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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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18 août 2007

Faille

garchesescrime

Des mots qui se mêlent s'entrechoquent   
et se démêlent sur la table basse
l'écheveau d'elle se dénoue dans une danse macabre
denses étaient les nœuds un à un débouclés
et la laine se déplie dans leurs fils lézardés
se hisse la liberté d'une étendue vide de mots

Défiance rien
que le silence qui hurle à la peau défaite
moins que rien sous l’ongle écorché
sans syllabe malléable
l’absence de la valse des mots
à coups de fer au poignet
le geste du ricochet

Faille sous l’artère le sang gicle
au couteau affûté des mots qui s’entremêlent
se démêle l’imaginaire au bord du balcon
l’écheveau de soi dans une suspension de fleurs
lourds étaient les mots dénoués un à un
et la haine tisse le fil de soie
des particules inexprimables


lutine - 18-08-2007

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22 août 2007

Spasme

Jours_de_Pluie_

.

J’entends le vent siffler
avec moi j’emporte la musique
elle est dans ma tête et tu ne pourras la couper
dernier cri englouti dans la mer
au cœur une chaîne d’algues
longue tulipe noire sur le sable
entraînée au large

Pendant que tu invectives
je reste les yeux ouverts
les cils écument les mots
et tout s’amasse en lacets noués
en écheveau de fièvre étranglée

Un regard pour tatouage
larmes indélébiles couchées sur l’eau
en torrent de sel elles crèvent la voile
la barque se renverse
entraînant l’œil spectateur

Me voici esquif rompu
l’écriture ne me porte pas
sur un lit d'eau j’ai embrassé le bijou
tornade d’acier d’un amour insensé
vis sans fin sous la jugulaire elle m’enferme
et mon oeil se spasme

lutin – 22-08-2007

.

dessin avec l'autorisation de http://devillers.viabloga.com/ que je remercie, et une musique "Le regard d'Ulysse".

10 mars 2006

Entre ses mains

le_d_sespoir

Je suis le vent
une vie en courant d’air
le miroir sous les spots signe le temps
l’hiver n’en finit pas
je lutte contre des mains en fuite

.

Ma peau attend la main printanière
au réveil perles de rosée
vague à l’âme de l’aube
voit le soleil se lever
évaporation de la nuit
j’attends son miroir
un doux recommencement
mains soudées comme toile d’araignée
.
Je suis la femme pliée

mains nouées

la douleur au ventre
desséchée du sel de la vie

.

Mains liées
j’attends mon amour interdit
jusqu’à frôler sur le piano une note de musique
à reproduire du bout des doigts
un son appelle l’autre
quelques débris pour un concerto
espérance de son ombre
l’amant de la nuit entre mes draps
.
Je suis le vent
ma vie se dessine en tourbillon
une chaîne au pied retient mon envol
ma chair entamée saigne

.
Entre ciel et terre
je ne suis qu’un courant d’air
entre ses mains


lutin - 09-03-2006

20 février 2006

Mégahertz

mains_d_amants

A s’étourdir d’images virtuelles et se coucher dans la morosité d’un lit glacé, je préfère cet homme sur un banc dans ce village retiré qui raconte à la lune ses frasques d’antan au moins avait-il comme compagne un corps céleste. A brasser les mots des nuits durant par écrans interposés et se prendre ses propres mains, le besoin tactile d’une peau contre sa peau, je préfère ce jeune homme allongé dans les champs, il compte les étoiles jusqu’au moment où une douce voix bien vivante lui dit des mots d’amour, des mots chauds au creux de l’oreille, un vrai souffle au bord des lèvres. A trop attendre elle se lance malgré tout ce défi.

Un crépitement reconnaissable à mille lieux derrière ses propres pas, le soleil absent ne reflète pas son ombre, elle le sent si proche, il pleut, une musique lancinante, un écho au creux de son sein, les battements de son pouls, pulsations lointaines et si proches, ses jambes se dérobent, maîtrise intérieure anéantie, elle fait face à la rencontre virtuelle le regard penché sur les empreintes d'un amour passé, un masque si bien ajusté, une présence artificielle, elle a sauvé les apparences, deux hommes se sont croisés.

