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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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10 octobre 2008

A votre bon coeur

010_t

A votre bon coeur
quelques mains sur mon ventre
une parcelle de vous en moi
je suis ailleurs
ailes déployées
yeux ronds
bouche ronde
tout tourne carré chez vous
et je peux pour vous


A votre bon coeur
quelques larmes de vous
sur mon ventre un sel de vous
dans la spirale de l'aimant
je n'ai pas de voix
j'entends la vôtre
mais aidez-moi
sans vous je tourne carré
et ne peux rien pour vous

Une réflexion sur une sentinelle face au monde

http://devillers.viabloga.com/news/sans-titre-201#comment_1

lutin - 10-10-2008

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8 octobre 2008

Petite chose

P1000868

Petite chose
entre eau et ciel
tu tends ton mât
poids plume
voulant percer le soleil
tu n'es qu'un nain
n'arrivant pas au sommet des vagues
sans force
aucun reflet dans le miroir
coque grise tu n'es que l'ombre éteinte
entre est et ouest
un confetti dans l'univers
attend la nuit
le phare te guidera
sur terre
enterre toi
tu n'es que poussière
dans le ventre de la mer
grise est la terre

lutin - 08-10-2008

15 juin 2008

Réfractaire

l_arbre_qui_dance

Attendre c’est mourir
tenter de mourir, c’est épuisant

Avant l’attente, il n’y avait rien
l’apesanteur derrière la feuille

Derrière la feuille, l’arbre
derrière l’arbre, moins que rien
un brin d’herbe
un pas de géant voilé vers l’éphémère des paysages

Devant, le pas lourd de  l’inutile
dans le vent d’une journée perdue
tout est poids, le mouvement de l’attente
après

Un saule pleureur dans un ciel de traîne
une femme dans les ramures

Ployées, ses lignes de main balancent
les courbes d’une vie

Là, elle voudrait être flamme
lécher les cendres des rêves éparpillés
devenir cœur de pierre réfractaire
au ventre de la terre



lutin – 15-06-2008

3 octobre 2008

Je lui dirai

Mains

Avec un enfant on n’a plus la liberté de mourir

Rire de tout

Danser d’un rien

Vivre au plus près

On voyage sans jamais arriver avec un enfant

La main comme un nid

Et toi tu es le ciment -  l’argile aussi

Des mains d'homme lissant la peau

Voyagent à la commissure de mes lèvres

Longs virages dont tu as su arrêter la chute

Tu t’imprimes dans le corps comme la semelle sur le macadam

Prends la parole dans ma bouche

Perds la mémoire de l’enfance

Chemin de ronces enfoui

Nerf torsadé des nuits

Grandis-toi - tu es l’aplomb du fil

Le roc sur le chemin retenant le torrent

L’oxygène des poumons -  étiolés

Si tu dévales la pente

.

.

lutin - 02-10-2008

26 septembre 2008

la nuit

la_porte_de_la_nuit_logo

.

Elle marche face à nous bousculant les heures  un peu plus chaque jour. Dans le couloir du ciel à la cime des arbres elle se fait plus pressante arquant inéluctablement sa couleur opaque, elle ombre la racine qui se cache sous la feuille d’automne, son voile flottant entre ciel et terre devient foulard puis manteau dans sa chute sur les épaules, elle enveloppe comme un drap sur son passage ce qui est vertical, les plus grands seront touchés les premiers, petit bout de femme il me reste un peu de temps avant de sentir son piège se refermer sur moi, progressivement  elle m’enroulera dans sa peau m’habillant d’un fourreau de deuil, le chien sur la route subira le même sort ainsi que l’insecte rampant, la nuit balaye tout quand elle s’allonge nous faisant disparaître d’un claquement de doigt ensorceleur, la goutte de pluie poreuse devient noire comme par magie, seule la lumière artificielle résistera à sa force. Inutile de se cacher elle voit dans les angles, inutile de se vêtir de noir, elle superpose les couleurs.

