Un nouveau regard, les mots qui se détachent

15 novembre 2016

J'écris ta mémoire

by%20Charlie%20Davoli

 

 

J'écris pour rendre présentes les heures,
les jeux inventés, à cette atmosphère des lieux,
une petite fille magique, heureuse de l'instant,
le rayon entêté d'un soleil vient poser sa révérence.

J'écris pour ne pas rendre au silence nos embrassades,
pour incruster dans la chair les fondations heureuses,
les garder vivantes face à l'incertitude
qui pétrifie le monde, me démunit.

J'écris pour mieux t'aimer encore
alors qu'on meurt de silence,
d'une balle perdue,
du large qui se forme
à l'écran blanc du ciel.


J'écris pour tisser le lien encore plus serré,
Invitant ta mémoire à ne rien oublier,
lui donner à boire
les images, les boîtes à musique

d'une parole offerte.

J'écris apaisée aux épaules de l'hiver,
ton corps ravive ma soif
et me donne l'envie
simplement vivre, continuer
la source des sensations à venir.

 

 


 

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11 novembre 2016

Terre de sommeil

 

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Peinture de Michel Devillers


Nous l'avons saisie
Du ciel tombée
La nuit nous a accaparés
A cette heure avancée
Couchés

Inaugurateurs des lieux
Nous nous sommes enfoncés
Tendus et fondus
Dans une nouvelle matière
La lumière tourne

Mémoire de forme
Dans le tournis lent
Epaule contre dos
Double ardeur

D'un grand espace
Empreintes jumelles
Love Love
Sous la livrée de fièvre
En de nouvelles odeurs
Les membres s'accaparent la place

C'est toujours le même homme
Les mêmes gestes enrouleurs
Avec plus d'amplitude
Nous signons encore
Où la lune file
Et déflore


 

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19 octobre 2016

Rien que....

 

Rien que le vent et la terre
c’est Hiroshima
jusqu’à la forêt pétrifiée
aux grands arbres on leur demande de se taire
on s’asphyxie
on court comme l’on va à une manifestation contre le nucléaire
à la sortie du musée quelqu’un distribue des tracts
on prend le papier, on y parle du don d’organes la main sur le cœur
de peur qu’on nous l’ôte, il tape à l’intérieur
du bout des doigts on  le calme
le berce comme l’enfant


Est-ce aujourd’hui
est-ce demain que nos corps s’enrouleront
sans entendre le cri
les chaînes font silence, je cherche
je sais maintenant que les cartes sont distribuées
cartes retournées, il n’y a plus de jeu sur la table
ni de clauses particulières


C’est le monde qui rétrécit 
se contamine
lèvres closes on enchaîne
l’espérance, l'amour sans repos
la maladie est trompeuse
elle se couche
glisse le long du corps
s’arrête insidieuse
broyant quelques os
lentement elle ira
les lumières s’éteindront

 

 

 

 


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10 octobre 2016

L'abîme

Abime

 Corse - Les Sanguinaires

 

Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

La roche est friable
Fille de l'air je quitterai la terre
Epouse du soleil

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix
D'où surgit cet étrange refrain

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne



 

 

 

 

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26 septembre 2016

Guerre des mouettes




Etre au monde
face à lui

Etre là
un pacte entre les mains

Que la porte soit ouverte ou fermée
être là du même côté 

Immergés, submergés
être là paumes jointes

Le temps danse
suspend son vol

Jusqu'au bout des doigts être là 

 

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28 juin 2016

A quand ?

 

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Merci de m'avoir suivie ces quelques années


J'écrierai certainement, quand ? je ne sais pas. J'ai fait le tour, il ne me reste rien à écrire, si ce n'est que vivre intensément, l'esprit libre loin du clavier, jetant quelquefois quelques pensées rapidement. 
 

Amicalement vôtre,


 
Soyez heureux.

 

   

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27 juin 2016

Maille à maille

 

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Mascarade, volants bleus dessus-dessous, poupée de chiffon, peau de chagrin tu avances. Ma vue est en train de mourir, elle n’est plus une voix mais un œil égaré qui regarde l’arc en ciel des couleurs où s'éteignent les lumières en terre ennemie. Je compte sur mes doigts les gestes, les pas en avant, les mains en arrière, je multiplie, je coupe et je divise les mots, la tonalité de la jambe, le bras qui se lève prenant Dieu à témoin. On n’opère pas la mort, on n’opère pas le ventre, on n’opère pas le sexe ni la bouche dans le sexe, on n’opère pas la sève qui monte, la soif, le sexe dans le sexe, on n'opère pas l'envie. Il fait chaud, l’herbe se rétracte, tout se rétracte, le ventre, les ongles, la main dans la poche, la poche comme une voile sans vent. J’ai pris des coups de soleil, j’ai fait le trottoir dans l’herbe verte, j’ai foulé le sol déhanchée. Le baladeur dans les oreilles j’ai fait l’amour à la terre. Les yeux cachés derrière des lunettes noires j’ai baisé la terre, le monde, les cris. Les fesses dans la terre j’ai laissé monter le plaisir des corps qui se séparent. J’ai bu les rêves détruits, les mensonges révélés, la laideur amère, j’ai applaudi sur la table de marbre.