Un bain, reprendre vie, elle a perdu connaissance en ces lieux chargés d’histoire, non pas celle écrite dans les livres brodés d’or, mais la sienne incrustée dans ce long tunnel gris trempé de pluie. Pas à pas elle a remonté le fil d’Ariane qu’elle cachait au fond de sa poche, entre ses doigts elle en a fait une pelote dans sa paume creusée, une main en boule serrant si fort ses souvenirs à travers les saisons.

Elle attendait des mots…toujours
des je t'aime pour demain

Le soir ils faisaient l'amour
deux corps se disaient pour toujours
amants de la nuit

Des mains emmêlées s'accrochaient à la nuit
retenant le matin

Elle a attendu les mots du matin
des je t'aime en vain

Des lèvres matinales douces et muettes
à regret se dénouaient

Une terrible attente s'installait
l'attente de la prochaine fois

A trop attendre elle relate sa vie à l'imparfait
elle brasse du vent à la vitesse des mégahertz alors qu’elle aimerait une brise contre sa peau.


lutin - 19-02-2006

24 février 2006

Transparence

harpe

Aimer l’instrument
Corps de femme
Harpe dans ses bras
L’homme joue sur les cordes sensibles
Ecoutez les sons
On dirait des gouttes d’eau

Attendre l’ouragan
Vague déferlante
Blessures lavées
Peau giflée
Mousse astringente
Dans les rouleaux se laisser aller

Des vers à lire en transparence
Elle s’est pliée sous le joug d’un amant
Organe désaccordé
Elle entend l’appel de la mer
Glisser sur la vague
En souvenir la main

Lutin – 24-02-2006

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4 février 2008

Chevauchée de l'espoir

DSCN1750

Je vois au bord de l’écriture comme à l’aplomb de la falaise ce mouvement pour aller au fond de moi. Le vent se nourrit de mes mots pour gonfler la vague, il lit en moi comme un livre ouvert, d’ailleurs curieux de mes pensées il en tourne les pages en un geste ample. Dans le sifflement de sa trajectoire il emporte mes flèches de rêves les mixant  aux éléments  en dessin de nuages. Sous la brûlure du soleil ils me reviennent en cortège de cendre.

Je vois dans la peinture les images de mon écriture comme au bord d’un cratère en fusion dans lequel je trempe le pinceau. Je laisse courir sur la trame ma vie mise à plat sur la table. Par secousses les poils imbibés de couleurs chatoyantes cheminent et se déforme la mort par brûlure de la peau. Un appel au secours des tubes de peinture alignés sur le journal fait mélanger les couleurs pour obtenir la purification jusqu’à la naissance vermillon à la pointe de la toile. En chemin est née une éolienne qui brasse le vent, dans la friction des particules le cheval à peine dessiné sous le flou ardent se cabre. Les flancs sont encore prisonniers, mais il saura se libérer totalement, son odorat a perçu le printemps au bout de la route.

lutin - 04-02-2008

23 janvier 2008

3 D

magritte_2

.

