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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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27 janvier 2007

Gong

Tete_d_ange

Le sommeil est posé sur le canapé, les lumières bleues se sont éteintes, léger souffle, la chemise respire la nuit, elle dit calmement que la paix s’est installée en dessous au rythme du pouls.

Tiraillée sur le velours de ce lit de fortune l’étoffe du vêtement baille. Tu laisses ainsi le poids des souffrances de ce monde. Enfant tu redeviens, la main près du visage, le pouce si près de la bouche mais le sommeil n’est pas assez profond alors il résiste. Encore quelques minutes et ce doigt retrouvera la saveur du petit garçon roulé dans son lit.

La jambe abandonnée à l’équerre raconte dans sa mollesse la profondeur des rêves qui te puisent et t’épuisent. Au creux de l’oreiller laisse tes peurs.

Fluidité du cil contre la joue et soudain la crispation du nerf, l’orage de tes jours froisse la peau. Le doigt jusqu’à présent inerte tremble sur le tissu, soubresaut imperceptible alors que l’ouragan devrait transpercer le tissu qui t’habille. Il faut chasser ses peurs dans le sommeil réparateur, les expulser dans la sueur des draps pour se retrouver aussi léger que la plume.

La guerre est couchée sur ce lit de repos. L’armée a ravagé une tête d’ange, les canons ont réveillé les paupières et les voilà agitées comme si l’obus avait atteint le cœur laissant un cratère béant. Tes lèvres expulsent quelques éclats, traîtresse la nuit a pris possession de toi alors que le corps n’aspire qu’aux plaisirs sans contrainte comme le cheval au galop sur la plage.

Un pied s’agite voulant chasser les sorcières de tes cauchemars, comme c’est drôle de regarder tes orteils enveloppés de chaussettes noires, elles sont en accordéon, un petit trou découvre un ongle. Tu es donc l’enfant de tes rêves, des châteaux de sable naissent de tes mains.



lutin - 27-01-2007

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10 janvier 2007

Deux mondes

statue

Deux mondes se regardent
Seule importe la force
Profondeur du regard
Etre humain de chair colorée et tiède

Statue clouée sur un socle
Peau lissée
Exempt de sang
Sans passé
Sans avenir
Froideur de l’éternité

Monde des vivants
Peau plissée
Au centre de la main l’histoire d’une vie
Si longue
Trop courte
La ligne de chance

Deux mondes se regardent
Admiration de la beauté sculpturale
Pitié pour la froideur du sein
Du poignet sans pulsation
De la main sans artère

Au creux de ta main
Ma ligne de cœur
Palpitations de mon pouls

Sucrée ma peau buvard
Absorbe l’histoire de ta vie
Devient mienne

lutin - 09-01-2007

1 décembre 2006

Inversion

no_05_femme_assise_vue_de_dos800

Je perds mes mots mon amour
ma bouche devient frileuse
des grains de sable crissent sous la dent
pour une autre sonorité

Je tremble dans l’inversion du mot
animal blessé dans les taillis
il se cache sous la feuille
on le piétine à entendre son dernier souffle
les feuilles ont-elles mal quand elles chutent

Je saigne sur le fil du rasoir
mes lèvres acrobates rattrapent les mots
mes mains jonglent avec les sons
je les mets à nu comme les arbres en hiver
on peut voir leur racine

Les mots n’ont qu’un seul sens mon amour
les mots ne sont pas mis en scène
inutile de lever le rideau nous ne sommes pas au théâtre
les mots sont entre parenthèses quand je tends les bras vers toi
entends-tu les remous de mon pouls quand derrière les mots tu cherches autre chose

D'un seul geste de la main l'ombre peut ternir le regard
chaque pépite doit être capturée pour éclairer les moments sombres
sous les paupières closes il y a toujours un soleil
des souvenirs pour des mots
les yeux sont ainsi faits
les cils balayent devant leur porte
chassent la poussière du temps
l'iris fleurit quand la paupière se lève au renouveau
ainsi va le monde de balbutiements en battements de cils

