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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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10 septembre 2005

Danger

tempete
Danger
Tu vogues
Dans un enfer d’acier
Souvent côtoyé

Paquebot à la dérive
Tous les feux  clignotent
Ne joue pas avec la mer
Un dieu veille les bateaux en perdition

Marin
Ecoute ta boussole
fuis la déraison
Tant qu’un brin de raison persiste

Violence
Les nœuds sont en toi
Coulissent
N'atteins pas le fond
Rejoins la terre

Epave
Dans un calvaire éprouvé
Chemin de croix
Méandres retrouvés
Affronte la terre

Navire ancré au port
Feux éteints
laisse toi bercer
Laisse couler les flots
Un dieu veille les marins perdus

Tempérament de feu
Marin écoute ta boussole
Tu dois fuir le chant des sirènes
Ne pas atteindre le fond
Seule la nuit t’attend

Marin
Ecoute le dieu de la mer
Un équipement de survie
A enfiler
Et renaître

Lutin – 04/07/2005
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13 mars 2006

Le sais-tu

foetus
.


Le sais-tu
Au fond de moi
Le sceau de notre union
Court
.
Le sais-tu
Une empreinte
Au fond de moi
Mêle nos vies
.
Au fond de toi
Le sais-tu
Si je ne te le dis pas
Nos doigts ont tissé une vie
Mon corps est son nid
.
La mer
Ton univers
Murmure un nouveau monde
Te rappelle à terre
L’entends-tu
.
L’appel des sirènes
Au loin t’entraîne
Goût amer
Pour une mère
Sous le sceau du secret
Tu as pris le large
.
Le sais-tu
A terre
Deux cœurs en fusion
Te laissent au creux de la vague
.
Marin sans attache
Ton destin est tissé
Loin du continent
La mer a effacé
Les traces de notre union
.
Tu vogueras
Au gré du vent
La mort dans l’âme
Sans port
Pour poser l’ancre
.
Tu as fui le continent
Maintenant il te refuse
Le sais-tu

Lutin – 19/05/2005

21 août 2005

Vibrer... Vivre...

implorante

Vibrer… vivre….


Clouée au sol tel Jésus Christ
Bras en croix
Mon regard vers le ciel
J’attends

Collée au sol telle belle-de-nuit
Reins plaqués
Mes pensées vers vous
J’attends

J’attends
Bras en croix
Ton corps
Ma résurrection

Telle une prostituée
Bras en croix
Servez-vous
Ce corps sans vie
Doit renaître
Il aspire à la vie

Fille de joie
Je me donne
Ton plaisir est le mien
Mon corps est le tien

Camille
Comme j’aime tes nus
Je suis putain
Touche ma violence
Sculpte mon corps

Camille
L’aisance de tes mains
Je suis catin

Bras en croix
de ta patte
Mon corps ressuscité

Vibre et parle
Comme j’aime
Je suis !

Lutin – 11/06/2005
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23 août 2005

L'abîme

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L’abîme

Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

Dans ce monde, c’est certain
J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne

Lutin – 03/05/2005
4 septembre 2005

Révolte

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Révolte


Ardeur
Pensées en effervescence
Laisse couler les mots
Sans retenue
Comme lave en fusion
Déferle sur la ville
Laisse crier tes sens
Que ta voix
Réveille les sans questions
Hurle le poids de ton manque
De tes déchirures
Lâche-toi
Bouge cette inertie
Crève les tympans
Des inertes
Rage
Révolte permanente
Livre-toi
Sans pudeur
A ce monde léthargique
Peu importe leur étonnement
Comme voiture folle
Déferle sur la ville
Regards affolés
La mort en face
Dernier soubresaut
Des yeux expressifs
Des têtes qui se relèvent
Enfin !