Regarde avec l’œil de ton cœur

Elle a décousu les histoires derrière les murs et s’est voilée pour mieux aimer

Elle nage pour courir et court pour nager à contre courant

Lit pour peindre ses sentiments

Ecoute la musique en boucle pour écrire

Dans les remous elle a perdu la tête

Dépersonnalisée ne peut être avec, ne peut être sans

Femme jusqu’au bout des ongles

Dans un cercle elle a coupé les angles

Au fond d’un tiroir sombre elle empile les souvenirs

Têtes mutilées par l’objectif

Pas un cri ne déchire l’obscurité

Un ballet d’ombres s’agite au-dessus de la couche

La défaisant un peu plus chaque nuit

Regarde avec tes sens comme l’aveugle

La main inaudible ne ment pas

En braille dans les labyrinthes du tissu elle court vers l’essentiel

En dehors de la photo elle est sincérité

A même la peau sa moiteur est la preuve

Elle palpe les yeux au bout des doigts

Laissant sa dédicace à jamais

Lutin – 21-01-2008

25 août 2007

Sphère

Plongeon

Il plonge dans sa tête
alors qu’elle glisse sur l'eau

Elle nage dans son ventre
alors qu’il est dans sa tête

Elle serre les dents pour ne pas l‘avaler
elle ferme les yeux pour s’oublier

Elle noue ses mains pour ne pas le tuer
elle s’attache les pieds pour ne plus flotter

Il passe dans le vent
ses pas à la recherche de la veille

Dans le virage il se heurte à sa pensée
et revient sur les traces

A la recherche de l’ombre
de ses odeurs il en fait un rituel

Des images en pagaille dans la tête
sur la terre il ne reste rien

Rien que l’empreinte
le silence et l’absence

Sur l’eau quelques bulles
offertes à la brise

lutin - 25-08-2007

http://www.francispaquet.com/

13 septembre 2007

Suspension

Pour ceux qui me préfèrent dans le thème de l'eau

Plongeon

Il s’habille d’une seconde peau
glisse en transparence
apnée indolore
reconnaissance de l’élément
un fleuret transperce l’eau

Thérapie des meurtrissures
cicatrices superposées
les adhérences fondent
dans le bain amniotique
les nerfs à vifs
baissent les armes

Dans sa nudité il reprend vie
privations à nouer les muscles
des larmes perlent
les yeux ne maîtrisent plus rien
silence poignant
l'imaginaire prend place

Assommé des plis de la vie
il adapte sa vitesse
dans le brouillard des profondeurs
des bulles chuchotent aux tympans
les yeux se noient
Eau contre peau
Un corps dans son élément
en suspension

lutin

11 janvier 2008

Spirale

sculpture

.

Il y a les mains terribles qui enserrent

les doigts métalliques sciant un peu plus chaque jour

il y a l’ongle affûté creusant la matière

.

Il y a les nuits ravageuses

déstructurant l’équilibre

les mots touchant la cible

.

Bercez sa tête avec vos bras

une tornade l’a mutilée

vrillant ses cordes vocales

.

Il y a ses yeux désespérés qui ont perdu la vue

sous les décombres par les pores de la peau elle respire

Il y a le mutisme au bord des lèvres

.

Il  y a en creux l’acide des mots

la percussion des sons rongeant l'essentiel

à devenir contour d’elle

.

privée d’aile

.

lutin – 11-01-2008

3 janvier 2008

Cadeau

rose__

C’est aussi simple que la pluie, aimer

Offre-moi un sourire dans du papier de soie

Le nœud défait, qu’il m’éclabousse le visage.

Offre-moi un écrin pour l’enfermer

Laisse-moi le ruban j’en ferai un bracelet

Loin de toi je penserai à nous

C’est aussi simple que de peindre,  l’amour

Le geste dessine un baiser

Virtuose le poignet se délie

Paupières fermées la nuit reprend forme

Le pinceau se barbouille de rouge

Née une rose dans une main d’homme

C’est aussi simple que l’écriture enfantine, l’amour

Offre-moi une déclaration d’amour

Dans un écrin comme un diamant j’y déposerai tes mots

.

Offre-moi un petit rien de palpable

Pour gommer nos absences

C'est aussi simple que cela combler le manque

.

