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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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28 avril 2009

La mariée dévissée

DSCN3569

de Jean Crotti - Musée d'art moderne

Tu perds l'équilibre au milieu du désert
Les yeux en voyage en dehors des heures

Tu as cassé tes chaînes
Battu à  mort la boussole au soleil couchant

Juste ton nom au bord du tombeau
Personne pour te jeter la première terre
Dans tes pas éphémères à la recherche du temps

Du sable crisse sous tes dents
La fleur mâchée au fond de la bouche
Le jus avalé en sirop d’érable

Que laisses-tu derrière toi ?
Le silence

Que cherches-tu devant toi ?
Un mirage

.

B

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24 août 2009

Mille traces laissées

DSCN3863

.

Tu as disparu sous la feuille morte, j’entends tes pas
Ils s’éloignent là où on ne voit pas le besoin naturel se faire
Je lève le nez, hume la chaleur dans les rangées d’arbres
Je cherche l’eau dans l’air, signe de vie sur la terre
Le pied aussi gris que la pierre, la peau couleur poussière
J’attends l’ombre dans le froissement du taillis
Tes jambes musclées et la voix
Qui prolonge le front droit
Elle est grande par rapport à moi
Elle se penche
Je vois son dos s’arrondir
Je vois les gestes qui s’enchaînent
Le short je ne le vois pas
Je vois les mains, le tee-shirt trop court
Tu es dans la couleur bleue au-dessus, dans la contraction de la course
Un baiser pour la route, du sel dilué dans la salive
A l’heure où le bronze nous habille
C’est le mouvement qui me rassure
Tes pas devant moi jusqu’au but
C’est une image entière contre l’écorce que j’aurai
Dos plaqué, ton ventre appuyé
Des pages pleines pour l’instant illisibles s’écriront
Quand la lumière s’en ira dormir jusqu’à demain
Patiemment elles se superposeront, par mille traces laissées

.

lutin - 24-08-2009

21 avril 2009

"Dans ma maison sous terre" Chloé Delaume

 

 

 

 

Inspiration de ces mots "De ces secrets qui dévastent et ruinent l'identité"

et aussi de l'oeuvre de Anselm Kiefer

 

.

 

DSCN3479

 

 

 

 

 

.

Il faut casser les murs
en dehors de la peau
bouger de l’épaule au pied
sur un trapèze j’ai peur des jeux de l'enfer
de me déshabiller je me moque si l’on ne me touche pas

Il fait froid nu sous l'écorce
tout est noir le bleu au ventre
je n’écrirai plus
la couleur de la peau et ses palpitations

Les chaises sont vides
les assiettes attendent les mains
les verres sont des miroirs émaillés
au fond des bateaux rouillés
dorment nos aimés

J’entends le silence peser sur mon dos
la mer pleine dégueule ses vagues sur le pont
cela n’avait rien de sexuel
la profondeur des yeux
les corps en plein visage sur un champ de bataille

Sous le coude la musique céleste s’écroule
les bras s’agitent dans une noyade autour du cou
bouche ouverte la langue avale les mots
gémit au fond des draps
il est là l’amour lentement tu d’une folie passagère
d’un sang pollué sur une couche de glaise

 

 

 

 

 

 

lutin - 19-04-2009

 

 

 

20 août 2009

Petites mains

 

A toi deni_h et à ton livre "Babioles de la non-pensée "

http://www.ouaknine.fr/

DSCN3907

 

 

"une grande oeuvre dans de petites mains"  "F" ma réponse



Mais que racontes-tu ?  chaque chose à sa place, il faut être grands comme Camille ou Rodin ou comme à Versailles, voici le Gladiateur mourant, je croyais le dessiner easy... nous ne sommes que des écrivaillons ou des dessinriens, des riens quoi, et alors où est le problème on peut tenter et se faire plaisir, le plaisir il n'y a que cela de vrai.

L 'important est de savoir ce que l'on veut, ce que l'on vaut, et ne pas pét.... plus haut que son.....c... ceci en toute modestie, ce mot "modestie" fait partie de moi, je sais ce que je vaux, ce que je veux, si je devais avoir une prétention dans le monde de l'art je le saurais déjà, la fée ne s'est pas penchée sur mon berceau, mais j'ai envie de me frictionner à ce monde, pour moi, oui juste pour moi parce que ce monde je l'aime depuis toujours, mais une chose est certaine quande je serai morte on ne parlera pas de moi. J'ai vu deux fois l'expo Utrillo à la Pinacothèque, j'ai besoin de partager mes états, il n'avait aucune prétention, si ce n'est vendre ses peintures pour quelques verres de vin, s'il savait ce qu'il est devenu après sa mort.... A-t-il pensé une seconde que ses variations de blanc seraient des notes de musique à nos yeux, les siens au fond d'un verre dans un café. Delacroix n'en parlons pas, je suis allée trois ou quatre fois à l'Institut du Monde Arabe, quand on aime on ne compte pas, quant au musée Rodin j'en ai fait ma demeure, ressentant la violence de ces deux êtres et la lutte dans leur travail, qui sera le plus grand, l'élève ou le maître alors que je les voudrais enlacés dans l'art, dans la vie, dans la mort. Je me suis appropriée leur couple dans le mien.

