Un cri, un spasme
Pour tenir tête à la nuit
Plus bas encore baisse les yeux
plus bas encore baisse la voix
je n'entrerai plus dedans
je n'entrerai plus dans tes pas
ne suivrai plus ton dos
le bruit d'un train
où la vague déferle
la mer n'a pas d'yeux
quand nous mettons le masque
un nœud de chair nous prend la gorge
Les vivants sont dans ma tête
la caresse aux lèvres
les ombres défaites s'y mêlent
les sons et les couleurs s'entrechoquent
il y a même un lit pour les morts
au royaume des morts il n'y a pas de chant
juste un mur blanc où s'écrit le dernier souffle
Plus bas les bras tendus
il y a de la lumière entre les doigts
pour tenir tête à la nuit
lutine - 20-07-2012
Lier peinture et écriture
Une peinture de Nathalie "les Artistes du Chesnay" d'aprés
"Vers l'autre rive"
Le vent n’a pas fini de discourir
comme s’il me réconciliait avec ma bouche
dans le décor que j’habite
Je parle aux arbres
aux murs qui mangent ma voix
alors que l’endroit se vide
à la vitesse du cheval au galop
comme les vagues se retirent
La vie s’arrête brusquement sur une terre labourée
dire, que dire qu’elle ne sache déjà
qu'elle ne transpire déjà
assoiffée de l'avenir
l'eau n'a pas fini de couler
L’épaisseur de l’air s’est enroulée
dans la tête c’est le tocsin
la main désigne la nuit
le voyage accompli en profondeur
amas de promesses et de cendres
On efface tout de la mer et de la terre
le sable devient lisse, beau et pur
quand la mémoire est là
comme une perle dans son écrin
Il faut en faire des pas et des pas
jusqu’aux marches à l'angle d’acier
les peaux gommées à l’usure de la trame
ouvrant l'horizon en miroirs successifs
vers l’autre rive
lutin
merci Nathalie de partager avec moi ton imaginaire
Rideau
Le chemin des fruits
le parfum des tilleuls après l'averse
la nuit ne boit plus mon sang
hume le cassis
ainsi était ma bouche tout autour
où tes doigts se posaient
C'est un autre monde que j'embrasse
s'entrouvre mes lèvres
transparentes
libres, libres
et parlent les mots
d'oiseaux en ce monde
sans pluie qui tranche le regard
J'ai les mains comme des papillons
paupières ouvertes
ne demandent qu'à se tendre
le spectacle est terminé
ainsi se délivrent les prisonniers
Mon pas s'allonge, s'allonge et je vole
le temps volé
Rideau
Se lèvent les rires
les pierres n'ont plus peur
ne craignent plus les cris
dans l'évier du soir
fatigue et désir tirent leur révérence
dans un siphon
Le corps, le corps
s'emmêle, pelote de l'aime
hors du monde on s'engloutit
Il y a quelques instants encore
je rêvais à demain
lutine - 11-07-2012
Dédicace à Cultura - Plaisir - 78 - le 7 Juillet 2012
Dédicace à Cultura - 78 - Plaisir - 90 rue André Barbusse, le samedi 7 juillet à partir de 14 H 30
S'il n'y avait que le sel
Je te regarde et tu me fermes un œil
l’autre veille sur toi
je me souviens d'un visage
quand il se penche sur moi
des yeux immergés plus grands que la main
Sous la courbure du dos
au-dessous d’un cou de roseau
lame de verre tu te glisses
dans le silence se défait l'air
Une femme écoute ses cheveux pousser
gouttes de cire d'un cierge trop long
on l'entend se dissoudre
le coeur à portée de bouche
lutine - 04-07-2012








