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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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30 octobre 2011

Fin du bruit

 

 DSCF9669

B - 03-11-2011

 


Ils volent si bas enfermés

trou blanc dans le silence

dédoublés dans le chemin perdu

le soleil dort

la mémoire tourne

poupée de soie au sourire éternel

juste des ombres faites de plumes

sanctuaire métallique trop près du monde

tournent sur elles-mêmes

puis le soir revient coucher les survivants

fêlure fine sous l’aile de l’oiseau

tu voudrais mettre de la musique

on ne sait pourquoi

alors tu coupes les roses fanées

sur un banc du jardin
 


lutin - 29-10-2011



 

 

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28 octobre 2011

Soleille-moi

 DSCN7751

 

B - acrylique sur toile 65 x 85


 

 

22 octobre 2011

Etre là

 Photo0586

 

Etre là
Quand le soleil aiguise sa lame
Esquive le coup
A quoi bon s’agiter
La bouche ouverte
Comme les yeux

Les rayons blancs martèlent le cercle


Etre là 
Ou perdu
Qu’importe la lumière
Le lait au-dessous des pas
C’est l’hiver ici
L’absence des voix
L’anesthésie de la chair
Un glaçon au fond de la gorge
Tout se rétracte

En rond les yeux ne finissent pas de regarder
Autour du cou


Etre là
Paupière oblique
Quand l’aile de l’oiseau s’agite
Papier froissé en uniforme gris
Cri de guerre jusqu’à devenir corps






lutine - 22-10-2011

 


20 octobre 2011

Dans ma tête

 

 

Dans ma tête il y a des nuits 
Des sommeils qui tuent le silence 

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux 
Du vent sous les paupières 
Jusqu’à la vague qui noie les heures 

Dans ma tête il y a des avions 
Et des oiseaux dedans 
Des voyages qui passent 
Des déserts enlisés au fond des draps 

Dans ma tête il y a la mer 
Une prison entre elle et moi 
Un fourreau qui protège du froid 
Un bas de soie galbant l’insomnie 
Dans une chaussure de verre 

Dans ma tête il y a des trains 
Le noir des tunnels à deux pas de la lampe 
Le hurlement du métal contre la peau 
Des plaines sorties de mes bras 
Des précipices à hauteur d’homme 

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole 
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint 
Prisonnier de l'air 

Dans ma tête je suis ailleurs 
A la merci des vents contraires 
En plein océan 
Fluide dans mon propre poing 

Dans ma tête il y a des mouches 
Collées sur la bouche 
Pris au piège 
Dans mon ventre le corps s’agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
des mains qui se portent sur le visage
la salive brille et nourrit les heures

 

18 octobre 2011

en attendant la peinture

DSCN7630

B - 65 x 81

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16 octobre 2011

Monde intérieur


 

 

Je te regarde et tu me fermes un œil 
l’autre veille sur toi 
je me souviens d'un visage 
quand il se penche autour de moi 
des yeux de chair immergés 
 aussi longs que la main

 
Je sens la courbure des épaules 
au-dessous d’un cou de roseau 
lame docile et coupante 
 on l'entend se dissoudre 
au fond 
comme un grelot


 

lutine - 16-10-2011

 


13 octobre 2011

Présente (autre version)

Femme de l'ombre

B - acrylique sur toile 55 x 60

 

 

 Elle peut tout imaginer
la ligne d'horizon
les insectes aux ailes mouillées
prisonniers de la fente
elle gémit de dépendance
en se penchant un peu
elle dit que rien n'est visible
mais entend tout des détails de la rue
la rue se meurt brutalement


Cette ombre occupe mon dos
et aimerait se fondre


Je suis l'obstacle toujours opaque
toujours devant
toujours immobile
elle voulait me quitter
me devancer dans le sommeil
quand elle prit ma place
j'aurais aimé me dépouiller d'elle
dans des heures plus sereines

 

lutin - 13-10-2011

 

 



10 octobre 2011

Présente

 

 

Elle peut tout imaginer de la chambre
la ligne d’horizon aussi grise que la lumière du jour
grises les voitures en contrebas
grise l’éclaboussure des flaques d’eau

Les insectes aux ailes mouillées
prisonniers de la fente
elle peut les entendre crisser
alors qu'un papillon se brûle sous l'abat-jour

En se penchant un peu elle ne voit pas
elle dit que rien n’est visible
mais entend tout des détails de la rue
tantôt lisses à la manière d’un tronc élagué
tantôt déchirés

Cette ombre occupe mon dos
alors que je suis l’obstacle toujours opaque
toujours devant
toujours immobile
elle voulait me quitter
me devancer dans le sommeil

La douleur devint lancinante
quand elle prit ma place avec mes propres yeux
j’aurais aimé me dépouiller d’elle
dans des heures plus sereines

 

 

lutin - 09-10-2011

 

 

Depuis je suis allée au Centre Georges Pompidou voir l'exposition Edvard Munch. J'ai été interpellée par cette peinture que je vous livre. J'ai retrouvé dans cette peinture mon écriture, cette ombre qui occupe mon dos.

 

edvard-munch-04 (1)

 

 

 

 

4 octobre 2011

Emeraude ( revue le 4 Octobre)

DSCN7625

3 octobre 2011

Une petite lumière

 

            

 

Une petite lumière filtre des ombres chinoises, une petite lumière se cogne contre la vitre, elle est ronde et plate, une petite lumière rayonne le long de la fente, tremble et tourne en rond. N’es-tu pas aveuglée quand elle mord la peau les dents serrées dans le silence qui déborde.

Une vie tourne derrière toi, minutes vagabondes il y a l’arbre qui s’élance dans le vide, pour rester debout il tend ses bras, serre ses feuilles contre son cœur que la sève veut lui ôter. Ne m’arrachez pas la langue qui court sous la peau et les fourmis qui me sucent, le vert de mes yeux par endroits presque morts.

C’est comme un incendie le ciel quand on lève la tête, c’est comme une veine qui fuit les ombres qui s’allongent, cela sent le pain grillé quand on foule le sol et le fer, cela craque sous la dent la peau endurcie que la saison veut éteindre, tout respire une lente agonie majestueuse avant de s’éteindre.

Il n’y a plus d’orage au moment où les araignées tissent leur toile entre deux arbres, petites bêtes en suspension il y a de la dentelle et des colliers de perles blanches qui flottent au vent et un point noir aux mâchoires crochues.

J’ai vu se former les fils sur le bord du banc mon cerveau assis sur le banc d’à côté, j’ai vu se former la rosée, nous sommes deux autour de la table, je veux dire un monde où l’on a vécu la gorge tranchée souvent dans le même lit.

Une petite lumière clignote pour les fous et bénit les jambes autour de l’arbre deux fois centenaire, une petite lumière dessine à la craie les arbres à abattre, l’herbe à raser dans un carré de silence, rai de lumière assassine. Enlace-moi dit l’arbre les mains ne mentent pas, étrangle-moi autour de ton cou avant qu’on ne me frappe. La vie nous abandonne, il n’y a pas de pont où se jeter et ressusciter, Paris où coule la Seine est un autre lieu rempli de voitures où il ne fait pas bon dormir.

J’ai tourné en rond autour de mon lit fuyant la lumière, la rivière et ses forêts, j’ai tordu les draps source de la lumière, j’ai fermé les yeux source de la fente, j’ai débranché le cerveau source de l’espérance, il était trois heures du matin quand les ciseaux ont coupé la lumière.

 

 

 

lutine - 03-10-2011

 

 



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