Parle plus fort je ne t’entends plus
l’obscurité a pris possession de moi
bouche sèche je perds pied sur ce tapis de mots
J'attends le matin pour être déshabillée de la nuit


lutin - 30-11-2006

11 novembre 2006

Eclats de verre

effluve


La pierre est lisse pour y graver nos noms
L’érosion du temps fera son oeuvre
Une pluie fine lancinante et si longue dans son silence
Infiltre son relief
Fait peau neuve du pavé

L'écorce est lisse pour y graver nos noms
Un cœur percé en son milieu
Empreinte d’amants voulant l’éternité
Maladie de l’arbre
L’homme exécuteur coupera le tronc

Tout est éphémère
Comme un écho j’entends le cri de la pierre
Expirer son histoire
Le long des canaux des platanes déracinés
Saignent les amours scellés

L’amour est sur le lit
Transpiration du drap
Un filé d’air
Eclats de verre
Les effluves se répandent sur le pavé

Et j’ai ciselé nos cœurs
La flaque de sang distille son parfum
Infiltre la pierre d’amours torturés
Traîtresse la pluie lave le trottoir
Nous ne sommes que les passagers amnésiques de l’histoire



Lutin – 11-11-2006

6 novembre 2006

Vertige

spilliaert_vertigo

Martèlement des touches sur le clavier, un à un le leitmotiv des sons rentre en moi. Là, face à cette table tu es présent dans le solfège du piano, tambour de la touche, résonance du geste, c’est ici que tu me donnes la main, c’est ici que tu guides mes pas, ta main sur le cheveu noir, le pied dans l’empreinte, l’ombre sur la jambe, images instantanées, des flashs dans le vertige paroxystique d’une nuit d’amour.

J’écoute toujours la même musique celle qui réduit mon champ de vision à un point fixe dans le vide, et je danse en suspension vers ce point et tes bras comme des parenthèses me tendent leurs doigts. L’index me fait un signe, me dit de ne pas tomber qu’au bout de la nuit tu es là bien campé sur tes jambes, deux jambes pour deux m’entraîneront sur la pelouse verte là où notre force décuple.

Magie de l’espace, à l’ombre des chevaux, sous l’ombrelle de tes yeux mes jambes renaissent, le miracle se reproduit toujours quand tes yeux attendent avec impatience le lacet prendre son élan. Les mouettes donnent le tempo, tes pieds frappent le sol comme les mains sur le clavier donnent la cadence et tu deviens ma force et je piaffe. Au kilomètre 6 je peux garder les yeux clos, je sens que le concerto a gagné ton cœur.

Emboîtement du pas dans l’esprit, communion de l’effort, plaisir de vaincre pour t’atteindre au plus profond, mes petits pas comme des gouttes d’eau ont foulé la rosée, les tiens si forts et si grands ont écrasé méticuleusement la souffrance. Au point d’arrivée ton sang circule sans hâte et calme le mien qui s’emballe. Leitmotiv de nos palpitations, martèlement de tes doigts sur ma peau tu es présent dans le solfège de ma respiration. C’est ici que j’aimerais fermer la porte quand le ciel balance ses nuages au-dessus de nos têtes collées dans le même vertige.


lutin - 06-11-2006

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2 novembre 2006

Dansons la Carmagnole

vitry2carmagnol

Dansez la Carmagnole

Pauvres fous que vous êtes

Le passé vous rattrapera

Vous avez cru lui avoir tordu le cou

Mais il surgit quand on s’y attend le moins

Tapis il renaît de ses cendres

Les jupons s’envolent

Les bouches se collent

Des mots d’amour sentent bon le futur

Mais il prend son virage à la corde

Le passé vous rattrape

Vous avez cru lui avoir tordu le cou

La main n’a pas serré assez fort

Et les doigts s’enfoncent dans la carotide

Non jamais le bonheur ne sera éternité

Il t’effleure juste un peu pour que tu connaisses son parfum

Et les doigts nouent la camisole

Et les mots déshabillent les sentiments

Vivre juste un peu pour une longue agonie

Et je danse sur le lit quand tes mains enserrent ma tête

Je cramponne le pan de ta chemise

Tu m’entraînes dans un tourbillon de feu

Sa puissance me fait perdre pied

Et la tête tourne et je tombe et je tombe…suspendue à tes lèvres

Une rose rouge entre les dents

Et ta main s’accroche à mon cou

Le passé ce vieux fou est tombé dans l’abîme

Dansons la Carmagnole mon Amour

.

