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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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13 septembre 2007

L'origine du monde

luginovic_reveil

Tu es la seule à me donner la main

en robe de mariée tu me montres le chemin

une rivière solitaire cintre mes seins

tu es la seule qui m’étonne encore

.

Virtuose mon corps se courbe en archet

à coups de reins sur la vague je le fais vibrer

poreux sous ta peau il en sort une musique

l’appel des sirènes

.

Et que cela chante dans l’opaline de ton ventre

et que cela hurle dans le noir des profondeurs

à oublier l’origine du monde

.

Je m’assois sous les eaux

prends un verre et trinque à l’absence

les arbres centenaires ont porté mon attente

je m’en retourne à la naissance de la vie

l’eau

.

.

lutin – 13 – 09 - 2007

.

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11 septembre 2007

Puzzle

femme_enceinte

Et la haine redevient amour quand l’œil du cyclone malmène les sentiments en sablier que l’on retourne. Le ciel était bleu tout à l’heure, j’avais un sourire qui faisait trois fois le tour de la tête, perchée sur mon vélo dans l’attente d’un roulement de tambour au franchissement de la grille.

Aujourd’hui n’est que silence, au barreau la main électrocutée a lâché prise. Hier n’a plus de nom sinon comment se perdre dans demain. L’automne rouille le passé, les mots tombent feuille à feuille et meurent piétinés, dans un ostensoir je placerai la terre imbibée. De l’hiver qui point j’attends l’arythmie du cœur.

Ne touche pas à ce cahier s’il te plait, il l’a écrit hier de son sang, je l’ai léché avec ma langue, les animaux lèchent bien leur sang. Vivre est si fragile alors pourquoi lutter dans cette poudrière de mots et je tends l’allumette.

La vie n’est que fumée dans l’espace, chaque syllabe prononcée dans la bouche de l’autre prend la couleur d’une robe de velours noir, le vent les frotte l’une contre l’autre comme l’Indien à genoux dans l’attente de l’étincelle. Monte au ciel un serpent de mots désarticulés
….A
……..O…..U
………………...M………..R …….............A
....O.....R
................M...........T

Un filament tente de les retenir……. l’usure de la trame….et tout s’en va en pointillés…. Hier monte au ciel en ballons d'hélium. La main a résisté longtemps à l’ascension des mots disloqués, en son creux reste une cicatrice, le pacte du sang entre deux enfants.

Chaque son est un ballon, le ciel est rempli de nuages ronds, l’atmosphère se noircit en une pluie de cendre, le sablier se retourne et se brise en plein milieu du lac argenté, l’eau s’étrangle de mots écorchés et la vie s’éteint, les oiseaux blancs prennent leur envol pour d’autres lieux, et je reste, je suis enceinte d’un homme, il m’habite, une main me caresse  le sein et l’autre  me retourne le ventre, il est si grand dans notre espace intime. Je crie son nom une voix ventriloque me répond.

lutin - 11-09-2007

5 septembre 2007

Ici-bas

L_ombre

Si proches

Il fait nuit, il fait froid

A l’angle de la jambe

La glace accroche l’asphalte

L’œil réchauffe le pas en avant

Tête baissée elle n’est qu’apparence

Dans son ventre circule une eau électrisée

L’arbre plie ses pans d’amour

Au sol l’automne fait sa révérence

Et ses forces l’abandonnent

L’ombre frileuse trace sa route

Signe la fin d’une saison

Sur la racine s'étirent les larmes

Une chauve souris d'un coup d'aile

Lie  leur dépendance

Tu frémis à l’angle de ma cuisse

Comme un sexe évaporé

Il fait nuit, il fait froid

Sur la feuille jaunie

Renversés au bord de nos vies

C’est écrit pour toujours

.

Lutin- 05-09-2007

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avec l'autorisation de  http://devillers.viabloga.com

31 août 2007

Domino

long_silence

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Longue route à parcourir il faut démonter le temps et défaire les dominos un à un empilés, les pas doivent effacer les kilomètres de respiration, la terre étanchera la sueur laissée dans le sillon, la bouche doit ravaler tous les mots et les yeux s’éteindre en fixant le ciel. Sur le bord de la route les arbres spectateurs se plient signe d’un mauvais présage. Il faut détruire les chemins d’un geste large sur la table et de rage transporter les lieux dans un autre monde où les jupes étourdissent.