Douleur
Compagne perpétuelle
Crache tes maux
Sans pudeur
Laisse couler tes larmes
Tes peurs
Peu importe leurs regards
Comme fleuve déchaîné
Sur la ville
Laisse couler tes eaux
Chargées d’éboulements
Des yeux épouvantés
Enfin réveillés
Perdus
A la recherche de l’âme sœur
Laisse crier tes sens
Hurle à exploser les vitraux
De cette église
Qui est tienne
Lâche-toi
Dans leur dénuement
Qui sait …
Une écoute !

Lutin - 19/06/2005
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14 février 2010

Le masque de l'hiver

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Une nouvelle neige tombe

Nourrit celle dhier assoiffée

La neige est mon fantôme

Ce besoin de soulever le drap

De déshabiller l’éphémère

D'un projet visionnaire

Sous l'orage de craie

Je ne vois pas les graines

Pourtant je lance du pain aux oiseaux

Vers les icebergs que sont les rèves

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lutin - 14-02-2010 

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22 août 2005

Toujours plus...

 

 

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Toujours plus...

Toujours plus bas
Se laisser couler
Tonneau des danaïdes
Boire l’aliénation de soi
Attente inhumaine d’instants de communion
Recherche de l’amour intense
Deux êtres perdus dans un monde à part

Toujours plus loin
Se languir de positions torsadées
Enlacement de deux têtes
Cette main que l’on ne prend pas
Que l’on effleure à peine
Deux êtres perdus dans un monde à part

Se défaire des jours passés
Dépendance des peaux
Fuir les simulacres
Basculement d’un corps
Avide se heurte à celui d’un muet
Deux êtres perdus dans un monde à part

Avaler ses larmes
Accepter l’inéluctable
Un corps silencieux
Détruit comme mante religieuse
Suçant la personnalité
A devenir l’ombre de son ombre

Demain
Jusqu’à la mort
Deux êtres perdus dans un monde à part
Refusant l’oubli Toujours plus…


Lutin – 11/08/2005
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15 novembre 2005

Cauchemar (3)

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Le sang tape mes  tempes, j’ai mal. 4 heures du matin je fixe le mur, l’abat-jour, deux tableaux en émail de Limoges, une rose rouge desséchée devenue noire, cinq mois déjà, un cœur à vif, et les absents présents dans mon sommeil prennent maintenant possession de mon éveil. Une envie me lever, une photo en noir et blanc, je suis à Limoges dans une poussette, ma robe brodée offre au soleil mes cuisses potelées levées pour mieux toucher mes pieds, le jouet préféré du bébé qui découvre le mouvement. Deux enfants sont accrochés à cette poussette le centre de gravité d’une famille unie, une dame élégante en chapeau veille sa couvée, c’était le temps du bonheur. Des photos de couleurs des filles en compétition, miroir qui est la plus belle, et une mère au regard assombri éclaboussée par la jeunesse de ses enfants arrogants, aller au cimetière. Là encore un interdit, là encore attendre qu’ils reprennent place dans leur cellule du jour. Attendre 9 Heures du matin.

Lutin - 15-11-2005

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4 avril 2006

Entre chien et loup

lune_reverbere

Lumière entre chien et loup
attente au coucher du soleil
d'un clair de lune
femme en éveil dans la pénombre
je préfère le réverbère
une ombre orangée sur un lit
peau dorée à lécher
paume douce comme une peau d’orange
à toucher


A pas cadencés nos cordes affûtées
ont usé leur force première
dans le vent
comme les paons font la roue
les palabres éliminées laissent place au sens primaire
corps emmêlés
membres écartés
c’est l’heure de s’abreuver au puits
les prédateurs ont fui

lutin - 03-04-2006

24 mars 2006

Liberté

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Etre portée par le vent

elle aimerait tant

il libèrerait sa main.

Elle est comme le voleur mis derrière les barreaux
elle compte les jours
n’a rien fait de mal mais son sort en est jeté
chaque matin elle incruste le mur de sa souffrance
dessine deux cœurs
d’une flèche  les perce
recommence l’ouvrage
c’est ainsi qu’elle a compris

l’amour n’est jamais acquis.