Après ma mort que je souhaite le plus loin possible  il n'y aura que les miens pour penser à moi, je lèguerai mon amour et là est le principal, mes écrits, mes peintures, seront un poids, je le sais déjà. J'y pense souvent, on ne peut pas brûler les textes ou les peintures d'une femme aimée, même s'ils ne sont pas bons, on les garde, comme on garde un bijou de famille, comme je porte les bijoux de ma mère, comme je regarde la photo de mon père dans le premier tiroir d'une table de nuit, comme je porte autour du cou et du poignet ce que j'emporterai dans la tombe, un amour sans limite pour un homme.

 

Pourquoi je te raconte tout cela, je ne sais pas, cela couvait en moi depuis si longtemps. J'ai dans ma chambre tant de souvenirs de mes parents, ma chambre n'est faite que de cela, je ne parlerai pas des tiroirs, tu comprendras un jour, un jour le plus loin possible, un jour ce que je fais meublera par amour une autre maison alors que je serai sous terre, quelquefois j'y pense et je ne veux pas léguer mes propres maux.

J'ai tant aimé, j'aime tant, que je vais continuer à écrire et à peindre. Me voici à confesse, mais tout cela est parti de tes mots "petites mains", il n'y a jamais de petites mains, il y a des mains et elles ont tant à dire, les petites mains sont pour l'obéissance, nous sommes loin de cela, n'est ce pas ? nous voulons nous libérer, nous avons un tel besoin de dire que nous sommes tombés dans le travers de la poésie pour nous exprimer, aimant la poésie d'abord, voulant aimer et être aimés, nous avons trouvé un moyen de communication au travers de l'écriture, l'écriture le déversoir d'accord, l'écriture racolleuse pas d'accord.

Mais pourquoi je te raconte tout cela, parce que tu parlais de "petites mains", non nous sommes des grandes mains qui veulent s'exprimer, oui  nous sommes de grandes mains parce que nous nous exprimons, nous sommes des géants, tu sais comme les ombres couchées sur le sol quand le soleil se couche, j'aime cette heure sur mon vélo, le monde est gigantesque alors que quelques heures avant nous n'étions que liliputiens écrasés par le soleil. Je te dis cela parce que je souffre aussi de ne pas sortir de l'ornière, oui je souffre comme ceux qui s'expriment sur le bleu. Je suis là pour le dire sous mon pseudo lutine, dévoilée par des cons je suis Bernadette Delage, comme on l'a écrit, sans mon autorisation, je me moque de ces gens, je les plains, je suis B/lutin/lutine/Bernadette Delage selon les évèvements, B pour les peintures, lutin pour un lieu sage, lutine pour le bleu où tout diverge et Bernadette Delage quand je m'adresse à des lieux où le nom le vrai est obligatoire, de mon nom on en fait ce que l'on veut, de mes mains si petites, je les regarde et je les fais travailler, et si sur ce bleu on écrit mon nom le vrai, sans mon autorisation, je m'en moque, je ne travaille pas pour des petits yeux et des petites gueules et les guerres intestines entre hommes et femmes, j'ai un besoin de m'exprimer, je suis B avant tout.

Tu disais "j'aime la justesse du trait" je n'en suis pas certaine, tu aimes le trait, mais tu es contre le classissisme, comme moi, je lutte aussi contre cela, trés difficile d'en sortir, car c'est là où il faut s'exprimer sans les béquilles qui nous entourent. Un jour je ferai du ski sans mes bâtons pour prendre les virages, les bâtons ont toujours été ma sécurité dans les descentes, sans bâtons je deviens l'enfant qui apprend à marcher et à chaque virage je tombe, oui je tombe car j'ai perdu mes repères et aussi mon père, la mer me manque, la mienne aussi, un jour je nagerai sans bouger, un jour je courrai sans courir,  un jour je dormirai les yeux ouverts, un jour je parlerai sans m'exprimer ou inversement, ce que l'on me reproche souvent, je vis de silences, un jour de mes silences j'en ferai une vie à haute voix. Dieu faites que je me débarasse de mes repères mais jamais de mon père et de ma mère. Tout ceci est née de tes mots "PETITES MAINS", qui est petit, qui est grand, qui est la référence, oui qui ?  PRESENTEZ LE MOI.