.

lutin - 03-01-2008

25 décembre 2007

Feu follet

 

feu_follet

 

Je longeais l' allée
le soleil blanc
le tuyau d’arrosage
gouttes pendantes
ils étaient devant moi
petites tombes blanchies
le ciel envoyait sa lumière
le vent mordait la pierre
je voulais avancer

le vent, les enfants
sur un marbre rose
dans mes mains gantées
je me rappelle
je voulais tailler votre sapin

 

lutin – 25-12-2007 

 

30 septembre 2007

Attente inhumaine

l_inconnue

Des pas montent l’escalier
les voix continuent de monter
les pas s’arrêtent sur le palier
les voix continuent leur chemin
être l’épuisement d’une attente inhumaine
le regard tourné vers le ciel
face à cette lune qui éclaire une chambre désertée
la tête entre les mains elle broie ses souvenirs
laisse rouler ses larmes sur le plancher
dépossédée d’elle-même
derrière ses rideaux blancs qu’elle froisse
dans l’espoir d’entrevoir l’ombre de ses pas
elle est la douleur inhumaine
elle compte les heures
se raconte des chimères
ne plus entendre les pas
ne plus entendre les voix
à l’écoute du silence
seule à genoux
elle demande à Dieu pardon
une nuit trop longue l’écrase
elle ne peut résister à l’au-delà
à l’aube aux premiers chants des oiseaux
quand le soleil naît à l’horizon
un corps épuisé gît sur le plancher
les yeux clos vidés d’attente inhumaine

.

.

lutin

14 décembre 2007

Maison déshabillée

 

 

 

DSCN1635

 

.

.

Derrière le papier peint

il y a une autre respiration

un passé écrasé dans le creux de la main

poing à jamais amnésique

si on n’en soulève pas le coin
 

Il y a la lumière diffuse dans l’œil

la voix faïencée qui tombe du plafond

dans l’ombre du tapis

les mots que l’on croyait morts

s’infiltrent sous la porte
 

Les draps blancs jetés comme des fantômes

pour ne pas perdre l’envoûtement

grimacent dans le désordre de la pièce

et les mots rampent en poussière de plâtre
 

Derrière la couleur des murs

il y a la blancheur des corps qui se mangent

dans la nudité, à même le sol

et les sons résonnent en cristal
 

Dans une maison déshabillée

il y a une église

une amplitude dans le son de la voix

un ciel haut où se retrouver

 

.

.

.

.

 

Brûlante douleur
Cramponne la main
si forts les mots

La pensée
Voûtée - envoûtée
Entraînée

 

A genoux
Je la couche là
Enroulée

Tu me roules et me déroules
Et je t’écoute dormir
Enserrée tu me serres encore
Me desserres et je me presse

Ligne
En dehors de
Tout contre
Toi

A bout de bras
Immergée
Etre là

Avec toi

.

 

 

lutin - 13-12-2007

 

 

  

6 décembre 2007

Parchemin

cuisinier420a

Elle ira ce soir au bout de la rue
Quand le réverbère allumera la chambre
La petite fille pleure
On l’appelait Souris cette gamine aux cannes de serein
Comme le disaient les garçons boutonneux
Elle aurait voulu disparaître dans le soupirail
En même temps que l’eau avalée goulûment
Gloup gloup à ses oreilles
Dans les mouvements anarchiques
Trop timide elle baissait la tête rougissante

Dans le bleu arraché qui s’écoule du mur
Le sang gicle
Il faut brûler les petits papiers
Casser les fenêtres
Détacher les empreintes
Changer l’air
Il faut frapper dans les portes
Briser les serrures
Un nœud coulant à la gorge la voilà grandie
La petite fille pleure

Les mains encollées se souviennent
Sans bruit s'offrent au vide
Il faut couper leurs extrémités
La tête se souvient
Alors détachez la du corps
Sur un plateau d'argent offrez la aux rapaces
Le ventre se tord dans le sarcophage
Ouvrez la peau que le pus suinte
Que le corps devienne parchemin
A piétiner

lutin - 06-12-2007

1 décembre 2007

Arythmie

DSCN0408

.

Il n’y a rien que le silence

Et mes pas qui ne veulent pas mourir

Se tordent dans la terre de l’hiver

La boue colmate la semelle

Laissant un trou béant

Les cygnes fidèles m’accompagnent

.

.

Les rapaces en habit de deuil craillent leur faim

En couple ils se détachent des branches nues

De leur marche funèbre

L’œil ironique revendique les lieux

.

.

