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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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23 octobre 2009

3 D

Les_mendiants

http://isabercee.wordpress.com/ ( huile sur toile de Isa  avec son autorisation)

J'ai envie de remonter ce texte là, je l'avais écrit en Juin 2009

A voir aussi le lien concernant Magritte que je viens de rajouter

Je me lève, il suffit de bouger le corps, je pense que la violence est là aussi dans ce geste impossible qui va de "la chambre d'écoute" au salon jusqu’à la salle de bain quand l’eau coule sur le visage pour s’extraire de son propre corps. Rescapée entre sommeil et vie, je m’étais effacée dans la tension de l’animal aux aguets, l’œil méditant l’éveil.

Je croyais que la violence était dans les cris, la guerre et le sang, alors qu’elle est dans la tête prenant figure humaine, dans l’image projetée, chaque image est une histoire, chaque histoire fait des images, un château de cartes que l’on pousse avec la porte, une lame de fond froide sur la peau.

On dit que la violence est partout, même quand on laisse peser le silence jusqu'à l'ignorance, c’est écrit dans les journaux chaque matin, à l’heure du café, sur la bordure de la table. On en parle à la télévision et on se sent agressé, c’est un bourrage de crâne sans gant sur le ring, le feu embrase l’esprit. Le soir j’entends respirer les nuages, ils passent à toute vitesse jusqu’au matin. Le jour pointait quand il a percé ma nuit, sorti d’un  imaginaire palpitant, sa substance couchée dans les méga octets d’un ordinateur.

Je l’attendais depuis des pages sur le dos, dans la couleur monochrome de la nuit, voilà comment j’ai rencontré son livre, il a frotté ses yeux comme un enfant pour adapter la fente de ses pupilles au noir de la chambre, il s’est arrêté là, les doigts près de mes paupières, il doit oublier les mots en suspension, j’effleure les lettres incrustées sur la peau, il ne se défait jamais de ses histoires et du processus des images qui s’emboitent comme un puzzle à la manière d’une autre écriture.

Quand se referme le livre, l’amour transforme l’espace, devient une œuvre bouleversant la lumière sous la caresse des paumes, le regard tout entier scrute et fait le vide sous la pulsion. L’amour n’est pas porteur, on ne l’écrit pas en première page, pourtant l’amour est violence quand les corps se prennent dans un consentement mutuel. On ne parle pas du paradis blanc quand la main se tend, de la force puisée en soi, de la matière entrant dans une troisième dimension. A l’intime de soi, les mains inventives pétrissent, triturent, la fouille dominatrice efface l’information, les écarts de langage interdits, à grands coups de butoir. Dans l’espace médiatique il n’y a que violence et maltraitance.



lutine

5067

la chambre d'écoute de René Magritte

Sens de l’œuvre

            Nous assistons là à une perturbation de l’ordre réel : on ne retrouve pas la pomme dans la nature mais emprisonnée dans une pièce, dans laquelle elle est surdimensionnée. Cette pomme disposée dans un environnement nouveau perturbe le regard du spectateur et l’ensemble devient incompréhensible pour quelqu’un qui cherche la réalité ou qui est habitué aux visions banales et quotidiennes.

            La présence de cette pomme peut être ressentie comme une menace pour certains : et si ce fruit était le reflet de l’homme qui a grandi, s’est développé dans le même environnement et qui ne peut plus s’échapper? Ou encore en changeant de point de vue sur l’œuvre (cf la note en fin d’exposé) une pièce qui exprimerait l’évolution technologique qu’ont les hommes, et qui dégrade et empiète sur la nature. Ce qui est représenté par l’emprisonnement de la pomme. La fenêtre qui appelle le regard, cette échappée vers la mer et le ciel, évoquant l’infini et le mystère, est devenue un rêve inaccessible. Et pourtant il y avait peut être quelque chose derrière…

            D’autre part à cause de sa ressemblance avec une pièce à l'architecture médiévale, et de la sensation de hauteur prodiguée par la vision offerte au travers la fenêtre on pourrait penser que cette pièce est en fait la cellule d'un donjon et que les couleurs qui peuvent représenter des sons différents sont en réalité (si l'on considère notre point de vue comme véridique) enfermés. On peut alors ressentir des sentiments de claustrophobie, d'enfermement.

http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=Oeuvressurreal&e_id=6057

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21 janvier 2010

Le visage se lit comme une nouvelle, le dos comme un poème chiffré

 

 

G

oeuvre de Francis Bacon

.