Je suis tout petit entre chien et loup dit l’homme dans sa course à travers l’ombre et la lumière, il est 20 heures j’ai perdu mes jambes en chemin dit-il, je reviendrai les chercher demain, les mots ont une autre résonnance, dans l’allée un corps flottant vole vers la sortie par habitude. Au-delà de la ligne droite il y a des points qui s’agitent, d’autres spectres éphémères prisonniers des heures qui s’égrainent, puis un puits de lumière perce l'obscurité, silhouette fantôme de la  ville agitée des retardataires au volant de leur voiture.

La nuit devient cocon quand c’est l’heure de dormir, ralentissant la voix elle rend le corps plus docile, vers l'autre elle porte les mots enrobés d’un papier de soie comme le bonbon acidulé parfumé à la fraise dégageant un parfum d’amour allant du palais au ventre. Elle est  la couleur de l’élégance où les corps se baignent nus entre les draps parés de la lumière jaune des réverbères de la rue, sa maison sans porte ni fenêtre est l’amie des yeux qui se cherchent dans le noir. On s’en relève le matin repus quand elle a pris son envol dégageant les corps de sa ligne horizontale.



lutin - 29-09-2008

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17 septembre 2008

Au nom de....

DSCN0714

Ce matin 8 H on démonte sous mes fenêtres un énorme sapin splendide de 27 ans d'âge, des voisins assassins ont demandé la guillotine au nom de la lumière. Magnifique paravent naturel nous voici sur la rue face aux éclaboussures des voitures. Ce matin je hais le monde.

Au nom de la lumière on a tué la maison aux araignées.

Au nom de la lumière nos tourterelles sont SDF, ce soir elles dormiront sur le toit en plein vent.

Au nom de la propreté on y plantera des clous pour qu'elles n'y posent pas leurs pattes jusqu'à ce que mort s'en suive.

Et la pie voleuse où va-t-elle se cacher ?

Au nom de l'injustice je voudrais conduire les commanditaires à l'échafaud.

Au salon Saez dit "nous courons tous ensemble vers la fin qui nous lie... que des troupeaux vers l'abattoir.... je t'en prie fini moi... "

.

Ce matin je hais le monde

.

DSCN0713

3 septembre 2008

Qu'importe

04_sculpture_femme_ayla

.

Sur l’épaule de l’autre
Posé par habitude
Le vide a fait son nid
La tête passe dans un trou béant

Epaule habillée de bleu
Le tissu est un rempart
Des défenses d’animal sur l’être
Laissant l’autre brûlant

Quand j’étais enfant
Au ventre de ma mère
Des mains serraient mon cou
C’est tuant la différence

Dans le fleuve
On essaie de marcher sur l’eau
A la mer où que l’on aille
Qu’importe j’emmène



lutin - 03-09-2008

6 juin 2008

Le Cri

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http://devillers.viabloga.com/

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Vivre n’est pas là, clouée et hurlante

dans sa peau pénètre vos lanières

un venin acide entre vos dents, éclaboussée

creusant ses pupilles

bouche en entonnoir

sur vous elle crie l’injustice

Elle voulait courir les chemins

dresser d’autres barricades

au sein de vos propres émeutes

au bras le poing du ralliement

avec ses jambes encerclées de vos convictions

un déluge l’a ligotée au pilori

Etre n’est pas le temps

contre le mur elle continuera la lutte

tant qu'un sang pur coulera de ses veines

crucifiée elle hurlera l’ineptie de ce monde

ficelée, bouche ouverte, muette, cordes vocales ôtées

la force de la pensée en travers de vos folies jaillira

lutin - 06-06-2008

17 août 2008

Cendres

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http://devillers.viabloga.com/

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.

Ouvrir les yeux refusant le prolongement de la lumière aveuglante

Les ombres s’allongent de l’œil au sol

De la terre à la main surgit l’éclaboussure de l’évidence

Un monstre était là tapi sous la paupière

.

