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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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23 juin 2006

En souvenir la main

mainsable

Aimer l’instrument
harpe
l’homme joue

Ecoutez les sons
on dirait des gouttes d’eau

Devenir l’instrument d’un élément
sans état d’âme

Noyer son cœur mon amour
Corps douloureux se laisse fondre

Fendre l’eau
un tunnel dans lequel il glisse

Juste le temps de prendre l’air
une tête en surface aspire l’absence

Un corps se délie dans l’espace plein de vide
qui peut s’aventurer en ces lieux hostiles

Attendre l’ouragan
blessures lavées
peau giflée
dans les rouleaux se laisser aller

Des vers à lire en transparence

Organe désaccordé
elle entend
glisse sur la vague
en souvenir la main


lutine - 23-06-2006

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21 juin 2006

A l'ombre du Chêne blanc - 2 -

keith_20parkinson_20__20homme_20sortant_20d_un_20arbre1

J’aimerais me reposer à l’ombre du Chêne blanc, écarter les cuisses sans pudeur, tête au vent, un coquelicot à la bouche, une tache de sang à la place du cœur. J’aimerais déserter le monde des grands maintenant que la sève est montée en moi, tu sais celle qui perturbe la relation. Grand-père tu es poussière depuis que j’ai perdu mes cheveux longs ma peau fine et mes illusions. Je suis douleur quand je pose la main sur le muscle, à trop se débattre dans un monde qui n’est pas le mien il durcit, en feu éclate et se laisse mourir.

Profite disais-tu quand sous le ciel étoilé petits vacanciers nous courions l’ortie à la main. J’avais des ailes pour frotter les mollets de mon copain. J’avais la pédale ferme et le sourire éclatant sur ma bicyclette rouge la robe au vent quand dans le fossé il se retrouvait à plat ventre le nez dans le guidon. Au village ils disaient, elle tournera mal c’est un garçon manqué. Leur barbe blanche soutenue par leur canne frémissait, ils ne voulaient pas se l’avouer, nous étions leurs vacances. Nous nous moquions de leur vieillesse et je respectais la tienne dans les silences de tes yeux bleus, deux petits pois mi-clos à l’ombre de tes souvenirs. Sous tes moustaches tu cherchais derrière ma frange le regard du gamin insouciant. Grand-père j’étais ta jeunesse par procuration quand ton corps se frottait au combat et saignait à la guerre.

Il dort tu sais, il souffre d’un autre mal celui qui est mon autre jambe. Dans les blés nous refusons le pas en avant, à trop écraser le coquelicot le sang monte à la tête. Gorgées du poison de l’ortie nos veines laissent couler la racine, celle qui doit accrocher le cœur. J’aimerais le conduire au puits, tu sais celui que je fuyais. Une légende terrible régnait sur la place du village, une sorcière de sa main crochue raflait la tête de l’enfant qui osait affronter son regard. Je l’ai affronté souvent un bond en arrière dès que le froid parcourait la naissance de mes seins. A vivre dans le noir elle ne verrait pas les yeux de l’enfant mais le corps d’homme, son crochet croiserait le fer du bleu acier, le pacte du diable serait enfin noyé au fond du puits. Crois-tu que cela lui rendrait sa jambe, le muscle qui me fait tant mal en serait-il attendri.

La sorcellerie enfin levée, j’aimerais me reposer avec lui près de ta cheminée, là où nous faisions griller les châtaignes. Cette femme tiendrait dans sa main la racine vivace d’un avenir, entre ses cuisses une main protectrice.



lutine 21-06-2006

16 juin 2006

Conjugaison

double_je

Clin d'oeil à Hélène

Je suis je
il me semble
dans le miroir

Il prend mon regard
je suis il
sans concession

Je et Il
est-ce le jeu
du foulard

Je et Il

île
sans elles

Sans ailes

coupés du monde

ils nouent leurs liens
se tuent à petit feu

.

lutin - 16-06-2006

http://ombrescontrevents.hautetfort.com/archive/2006/06/16/dialogue-de-je.html

5 juin 2006

A l'ombre du Chêne blanc - 1 -

keith_20parkinson_20__20homme_20mort_20au_20pied_20d_un_20arbre

Ecoute : "le dormeur du val"

Etre enfant remonter le temps, me rouler dans l’herbe folle insouciante des contraintes de ce monde, j’aimerais tant retrouver mon Chêne blanc. Une couverture protège nos peaux des herbes piquantes. A l’ombre de ses feuilles nous faisons des galipettes, les garçons sont en short et nos robes amidonnées laissent entrevoir des culottes de coton blanc.

Nous sommes libres et sans pudeur. Nos yeux rieurs vont plus loin que ce triangle attirant les garçons, nos corps ne sont pas envahis de la sève qui perturbe la relation. Les socquettes blanches écrasent l’herbe des prés, des taches vermillon se détachent du vert.


Mon grand-père me disait la fleur est éphémère si tu la prends elle meurt dans ta main, c’est le coquelicot libertin, il vit sans amour et sans attache, il est le contraire du lierre, l’homme fait partie de sa race, un jour tu comprendras petite. Il te faudra rentrer dans le rang. Sur le bas côté de la route restent les femmes légères, un coquelicot entre les cuisses dans l’attente du pollen que le vent transporte. Petite protège-toi, au fond de toi tu possèdes le bien le plus précieux, un pistil à ouvrir à une plante vivace qui accrochera ton cœur à jamais. Grand-père soit plus clair je ne comprends pas. Patience petite, grandis et souviens-toi.

Ta voix chaque printemps me revient, je suis la femme libertine mais ce n’est pas ma faute le lierre ne s’agrippe pas, je dois avoir un défaut, peut-être un pesticide émanant de ma peau repulse les plus coriaces, il meurt ou va ancrer ses racines sur des tiges plus tendres.

Je suis la fleur éphémère une sorte de libellule qui meurt quand elle donne vie, je fane chaque automne, j’attends la sève du printemps, je reprends vie le temps d’une saison et ce cercle infernal perdure depuis trop longtemps grand-père.

J’aimerais me reposer à l’ombre du Chêne blanc, écarter les cuisses sans pudeur, tête au vent, un coquelicot à la bouche, une tache de sang à la place du cœur, j’aimerais déserter le monde des grands.



lutin - 05-06-2006

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