L'homme de dos repose du regard. Aux yeux qui scrutent, aux visages qui appellent, aux prunelles qui interrogent, dans la lumière des musées ou dans l'obscurité des théâtres, succède le silence énigmatique du dos.

Aux regards se substitue une autre force d'attraction et, en dépit de l'isolement de l'acteur et du spectateur, le commerce de l'art subsiste. Seules les conditions de l'échange sont modifiées.

Le visage se lit comme une nouvelle, le dos comme un poème chiffré.

L'homme de dos se repose de la vie. Homme du crépuscule, pas encore de la nuit.

 

Georges Banu

.

Tous les hommes sont de dos. Quel Orphée parmi eux se retournera sans te détruire, quel Orphée dont le visage te rendra la vie ?

Camille Laurens

.

by0173fig2

oeuvre de Magritte - La reproduction interdite

.

 

Dédoublement

.

Poser c’est aussi écrire

Sur le trottoir au goût macadam
un geste à la craie
comme peindre

Le réverbère à hauteur du balcon
fatigué de trop de nuits

Un bras balancier
il n’y a plus d’heure

Sur le piano les doigts longs
 absents
par intermittence

En toile de fond
l’harmonie des couleurs étalées
comme l'eau sous le phare

Un équilibre inachevé
en point de fuite
quelques traits blancs
et le vide

Il pleut sur la peau
à laver la bouche
 le coeur qui se serre

Sans cesser de regarder l’ombre 
à travers un mur de verre
j’étais là à l’intérieur de toi

Ton visage muet et ruisselant
dans un tableau m’appelait à l’aide
sans pouvoir le toucher

.

 

lutin

.

 

 

19 janvier 2010

L'abîme

.

Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

Dans ce monde, c’est certain
J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne

lutin

.

DSCN4942

B (les yeux grands ouverts)

.

28 octobre 2009

Paris le 27 Octobre 2009 - Paris couronnée

DSCN4798

DSCN4810

.

DSCN4826

.

.

Oiseau j’ai nourri ta main de mon sel

m’enroulant dans le paysage de tes doigts
en son creux - les grains sur mes ailes
j’ai arrêté le sens - dans une cage
spirale d’or autour du cou -  je me pends

Je suis l’anneau

écrivant sur ton dos
la patte cerclée de l’oiseau - migrateur
quand le vent un peu plus me porte
vers l’épuisement
à l’intérieur - notre démesure

J’ai couché les bourrasques

comme la vague contre le sable
quand la peau se tord – eau contre vent
notre premier geste
autour de nous - rien que le sel

Notre écriture sur le dos

.

.

lutine

9 janvier 2010

Présence ou Cerveau/Cerveau ou Présence

DSCN4924

B - pastel sec - 09-01-2010

On fouille Madame aujourd'hui ! Demandez, c'est plus simple, en cliquant sur "contactez l'auteur", puisqu'il en est ainsi, je remonte mon coup de crayon, la lumière c'est tellement mieux qu'une vie souterraine.

Il parait que quelque part je me suis exprimée, comme si je m'étais dessinée (ce ne sont pas mes mots), une sorte de mixte entre fantasme et réalité.

lutin/lutine/B

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5 janvier 2010

V O L O N T A I R E

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Chambre 13
voyageur enfermé dans son ventre
sur le mur est écrit « v o l o n t a i r e »
reptile ligoté sur le blanc
est-ce toi avec ton doigt ?
cette brume qui me happe
le point sur le i ficelé
gommant les frontières
des lettres tatouées
les dents serrées
les poings enfoncés
lire et relire « v o l o n t a i r e »

Quand je m’allonge volontaire sur le lit
traumatisme crânien dans le V
Vouloir/Victoire/Veuvage/Viscéral
hématome dans le L
Lacérée/Liberté/Libido/Lune de miel
Taire comment se taire quand on aime
Terre/Ether/Terrasser/Terminus
Aire comment Errer sans Air
V o l o n t a i r e comme Vie/Visage/Vrai
Voix vitale/Voie tracée
Vol/au dessus du déséquilibre
Vol retour
Vrai, c’est Vrai, je peux Venir