La main vers l’extérieur conduit l’œil clos

Les doigts mêlés aux barreaux du regard

Le soupirail noirci de la cécité craque

Dans les yeux décousus vient danser la mort

.

Rouille accumulée au fond de l’orbite

La poutre dans l’ossature de la machine cède

Au creux du ventre la main se brise

L'holocauste était là dans toutes ces mémoires empilées

.

.

.

.

lutin - 17-08-2008

16 août 2008

Eau déflorée

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.

On a étendu l’eau comme un drap à rayures sur le lit, on la regarde comme la chambre virginale en attendant  l’union

On la défroisse, on prend sa température, comme l’enfant au bord de l’eau on la surveille protégeant l’abîme géant

Pudiquement on y met les mains portant les doigts aux lèvres, on bénit son sein avec quelques mots de tendresse

On la berce pour calmer sa soif d’exister, on la prépare à devenir épouse dans la lumière

On la rassure tissant un pacte entre silence et sang bouillonnant, des yeux on plonge dans ses entrailles pour la dompter

C’est épuisant la fébrilité nouant le ventre, on la borde pour la nuit, dans l’attente de l’engagement seule sous le drap on se retourne dans des rêves agités.

Il y a des nuits qui vous relèvent épuisée

On est debout les doigts croisés dans le dos nattant des prières à genoux dans la tête

On tremble, c’est l’heure de la défloraison, il y a l’appréhension du premier contact, sans mot comme une flèche on la pénètre

C’est fini la caresse, on vit une fusion plus profonde, violemment on la bague, on la boit.

C’est terrible cet instant, dans la seconde qui suit on sait si le corps prend forme dans la jouissance ou l’enfer

lutin - 16-08-2008


12 août 2008

Cube d'eau

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.

Je vais couper l'essentiel qui me semblait être et partir, je ne serai jamais tranquille entre deux bassins, du réel à l'irréel, je me perds. Amère je le suis à l'étroit dans une combinaison qui ne me convient pas, le buste aplati, l’épaule bloquée dans un bleu trop épais. Je suis liane et me voilà enchaînée alors que je devrais être lame de rasoir dans la pliure de la matière. J'ai retourné ma peau, elle ne transpire plus et ralentit mon expression. Invulnérable je me suis accrochée comme un lierre et me voilà feuille étiolée dans une maison sans étoile.

J'avais creusé le sillon jusqu'au podium  tant de fois, préparé le nid, élagué les ronces craignant la peau écorchée. Dans ma voracité j'ai fait plus blanc que blanc légère comme une plume d’oiseau et me voilà fleuret brisé d'ennui dans un monde sans vague, dans une eau mazoutée. Je vais gonfler mes poumons et atteindre des sommets ailleurs, peu importe si je ne croise pas le fer, l'important est de respirer sans perdre la tête.

Je vais casser la vague émoussée avant l'heure, on s’est trop applaudi pour supporter la plage sans rouleaux. Comment fendre cet habit de lumière et glisser dans le gant de l’océan ? Un doigt oui juste un doigt sans anneau non. Le corps déshabillé du fourreau contre l’aiguille du temps se meurt.

Il y a une ligne d'eau qui mène à l’exil, dans mes bras je l’ai longtemps serrée, je l’ai usée suspendue à la gloire. Le feu s’est éteint dans un cube d’eau.