Je pourrais continuer si longtemps mais je te libère  et ceux qui veulent bien me lire avec mes petites mains que je considère grandes en toute modestie, rien n'est petit sauf les petits mots d'amour si grands.

Quand j'étais enfant on m'appelait "souris" je fus aussi "lézard", chacun  de ces mots doux a sa signification. D'entre tous je préfère "B" il est grand avec sa majuscule et se prononce "petite b"

 

 

 

lutin/lutine/B/souris/lézard/...- 17-08-2009

 

16 août 2009

Jardin d'eau

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Volets clos

De bas en haut nos regards suivent les fenêtres

A quoi penses-tu ta main dans la mienne

Il y a un jardin d’eau au milieu de la ville

Au milieu du jardin flottent des bateaux

Je voudrais grimper le long des façades

M’élever comme la mouette criant en haut du mât

J’entends ta voix prisonnière du vent aller jusqu’à moi

Le ciel est devenu miroir

On suit la ligne d’eau

Le vent épousant nos formes

On écrira nos noms sur les portes des maisons

On fera des livres effacés par la mer

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lutin - 15-08-2009

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15 août 2009

Etoile de mer

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Animal échoué
ne pouvant rejoindre ses congénères
couché sur la roche
il avait soif
et vous le regardiez
foulant le sable d’un pas nonchalant
sous vos pas craque la vie sans importance

Il espérait des mains

attendait un radeau
voulant prendre la mer
quand la vague se retire
il espérait un geste humain
vous l'avez laissé là
où l’eau ne monte pas

Il a perdu l'odeur des embruns
la mer était sa maison
d'où on l’a chassé
entre les flaques il n’a pu nager
c’était un animal blessé
dans un monde rêvant de sirènes

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lutin - 15-08-2009

Des photos à regarder : http://theblackandwhiter.over-blog.com/

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7 août 2009

Distance

1492_christophe_colomb_06_g

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Je marcherai sur l'eau jusqu'à la libération
Juste le vent derrière moi chassant les orages
Me protégeant du noir
La lumière en éventail
La proue du bateau en forme d'aile
Un feu d'artifice en victoire
Le but atteint


Comment être
Espérer encore
Mêler à la mer le désespoir
Dans la nuit sans étoile
Sans toit
Comment nager loin
Sans toi
Ne trouvant que des mots
Entre les doigts serrés


Hissons la grand voile
Allons voir si la terre est ronde
Emmène-moi comme Christophe Colomb
Au sein de ton équipage je me confondrai
Si la terre n'est que disque alors je plongerai
Je rapporterai les profondeurs
Je raconterai la distance entre jour et nuit

.

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lutin - 07-08-2009

5 avril 2009

Ces pages seront mon écorce empalée

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Zoom sur une sculpture de Anselm Kiefer exposée au Louvre

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Il y a des couleurs à voir même si elles se confondent avec le ciel
tout est gris quand les yeux refusent la lumière
il y a le bain de soi jusqu’au sol entre insomnies
le ventre gonflé comme un monticule sauvage de coquelicots
sous terre des papiers pliés
de nos histoires peintes dans le silence
le genoux écorché mais sans pleurs

Les branches ont perdu leur couleur dans les cris de la scie
leurs tiges reflètent des visages empilés
pages rouillées d' un masque de fer effeuillé
gravé d’années d’écritures
et l’on se blottit entre deux oreillers
enchaînés au pouvoir des mots
au milieu le cœur poussiéreux
sang contre peau buvant le bâillement des pages

Je vous laisse les pépites d’or comme porte bonheur dans un chant de glaise
jetées comme les cendres à la mort
je voudrais toucher le feu de chacune d’elle
jusqu’à la plaie aller à l’ancre de la naissance
une harpe sculptée entre les seins
son chant grimpant jusqu’à l’inflexion de la rage
ces pages seront mon écorce empalée



lutine - 05-04-2009

29 juin 2009

Le chat

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Nous ne sommes que les passagers laissant nos pluies d’orage
C’est la nuit à l’infini dans la continuité des yeux
Il y a une rivière au bord des paupières
Des bouts de chiffons tissés d’histoires

Il n’y a pas de mur
L’œil médite l’éveil
Il n’y a pas de porte
Le regard tout entier scrute et fait le vide
C’est dans l’espace noir qu’il puise sa source inébranlable

Les gestes sont prudes
L’imaginaire inquiet caresse 
Palpitations fragiles à l’intime
Le vent court en frissons
Le regard est possédé
Le feu embrase l’esprit