Le mur devient écran géant
téléphone filaire
jeu de l’insomnie
poursuivis par la vitesse
les doigts glissent/lissent
Lon, oui c’est long de brasser
un scrabble solitaire
face à l’océan de la nuit
une main dans le ressac

Dans la salle d’eau est écrit « i c i »
à l’envers
pourquoi à l’envers ?
il faut pencher la tête pour lire
plonger jusqu’aux épaules
contre nature
le désir est silencieux
Si vous joignez les mains
attendre «i c i» le matin « v o l o n t a i r e »


lutin

6 octobre 2009

Que meurent les jours

.

DSCN4675

.

J'ai peur
Du ciseau
Du chant qui monte

On peut perdre la tête
Quand file entre les doigts le silence

Un bras se balance
A la craie il a raconté
Appuyé sur les coudes
Martelant les mots

Que meurent les jours
Et le corps flottant dans l’espace

La voix est toujours là
Au centre de cette fontaine
Et la bouche dessine un sourire

J’ai peur
Du réveil
Assise au bord du lit

On peut perdre la raison
Quand les images se meurent
A coups de pioche

Je tuerai l'assassin
Des souvenirs
L'emportant au tombeau
Assise tout contre lui

.

lutin - 06-10-2009

.

.

31 août 2009

Jour sans fin

Jour_sans_fin

sur une sculpture de Camille Claudel

.

Il faut laisser couler l’eau longtemps

La jambe aérienne tout au bord

Hâlée juste le temps d’une saison

Musclée dans l’effort comme l’avion

Mes yeux pour toi

Au regard fier

Une énergie silencieuse

Une forme de défonce, une reconstruction

Il reste si peu de temps

Le ventre gonfle

Dans l'attente d'une liaison

Entre départ et les genoux qui se cognent

.

lutin - 30-08-2009

.

.

19 août 2009

lutine à la mer

DSCN4250

.

C’est ici les colonnes et les mots sur le sable
C’est un endroit rempli d’eau
La mer crache
Se vautre sur le sable
Ce n’est plus un jeu
Dessus – Dessous
Où est l’homme ? qui est la femme ?
Entre les couleurs
Le bleu pour les garçons, l'autre pour les filles

Des lettres effrayantes s’inscrivent
Violentes et ivres
Dans des éboulis de sable
Elles pleurent mille fois amplifiées
Croulant sous le poids
A l’envers le sable sur la tête
Les yeux fermés
Un monologue s’instaure d’entre les vagues
Je t’accompagne comme un chien
Dans la mer devinée

On marche sur la plage, ombres phalliques
Les drapeaux ont ouvert le champ de vision
Les cabines de bain ont disparu
Ta voix m’appelle vers le noir
Je trace des lettres énormes qui barrent le chemin
Un caillou entre les doigts
J’attends la courbure de la terre
Il fallait faire demi-tour en haut de la butte

.

lutin - 19-08-2009

30 décembre 2009

Vie souterraine

Support independent publishing: Buy this book on Lulu.

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Le gris du ciel on le regarde d’en bas - le sel dans les yeux
les jours de vertige
les murs de nuages posés très bas
les mouettes dansent sur tes cheveux
mes yeux couverts de neige
devant - la terre où tombent les mots
les voix
le vide et le silence
les racines comme des serpents t’emportent dans le bruit de la glace
d’où monte une vie souterraine

Il y avait ce
vent qui poussait les mots jusqu’à l’infini
des mots entêtants - l’esprit en chemin
il faudrait des oiseaux sans mémoire
même forme - même couleur
une eau  sans reflet - un autre soleil
d’autres gens sans histoire
un voile habillant l'air
une tempête de quarante nuits
des cours d’eau – des odeurs d’enfance


.
lutine – 30-12-2009

.

anselmkiefer_2

Oeuvre de Anselm Kiefer - Kain und Abel

http://www.exporevue.com/magazine/fr/kiefer_monumenta.html

Au centre de la terre - le cri
les pieds dans la boue - l’écho
la pluie glisse au travers de la peau
jusqu’aux pas alourdis
où se noie le monde

.

lutine – 28-12-2009

2 décembre 2009

Pas inégaux

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Cascade - acrylique sur toile 45 x 56 - 2009

.