Le noir et le blanc sont ma bannière

Alors que le sang s’est figé dans mes veines

Il n’y a qu’arythmie

Et cet organe qui ne veut pas mourir

Cogne au thorax comme le bec de l’oiseau

Sur ce  lombric sorti de terre.

.

lutin - 01-12-2007

plume_20oie

10 octobre 2007

Amnésie/Amnistie

DSCN1153

Il ne faut plus réfléchir
les balançoires vides tanguent leur tristesse au vent de la nuit
l’herbe a laissé la marque de leur va-et-vient
les pieds ont imprimé une dernière page
si vous les revoyez ils pourront vous lire la fin de l’histoire sous le réverbère du jardin clos
les mots crisseront sous la dent


Il y avait l’attente si belle, la paillette sous la paupière
des bas de dentelle qui laissent la chair paraître dans le mouvement
Il y avait aussi le sein caché
dans le pull croisé noir près de son cœur
une main sur la peau, un semblant d’oubli pour mieux revenir
le baiser sur la main


Le soir est si doux quand on ne pense plus dans la chambre
quand la plume d’oie laisse l’empreinte du livre que l’on pose
les yeux mi-clos dans l’attente de l’ombre qui s’allonge
sur l’oreiller le poids de la tête dessine les rêves
tanguent les mots, s’agite le corps dans les draps


Il y avait un grand trait noir sous l’abat-jour du ciel à l’heure de la nuit
des jambes longues et silencieuses dans l’ouverture de la hanche
des pas si lents au croisement de la paupière
un genou à terre embrasse la main tenant le livre
repos forcé pour supporter l’attente
les instants sont doux  dans l’amnésie/amnistie du fil du temps

Inspiration venant du film : Je vais bien je t'en fais pas :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18638624&cfilm=108818.html





lutin – 10-10-2007

18 octobre 2007

Grève

vitrine

Au volant de sa voiture une femme
lunettes noires face au pare-brise brouillé
le soleil blanc l’aveugle
elle lit rapidement les numéros de la rue
la peur de dépasser l’immeuble
dans le flux des voitures qui la pousse

Que regardent ses yeux, les passants n’en sauront rien
dans l’habitacle, masquée et fermée elle n’est qu’un mannequin
un coup d’accélérateur à l’orange
un geste de la main pour s’excuser, pardon d'exister
non elle a encore le temps
noirs et blancs sont vos chemins tracés, rouge est mon sang qui court

Les vitrines exposent la mode de l’hiver, elle a chaud
ouvre la fenêtre
le bruit l’agresse
les moteurs en furie se jettent à ses oreilles
la pollution dénature son parfum

Tout est mouvement dans sa voiture
elle enlève l’écharpe blanche
freine face au passant râleur
accélère dès que le pied dépasse le capot
le ronflement du moteur démontre son agacement

Elle roule vite, elle a rendez-vous
défilent les enseignes jusqu’au numéro 235
un coup d’œil à la montre
une heure d’avance l’épaule contractée
le ventre noué

Deux euros pour un ticket
elle gare sa voiture
se fond dans la foule à grands coups de bottes
au numéro 233 elle pousse la porte
calmement se pose en vitrine

Elle regarde les passants agités
inspire en trois temps, des postures de yoga dans la tête
expire en six temps
posément elle plie son écharpe blanche, ôte ses lunettes noires
son blouson sur le dossier de la chaise
elle demande un thé à la menthe au serveur

Sa main plonge dans son sac
le téléphone à la main, elle articule d’une voix suave
chéri je suis en bas

.

lutin - 18-10-2007

16 novembre 2007

Désert

DSCN1132

Ma tête est un désert, je m'en vais compter les grains de sable, je m'en vais refaire le chemin à l'envers.

Mes mains ont perdu l'envie de construire des châteaux en Espagne, je m'en vais les mettre au repos

Mes pieds vont retrouver la route c'est certain, je ne me suis jamais perdue, alors je vous dis à bientôt.

lutin

5 novembre 2007

Souffleur de verre

Frasco_Kirzdorf_Pavel_Souffleur_De_Verre_Flacon_Fleur_Cordon

.