.

lutin - 2-11-2006

18 octobre 2006

Distillation

mini_fantomes

J’écris le soir quand ton corps s’en va
Vers ta maison de sang tu emportes mon âme
Je reste là dans mon enveloppe vide
L’inertie m’étreint et je rejoins  les draps
Tu as laissé ton âme entre les plumes de la couette
Je la rentre dans mon sac vide
Je suis de nouveau habitée


J’écoute la pluie tomber
Je n’ai pas besoin de lumière
Ma tête sur l’oreiller ressent les vibrations de ta maison
Où tu as déposé mon âme
Mon sang baigne ta chambre d’enfant
J’ai remonté la source


Ton absence devient présence
Sur  le chevalet ton costume prend forme
Goutte à goutte tu distilles ton parfum
Les draps se gonflent quand ton pantalon gît sur la moquette rouge
J’enlace l’air rempli de toi
Je peux fermer les yeux
Nos corps chancellent dans nos nuits blanches



lutin - 18-10-2006

11 septembre 2006

Le cri

mouette

Les mouettes c’est  beau, j’aimerais être mouette, regardez elles se laissent porter, une valse à quatre temps selon l’amplitude des vents. Quelquefois elles donnent l’impression de faire du sur place. Comme j’aimerais être suspendue entre le ciel et l’eau. Quand la faim les tenaille elles prennent une autre forme, comme une fusée elles fendent l’eau, une nourriture providentielle à tout moment pour mieux reprendre la liberté celle qui nous manque jusqu’à l’oppression. Nous terriens nous sommes si peu de chose, des prisonniers de la vie devant la rame du métro.

Le triangle des Bermudes certains l’ont côtoyé, quelquefois sans succès, certains y ont laissé leur peau, nous terriens nous sommes si peu de chose affublés de notre costume trois pièces, l’attaché case à la main, la liberté en moins. J’aimerais être un oiseau migrateur, passer les saisons au gré des vents et du climat sans croiser l'homme prédateur.

Avez-vous déjà écouté le cri des mouettes ? est-ce un cri ? Non c’est un rire je vous le jure, le rire moqueur de l’oisiveté, celle qui nous manque dans cette camisole que l’on nous enfile le jour de la naissance. Ces oiseaux blancs non bagués dévalent sur les plages en escadron pour mieux nous narguer. Regardez les, ils ont l’oeil du vainqueur sur ce monde.

Pourquoi ai-je les yeux baissés lorsque mes pieds frôlent les vagues, tout simplement parce que je me sens si fragile, lilliputienne face à l’immensité. Prends ma main, mes pas dans les tiens, nus suspendus l’un à l’autre, nous laisserons des traces nouvelles vite effacées quand la mer fera son œuvre. Seuls nous vaincrons.

lutin - 11-09-2006

5 septembre 2006

Empreintes


empreinte

Entre l'écume et le phare d'eau je chasse  les poissons hors du commun. Dans l'écran noir une lumière jaillit.

Il n’a pas de perchoir pour fuir ma main, la cage est ouverte. Fendant l’eau il a une proportion hors norme dans les ténèbres des fonds sous-marins, tout n’est qu’illusion. Tout n’est qu’allusion quand reviennent lancinants  les sons parasites des piranhas qui s’incrustent. Gardien du phare je veille, je serai toujours là à attendre jour et nuit. Comme un écho tu balises le territoire.

Regarde sur le sable les griffures des mouettes se mélangent aux sabots des chevaux et nos pas superposent leurs traces dans une logique calculée. Nous laissons nos empreintes à lire quand l’horizon fuit et demain s’installeront les premiers baigneurs. Enigme du matin qui le dernier a marqué son territoire, l’oiseau ou nos pieds cadencés au rythme du galop transperçant l’eau.