C’est avec nos pieds que l’on fauche les mots
au temps des semailles ils se couchent
fatigués les muscles voudraient se tendre presque neufs
une fine cicatrice entaille le genou
tangue la main et sa manière d’écrire
de se tenir debout sur une seule jambe
s’insinue la ruse du dernier assaut.

Epuisé de tourner à vide
le corps se met en veille devant lui la réalité
il n’y a que fossés et cendres
dans l’ombre l’œil cache l’handicap
au cœur des heures souterraines
il n’y a que failles et particules d’os malmenés
quand se rebellent les nerfs mis de travers.

C’est le découpage de la douleur et du combat
le poids profile les pas inégaux de l’animal mutant
la jambe a quitté le devant de la scène
habillée de noir elle s’est effacée, repliée
insidieusement quelque chose se décompose
comme les sauterelles que l’on coiffe d’un verre
emprisonnées sur le bord de la fenêtre.

.

lutin - 02-12-2009

2 juillet 2009

Nous

DSCN3895

lutin - 02-07-2009

Acrylique sur toile 60 x 60

Après l’amour c’est dans un bassin
d’eau, bordée de carreaux blancs
que le chant des corps monte en surface
le plafond en miroir explosant du cri
dauphin dans un aquarium je me cambre
tête hors de l’eau pour l’embrasser
le dresseur de poissons

Reins immergés
à fleur de vague je veille
entre ciel et eau
tu es au-dessus de moi tête baissée
mon œil en haut à la recherche de ton air
chuchotements de nos chants
je devine tes contours
reconnais le pied cambré dans la margelle
dans un trop plein de salissures
ta peau est là habillée d’un rayon de soleil
nettoyée du chlore
brillante comme une plante aquatique
en vie

Ni sable, ni algue
dans mon monde aseptisé
à ciel ouvert
entre eau et terre
je ne suis qu’onde chaloupant vers tes yeux
dans un verre d’eau était mon rêve
entre mort et vie
vie et mort
je ne sais, en plongeant j’ai oublié le sens

.

lutin/lutine/B  (j'ai oublié le sens)

25 novembre 2009

Impact

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.

J’ai fait l’amour avec le vent

frissonnant de peur entre lèvres et point d'impact 

j'ai négocié l'inflexion de la voix

le tapis d’or s’en est allé

c'est comme s’il avait mis les mains dans mon ventre

pour en retirer tous les organes

.

La vie n’est pas une quantité négligeable

c’est une histoire de sentiments

et l’on marche dessus

comme le théâtre des ombres glisse vers l’après

réduisant l’humain à un tas de chair

regardé jusqu’à la hauteur du sexe

.

.

lutine - 25-11-2009

.

.

20 novembre 2009

Anthologie 2008-2009 de la Revue Francopolis éditée aux Éditions Clàpas

.

Si vous aimez la poésie
Si vous aimez l'offrir
Si vous aimez le contact du papier entre vos mains
Découvrir des poètes
Nous sommes là dans l'espoir de vous plaire

Comme le dit si bien Serge Maisonnier, "Tous, ici, vous invitent à récolter la rosée de leurs prairies, à épouser leurs chants, à arpenter joyeusement leurs venelles embaumées."

couv_antho

Éditions Associatives Clapàs 
10 Bd. Sadi Carnot 
12100      Millau

clapassos@wanadoo.fr

*Prix : 12 euros
plus frais de port : 2,50 euros  pour la France
et 4,50 euros pour l’étranger

14 novembre 2009

Femme accroupie

Une nouvelle escapade au musée Rodin

t_femme_accroupie_1_

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis nue sur une table tournante
Position ordonnée
Corps soumis
Dépossédé
J’aime vos yeux
Humiliation jouissive
Je vous laisse  déshabiller le plus profond de mon être
Scruter les angles de ce corps docile
Pénétrer de vos pupilles dilatées l’ondulation de mes courbes

Asservie je pivote sur une table tournante
Toutes faces examinées
Dépouillées
J’aime vos mains
Intrusion enivrante
Je vous laisse habiller ce marbre de mes formes les plus profondes
Sculpter mon indécence exigée
Lacérer ma peau à coup de ciseaux
Envahir de vos doigts déliés les plis de mon intimité

Femme accroupie
Esclave de vos exigences
Cœur aliéné de dépendance
Corps approprié
Je suis un bronze prisonnier
Glacé d’indécence
Sur place publique

.