Une tête d’encre et de rêves ne peut rester muette
prisonnière de ses pensées
donnez-lui du papier
de sang les mots sur le papier s’écouleront
allégée de ce poids d’autres mots viendront nourrir la feuille.

Elle aimerait aiguiser ses sens au rythme du jazz
coucher sur le grimoire ce que son ventre a avalé de ce monde
rédemption d'une vie dissolue

Portée par le vent

elle aimerait courir jusqu’à l’épuisement des muscles
les sentir douloureux
tomber de fatigue
Ah douleur physique !
Crampes salvatrices !
grâce à elles si présentes elle ne sentirait plus son cœur douloureux.

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lutin - 23-03-2006

28 août 2005

Le masque

masque

Le masque

Qui suis-je ?
La femme du matin
Apprêtée, maquillée, parée
Celle que vous croyez
Femme de bonne éducation
Le masque du matin élaboré
Ne pas montrer
Que je vous trompe

Qui suis-je ?
La mère de mon enfant
Femme épanouie, aimante
Griffes dehors
Rejetant l’intrus
Gommant votre passage
D’un coup de plume
Affectée de votre indifférence

Je suis putain
La femme du soir
Celle que vous attendez
Qui tombe le masque
Celle qui se donne
Dépendante, soumise
Le corps en attente
Les sens en éveil

Je suis catin
La femme de la nuit
Femelle épanouie
Sans masque
Celle qui donne
Dans toute sa nudité
Son corps assoiffé
Pour mieux recevoir

Je suis l’animal
Femelle traquée
En chaleur
Derrière son loup
Celle qui attend
Dans son dépouillement
Le mâle assoiffé
Pour mieux se désaltérer

Je suis maîtresse des corps
J’offre mes multiples facettes
Subtil mélange d’amour et de violence
La femme idéale aux multiples visages
Otant le voile aux heures de l’abandon

Je suis le feu qui danse
La vie
Le plaisir
L'indépendance
La dépendance

Lutin - 12/06/2005

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7 novembre 2010

Je me prépare au voyage

Support independent publishing: Buy this book on Lulu.

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Ces feuilles à demi-mortes près de mes pieds me frôlent comme des mains, c’est une descente du corps jusqu’aux mots que je tords contre la peau alors que grimpent leurs brisures le long de la jambe. Ces couleurs d’or que je serre dans mes bras je les emporte fragiles, elles crépitent encore à mes oreilles, ainsi circule le frottement des pensées jusque dans les veines. Ces odeurs couvertes de poussière insensibles aux prières je les coiffe d’un bonnet de laine, je nous enferme à double tour, elles disent qu’il fait froid et humide alors que l’écharpe du vent m’habille et me noue le cou, me glace les mains. J’attends que ralentisse le battement de mon cœur, c’est ainsi que l’on hiberne.


La nuit on dit le temps s’arrête alors pourquoi se lève le jour, tombent les années autour des arbres et les étoiles de nos yeux. L’été s’en va comme nos mots projetés vers le ciel, nos espoirs dégoulinent dans les jardins, il pleut les dépouilles des vœux non exhaussés, des amours inachevés, des promesses non tenues, le noir des arbres apporte la vision de la mort, elle nous fouillera jusque dans l’écriture prenant la couleur du temps, l’odeur de la cendre, on ne s’adapte pas on se recroqueville dans sa main.


Alors que les vitrines brillent, alors que l’ombre s’entoure de lettres rouges qui clignotent, alors que la nuit m’habille de sa robe de deuil ma chambre s’orne d’un miroir, je cherche un large pinceau, je tends le bras, quand le bras s’assouplit, quand mon corps se détend,  je me prépare au voyage, je peins le ciel avant qu’il ne se décharge, avant que je n’oublie son parfum dans cette partie de la toile.