Les mains étaient le peintre dont les doigts avaient barbouillé la peau de tâches de couleurs et modelé le muscle, son crayon avait ébauché un trésor. Il était le fusain qui noircissait le profil pour l’embellir, il était la sanguine qui remplissait le cœur. Le bras était le sculpteur face à la matière. C’était un artiste dans l’ombre qui taillait la chair. Sur le bord de la route il faut voiler l’horizon. Les chevaux ont perdu leur allure altière, ce n’est pas l’orage qui les perturbe, c’est l’odeur de la mort.

Longue vie avec les ombres qui décodent le langage des signes. Si le nuage prend la forme d’un oiseau, si les cinq cygnes sont réunis, si l’oiseau sur la bordure ne prend pas son envol alors l’ombre prendra relief et déclinera sa couleur, alors croisons les doigts derrière le dos en priant le ciel pour figer le tableau. Elle porte au poignet le serpent en métal qui lance le pas en avant. Elle attend la couleur la glaise au bout des doigts. Comme le clown sur le fil elle tangue dans un autre monde sans racine.

Il faut défaire le travail de l’artiste et incruster les ongles dans sa propre chair. La voilà à l’œuvre au creux de ses mains, dans la paume elle creuse le cœur de l’artiste sans aspérité et le baigne de son sang sorti du tube de peinture oublié sur la route et en boit la dernière goutte. Il faut sur la table sectionner ce bras ravageur et remonter les dominos un à un. Il en sortira une œuvre d’art à mettre sous verre, deux coquelicots enracinés.

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DSCN0978

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Lutin – 31-08-2007

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http://art.la-passerelle.net/art_pages/emma_sculpteur/index.html

16 août 2007

Cosmic

salvadore_dali_raphael

Je ne suis pas poète
j’écris avec le muscle
et laisse le mot gonfler
l’impulsion

Je ne suis pas poète
je vis avec le sentiment
et  laisse le doigt tracer
l'expression

Je ne suis qu’une apparence
des mots de sang
remontés du puits
au poignet

Je suis l’iceberg accroché au glacier
bras émergés
enlacés
aux coudes

Je ne suis rien
que de l’eau colmatée
à fendre
les mots

Au fond du trou je ne vois
qu’un regard ensablé
derrière une fenêtre
rien

Il coule de la neige
le long des cils
à remplir un bassin
d’eau

Sous mes paupières
de mes mains fiévreuses
j’ai sculpté un homme
glacé

En vain j’attends la nuit
un brasier au fond
de l'œil
rien

lutin - 16-08-2007

http://www.accents-poetiques.com/agorasv6/showthread.php?t=1387

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14 août 2007

Le regard d'Ulysse

Ulysse

J’ai touché la pierre, la colère me va bien, 49 minutes de Saint Antoine au point de départ, j’ai touché la haine de l’amour à l’œillet du lacet, j’ai malaxé la vengeance sous la semelle, j'ai pétri le sol de tous les mots pour les faire rentrer sous terre, j’ai tassé à deux pieds les plus récalcitrants, j’ai mis la main pour qu’ils ne ressortent pas, le lien au poignet, non nous ne sommes pas ceux de la télé, j’ai touché l’âme de l’apparition, comment réagir face à l’amour, à la virginité, à la séduction.

Je voudrais sourire, je me savonne à l’usure de la peau à reluire le sexe qui n’en peut plus de cet étranglement, à sectionner l’empreinte de la main. Dans un mouchoir je crache l’inexcusable, à cloche pied je traverse les mers de mes nuits, sur le bout de l’orteil je cherche dans le noir  la porte à défoncer du désamour.

Le ciel se renverse sur ma tête, au coin de l’œil j’ai la bosse imaginaire de la main, j’ai la couleur bleue de la vague à trois mètres sous terre, il pleut sous les pores de la peau. Les poumons ont décuplé, les pensées sont de plomb et l’empreinte dans le sillon est profonde.

J’ai collé au mur la balance rouge comme une ossature, le remède du matin avant le café, je souris dans mon enveloppe de chair, je souris dans ma foulée le téléphone muet à la main, les oreilles remplies d’invectives, je flotte dans la terre détrempée du matin, je nage au centre sans eau dans la main, je coule son coeur dans le labyrinthe des eaux, un boulet accroché à l’artère, et laisse venir en surface quelques miettes, les bulles des mots du pardon, maman je pardonne.

Je ne suis pas ceux de la télé regardés par les voyeuristes, non maman nous n’appartenons pas à ce monde têtes haussées à l’encolure du vêtement, non maman ensemble nous allons gommer tout cela, notre nom disparaîtra des archives, notre nom ne doit pas rester dans la mélasse.