 

Lutine

 

22 octobre 2009

D'après les article L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle

Creative Commons License
les secrets de lutin by B. Delage est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

l'article L.111-1 du Code de propriété intelectuelle prévoit que "L'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code." A ce titre, je vous remercie de ne pas vous approprier les textes publiés sur ce blog.

29 mars 2009

Les funérailles de Mona Lisa

DSCN3460

Un homme d'un grande modestie et d'une totale décontraction, l'art est pour tout le monde dit-il. Il a été rejeté de l'école des beaux arts de Shanghai par qu'il bégaie, celle de Dijon lui a ouvert ses portes. C'est un beau pied de nez à la Chine.

Une peinture doit vivre dit-il, alors lorsqu'il peint son père, au fur et à mesure de l'évolution de sa peinture et de l'envie de dormir ou pas de son père, son pinceau lui ouvre ou lui ferme les yeux, un moment émouvant du reportage fait en 2002 et projeté à l'auditorium du Louvre vendredi dernier lors de sa conférence.

http://culturebox.france3.fr/all/7975/Yan-Pei-Ming-et-les-larmes-de-Mona-Lisa-au-mus%E9e-du-Louvre/#/all/7975/Yan-Pei-Ming-et-les-larmes-de-Mona-Lisa-au-musée-du-Louvre/

DSCN3489

27 octobre 2009

Anatomie

DSCN4595

.

Les volets sont nos paupières

La porte, notre cerveau clos

Nos cils sont les stores vénitiens que nous baissons
pudeur ou frayeur, comme l'œil ressent

L’armoire que nous transportons est notre nez
l’enfance peut-être, et ses fantômes

La bouche, cette prison de chair

Muette, mouillée des mots retenus
elle trempe dans son bocal salin
la langue, ce poisson sans écaille (poison)
lèvres closes

Une émotion perpétuelle
le bruit des bracelets que tu cales à tes pas

Il y a l’écriture qui encombre la tête
et les mains voyagent en se tordant les doigts

Une vibration permanente
l’écho non verbal
qu’elle pouvait toucher de ses ongles transparents

En équilibre sur une branche
un matin elle a senti la mort battre son ventre
bouchant les trous de son anatomie



lutine - 26-10-2009

.

.

25 octobre 2009

Il y a des jours

DSCN4557

Ronda - Andalousie

.

On croise les heures
entre les jours d’un pont à l’autre
il fallait s’éviter alors que fondent les pas
se confondent les corps
le regard est une longue écriture

Sur les branches on entend respirer les nuages
les pulsations s'agitent au point de chute
et la peau frappe dans le virage à découvert
la sueur laisse des traces d’encre sur la margelle
au bord on la laisse disparaître

Tout s'envole quand le mouvement cesse
le parfum des nuages aussi
demain dans un filet de lumière on lira le sel imprimé

Il y a des jours l’écriture n’y peut rien
dans le vide des mots
on enterre les pensées comme on retrouve la vue
sous la colère des heures perdues
la terre vient se fermer

Il y a des jours Pénélope défait son travail
comme dans une passoire ne reste que le bien
le mal parti au tout à l'égout

Il y a des jours où tout est rose en apparence
alors que dessous est un concentré de particules grises
en mouvement



lutin – 25-10-2009

8 juin 2009

Zoom

800px_Bruegel__Pieter_de_Oude___De_val_van_icarus___hi_res

la chute d'Icare - http://manosuelta.files.wordpress.com/2008/07/pieter_brueghel_de_oude_-_de_val_van_icarus.jpg

.

.

Je pense à ces petits papillons noirs qui valsent dans les yeux quand la tension monte, ils sont nombreux et volent très vite sans accident. Quand tout se calme ils se posent loin des yeux comme s'ils n'avaient jamais existé, d'autres disent que ce sont des mouches, des objets non identifiés, quand on leur raconte ils répondent qu'ils ne croient pas aux ovnis collés au plafond ou volés en éclats. Je pense à Icare pris au piège dans un vent ascendant. Je pense à ma mère m’expliquant qu’en s’approchant du soleil on se brûle les ailes.