Il est temps d’écarter les bras entre l’écume et les traces enchevêtrées avant que le soleil ne se lève, ne laissons pas les regards indiscrets se répandrent, les méduses translucides sur la plage sont des verrues. Tirons la couverture, remontons le drap, sous la vague cachons le lien, les algues sont nos lassos. La mer est notre lit. Une mouette repue rit, la charogne s’est volatilisée. J’ai chaud.

lutin - 05-09-2006

29 août 2006

Traction

mer

La mer est une vasque que l’on balance.

Regarde le sable, la mer s’est retirée laissant son histoire, quelques vaguelettes dessinées comme le vent empile des dunes dans le Sahara.

Le fouet des algues a incrusté des tulipes, leurs lanières happées par l’autre monde se sont cramponnées mais ont lâché prise, une traction trop forte.

Tu sais de l’autre côté des gens tirent l’eau pour rattraper la mer.

La mer est un berceau où je me replie

Nous sommes à marée basse et je m’étale pour laisser mon empreinte avant que les astres nous ramènent une profusion d’eau. Tes pas viendront fouler le creux de mes reins, entre mille tu reconnaîtras ma trace parmi la flore abandonnée.

Un cil mouillé flèchera ta route, le même que celui trouvé entre les pages de mon livre, une larme a effacé l’autographe, le cri a gommé la dédicace, le geste m’a posé sur la plage.

J’ai rebondi quand l’autre monde nous a rendu l’eau, les mains nouées à la crinière du cheval je m’enfonce dans la mer. Comme un couteau elle m’a transpercée, j’avais si chaud avant que tu n’ouvres la page.

La mer lave les blessures

Nous sommes à marée haute, dans les rouleaux j’arrondis les angles, retrouver une peau de pêche pour la main tendue en attente d’une autre page, une écriture en italique couchée par le vent.

lutin - 29-08-2006

27 août 2006

Encre rouge

encre__rouge

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

on l'a chanté si longtemps

Non pas encore ne tremble pas à la cime de ton arbre
un printemps prometteur au vert tendre
un été qui en dit long à la pointe du soleil

Ses rayons ont ancré l'éternel
rien ne pourra les chasser du lieu
même pas le vent
tu n'auras plus jamais froid

La racine laisse couler sa sève

une couleur rouge
si chaude
coule en moi

.

Comment veux-tu que je t'oublie ?

.

lutin - 27-08-2006


1 décembre 2005

Sortir du cercueil

lamainsortdelatombe

Si longtemps dans ce carcan
Notre amour est corset
Lierre agrippé
Elans épiphytes
Racines oppressantes
Membres lianes

Notre amour est tombe
Tu meurs
Je meurs
Un amour sans air
Dans ce cercueil enlacés
Nos cœurs s'étiolent

Une bouffée d’air
Une main tendue
Qui la première
La tienne
La mienne
Pour un ailleurs

Vers le ciel
Une main
Au masculin
Au féminin
Sans alliance
Une ligne de la main
Avortée du bonheur

Ouvrons nos mains
Trop de pression
Trop d’oppression
Offrons-nous demain
Une ligne de cœur
L’espoir d’une tentation

A deux mains
Notre ligne de vie
Notre possession
Nos doigts
Nos lianes
Pour demain


Lutin – 01-12-2005

13 août 2006

Encre de Chine

encre_de_Chine

.

.

Des flaques d'eau sous les paupières, ses yeux prennent de plein fouet le vent la pluie le froid ou le soleil, trop grands ils affrontent les intempéries le mouchoir à la main. Derrière ce film opacifiant l’espace le cerveau refuse le trouble et perce l'écran. Rien ne l'empêchera de crever la lumière pour aller plus loin.

Elle y va, elle est là et ailleurs sur cette page blanche. Des mots nectar pour étancher la soif, des mots légers comme les pas d’une danseuse, souplesse de l’esprit pour la beauté du geste qui couche sur le papier des vers libres et aériens.

Et si l’indiscrétion du buvard entre des mains encore plus indiscrètes volait ses pensées les plus secrètes quelles seraient les retombées, l’amour ou la guerre. Le mot sans l’intonation est une arme à double tranchant, les pleins et déliés absents font retourner la balle en plein cœur. A la croisée des taches sur le papier rose on peut se perdre.