Mon ombre m’attend à quelques mètres le pied de nez au bout des doigts, je ne suis pas en retard, j’ai gagné mon record la colère dans le mollet, l’amour sous le talon, lorsque je suis arrivée au point de départ je me suis cachée la tête jusqu’au cou, j’ai entendu le cartilage craquer jusqu’au cœur, j’ai vomi les papiers, je les ai emportés dans un sac, je les ai donnés en pâture aux mendiants. Ulysse est mort, à trop écouter ses sirènes son île a quitté l’ancrage une corde autour du cou.

lutin - 14-08-2007   

26 juillet 2007

T G V

 

20060605180918_tgv_1

 

 

.

Je vois mon reflet dans la vitre
Je ne cherche pas la ligne d’horizon
Ni une perspective
Je regarde en arrière
A hauteur d'yeux
Assise au fond du siège
Secouée par les aiguillages
Un demi-vertige
Quand un train claque dans l’autre sens
Les vitres se croisent
Les regards se traversent
Où vont-ils ?
Ces corps mollement calés contre le métal
Sans éveiller un désir vivant
Savent-ils qu’une tête s’est appuyée là
Un geste de la main efface la mémoire

Un rayon de soleil
Un trou noir
Encerclé par l'incertitude
Black out quelques fractions de secondes
Des lacets d’ombre et de lumière sur le bras
Le cerveau reprend le fil de son histoire silencieuse
Alors que les lèvres palpitent
Au rythme des reflets métalliques

Le noir du tunnel
Je vois mon reflet dans la vitre
Un buste à demi fléchi
La bouche faisant la moue
Bateau naufragé

Nous avons tous l’air fatigué
Bringuebalés sur cette route de ferraille

Le train entre en gare
Chacun serre ses paquets entre les mains
Chaque tête se retourne sur son siège
Il ne reste que des fesses dessinées
Les pensées s'agitent
.

 

"Non je n’ai rien oublié"
.

 

Nous voilà retrouvant une posture
Les corps s’animent
Redeviennent beaux
Attention à la marche
Sur le quai attend la solitude
D'une foule anonyme

 

 

 

 

Lutin – 26-07-2007

 

 

 

 

 

14 juillet 2007

Cavité

cavit_

J'ai posé mes pieds nus là

là où il laisse ses empreintes

j'ai respecté l'angle

je voulais qu'il boive ma sueur

j'ai mis ma main sur ses pas

je voulais absorber la souffrance

J'ai regardé le dessin

dans l'attente d'une éruption

un corps sorti de terre

des mains chargées de boue

une peau à lécher

J'ai tendu les bras

vers la lumière

un ciel d'orage

a crevé mon espérance

je suis habillée de transparence

A genoux

j'ai mouillé la terre

sur le ventre j'ai crié

j'ai crié son nom

bouche collée au sol

mes mots se sont enfoncés

je les ai vus disparaître

pompes

http://www.francispaquet.com/

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.

lutin - 14-07-2007

10 juillet 2007

Antinomie

 

 

dali

 

Elle veut le voir
et ferme les yeux

Elle veut le serrer dans ses bras
écarte les mains

Elle veut l’entendre
se fond dans la foule

Elle veut sa tendresse
reçoit sa violence

Elle veut courir
se met à genoux

Elle veut l’embrasser
elle a cousu ses lèvres

Elle veut son amour
s’enferme et jette la clef

Elle souffre
indifférente d’apparence

Trop près
elle prend ses distances

S'ouvre aux souvenirs
et bétonne son coeur

lutin - 10-07-2007

4 juillet 2007

Colin-maillard

143_diagonale

Minuit dans la ville
cause perdue elle longe le trottoir
dans l’air une substance chargée de sommeil
elle ne peut que s’enfuir
le vent subtil clame la paix
elle ne peut que crier
derrière les fenêtres les ombres sont couchées
quand elles font l’amour
un filet de lumière comme un pied de nez

Le regard plus en arrière
c’est le diable suspendu au balcon
haranguant les ténèbres
l’écho s’accroche au pavé
elle se sent combustible
dans la ville anesthésiée

Elle écoute tomber la pluie
demain on gommera la nuit
les enfants joueront à colin-maillard
sous les balcons amnésiques
ils entrelaceront de nouveaux fils à détruire

lutin - 04-07-2007

Un lieu d'inspiration à visiter sans omettre les textes : http://www3.sympatico.ca/francis.paquet/portfolio.html





17 juin 2007

Half Time

bleu_silence

C’est étrange comme c’est indispensable d’être seule pour écrire. Comment s’intérioriser pour extérioriser si des parasites s’agitent  autour de vous, juste le silence pour compagnon, une musique profonde et douce pour aboutir au recueillement religieux. L’amoureux de l’écriture est un animal sauvage qui a besoin de se replier le temps de l’accouchement d’un texte.