Etait-ce moi, était-ce une autre,  je crois bien que c’était moi l’enfant passant des heures à fixer les murs de la chambre tapissée en toile de Jouy, je n’étais plus une petite fille, j’étais une Reine, mon esprit courait le long des murs et mon imagination allait bon train. Les portes intérieures de l'armoire étaient capitonnées du même imprimé, ma chambre était un livre rempli d'histoires. Dans le meuble en noyer se trouvaient mes fantasmes, mes yeux se faufilaient entre les robes suspendues, ma chambre était mon jardin d'Eden sous un ciel blanc. Oui de tous ces zooms mémorisés ont peut raconter une histoire, mais la mienne ne sera pas celle des autres. On me demande souvent « à quoi penses-tu » je réponds « à rien » je suis sincère et en m’épanchant ainsi je me rends compte du mimétisme de mon corps enfermé dans les pages de mes dix ans, oui je fixe encore un mur jaune sans ennui.

Dans les méandres imaginaires des motifs je n'utiliserai pas le mot "explications" jusqu'au  jugement dernier, on les trouve dans les écrits dits officiels, Michel Ange en a couvert les plafonds entre autres à la chapelle Sixtine mais "interprétations". Par exemple le fleuve dans sa force entraîne tout sur son passage (le déluge), un corps veut remonter mais on ne peut rien contre les éléments. Quant au sixième zoom on peut penser au retour de l'homme à ses origines, le voilà en train de pêcher sa nourriture. Home crie le ventre. Paix crie le sang. J’entends alors sa voix, un souffle à mon côté : Veux-tu que j’éteigne la lumière ? Dans le noir elle demeure au bord des paupières, figée, brillante, la voix.

.

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lutine - 09-06-2009


10 octobre 2009

Point de fuite

 

DSCN4575

 

 

Je suis allée voir l’immensité
les ruelles blanchies qui se cognent
semées de pavés glissants 
mots barricadés dans la tête
nous sommes des éclopés
exclus du monde au point de fuite
coulés dans le béton jusque dans nos livres


Il ne me reste que 1500 jours du sable à la mer
comme les tortues courent à l’eau
comme le chasseur d’éclairs face aux orages
pour écrire un énorme livre et ne plus être entre deux livres
toutes les angoisses sont dans les phrases
dans la manière de décrire une porte
une fenêtre autour desquelles tout s’articule
jusqu’à la perspective d’une mort certaine


Je ne lutterai pas pour devenir poète muet
assise sous le porche d’une voie sans issue
j’ai besoin de ma mémoire
du rose et du noir
du printemps et de l’hiver
de laisser couler mes pensées à écriture haute
comme le vent forme la tempête
le faisant tomber dans le piège
pour devenir vivante
l’écriture n’est pas une protection
on peut mourir quand s’évadent les pensées
alors que s’écartent les barreaux

.

lutine - 09-10-2009
.

.

7 octobre 2009

Seul Dieu est vainqueur

.

DSCN4678

Zoom sur l'écrit

DSCN4678

Traduction

Wa lâ ghâliba illâ Allâh

.

Seul Dieu est vainqueur

.

Ces mots se répètent tout autour de l'Alhambra

.

DSCN4699

Une fenêtre s'est ouverte
    au milieu des branchages
          blondeur oubliée du vent
dernière feuille embarcadère


  Mais l'alcôve du vert
     replie sa douce béance

Et je comprends soudain
  mes chaînes lourdes au soleil
pétales décousus
lents comme la fleur du désert

un poème de Viviane dont les mots vont si bien avec cette photo prise à l'Alhambra

http://www.vlamarlere.com/article-36343418.html

.

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15 septembre 2009

Dédoublement

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Le rébus

Pour Man Ray, le rêve fonctionne comme un rébus. La preuve en est dans cette image érotique : une main tient le soleil et les jambes représentent un phallus. "Ce rébus de Man Ray est une dissimulation d'images sexuelles". En image : Man Ray Le rébus, 1938, Musée national d'art moderne, Centre Georges Pompidou

.