Danse avec moi mon corps la contorsion du cirque, danse avec moi mon corps le morcellement des convergences, danse avec moi parole dans la déchirure du corps. Le robinet fuit, il m’épuise maintenant le cloc cadencé des mots qui donnent vie au corps, il me creuse la tête ce pas minuté. Ma vue est en train de mourir quand les mains me secouent, sueur, tueuse de la nuit, mensonge dessus-dessous clairvoyant on le respire le fouet sur la peau. Le claquement s’accélère, le cœur derrière l’arbre se couche, la pluie sous l’escalier ne respire plus quand les chevaux se cabrent dans le bronze. Les bougies vont s’enflammer, ne parle pas trop fort, ne respire plus, les trottoirs sont prisonniers des passants assis sur l’autre rive, écoute les rires des sans cœurs le livre dans la poche pour se donner contenance.

J’ai fait l’amour dans ma tête, j’ai fait la rue et ses parallèles. J’ai bu un perrier menthe la paille dans la bouche, sur la table un livre en attente, sous les pieds la guerre fait crier les graviers. Comment aimer un jardin hanté, les trèfles à quatre feuilles en friche, la musique toujours la même, danse avec moi blessure suspendue à mes lèvres. Ma mère répondez-moi avant que je ne me jette à l’eau, sueur et sel de bain. Marie je l’ai vu plus sombre que le noir de la mort le chat navigant sur les eaux. Au travers des barreaux j’ai tout compris sous un ciel bleu, rubans volants démodés, dessus-dessous, herbes folles au pilori. Maille à maille je détricote les feux d’artifice sur la table quand ses doigts fouillent mon corps.

J’écris au chevet de mon ventre.

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20 juin 2016

Damien Saez - Le Manifeste - Ni Dieu ni Maître

 

"Dans la musique on est comme dans l'amour : engagé sur le sentier de la vie faible. On va du point A au point B, d'une lumière à une autre. On est entre les deux, trébuchant dans le noir. Vivant d'incertitude et souriant d'hésitation, attentif à ce mouvement en nous de la vie frêle, oublieux du reste"

Christian Bobin

 

Ecoutez cette musique dans le silence, c'est étrange nous quittons ce monde vers la création. Quel voyage !
(mettez plein écran)



Alors que l'ombre brille, alors que la nuit m’habille de sa robe de deuil, l'espace s’orne d’un miroir, je cherche un large pinceau, je tends le bras, quand le bras s’assouplit, quand mon corps se détend, je me prépare au voyage, je peins le ciel avant qu’il ne se décharge, avant que je n’oublie son parfum. Je suis la mer qui retourne les couleurs dans ses rouleaux, le gémissement des vagues qui s'accrochent à la grève, l'odeur de la terre se mêle à mes pas, à mes gestes se mêlent les voix, combien de temps encore ?


 

 

 

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16 juin 2016

Le regard du ciel

  

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Corps en action 
au-dessous d'un ciel intouchable
je n'en sortirai donc jamais

de tous ces sens qui transpercent l'espace
l'inverse de ce qui est course
dans les flaques d'eau je retourne
la vie
à l'envers
il y a des jours où l'on pourrait presque
cueillir à portée de main
le soleil dans son ombre


Nous sommes plusieurs
dans la même forme incassable
à passer un coup de chiffon dans le ciel
ce qui compte c'est la petite lumière
le moment flottant entre virage et ligne de pluie
c'est le pas rythmé au début du dimanche
on revient toujours au même endroit

on couvre l'herbe trempée d'été perdu
il suffirait d'un roncier plus touffu
il suffirait d'une gorgée, presque
juste une faille entre

 

 

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08 juin 2016

Le long fil de l'oubli

 

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Je ne veux pas être
lumière dans l'écorce de l'arbre
au fond du jardin
bougie éteinte dans la vigne
avant de connaître les miens

Je cherche le bleuet désespéré
visage d'oiseau que l'on transporte
vif et gris jusqu'à l'arrêt
l'œil infuse et boit le thé du souvenir

Mon cœur est nuage
navigue et dérive
tout du long l'enfance
où j'ai gravé peu de pierres blanches 
au bout je baise la nuit

L'on parle d'amnésie
la vie se tait dessus la rivière
ferme mon corps à l'intrus
je ne voudrais pas partir sans mémoire

avant d'enfouir ma dépouille

Raconte ! les lieux et les tombeaux
le long fil de l'oubli
le blanc qu'elle a peint

Lentement c'est la trêve
ce qui pèse à mes cuisses
à mes lèvres closes
le cœur est chaud prés de mon père
alors qu'une femme enivre mes pensées



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