C’est étrange l’eau. La piscine console, absorbe, devient la main absente, l’amante, fourreau dans lequel fuir, l'eau clapote doucement et berce les colères. La violence imprégnée dans les pores de la peau fond au contact du chlore, liquide désinfectant creusant la chair. Notre lit était le lieu de la réconciliation, il devient tombeau quand tu me tournes le dos, alors posée comme en plein ciel j’aspire à un dos crawlé, le soleil renvoie ses reflets au travers des lunettes et me rappelle mon éblouissement quand tu cours face au soleil, les pieds foulant notre long tapis vert,  alors à la limite de l’évanouissement je plonge plus profond pour noyer mes pensées, laver les couleurs.

C’est étrange deux amoureux incapables de se dire qu’ils s’aiment, deux êtres encombrés par des sentiments dont ils ne savent que faire. Tu tiens le volant entre tes mains comme tu tiens notre destin. On tente de comprendre pourquoi nous nous sommes choisis toi et moi. Je découvre l’envers des phrases, un labyrinthe de mots agencés pour un autre sens et me voici coupable de ce que je n’ai pas dit, de ce que je n’ai pas fait, et la tension monte, l’orage éclate, des éclairs de haine plein les yeux. J’ai peur que mon cerveau n’explose en un coup de tonnerre violent, électrocuté il ira mourir ailleurs paralysé. Tu tiens mon destin entre tes mains comme tu conduis ta voiture, la marche arrière n’existe pas pour des artères détruites. C’est étrange comme on s’accroche quand tout est mort dans l’espoir d’une résurrection.

C’est étrange la peur de remplir la page blanche, de concrétiser ses pensées en un essaim d’abeilles, de perdre ses illusions sur sa peau brûlante, et comme un papillon les livrer en pâture. C’est étrange j’attends dans ton regard indéfinissable l’absolution des fautes que je n’ai pas commises. C’est étrange de croire que tout peut recommencer.



lutin - 16-06-2007

8 juin 2007

Cardio

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A l’intérieur cogne si fort l’intrus qu’il fait peur. Elle avait déjà entendu ce tic tac emballé par l’émotion, l’inspiration longue et posée soulevant lentement sans douleur la cage thoracique arrivait à maîtriser le rythme. Comme un piano désaccordé après quelques réglages l’organe jouait juste. Debout à la fenêtre elle savait bercer son cœur au rythme des feuilles suspendues, elle retrouvait ainsi la maîtrise viscérale. Rassurée elle comptait les étoiles, un deux trois, elle pensait à la chauve souris tranchant l’air à la vitesse de l’éclair, un yoga de l’esprit pour un pouls dompté. Facile dites-vous, mais non il faut savoir se dédoubler, parler à l’autre qui est soi, il n’est pas toujours prêt à entendre que la chamade est pour l’amour seulement. Elle lui a souvent expliqué les degrés des émotions, et qu’il ne sert à rien de s’emballer, une palpitation trop forte disperse le plaisir. Qu’il est rassurant d’être maître de ses organes, preuve d’une bonne santé morale et physique. Boum boum mon amour je t’aime, je t’offre mes palpitations, Une tension amoureuse, 12.6, la plénitude du corps et de l’esprit, l’osmose de l’amour partagé.

A l’intérieur c’est la guerre et les bonnes théories si longtemps appliquées sont vaines. Bizarre elle n’entend presque rien, toc, toc, toc, coups marqués, rythmés et lents, un peu trop présents peut-être, seul le tensiomètre annonce un chiffre démesuré, 20.11, une tension insidieuse de souffrance viscérale, elle a perdu la plénitude du corps et de l’esprit dans les méandres de ses artères. Elle veut se dédoubler, parler à l’autre qui est soi, sourd il ne répond plus. Inspire en trois temps, bloque ta respiration, expire en six temps et recommence, fixe un point là bas très loin se dit-elle. Elle s’accroche aux étoiles, quand elle était enfant elle aimait se coucher dans le pré à la nuit tombée, elle contemplait le ciel constellé de points or et brillants. Les enfants des villes ne sauront jamais à quel point le ciel est chargé de vie. Tic tac fait l’intrus dans son corps sous ses côtes, elle croit le rajeunir cet organe désaccordé en remontant le temps. Elle n’entend plus rien à la fenêtre si ce n’est que le bruissement des feuilles dans les arbres, le vent lentement les berce et elle se laisse bercer comme l’enfant dans les bras de sa mère. Maman serre-moi fort dans tes bras, boum boum j’ai peur.

lutin - 08-06-2007

27 mai 2007

Alchimie

earth

Cannibalisme

La terre
Le cercle
Le ballon rond
La balle de tennis
La balle de ping pong
Le confetti
Le caillou
Le grain de sable
La failure
Deux grains de sable
La loi de la restriction
L'un mange l'autre
et il s'automange

.