Je meurs de ne pas savoir oublier la trame tendue, digérer le trou béant que je fends, je suis la mer qui retourne les feuilles dans ses rouleaux, le gémissement des vagues qui s'accrochent à la grève, dans la chambre l'odeur de la terre se mêle à mes pas, à mes gestes se mêlent les voix, combien de temps avant que la peinture ne sèche au ciel ?

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lutin - 07-11-2010

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29 août 2005

Jalousie

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Jalousie


Ces mots qui sortent de nous

Fissures

Cassures

Les brèches d’un cœur

Un barrage cède

Une tempête sans retenue

Lâche un trop plein de maux

Une envie de s’arracher le cœur

De le jeter au loin

L’envie d’aller chercher ton cœur avec mes doigts

Mon désir te cherche

Mais c’est toi qui me trouves

Ces appels au secours

Entailles

Failles

Ouvertures béantes

Un bassin se vide

Rompt ses colères

Un afflux de sang

Noie les espérances saturées

La jalousie écrase mon cœur avec mes doigts

Ton désir est ailleurs

Mais c’est moi que tu trouves


Lutin – 29/06/2005
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27 août 2005

Lettre à A.....

sakountala
«Je tremble toujours de n'avoir écrit qu'un soupir, quand je crois avoir noté une vérité»
Stendhal
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Lettre à A….

Mon amour  nous avons fait l’amour
Pour modeler nos batailles intimes
Nous avons utilisé l’étendue de nos peaux
Les draps se souviennent de nos ébats
Et notre différence a brouillé l’encre
La plus noire de ma mémoire
Tu m’as laissée
Un enfant à mon sein
Je me suis évanouie
Mon enfant  mon amour

Mon amour  j’ai tant versé de larmes
Dans mes insomnies
J’ai réglé mes comptes
A bout de bras refusant l’inertie
J’ai sculpté mon corps
Comme Camille face à un marbre
Sans complaisance
J’ai modelé à outrance
A coups de brasse
Cette enveloppe déchirée
J’ai recousu mes lambeaux
Et j’ai la force du roc taillé et poli

Mon amour  je me suis agitée dans ce labyrinthe
Trompant mes regrets
A coups de reins
Les sens en éveil
Vie dissolue
Renaître chaque nuit dans la jouissance
Prouver mon existence
Je suis une autre femme
Une sculpture aboutie
Sans complaisance les hommes me déshabillent
Epanouie
J’affronte leur regard sans crainte
Je suis une sculpture
Sans défaut apparent
Une seule cicatrice celle du cœur
Bien cachée aux insensibles

Mon amour  je suis la femme
Que tu souhaitais
A ton insu tu m’as modelée à ton image
Un instant j’aimerais mes yeux dans tes yeux
Un instant j’aimerais tes yeux posés sur l’enfant
Le temps de sentir notre force

Sans toi cette intensité m’aurait échappé
Mon amour  merci


Lutin – 25/06/2005
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14 novembre 2005

Cauchemar (2)

spectre

La pression monte, la peur de l’explosion des mots, de la porte qui claque. Fuir dans le sommeil la séparation des corps, un vieux couple vivant leur dernière heure. La nuit n’est pas de tout repos, remonte un brassage de tous les silences, les absents frappent ma tête avant d’entrer et prennent possession de quelques cellules de mon cerveau alors que d’autres sont envahies de nos discours sans fin, sans amour, elles en font un film d’épouvante, un fou séquestre une folle dans son appartement, une nuit durant une torture morale, deux êtres hagards rampant laissent couler sur le carrelage un vomissement de mots, et ces fous les ravalent pour mieux se les resservir. Une camisole, calmer la peur. Mal de tête, palpitations du sang, sortir de l’enfer, ouvrir les yeux. Il fait nuit, deux corps séparés chacun dans sa cellule, dans sa propre chair. Je le sens, je l’entends enfoncer les touches du clavier, la musique dans ses oreilles grésille, mes sens en éveil je pourrais presque lire les mots qu’il couche sur l’écran, une vie ratée, l’avenir seul, la séparation, nous n’aurons pas d’enfant, un ton sarcastique.