Elle a levé le voile à l’encre de chine, le vent peut emporter ses larmes imbibées par ce buvard, elles ne sont que joie. Un papillon a volé les empreintes de ses mots et les transporte au-delà des mers, elle dort tranquille il ne se perdra pas en chemin, sur le buvard elle avait laissé l’essentiel un nom, l’obsession de ses nuits.

encre_de_Chine_1

lutin - 13-08-2006

8 août 2006

Un pied devant l'autre

 

 

 

 

funambule

On perd toujours quelque chose quand on met un pied devant l’autre. Quand on commence à aller de plus en plus vite je cherche à reculons le bonheur décoloré. Le soleil ne respecte rien, gomme la beauté des mains enlacées jusqu’à les rendre transparentes. La brûlure trop dense délie les doigts. Au sol sont nos larmes absorbées jusqu’à disparaître quand la pluie lave l'humain. Courir quand les cailloux guident les pas c’est facile. Le soleil joue à cache cache mais la route est tracée. Je n’ai pas peur de la nuit on ne se perdra pas en chemin. J’ai mal à la tête quand un pied devant l’autre la distance s’écarte alors que nous courons face à face. J’attends le moment où le corps se jettera dans l’autre. Je m’essouffle, tant d’efforts freinent la jambe. Je serre les dents, et si j’avançais à la vitesse de la lumière. J’ai mal au cœur quand les mots n’ont pas leur sens premier. Est-ce la vitesse ou les mots qui me laissent couchée sur la moquette rouge. Un goût nouveau coule dans la gorge. J’ai attendu bouche ouverte pour me couper la soif, des mots salvateurs pour étancher mes envies. J’ai mal d’amour. On gagne toujours dans la discorde quand on met un pied devant l’autre. Le sommeil est l’abîme où l'eau salvatrice lave les maux. Laisse moi t'entraîner en ce lieu. J’ai mis une jupe blanche à volants. Un pied devant l’autre je viens à ta rencontre, yeux baissés, mains tremblantes.

 

lutin - 08-08-2006

26 juillet 2006

L'ombre est une couleur

C_zanne

Je suis l’ombre prés du banc

Je m’allonge quand le soleil s’étire vers l’ouest


Je vous précède au sol tant mon passé est grand de richesses

Vous creusez ma jeunesse

J’entends votre pensée

Je tends le drap de mes souvenirs

Vous voici envoûté



Prisonnière de ma toile

J'aimerais quitter le voile

M 'asseoir près de vous

Quand la nuit devient jour

A genoux vous raconter

L'ombre est une couleur comme la lumière *



lutin - 26-07-2006

* Cézanne

23 juin 2006

En souvenir la main

mainsable

Aimer l’instrument
harpe
l’homme joue

Ecoutez les sons
on dirait des gouttes d’eau

Devenir l’instrument d’un élément
sans état d’âme

Noyer son cœur mon amour
Corps douloureux se laisse fondre

Fendre l’eau
un tunnel dans lequel il glisse

Juste le temps de prendre l’air
une tête en surface aspire l’absence

Un corps se délie dans l’espace plein de vide
qui peut s’aventurer en ces lieux hostiles

Attendre l’ouragan
blessures lavées
peau giflée
dans les rouleaux se laisser aller

Des vers à lire en transparence

Organe désaccordé
elle entend
glisse sur la vague
en souvenir la main


lutine - 23-06-2006

6 avril 2006

Suspension

vague_respiration

..
Suspension
..
..
..
Il s’habille d’une seconde peau
glisse en transparence
apnée indolore
reconnaissance de l’élément
un fleuret transperce l’eau

Thérapie des meurtrissures
cicatrices superposées
les adhérences fondent
dans ce bain amniotique
les nerfs à vifs des aléas du cœur
baissent les armes

Dans sa nudité il reprend vie
privations à nouer les muscles
des larmes perlent
les yeux ne se maîtrisent plus
elles coulent le long des joues
le silence poignant
laisser l'imaginaire prendre place

Assommé des plis de la vie
il adapte sa vitesse dans le brouillard des profondeurs
des bulles chuchotent aux tympans
ses yeux se noient
Eau contre peau
Un corps dans son élément
en suspension
..
..
..
Lutin – 02-02-2006
26 décembre 2005

Tempo

tempo

Tempo dans les ronces il me manque le rythme cardiaque qui toquait dans mes oreilles,
une douce musique qui t’emmène au-delà de toi dans le tunnel gris,
la cadence celle de ton coeur à mon rythme.