Catalyse

Renaître
Deux grains de sable
La fusion
Le grain de sable
Le caillou
Le confetti
La balle de ping pong
La balle de tennis
Le ballon rond
Le cercle
La terre
Se régénère
La friction de la matière
Détruit
Reconstruit en force

306531

lutin - 28 - 05 - 2007

18 mai 2007

Camisole

DSCN0681

Peine perdue tu n’as rien entendu, peine perdue tu ne m’as pas vue, tu m’as perdue fermé dans ta bulle, oui je suis folle de toi c’est mon secret,  toute ma force disséminée en dehors de ta sphère sème la tempête. Comme je me sens loin de tes châteaux de sable quand l’eau vient à manquer et que les pans s’écroulent. Il me reste à reconstruire de pierres brûlantes notre forteresse.

Je veux voir le vent s’engouffrer dans tes cheveux et  balayer le noir de tes cheveux, je veux revoir la blondeur de tes cils dessiner l’amande de tes yeux. Je veux d’un grand mouvement lent dérouler un tapis bordé de coquelicots, le vermillon des pétales t’ouvrira l’horizon, leur couleur de feu brûlera les nuages menaçants. Je dis des mots que tu n’entends pas, peine perdue terrorisé dans ton imaginaire ton visage enfoui devient sourd.

Laisse-moi, laisse moi entrer dans le noir de tes idées, petit poucet je sèmerai quelques cailloux, laisse moi faire je connais le chemin de la campagne où des myosotis  tracent la route vers des yeux bleus grands ouverts. Je connais la couleur des fleurs d’acacias quand leur odeur touche le cœur. Je sais entendre le fourmillement des grillons dans les herbes folles. Proches de la nature mes muscles se délient et mon pouls bat la mesure quand l’oiseau rit au-dessus des cerisiers sauvages. C’est mon secret l’écoute de la nature qui devient ma guérison.

J’ai appris la patience à l’écoute d’un monde où l’on prend le temps, laisse moi soulever le voile, j’ai ramené de ma campagne des remèdes qui chassent les idées noires, des fleurs qui explosent dans la tête en une myriade de couleurs, des odeurs qu’un parfumeur cherche en vain à copier. J’ai appris l’art d’aimer.

.

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lutin - 18-05-2007

3 mai 2007

Ventoline

puits_20line

Sur la margelle du puits vous la voyez assise, vous savez la position que l’on prend quand on n’a pas l’intention de rester trop longtemps, jambes croisées, posée sur une fesse, la paume de la main sur la pierre, colonne vertébrale courbée juste pour quelques instants, mais la pierre a son secret elle vous retient quand elle sent vos vibrations. Les pierres qui gardent les portails ont aussi en leur creux une foultitude d'histoires qu'elles se garderont bien de raconter. Elles resteront secrètes sur la moiteur des paumes quand l'au revoir se fait langueur, hésitation. Spectatrices d'un baiser un peu trop appuyé elles ressentent les prémices d'un retour ou d'un adieu.

La voilà depuis une heure à contempler le fond du puits. Elle ne sait pas si c’est la couleur du ciel, le grondement du tonnerre ou la pluie qui tombe qui la retient comme une statue. Elle attend impatiemment, elle fixe le fond dans l’espoir de le voir, dans l’attente de voir apparaître sa première main et sa deuxième main et sa tête enfin sortie du chaos, elle le veut guéri de ses démons pour un avenir à tisser à quatre mains. Elle refuse le volcan qui a chaque minute peut faire exploser sa lave de feu et les envoyer en enfer. 3 + 1 un trèfle à quatre feuilles, un brin de muguet offert, talismans entre ses doigts elle se déchaîne contre l’orage.

A l’air libre sur la margelle du puits elle se sent prisonnière, ses poumons s’étiolent, des barreaux de prison sont entrés en elle comme des épées. Elle était oiseau libre heureux de retrouver sa cage, c’était elle qui refermait la porte pour se couper du monde.