Lutin - 14-11-2005

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16 novembre 2005

Cauchemar (4)

maintendue

Il est 4 heures du matin, il a coupé l’ordinateur, je fais semblant de dormir, il n’est pas dupe, plus d’envie, ne pas parler, ne pas être touchée, ne pas devoir dire non, les mots le danger des mots qui séparent les corps. A force de te chercher je me suis perdue, tu me manques. Il est 9 heures du matin, je me lève, ne pas être touchée, je fuis le lit, une cassure, la cassure du sexe, le silence, un amour désincarné. Donne-moi de la légèreté je ne veux pas en rester là. Il suffit de peu, une main, une main tendue, une bouche sans maux. Il est 11 heures, l’heure de la réconciliation, j’ai mal à la tête, des cellules déshabitées de mes cauchemars.

Lutin - 16-11-2005

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22 mars 2006

Tu croyais m’oublier

mains


Vous vouliez que je me taise
Murés dans mon silence
Mes mots s’envolent
S’accrochent aux nuages
Et à l’heure de la pluie
Se posent au creux de vos mains

Vous vouliez que je me taise
Noyés au creux de la vague
Mes mots dérivent
Flottent au gré du vent
Et à l’heure de la marée
Embrassent vos mains

Vous vouliez que je me taise
A la chaleur de l’âtre
Mes mots partent en fumée
Imprègnent vos pensées
Et à l’heure de la veillée
Vos yeux se laissent aller

Vous vouliez que je me taise
Mon cœur parle encore
Vous l'entendez battre la chamade
Mots murmurés à l’heure du matin
Mots déchaînés à la tempête de nos nuits

Muré dans votre douleur
Mes silences vous inquiètent
Votre cœur s'emballe
Votre pouls s'affole
Reste l'écho de ma voix


Lutin 18/04/2005
1 mai 2006

Lambeaux de minuit

ecorce

Ses doigts comme des racines

ont pénétré les plaies pour en ôter le mal

la paume de la main croyait cautériser les chairs

Elle a soulevé l’écorce

une sève purulente se nourrissant de son propre mal

bouillonnait comme lave en fusion

elle l' a aspirée pour un élan plus grand

Ses doigts comme des aiguilles

ont pénétré la chair pour en fermer la plaie

une bouche au pouvoir miraculeux

croyait  réaliser le corps lisse du ressuscité

Elle a la nausée

la chair infectée s’est rebellée

laissant un goût amer

par quartiers elle a épluché le fruit

jusqu’à la contamination

Elle a découpé ses lambeaux de minuit

dissociant le vrai du faux

impartiale au petit matin

une chair hachée menue sanguinolente

lui dit il est temps de sauver ta peau

lutin – 30-04-2006

8 janvier 2012

Prière secrète

 

 

DSCF0046

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Il y a quelque chose qui se casse
Quelque chose qui bouge
Jusque dans le ciel s
agitent les formes et les couleurs
Les pens
ées ne savent plus nager
Loin des rives embrass
ées
Dans l
océan lestées de phrases enroulées
Elles se sont enfonc
ées

 
Quelques bulles en signe de la main
Le remous de jupe retardant la disparition
L
eau est un train fantôme
Les vagues un incendie

 
Il faut aimer le cimeti
ère qui senfonce
Les pierres us
ées
Et les indices laiss
és danseront

 
Il faut aimer les sanglots
Comme le prochain orage viendra du ciel
Nourrir les mers et leurs chants

 
Telle est la pri
ère secrète des voix mêlées
O
ù le vent souffle

.