lutin - 12-08-2008

3 juin 2008

Sans effort

Clown_sculpture

Tous les matins il rentre dedans tête baissée comme il s’enfile dans le métro de la veille, il s’y glisse comme il s'enfonce dans la rame, elles sont un moyen de locomotion, elles gardent leur forme, à peine asséchées du labeur de la veille, vieilles chaussures aplaties avec dedans les empreintes des orteils, au dehors les odeurs de la rue. Elles partent au boulot, dans le ventre une envie de vomir, les orteils agités, la cheville bloquée, la crampe dans le mollet, les lombaires douloureuses, le feu remontant au cou faisant crier la tête et les pieds qui collent, et les pieds qui collent. Chaque jour un effort de plus pour chaque maillon de la chaîne alors que les mains veulent vivre autre chose encore, vivre encore, vivre tout court. Toute la semaine entre quatre murs, entre élastomère et cuir, semelle et chiffres, sonneries et conneries, et les pieds collent, et les orteils s’étiolent dans un carcan de cuir imbibé de la rébellion de chaque organe, une semelle usée du métro, du macadam, alors que la chaussure attend l’amnésie, et le pied qui colle, et la cambrure qui souffre de la contrainte morale, et le talon qui attend la liberté. Le sien se crispe sur le contrefort, soumis, lavé de l'ennui de la veille, il se rappelle et montre le chemin inverse chaque matin du lit au métro, du métro à l’ascenseur, de l’ascenseur à la rue tournant le dos, et le dos qui fait mal. La jambe s’agite au-dessus de la chaussure, pleine de vigueur se rebelle, veut vivre encore, veut vivre encore, sans effort vivre et d'amour et d'eau fraîche les mains posées sur la table et les doigts qui dansent sans effort remontent à la tête fermant les paupières pour rêver à un autre monde, vivre encore dans un autre monde sans effort.

lutin - 03-06-2008

17 juillet 2008

Ovni

DSCN2513

Une peinture de Div, une interprétation

Des yeux soucoupes
les pupilles en l’air flottent
il n’est pas onze heures
ébullition dans la tête
des cloques sur le front
une fronde entre les sourcils
une pierre dans la chair

en croix fléchée

ne le frappez pas


Le sang pulse
éjecté des orbites
il aurait voulu être aveugle
ne pas soutenir l'image

assassine
répulsive une bouche teintée de rouge

c'est la raison qui s'évade
le feu de la gorge dégouline

chaud et visqueux comme du miel
nouée elle doit se taire
à jamais rester close
cercueil de mots

à l'envers suie diluvienne
elle pousse
se répand dans le silence


Les racines tropicales décuplent
c'est la jungle dans le cerveau
au-dessus la peau
les cheveux hirsutes se révoltent
en épis de blé noircis

la mâchoire refermée sur elle-même
l'oreille se tend
la joue se creuse

la narine dilatée sent le danger

c’est la guerre


J’étais là crie-t-il

en avalant son propre corps
je voulais être ailleurs
j’étais le vent
sans importance
vert je creuse
le cou dans ma chemise
blanc je me planque
la tête demeure
je ne peux la cacher
on me reconnait
j’ai peur

lutin – 17-07-2008

8 juillet 2008

Fracture

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.

L’obscurité était dans ses yeux aveuglant la route
elle avait atteint un point du cerveau, aussi le corps
une tête sans étoile, au dessus les ténèbres
la jambe comme un boulet freinant la lumière

Après lui, un vêtement allongé sur le lit
deux jambes de tissu mort, le pli creusé de l’absence
le genou ailleurs, le pull évidé de sa substance
le caleçon aplati de sa dernière érection
tel un fantôme il repose ailleurs

La mort à grande vitesse, elle danse
des embrassades dans les troncs d’arbre
des larmes alimentent le fossé
une caresse suit le cheveu, l’inclinaison de la nuque
l’épaule dans le vide que l’on soulève

A angle droit je suis la route dans le virage
trempée de la pluie, le macadam luisant
dans la pente infernale, l’escalier et ses marches
vers le chemin du cimetière
et passent les saisons

Des fleurs déposées dans la chambre, porte ouverte
un oreiller et sa mémoire
une odeur, je l’appellerai Présence
comment faire quand crie la voix, irraisonnée

Tu peux remonter le temps contre le tronc déchiré
comme un soleil couchant te frotter à l’écorce
jusqu’au sein irrité, rien que des souvenirs
cela ne changera rien




lutin – 08-07-2008

13 mars 2008

Fumée

.