J’ai perdu les repères mes pas s’affolent,
le sang au bord des tempes tétanisées explose,
son flux trop vite alimente un cerveau en attente de l’oubli.

Dites-moi quand il n’est plus irrigué peut-on espérer la paix au bout de ses pas
un nouveau souffle.

Une musique pour une pulsation profonde
un autre tempo de son propre ventre dilaté
après l’hémorragie des souvenirs laissés lorsque les jambes ont lâché prise au fond du puit.

Ils ont refait le chemin de nos pas
une couche cotonneuse absorbe le passage,
un enterrement des empreintes, d’autres à dessiner sur du sable mouvant.

Dans mes oreilles ouatées je m’isole en cadence à ce monde.



lutin - 25-12-2005

.


1 janvier 2006

Le pianiste

 

 

pianiste_debora_seffer1

 

 



Eloignement de l’esprit nos pas s’en vont ailleurs
où le regard inquisiteur cherche


Monsieur vous partez avec un handicap
j’aimerais vous le dire
mes pas sont vers vous
ma tête ne décolle pas de la scène

Silencieux sous les projecteurs
doigts sur le clavier
il est là enlaçant la fumée
femmes lascives aux lèvres rougies

les groupies du pianiste font que je m’en vais

Les nuits se ressemblent
les femmes applaudissent la fausse note
accrochée à l’index

Il a le regard ténébreux du forçat
laisse tomber ses mains
son envie lacérer la croupe de ces dames
prêtes à offrir leur sexe
pour les mains d’un pianiste


Elle est là dans l’ombre
suspendue à ses doigts
les sons enlacent son cœur
prisonnière elle ne respire plus
à portée de bouche
elle est amoureuse d’une statue



lutin – 30-12-2005

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 novembre 2005

J'imagine, j'imagine

ombres

Depuis que vous êtes montés là haut le ciel ne sera jamais aussi bleu
un regard assombri
un voile
le trouble de l’eau opacifiant l’horizon
un rayon de soleil trop de lumière
le vent le froid sur les paupières
la pluie une goutte d’eau
et mes yeux pleurent
à croire que dans chaque élément je vous retrouve
au noir de la nuit je ferme les yeux
et mon cœur saigne

J’aime les odeurs du passé
le bois
la cire
la main de l’ancien
j’aime caresser l’empreinte laissée
absorber comme un buvard les émotions
j’aime les bruits du passé
entendre la canne qui heurte chaque marche
l’ombre qui me suit
la présence de l’absent
j’aime l’écriture ses pleins et ses déliés
les mots d’un autre temps

J’aime poser ma main sur cette poignée
imaginer vos émotions de l’instant
quand le maître franchit le pas de sa demeure
sur le pas de la chambre j’imagine, j’imagine
et je freine mes pensées
et je freine mes images
le respect

Mes yeux vers la fenêtre je me retourne
une place
mon regard troublé
un réverbère de sa lumière blafarde laisse partir les passants frileux
depuis que vous êtes montés là haut je me sens en sursis
un champ d’horizon à portée des yeux

L’amalgame de mon cerveau
le temps d’un instant
vous le lien du sang
une autre histoire Place des Vosges
un écrivain
une fusion le temps des retrouvailles
un mélange des odeurs
guidant mes pas

lutin - 14-11-005

.

.