Elle est dans son dernier virage, elle invective les forces qui rugissent quand le ciel se zèbre d’une lumière blanche quelques secondes avant un roulement de tambour au-dessus du puits, la vie est un cercle dont il ne faut pas rater le centre.

lutin - 03-05-2007

24 avril 2007

Bisounours

amoureux__une_vue_de_haut_sur_banc

Elle est assise sur un banc, le buste penché en avant, elle regarde passer les gens, deux rubans blancs serpentent devant ses yeux, tombés du ciel ils se sont déroulés paisiblement, une langue de lumière est passée devant ses yeux. Elle fixe ses pieds, recherche ses propres empreintes dans la foultitude des pas laissés à l’abandon sur le sable blanc, s’y mêlent aussi des pattes d’oiseaux, drôle de patchwork au pied du banc. Elle aimerait suivre leur histoire, savoir où chaque empreinte s’est orientée, rentrer dans la vie des gens, mais où habitent-ils ? que faisaient-ils là ? et surtout que pensaient-ils quand la langue de lumière est passée devant leurs yeux ?

Elle est assise sur ce banc, les mains posées sur le bois, elle regarde les enfants dans ce parc qui leur est réservé derrière ce grillage vert, jardin dans le jardin. Un monde qui n’est pas pour elle alors qu’elle se sent enfant quand ses yeux tombent sur ses baskets et socquettes blanches. On lui a dit tu es adulte puisque tu as toi-même un enfant. Tu es rentrée dans la cour des grands alors des portes te sont fermées. Ils sont là sous ses yeux, non ils ne lui font pas un pied de nez, les enfants bien éduqués respectent les adultes, non ils ne la regardent pas, comme ils ont raison de ne pas vouloir ouvrir la porte du monde des adultes. Dans leur univers derrière ce grillage vert ils rebondissent, elles les voient voler sous ses yeux, les anges ont toujours des ailes, quelquefois le corps à l’horizontal, ils montent et redescendent au rythme de leurs impulsions, au rythme de leurs envies, une fois sur le dos, puis à plat ventre, sous leurs pieds des élastiques guident leurs acrobaties. C’est un jardin d’acrobates en herbe. Elle aimerait se lever, poser ses pieds sur ce trampoline, se dépouiller de sa peau, au gré de ses pulsions tourner en l’air pour retrouver la liberté du mouvement, la liberté de penser.

Elle est assise sur ce banc, il est là à côté d’elle, il lit, rature quelques mots, trouve des synonymes, enlève des phrases trop longues, sa bouche pointe en avant, mauvais signe, le mouvement de ses lèvres montre son insatisfaction, il aimerait trouver la clef pour une écriture plus fluide, plus incisive. Elle fixe son profil, les traits de son visage lui parlent, elle en connaît tous les reliefs, comme l’enfant reconnaît sa peluche dans le noir, elle sait qu’il est tendu, alors elle pose sa main sur son épaule, alors elle l’embrasse. Elle aimerait avoir la magie de l’enfant, un baiser doux sur la peau qui ôte la douleur, guérit tous les maux, redonne le sourire. Elle a perdu ce pouvoir, et oui elle est adulte, alors elle approche sa bouche, la pose sur la sienne, ses mains encerclent son cou, elle veut faire de ce moment une belle photo ancrée dans leur mémoire. Elle veut qu’il se souvienne. Là enlacés ils laisseront leurs empreintes de baskets mélangées à toutes celles des amoureux qui se sont posés pour regarder les enfants rebondir sur le trampoline en rêvant à leur propre progéniture, là ils laisseront la marque de leurs mains sur le bois quand la moiteur de leur peau s’est faite plus puissante, là ils laisseront la naissance d’un livre quand elle lui faisait la lecture de ses propres textes qui un jour seront couchés sous une couverture de livre. Un jour il sera satisfait, un jour il franchira le pas.

Ils étaient assis sur ce banc, ils se sont levés, un arrêt sur image, clic clac,  le temps d’un baiser pour signer le lieu, dans l’attente d’un livre, l’accomplissement d’un rêve d’enfant.



lutine - 24-04-2007

12 avril 2007

Peau d'âne

33peaudane3

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Porte-moi jusqu'à la glace

Que je vois le reflet de ta peau

Porte ta main jusqu'à mon visage

Que je sente perler l'amour au bout de tes doigts

Et ferme-moi les yeux doucement

Les images ne pourront s'échapper

Je les associerai aux odeurs de ta peau

Aveugle face au miroir je te devinerai

Je veux dérouler le fil

Détisser la toile d’araignée

Percer les perles de rosée qui ne sont que larmes de nuit

Argentées dans les flammes du soleil elles tarissent

Il est là enfermé dans sa propre guerre

La glace ne doit pas devenir barreaux

Au travers les sentiments se tordent

Un orage trop puissant et la peinture dégouline

Je voudrais trouver l’envers de son corps

En retourner la peau pour des jours plus joyeux

Quand l’eau vient à manquer lui insuffler ma salive

Je voudrais faire de son château de sable une forteresse

A l’abri des remparts les chats noirs ne pourraient l’atteindre

Le vent de la mer assècherait les plaies

Laisse moi l’art de m’échapper

Vêtue d’une peau d’âne j’attendrai au coin de l’allée

Un carrosse me transportera plus loin que le reflet du miroir

Les grandes frayeurs font changer l’humain

lutin - 12-04-2007

10 avril 2007

Fissure

bonbon

.