.

C’est Wagner endossé

à coups de butoir

oreilles agressées

caverne des sons

à vouloir creuser sa tombe

ne plus entendre

elle a soulevé la peau de la mer

cascades de mots en étau

échos barbares

fauchés au bord des lèvres

noués aux chevilles

ne plus sentir

la plèvre perforée de ce monde

cigarette incandescente

elle se jette à l’eau

comme on monte à l’échafaud

puisqu’elle est condamnée

elle se déforme

c’est Liszt cajolant les reins

sonate gommant les traumatismes

les mâchoires de son esprit en perpétuels mouvements

friction de la matière

femme tronc

corps en mutation

cargo de braise

s'enfonçant dans la mer

vidé de sa substance

elle part en fumée

libre, elle sera libre

.

.

lutin - 13-03-2008

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lutin - 10-03-2008

29 juin 2008

Le Cri (revu)

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Vivre n’est pas là
clouée et hurlante
peau lacérée
le venin entre les dents
éclaboussée
creusant les pupilles
bouche en entonnoir
sur vous elle crie

I n j u s t i c e

dresse des barricades
au sein de vos propres émeutes
au bras le poing
son ralliement
ses jambes encerclées
de vos convictions

.
Un déluge au pilori
ligotée
être n’est pas cela
elle continuera
luttant
un sang pur

de ses veines coulera
crucifiée
elle hurlera

I n e p t i e

d’un monde ficelé
bouche ouverte
muette
cordes vocales ôtées
la force de sa pensée
en travers de vos folies
jaillira

.

.

lutine 29-06-2008

27 juin 2008

Magnétique

le_cri_du_peuple_grec

.

Le cri même si on ne l’entend pas se prolonge

comme la distance se rapproche ou s’éloigne

l’écho rappelant le chemin

autour d’un cercle en attente de sa courbe

C’est une route entre deux forêts noires

longue et tendue, derrière rien

C’est une mobylette réveillant le silence

cintrant la route dans sa roue, devant rien

C’est un objet en suspension

le visage en vrille entre deux arbres

les freins serrés ralentissant le temps

la route est son aimant

papillon de nuit attendant un halo de lumière

.

Elle voudrait brûler l'absence

le moteur asphyxiant l’air de ses accélérations

les phares blancs s’enfoncent dans la pente

quelle angoisse le ciel qui se vide

le sang qui se glace dans les veines

le silence et le noir

.

.

lutin - 26-06-2008

6 mai 2008

Débris de mots

louise_bourgeois

Sculpture de Louise Bourgeois

Il fait encore nuit
le corps déboulonné dans le sable
il y a la tempête dans la tête dévissée
loin du coeur elle gît
une tornade l’a emportée tordant la bouche autour du cou
en nœud marin
coulant le long de la gorge
elle a l’air ravagé
autrefois les seins rebondis
elle sentait bon

Les oiseaux tourbillonnent
en éclaireurs piquent du bec
un festin à l’heure de la faim
une bouillie de mots éjectés
entre les dents à manger

Macabre direz-vous
vos pensées si fortes prennent voix
sur vos visages froissés
à multiples facettes
la vermine prend forme
la lance de vos yeux crève le cœur
ainsi gisent les opprimés
veines éclatées
ventre à terre

Il faut écrire sans détour ce que les mains ressentent
avant la gifle fatale
une tige de fer se tord
elle a perdu les formes voluptueuses du plâtre qui l’emmurait
orpheline au sol elle se rouille
le sel rampant sur la matière
le corps à ses côtés en milles morceaux s’effrite

Il y a la vague saline qui souffre croisant le fer
salie elle recule pour mieux revenir
têtue elle piétinera
progressivement digèrera
atmosphère étrange en bord de mer
un semblant de couleur monte au ciel
un soleil peut-être
de la chaleur pour brûler le tout
faire table rase à coups de flammes




lutin – 05-05-2008

19 juin 2008

Trauma

insecte_eveil

.