Billie

 

 

3 novembre 2005

Oxygène

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Me voilà
Devant mon miroir
Ses yeux en transparence
J’écoute ce qu’il m’a dit
D’une oreille distraite
En apparence
D’une mémoire infaillible
Marquée au fer rouge
Un tête-à-tête
Avec moi-même

Me voilà
Face à moi
Mes yeux en effervescence
Sans complaisance
Etre celle qu’il attend
Je ne veux pas me perdre
Lui plaire
Sans m’oublier
Un compromis
Rester vivante


lutin - 02-11-2005

9 mars 2006

Inconscience

ecriture

Vous parlez d'inconscience quand la plume prend votre main, je crois que c'est cette magie que nous recherchons dans l'écriture, se relire et découvrir justement son inconscient couché sur une page blanche devenue noire de notre intérieur.

Fermer les yeux pour sentir sa liberté, dans le noir sortir du carcan imposé par notre mode de vie, passer de l'état conscient à l'inconscience et la peau se lisse sous la plume, les muscles se dénouent.

Devenir aveugle quand on sait que ce n'est pas irréversible.
Un doux moment quand s’emballe les mots du cerveau à la pointe de l’épée.
Avez-vous remarqué que les couples ferment les yeux quand ils font l'amour, c'est pour mieux se voir.

La lumière est l'ombre de la pensée quand la mémoire ne suit plus.
Un livre d'or à signer quand la peau trop ridée tire sa révérence

lutin - 08-03-2006

7 février 2006

Le pire et le meilleur

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Le pire et le meilleur



Un ventre c’est rien du tout on rentre on sort dit-elle, je reste suspendue, elle est dans un train, elle me dit je coupe il y a de la racaille. Il est 21 heures. Je l’imagine cette bande, celle que l’on écrit dans les journaux. Remontent les faits divers du matin rapidement parcourus comme on feuillette une bande dessinée le croissant à la main. Je suis un cerveau secoué d’angoisse relatant ce qu’il ne croyait pas avoir mémorisé, l’horreur de l’humain quand sa bande l’accompagne. Je suis cette jeune femme bloquée sur son siège se récitant les mêmes faits, je suis la souffrance, je deviens elle. Unies, elle dans son train, moi près du téléphone, nous sommes en communion. Jamais nous n’avons entendu nos cœurs battre au même tempo, une cadence qui s’accélère au rythme des secondes. Le même geste, chacune la main sur un numéro d’urgence pour calmer la rougeur de l’attente, la blancheur de la peur.

Un ventre c’est rien du tout on rentre on sort dit-elle, j’invente les séquelles, elle est dans un train, je voudrais être là, vivre le moment, prendre sa place, mon ventre contre le sien. A la fenêtre je regarde le ciel, je prie la lune, éclaire le wagon je t’en prie, donne ta lumière, évite les horreurs, le ciseau qui déchire les entrailles.


Je ne veux pas être lune
elle est le témoin de nos errances

Si j'étais lune j'aimerais avoir des yeux
fermer les paupières quand le monde brûle
d'un clin d’œil regarder l'amour quand il passe

Notre lune est un phare sur la vie
elle ne s'éteint jamais
elle voit tout
le pire et le meilleur

Un ventre c’est tout, il lui appartient, c’est le mien devenu sien. Sa chair est la mienne devenue sienne. Un ventre, peau de velours, on y rentre avec douceur, une main sur la joue glissant le long du corps, lucioles au bout des doigts délicats refusant l’intrusion illégitime.

Si j'étais lune
de ma traction j'inclinerais la balance
parce que l’amour c’est tout.



Lutin – 06-02-2006

5 juin 2006

A l'ombre du Chêne blanc - 1 -

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Ecoute : "le dormeur du val"

Etre enfant remonter le temps, me rouler dans l’herbe folle insouciante des contraintes de ce monde, j’aimerais tant retrouver mon Chêne blanc. Une couverture protège nos peaux des herbes piquantes. A l’ombre de ses feuilles nous faisons des galipettes, les garçons sont en short et nos robes amidonnées laissent entrevoir des culottes de coton blanc.