Poser c’est aussi écrire

Sur le trottoir au goût macadam un geste à la craie
comme peindre

C’est aussi  le réverbère clignotant à hauteur du balcon
fatigué de trop de nuits

Un bras balancier du noir à l’orange
Il n’y a plus d’heure

Sur un piano les doigts longs colorés ou absents
Par intermittence

En toile de fond l’harmonie des couleurs
étalées comme l'eau sous le phare

Un équilibre achevé
en point de fuite juste quelques traits blancs
et le vide

Déjà déformées la musique et ses variations

Il pleut sur la peau
à laver la bouche et les lèvres

J’ai l’impression d’être un fleuve en crue
emportant une branche
et sa main

Sans cesser de regarder l’arbre
comme à travers un mur de verre
j’étais là à l’intérieur de toi

Ton visage muet et ruisselant
dans un tableau m’appelait à l’aide
sans pouvoir le toucher


lutin – 15-09-2009

14 septembre 2009

Rêve d'amour

L_implorante_d_tail

.

.

J’aurais avalé la forêt entière
La tête haute jusqu’à la cime
Que croire de nos illusions marquées sur le sol
Que seras-tu dans deux minutes ?
Au creux de mon ventre

Demain je marcherai le cœur serré d'amour
Vers un trou que nous avons creusé
Un deuxième pull contre le vent
Roulé en boule pour évaluer le degré d’urgence

C'est la fête au château
Les dames promènent leur robe de soirée
Nous sommes nus fenêtres ouvertes
Un chant accentue le vide du balcon
La pluie s’effiloche  le long des sculptures
Lavées de nos regards

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lutin - 14-09-2009

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3 septembre 2009

Géométrie

41084488

B - acrylique sur toile
elle n'avait pas de nom alors on l'appellera " je suis brouillée avec la géométrie" préférant la courbe des corps

"Journal d'un idiot II" gg

ma réponse

On ne peut pas inventer Dieu, mais on peut s'inventer autre, se créer, se construire, se reconstruire, être. C'est une affaire d'ascension de soi. J'y reviendrai jusqu'au rire interdit, jusqu'au doute que je renie car il empêche d'avancer, il est une perte de temps et l'on doit le chasser comme on chasse les heures souterraines, le début, le tout début, le premier indice, la première faille, le Diable.

Qui est Dieu, qui est le diable, ma réponse Dieu est un homme, le diable est un homme, tiens une majuscule pour l'un, une minuscule pour l'autre, je dirai l'HOMME est vivant et doit le rester en ligne droite, ligne la plus courte pour être au croisement le plus rapidement possible, les diagonales allongeant la route surtout quand on y ajoute des virages jusqu'à la plaie. Quant aux flèches ne sont-elles pas un retour par ricochet.

L'homme n'est pas une géométrie, l'homme est une ouverture vers l'horizon. De mémoire je ne connais pas d'ouverture dans la géométrie, on parle de cercle, de carré, de rectangle, de triangle, d'angles, obtus, ou aigus, comment être si l'on est obtus, comment être dans le cri aigu, je m'égare dans les angles, trop droite peut-être, et c'est pire dans les labyrinthes à géométrie variable. Quant à Dieu il n'a pas voulu cela.

Tout ceci n'est qu'un langage de sorciers, il faut s'en méfier, ils s'accaparent votre âme, vous retournent comme une crêpe et vous ne savez plus qui vous êtes dans une marée de symptômes. Le vent prend possession de vous, quand une lumière s'éteint l'esprit est là, quand le son de la télévision monte, il est encore là, le réverbère s’en mêle de sa couleur orange tant que les volets ne sont pas fermés jusque dans votre lit et dans le sommeil, il ne vous lâche pas après l’amour aussi et la cuillère si douce jusqu'au matin, c’est palpable  la noyade de l’un dans l’autre. Oui les effets sont puissants, on ne sait plus qui parle, Dieu, le diable, ou l'esprit à travers le sorcier et ses flacons posés sur le bord du lavabo, il fait le compte des minutes maléfiques jusqu’au clignotement de l’ampoule qui crépite comme l'allumette sur le bûcher pour rappeler sa présence.

Je suis le rayon d'un cercle, juste la moitié de ce que j'aimerais être, en dehors d’un lit je n’ai pas de corps.

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lutin - 03-09-2009

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