Je vais partir
devant moi un ruban d’asphalte en plein jour
j’ai peur la nuit
alors j’attends
les phares jaunes m’attirent
mes yeux sont papillons collés à la lumière

Je vais me jeter à l’eau demain
dans les courbes noires
comme le peintre dans sa palette de couleurs
en vrille je roulerai vers l'inconnu
dans les méandres d’un but à atteindre
épaule en avant je trouverai le fossé au petit matin
ivre du manège

Je pars les insectes prisonniers sur le pare-brise
le canon d'une arme sur la tempe
à coups d’essuie glace je me chasse
d’un tourbillon où le jour est en sommeil
les rêves en apnée
sur la route meurent des troncs d'arbres déracinés

Le drap pèse dans l’attente
des nuages noirs percutent le plafond
où les corps cambrés ont laissé leur ombre
violemment un linceul écrase les formes
dans ma nudité s’accélère le compteur des heures
je bascule - puis rien
le silence


lutin – 19-06-2008

4 mai 2008

Achille

Achille_mort

.

.

Du papier froissable on voudrait faire du bronze, une matière invulnérable brillant au soleil représentant un pharaon dans la vallée des Rois.

On a tous voulu cela un jour.

Je m'y suis accrochée et je me suis ensablée comme tant d’autres.

Quand je marche mes pieds s’enfoncent à devenir humides, à trop creuser ils ont pris l’odeur du puits des morts.

Dans mes mains j’ai mis une matière noble à pétrir, de l’or dégoulinant dans l’interstice de mes phalanges.

J’ai senti le feu remonter au poignet, au coude, à l’épaule, dans ma nuque penchée sur l’ouvrage, des gouttes d’émotion perlant de ma peau, mes boyaux secoués d’une nervosité telle que la matière en rebondissait le long des parois en crampes successives.

Petit poucet mal éduqué j’en ai perdu ma route donnant au corps médical une litanie suspendue au plafond. J’ai un trou dans la maison qui prend pluie. J’ai l’orage dans la tête, la tempête dans le ventre, le vent sur la couche.

Une pierre éclatée s’est enfoncée dans le cosmos à la rencontre de la dé fusion, happée elle a laissé sa racine à arroser, une tête évidée comme la coquille de l’escargot avalé d’un coup de langue.

Je vomis un goût d’ail sous le palais quand le coq reçoit le premier coup de couteau dans la cuisse.

Il faut écrire maladroitement  ce que les mains ressentent si bien sur la rive pleine de promesses abandonnée à la hauteur de la faille.  Il faut encore respirer tant que le sarcophage est ouvert, tu n’es pas mort comme Achille.

De la pâte in modelable on voudrait faire du fer forgé à planter au sommet des églises, girouette météorologique des amours pour demain, comme nourriture quelques grains de sel au bout de la queue pour immobiliser le temps.

J’ai fait des nœuds avec les veines, j’ai tressé les muscles, j’ai cousu la peau, j'ai mouillé le talon.



lutin - 04-05-2008

31 mai 2010

En mémoire à Louise Bourgeois décédée hier

 

araign_ebourgeois

 

Il plonge dans sa tête
alors qu’elle perd pied

Elle nage dans son ventre
alors qu’il est dans sa tête

Elle serre les dents pour ne pas l‘avaler
elle ouvre les yeux pour l’oublier

Elle noue ses mains pour ne pas le tuer
elle attache ses pieds pour ne plus flotter

.

Il pend dans le vide
ses pas à la recherche de la veille

Suspendu  il se heurte à sa folie
remonte le fil

Gesticulations stériles
de sa démence il en fait un rituel

Des images en pagaille
dans le ventre il ne reste rien

.

Rien que la culpabilité
l’absence nécessaire


Dans l’oeil le cyclope en mémoire

 

lutin - 14-04-2008

.