Nous sommes libres et sans pudeur. Nos yeux rieurs vont plus loin que ce triangle attirant les garçons, nos corps ne sont pas envahis de la sève qui perturbe la relation. Les socquettes blanches écrasent l’herbe des prés, des taches vermillon se détachent du vert.


Mon grand-père me disait la fleur est éphémère si tu la prends elle meurt dans ta main, c’est le coquelicot libertin, il vit sans amour et sans attache, il est le contraire du lierre, l’homme fait partie de sa race, un jour tu comprendras petite. Il te faudra rentrer dans le rang. Sur le bas côté de la route restent les femmes légères, un coquelicot entre les cuisses dans l’attente du pollen que le vent transporte. Petite protège-toi, au fond de toi tu possèdes le bien le plus précieux, un pistil à ouvrir à une plante vivace qui accrochera ton cœur à jamais. Grand-père soit plus clair je ne comprends pas. Patience petite, grandis et souviens-toi.

Ta voix chaque printemps me revient, je suis la femme libertine mais ce n’est pas ma faute le lierre ne s’agrippe pas, je dois avoir un défaut, peut-être un pesticide émanant de ma peau repulse les plus coriaces, il meurt ou va ancrer ses racines sur des tiges plus tendres.

Je suis la fleur éphémère une sorte de libellule qui meurt quand elle donne vie, je fane chaque automne, j’attends la sève du printemps, je reprends vie le temps d’une saison et ce cercle infernal perdure depuis trop longtemps grand-père.

J’aimerais me reposer à l’ombre du Chêne blanc, écarter les cuisses sans pudeur, tête au vent, un coquelicot à la bouche, une tache de sang à la place du cœur, j’aimerais déserter le monde des grands.



lutin - 05-06-2006

20 octobre 2005

Sens

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Ecoute, écoute
La musique
Ferme les yeux
Ecoute, écoute
Les notes pénètrent ma peau

Embrasse-moi
Tes lèvres
Ferme les yeux
Je sens, pressens
Les notes de tes doigts sur ma peau

Entends, entends
Mes mots d’amour
Ferme les yeux
Vibrent, frémissent
Les sons glissent à fleur de peau

Ferme les yeux
Un instant de détente
A l’abandon
Laisse parler ta peau
Mes mains à l’écoute de tes sens

Entends, entends
L’harmonie de nos peaux
Ecoute, écoute
Des gouttes d’eau
Perlent aux creux de mes seins

Vois, vois
Des yeux dans l’ombre
Entendent les mots de l’amour
Eteins la lumière
Laisse parler nos sens

Lutin – 19-10-2005

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27 février 2006

Transparence (une envie d'aller plus au fond)

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Transparence

Aimer l’instrument
corps de femme
harpe dans ses bras
l’homme joue sur les cordes sensibles
écoutez les sons
on dirait des gouttes d’eau

Devenir l’instrument d’un élément autre que l’humain
sans état d’âme jouissance de la matière
noyer son cœur mon amour le remplir d’eau

Corps douloureux se laisse fondre au creux des ans
ligne verticale il te suis ou te précède je ne sais
fendre l’eau un effet d’apesanteur un tunnel dans lequel il glisse
juste le temps de prendre l’air une tête en surface pour mieux rejoindre l’absence
un corps se délie dans l’espace plein de vide
qui peut s’aventurer en ces lieux hostiles

Attendre l’ouragan
vague déferlante
blessures lavées
peau giflée
mousse astringente
dans les rouleaux se laisser aller

Des vers à lire en transparence
organe désaccordé
elle entend l’appel de la mer
glisser sur la vague
en souvenir la main

lutin - 27-02-2006

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