagues qui s'accrochent à la grève, l'odeur de la terre se mêle à mes pas, à mes gestes se mêlent les voix, combien de temps encore ?


 

 

 

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