.

.

Elle a ôté la poussière sur l’étagère, l’objet posé là a crée la fissure de l’esprit. Il a suffi d’une bonbonnière, ce n’est pourtant pas la lampe d’Aladin, charivari entre quatre murs.

Elle a  pensé à la mer et à rien, elle a  senti le sucre, le poison, une envolée d’illusions à l’ouverture du couvercle de porcelaine. Lentement des odeurs d’amande enveloppent la chambre comme une barbe à papa, écheveau de sucre tissant sa toile, et le sucre se dissout, douceur de la langue, douleur de la dent sensible, coup de poignard quand la main potelée de l’enfant se calque sur l’empreinte incrustée. Chat écorché chaque jour est un hiver quand la fissure charnelle l’entraîne dans un monologue de la pensée.

On peut écrire la peau n’est pas neuve, drôle d’expression entendue dans le vent de la maison quand ses doigts agiles déplient le papier d’argent dans la nuit du silence, habile elle le défroisse en fait un carré lisse pour effacer la fissure.

Elle a mis sous clef ses instants d’amertume,  elle ne pense plus… elle vit, apprivoise l’amour. Elle a jeté les fleurs qui nourrissent ses pensées et ne regrette rien. Sur le carré de lumière elle déplie ses membres. Pour attirer son attention elle se pare de lumière, joue avec les ombres, recherche l’angle, oui elle est folle d’un homme, consume le temps entre ses bras. Elle a pensé à la mer et à son regard bleu, elle a ôté la bonbonnière de l’étagère, dans la maison un vent léger a effacé les odeurs d’un passé qui ne rimaient plus à rien.

Elle a mis toutes ses affaires contre les siennes. Elles ont fermé la blessure. Il a suffi d’un mot magique.

Lutin – 10-04-2007

27 mars 2007

LA PHOTO

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Il te dira le poids du silence

quand les ombres s’infiltrent

l’imaginaire remonte de l’enfance

au fond du lit aux aguets le monde devient mauvais

un piège où la jambe se fracture

lente agonie de la gorge nouée                   

Elle te racontera la capture des images

dans son filet elle les brasse encore et encore

en remonte des mots de braise nus comme Eve

la pudeur n’est pas de mise le miroir traversé

assise sur une poudrière  ses yeux appelleront

un ciel déchargé du chaos de l’esprit

Plus noire que l’abîme l’atmosphère s’électrise

de leur sang coulent les mêmes mots de l’incompréhension

tendus ils brandissent leurs étendards pour une même guerre

aveugles ils ne voient pas qu’ils portent les mêmes couleurs

criblent leurs os d’invectives

Pitié pour eux vent de folie

allez faire la guerre ailleurs

sur cette pelouse est né leur amour

il lui dira qu’il ne croyait pas aux débauches

elle lui racontera qu’elle a griffé les images

gravé leurs souvenirs à même le sol

lutin – 27-03-2007

11 janvier 2006

Femme en flammes

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Femme en flammes



Il y a un reflet de lumière
sa peau méticuleusement enrobée
d’une couleur or
un rayon de soleil sur ce carré de verre
elle est la femme en flammes

A trop s’y frotter comme silex
elle s’est embrasée
à trop lisser les formes
la peau s’en est allée
une matière à protéger d’un voile de couleur
une coulée de bronze
carapace incandescente

On nous dit de ne pas toucher
de suivre le chemin
on nous dit de laisser le temps au temps
la cicatrisation glacée du métal
prépare son oeuvre

De ce brasier en forme d’ailes
naîtra une statue au cœur de fer
elle dévoilera ses facettes
chaque tiroir entrebaîllé racontera son histoire



lutin - 10-01-2006

.