Je m’en vais dans mon grand jardin regarder le monde à l’envers
je prendrai mon élan dans ce vaste océan
depuis si longtemps j’ai cette envie de devenir liquide
étrangère dans le jeu des miroirs
je nourrirai la terre de mon eau
.

Sous la lumière il y a dans l’air ce léger souffle
un parfum oppressant qui serre le cœur comme la traversée du désert
je tombe dans le précipice de la nuit
le moral inégal j’égraine les heures
dis est-ce que tu dors ?
.

Derrière l’arbre il y avait la forêt, devant nous le hasard
empêchant les mains de se lier
les sons vibrent en moi, dansent les images
si je pouvais dissocier le corps de la pensée
comme l’archet de son violon
je serais souffleur de verre
l’eau glacée refroidirait la matière

.

lutin - 05-11-2007

.

pour ceux qui aiment le travail du verre, un lieu

http://www.ericsimonin.com/pages/videos.php

29 octobre 2007

Lévitation

main_20divine_20feu

        Je suis dans la chambre juste à côté, la porte entrebâillée laisse filtrer la lumière de l’écran bleu, cliquetis des touches, ventilation de la carcasse qui n’en peut plus de la profusion des mots, j’entends tes mots chuchotés, j’entends le froid de ta main, la crispation de ta nuque, tu as quitté le jour, tu as quitté la nuit, tu es entre deux mondes, ni mort ni vivant, un vêtement vide sur la chaise, le corps en suspension, un ovni gravitant autour de son cerveau, un manteau de feu quand l’esprit va plus vite que les doigts sur le clavier, un volcan en effervescence laissant couler sa lave dans le débordement des heures de la nuit. Tu es l’écrivain qui fera de son lecteur un prisonnier de l’image, le tortionnaire de son cerveau.

Dans le noir je te vois flairant ma respiration sous les draps, tu as baissé la télévision, mis le casque sur tes oreilles. Il est trois heures quinze du matin, les aiguilles de la montre se superposent à l’horizontal, il est l’heure de te coucher. Electrisé tu refuses l’avancée de la nuit, la dureté de la sonnerie du matin, tu espères l’extension de cet état d’apesanteur. Je me détends la tête sur l’oreiller, les yeux  fermés, j’entends le vent, j’entends ton souffle,  j’entends la pluie tomber,  j’entends les hallebardes que tu laisses tomber en caractères de feu liés les uns aux autres, une tempête en toi qui semble ne jamais pouvoir s’arrêter. Trois heures trente, une aiguille du réveil pique du nez le tien aussi sur le clavier, je t’écoute  t’essouffler dans ta relecture, ta voix perd de la vitesse dans le triangle à angle droit de l’horloge et de l’écran, contre les volets le vent perd de sa puissance, à croire que tu faisais corps avec les éléments.

Dernière lutte tu ouvres le frigo, mange un yaourt, il n’y a plus de jus d’orange, tu vas aux toilettes, encore un regard sur l’ordinateur, derniers cliquetis Ctrl S – Ctrl C – Ctrl V, couperet d’une nuit en lévitation, tu donnes en pâture ce qui a secoué tes tripes plusieurs heures durant, tu seras le bourreau du lecteur ficelé à son écran. Dans le noir je devine tes gestes, tu enlèves ton slip, ton tee shirt, tes gestes sont lents, tu respires calmement, lentement tu soulèves la couette, tu te glisses contre moi, me prends par la taille, tu fais le mort pour ne pas me réveiller à quatre heures du matin. La pluie tape contre les volets, tes doigts ne bougent plus, tu deviens mort dans ton sommeil, à l’heure du glas dans trois heures le réveil sera sans pitié, le lecteur aussi.