 

Un transfert : la destruction et la reconstruction du père

louise_bourgeois

 

 

 

Une superbe exposition en 2008 au Centre Georges Pompidou

 

 

8 avril 2008

Ombre

Ombre

Sous la première peau

il y a une  respiration

lumière diffuse

voix faïencée

les mots que l’on croyait morts

s’infiltrent sous la nudité

.

Derrière la couleur

il y a la blancheur

des corps qui se mangent

les sons résonnant en cristal

.

Dans un corps déshabillé

il y a une église

un ciel où se retrouver

une chair nue c’est la naissance du monde

.

DSCN2142

lutin - 08-04-2008

8 juin 2008

J'ai peur

cown

J’ai peur de me perdre dans ce front immense

de me reconnaître dans le tunnel du cheveu

à la racine me casser le nez

une larme le long de la joue peinte

J’ai peur de l’œil cerclé de mascara noir

mon deuil à venir souligné d’un trait fin

de ses sarcasmes captivant le spectateur

de ses armes fatales feintes

J’ai peur de vivre sans la géométrie multicolore du vêtement

habituée au triangle isocèle de ses humeurs

à sa bouche posée sur la mienne

J’ai peur de mourir d'amour

sans la main bordant mon sommeil

d’un lit froid sans jambe

J’ai peur de l’uniformité de la vague

du plastron collé sous la veste

la cravate accrochée au cou

J’ai peur des oreilles ouvertes

de leur manière à fermer les écoutilles

sur le monde

J’ai peur d’être femme assise sur un banc

devant moi la piste aux étoiles

je veux rester enfant

J’ai peur d’avoir peur

d’autres mains ont gratté le costume

de l’ongle ont emporté leurs illusions

J’ai peur de l'amour et je vous aime

j’ai peur de l’éphémère

du présent perdu

de l’avenir sans nom

Je suis le magicien au nez rouge

faisant un pied de nez

sans en avoir l’air je vous bouleverse

là est ma démarche

J’ai peur de vos armes et je vous désarme

je suis un clown

je vous fais peur

j'ai peur

lutin – 08-06-2008

.

7 juin 2008

Sentinelle

sentinelle

http://devillers.viabloga.com/

Scarifiée à la verticale

suspendue aux oiseaux

la peau de son ventre  à l’air libre

elle aspire la brutalité comme l’enfant

naïf des tortures de l’esprit

les yeux crevés

devant, elle regarde dans la pensée

Guerre où les hommes se déchirent

dans la morsure des biens appropriés

à coups de hache affûtée

au pilori implorant la paix

elle fixe le ciel enflammé

obscurci d’une cendre opaque

à l’intérieur, ses yeux reconnaissent l’odeur acre

Le ciel est lourd d’orage

la peau criblée de cruauté en mille parts

elle demande un couteau

comprimant sa rébellion entre les lèvres

la terre est un cratère d’invectives

traversées de giclées de mots impossibles

muette, entre les dents elle sert la lame

lutin – 07-06-2008

30 mars 2008

Attente inhumaine

.

Abandon

 

 

.

 

Des pas montent l’escalier
les pas s'arrêtent sur le palier
les voix continuent de monter
le regard tourné vers le ciel
la lune éclaire une chambre désertée
la tête entre les mains elle broie les souvenirs
laisse rouler ses larmes sur le plancher
derrière ses rideaux blancs qu’elle froisse
dans l’espoir d’entrevoir l’ombre de ses pas
elle compte les heures
se raconte des chimères
ne plus entendre les pas
ne plus entendre les voix
à l’écoute du silence
seule à genoux elle demande à Dieu pardon
une nuit trop longue l’écrase
elle ne peut résister à l’au-delà
à l’aube aux premiers chants des oiseaux
quand le soleil naît à l’horizon
un corps épuisé gît sur le plancher
les yeux clos vidés d’attente inhumaine

 

 

 

lutin - 30-03-2008

 

 

 

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