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19 novembre 2005

Femme accroupie

femme_accroupie

Femme accroupie

Je suis nue sur une table tournante
Position ordonnée
Corps soumis
Dépossédé
J’aime vos yeux
Humiliation jouissive
Je vous laisse  déshabiller le plus profond de mon être
Scruter les angles de ce corps docile
Pénétrer de vos pupilles dilatées l’ondulation de mes courbes

Asservie je pivote sur une table tournante
Toutes faces examinées
Dépouillées
J’aime vos mains
Intrusion enivrante
Je vous laisse habiller ce marbre de mes formes les plus profondes
Sculpter mon indécence exigée
Lacérer ma peau à coup de ciseaux
Envahir de vos doigts déliés les plis de mon intimité

Femme accroupie
Esclave de vos exigences
Cœur aliéné de dépendance
Corps approprié
Je suis un bronze prisonnier
Glacé d’indécence
Sur place publique

Lutin - 2005

1 novembre 2006

Novembre

cimetiere_1_

Des fleurs colorent vos tombes
Des couleurs enchantent la pierre
Des pétales d’or et de lumière
Et mes yeux pleurent

L’anniversaire de la mort
Des pas traversent les allées
Des mains versent de l’eau
Sur vos fleurs toute neuves
Et mes yeux pleurent

Votre anniversaire
Je vous implore
Donnez-moi la force
Pour un cœur plus léger

Des couples se promènent
Sourient en caressant la pierre
Je vous implore
Donnez-moi votre secret

.

lutin

18 septembre 2005

Chat de gouttière

cercle

Il a suffi d’un regard
Deux éclairs dans ses yeux d’eau
Pour m’abandonner à un rêve lointain

Je suis un chat de gouttière
A la recherche de chimères
Je fuis toute attache

Les toits sont ma liberté
Quand je suis lasse de bondir
Aux aguets j’attends mon heure

Je guette son regard
Je reviens quand j’ai faim

Repue je surveille la fenêtre
Lorsqu’elle est entrouverte
Je m’enfuis à nouveau

Toujours mes chimères
Toujours cette fausse liberté

Je suis un chat de gouttière
A la recherche de moi-même

Trop griffée par un mâle affamé
J’ai perdu confiance

Ce soir je suis sur le bord de la fenêtre
J’ai trop faim

Aux aguets j'attends mon heure
Mon éternel recommencement

.

3 octobre 2005

Présage

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Présage


Il n’a pas demandé à naître là-bas sous la brûlure du soleil
Il n’a pas demandé à naître là à l’ombre d’un cyprès
Des enfants empilent des briques sur des chemins poussiéreux
Des enfants empilent des legos au Champ de Mars
Des jeunes femmes sans lait regardent leurs enfants mourir
Des jeunes femmes achètent le nec plus ultra en pharmacie

C’est quoi la mort

C’est l’injustice de la naissance

L’un mourra les yeux bordés de mouches dans sa première année
L’autre mourra une tête sur un oreiller de dentelle parfumée
Toutes ces guerres pour un centimètre carré
Toutes ces violences pour de l’or
Des années d’indifférence à peigner nos cheveux
A déguster champagne et caviar


Je crois en la justice suprême
Nos futures violences pour un verre d’eau
Arrivent à grands pas
Il n’aura pas demandé à naître là dans nos ghettos
Il n’aura pas demandé à naître là chez les bourgeois
L’un pourra étancher sa soif
L’autre mourra

C’est quoi la mort

C’est l’injustice de la naissance

croy_populaire_extase



Lutin – 29-09-2005

14 septembre 2005

Chemin de croix

chapelet1

Chemin de croix


Ma première vie était une croix
Celle que l’on donne à l’enfant
Le missel à la main
Suivre le droit chemin
Le sillon tout tracé de la soumission
Education bien ordonnée.

Ma seconde vie était une croix
Celle que l’on donne à un adolescent
Ne pas se perdre en chemin
Les tentations de la chair
D’un signe de la main la caresser
Se rappeler que la faiblesse est un vilain défaut.

Ma troisième vie sur la croix écartelée
Un enfant cria à ce monde la faiblesse du corps
C’était hier.

Dévider le chapelet
Chaque grain un à un entre mes doigts
Remonter le temps
Jusqu’à l’annulation de toutes mes vies.

Aujourd’hui je cours autour d’une croix
Une liberté recherchée
Comme un aimant elle m’attire
Un boulet au pied

Je n’ai plus envie
Envie de rien
M’arracher la langue
Ne plus rien dire
Ecrire c’est entretenir
Entrave à l’oubli

Fil conducteur à rompre
Un cœur électrocuté
Brûlé à trop d’effusions
Un cœur sans corps
Un corps sans cœur

Un chemin de croix

Lutin - 27/08/2005

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