Lutin – 29-10-2007

26 octobre 2007

Epitaphe

un_ange

Main en éventail, le bras tendu

plombée par un ciel trop bas, je me cogne la tête

les arbres comme des sabres lancent leurs tiges amaigries

un parterre de feuilles mortes

coupées de la sève se souvient

courent les mots sortis de ma bouche

des lettres de sang forment une épitaphe

il était là, c’était sa destinée

il a marché à reculons pour effacer ses pas

un saut de l’ange,  auréolé de lumière

c’était son cri

et reste l’empreinte à jamais

une flèche de glace vue du ciel

vers la fenêtre accrochée au balcon le noir s’est installé

les ombres dansent à mon chevet

en requiem la musique tourne en boucle

.

.

lutin- 26-10-2007

21 octobre 2007

Un jour d'exception

DSCN1297

Aujourd'hui j'écrirai peu

les mots me manquent noués tout au fond de la gorge

les yeux ne sont que flaque d'eau, mare, étang, océan

de cette étendue d'eau je vous en livre le sel :

Une grande joie

mais aussi une grande douleur

les absents sont encore plus absents

le chagrin encore plus immense la main froide dans le vide

la vie continue... qu'elle soit heureuse

Putain pourquoi tant d'absences

sa main n'est pas là pour réchauffer la mienne, hier aussi elle était froide

ce froid humide de la peur

.

Trop d'absents oui bien trop...

une envie de crier

alors je vous le livre ce cri

STOP … !

Je plonge sous l'eau confier mes mots

là où personne ne peut m'entendre

DSCN1296

.

DSCN1307

http://www.dailymotion.com/video/x1q36c_edith-piaf-non-je-ne-regrette-rien_family

lutin - 20-10-2007

4 octobre 2007

Extrême onction

Encercle_20bronze

.

Elle sort de sa peau

pour d’autres cieux

donnez-lui le pas

sur ce lit de roses

fleur rouge offerte

à jamais fermée

elle s’est laissée mourir

au fond

elle n’a pas bu la dernière goutte

Au point de non-retour

pétales fripés

elle s’est couchée dans l’attente

de l’extrême onction

donnez-lui le vent

donnez lui la force

de pousser les nuages

fleur rouge à  jamais fermée

elle expire son dernier air

dans l’attente d’un mirage

Au point de départ

donnez lui la vue

elle veut voir ses amours

avant de fendre la matière

en fusion

le ciel est si bas

elle a peur de se cogner la tête

La mèche de cheveux vers d’autres cieux

elle contemple ce ventre énorme

qu’est le ciel

là haut on emprisonne les morts

là haut on emprisonne l’amour

là haut on ne respire plus

alors d’où vient le vent

peut-être la dernière expiration du dernier venu

Les nuages  l'appellent

elle a aimé le ciel

plein de promesses

au rythme saccadé d’une fin de vie

ils lui racontent des histoires d’enfant

le lapin aux grandes oreilles

l’ours en peluche éventré

on lui a arraché le cœur

donnez lui la force de partir

statufiée dans une peau de bronze

.

.

lutin - 04-10-2007

18 septembre 2007

Utopie

EmbryonIIILarge

.

Elle sort de son ventre, comme un embryon d’adulte
que l’on a caché depuis l’enfance,  ses doigts interpellent
les passants qui bougent
dans la rue les yeux immensément ouverts
bras ballants, elle tremble
elle ne s’est pas suspendue au sein maternel
elle n’a pas joué à la balle au prisonnier
amnésique de ses fondations qui font l’humain
elle se frotte aux bassesses de ce monde
la vie ressemble à une mauvaise pièce de théâtre
les voix sonnent faux, pointues
chacune se perche au plus haut de l’échelle


Adulte qui vient de naître
elle voudrait que les hommes soient
nus
à cette table elle hait le papier
glacé entre le pouce et l’index
elle froisse le titre
Monsieur vous êtes né de chair et de sang
entendre votre voix rouler
les mots sans  accroche cœur, que de joie
utopie dîtes vous
alors nous croiserons le fer sans nous connaître
vous prétentieux
moi rêveuse
mais qu’importe puisque je hais les titres


lutin - 17-09-2007

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