9 janvier 2006

Jeu de dames 2

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Jeu de dames 2


Aller à dame
sortir du jeu
briser les angles vifs
au-delà du miroir
l’inconnu lui fait peur

Tremblante elle est la main
en son creux des mots à perforer le cœur
quelques coups de fleuret
elle assouplit le poignet
la pointe n’est pas émoussée
étonnée dans sa paume
une ligne de vie sur le fil du rasoir

Femme funambule
à la lisière du jeu elle contemple le vide
un carré de verre à cueillir
briser les nuits incandescentes
les doigts en éventail
soufflent les souvenirs
une éclaboussure traverse le miroir


lutin - 08-01-2006

.

20 février 2007

Un Aller simple

bracelet

.

Le doigt serti de ta pensée

Pierre mauve ciselée

Au travers j’ai posé ton cœur

Et mes talons battent le trottoir

Au poignet une dentelle d’or

Me prend la main

Lace les pulsions de mon sang

Et mes talons  battent le trottoir

Le Tic tac du souvenir encercle ma chair

Les aiguilles cadencent mes pas

Nous avons rendez-vous

Et mes talons battent le trottoir

Mille heures à attendre l’évènement

Siamoises nos yeux fixent le Panthéon

Et mes tempes martèlent l’émotion

Au travers du métal ma sueur

Réanime la pierre

Emmêlées deux femmes glorieuses

S’accrochent l’une à l’autre

Les passants ne se retournent pas

Discrètes nous fondons dans le paysage

Son succès nous attend

.

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Lutin – 20-02-2007

13 février 2007

Expression

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J’ai peur de la profondeur de l’œil
de sa paupière en forme de guillotine
la sentence est dans la pupille quand les mots ne suffisent plus.

J’ai peur de la main quand les doigts goutte à goutte secouent les mots sur le papier
le verdict est au bout de l’ongle quand il trace sur le papier l’incision à jamais
le pouvoir des mots ne gommera jamais la distillation
sauvage que ce bras courant sur la ligne d’horizon.

J’ai peur de la voix
caverneuse du tréfonds de sa tombe elle remonte
lancinante attachée à l’hélium elle s’étale en surface et se rassemble en tourbillon
et me voilà capturée
mon souffle contre le sien
un lasso autour du cou.

Les larmes une à une sectionnées saignent sur la feuille
la sueur perle sur la peau
la langue boit l’imaginaire
et j’entends la raison glisser son mot à l’oreille


lutin - 13-02-2007

30 janvier 2005

Jeu de dames

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Jeu de dames


Elle traverse le miroir
ses doigts en éventail
des ongles de sang
le bras tendu attend
le noir ou le blanc

Un damier où son ombre est prisonnière
en diagonale ses pas s’enfoncent
des cases de fer
ses larmes mouillent sa robe noire
un pion dans la boue
elle y macère depuis si longtemps
la volonté d’en sortir pour aller à dame

A la lisière du noir et du blanc
ses doigts en éventail
des ongles acérés pour mieux accrocher
une main blanche celle du futur
à califourchon sur ces taches de couleur
ses cuisses enserrent le bien et le mal
la volonté d’en sortir pour aller à dame

Elle tend le bras dans ce miroir
ses doigts en éventail
une main dans une case de marbre
le bras tendu attend
mante religieuse boire le sang
distiller une autre couleur
un rond blanc au cœur de sa peau

Une rose de fer
pétales noirs sur le damier abandonnés
en diagonale un pion blanc
corolle nue cherche à naître
aller à dame pour deux corps superposés

dame

lutin - 04-01-2006

.

21 décembre 2005

Un café

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Un café crème à l’aube
l’aube de ses jours l’aube de ses morts
elle a rencontré l’enfer
le fer qui perce le cœur
la peur de la vie qui s’échappe si rapidement et si lentement à la fois
les yeux au fond de la tasse
des êtres chers tout au fond
elle n’a plus de mots

Un café sans sucre
elle n’est pas voyante
ne lit pas dans le marc
elle a rencontré le pire
la perte de tout et de sa propre possession
l'amer d'un café noir
l’expresso trop tassé d’une année

Un nuage de lait
éclaircir le jour
les larmes de sang
le sang séché sur ses joues
un lait écrémé sous les papilles
éteindre le feu qui brûle la trachée
un bol d’air à avaler

Une cuillère dans la main
le regard au loin si loin de tout
des yeux sur ce métal froid
elle a rencontré l’épée
la lame qui transperce le cœur, l’amour
l’émotion d’un corps tendu
velours mauve sous les yeux à trop attendre

Un café crème à l’aube
elle tourne ses pensées
mélange le lait
un peu de sucre
adoucir sa bouche
elle lève la tasse un miroir en face
un liquide chaud se répand sur sa bouche
ne pas crier

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lutin - 20-12-2005

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