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lutin - 29-06-2009

2 avril 2009

Le chant de Mona

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Zoom sur la peinture de Yan Pei Ming actuellement au Louvre

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Il y a une fêlure
se font et se défont les milles histoires
vêtues de noir devenu blanc
dans la distance entre chair et cœur
muraille sous la voix érodée
prisonnière de son chant
fait de sirènes

Squelette de nuits vaporeuses
démembré d’usure
dans des larmes de cendre
je voudrais nouer le cri des singes
comme une boule de haine
un matin je reviendrai habillée de peau
sans pitié abattre toutes les pierres

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lutin - 02-04-2009

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12 mars 2009

Distance

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Des tours du monde j’en ai oublié le sens
les pas offerts au sable
dans des sentiers jusqu’à la neige
des photos en noir et blanc enfouies jusqu’au printemps

On la supplicie jusqu'à l'épuisement, la terre
on la profane, maudite dans la souffrance
on crache sur elle à déplier le pied jusqu’à la cassure
corps à corps  - à terre
rampant jusqu’au centre de gravité

La douleur du « je » si nombreux
« nous » dans ce « je »
l’homme est immobile
rafiot couché sur la vague
corps de sable désagrégé
plié de douleur sous le couteau
dans cette inertie poussiéreuse la terre est vide

Au pied du mur se dessinent les ombres
à portée de voix un oreiller
loin des rêves la bouche contre, l’explosion d’une bombe
des mots étouffés en grains de chapelet
1000 kilomètres de terre à genoux

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lutin - 12-03-2009

13 février 2009

Planète morte

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Il suffira de dire que c’était spirituel ces images de la nuit
quand les volets frappaient aux carreaux
j’ai senti mes jambes fuir
j’ai peint de la neige au couteau sur un mur
tué le cauchemar et réchauffé mes mains entre les pages d’un livre
récoltant des mots imprimés comme des pétales de roses
à pleines mains je les ai avalés
des lacets de cris ont étranglé la nuit
ai-je assassiné une autre vie plongeant entre les lignes d’un thriller ?

Quelle arme utilise-t-on pour oublier ?

une arme à feu

une arme blanche

ou à sang

Il faudrait refaire les bonnes connexions
savoir pourquoi la main se bloque alors que les doigts ne gèlent plus
sortis de la pierre ensevelie
blanc le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée
un point lumineux au centre montre le chemin de l’espace protégé
il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps
je me suis exercée à compter le cliquetis des touches sur le clavier
à la recherche des phrases sur lesquelles prendre appui
peau contre drap les lignes s’enroulent jusqu’à la gorge
la tête est une planète morte quand le sommeil fuit
dans l’envie d’un point d’eau, d’un coin de peau
entre deux livres, ivres de naître avant demain




lutin - 13-02-2009

25 avril 2009

La fabrique des rêves

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Le fils prodigue

"La vie ne serait-elle qu'un immense mensonge ? Ne serait-elle que l'ombre d'un rêve fuyant. Ne serait-elle que l'écho des coups mystérieux frappés là-bas contre les rochers de la montagne dont personne parait-il n'a vu le versant opposé."

Manuscrit - archive de la fondation Giorgio De Chirico

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Les époux

Exposition au musée d'art moderne de Paris

23 janvier 2009

Entre ciel et terre

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C’est un escalier et des pas dans le noir
une caisse de résonnance jusqu’au battement du cœur
le pied à angle droit martèle la marche
de la terre arrachée laisse son passage
à l’arrêt de l’autre côté de  la porte rouge il y a la main bondissante
des bras prêts à réchauffer
la bouche assoiffée
l’ourlet non peint
velours autour du cou
les doigts se nouent à l’entrebâillement

C’est un escalier, un duo dans le noir
les lèvres se boivent
les jambes se cherchent jusqu’au ventre
perçants les yeux plongent dans le frémissement de l’autre
une flaque d’eau dit qu’il ne fait pas beau dehors
les peaux se retournent dans le miroir
debout sans le savoir ils dessinent les préliminaires de la nuit
oubliant les étages qui s’animent

C’est un couloir blanc
on y monte, on y descend
dans une ronde du ciel à la terre
c’est un tambour quand le pas s’écrase sur la marche
une chorale tonitruante dans l’élan des voix
c’est un théâtre éclairé à l’entracte
tout est agitation au rythme de la minuterie
dans le tangage d'une foule descendante leurs yeux se crispent
aimantées leurs mains s’accrochent
deux pas en avant et la porte rouge se ferme sur le monde
sous un ciel de lit les bras s’ouvrent





lutine - 23-01-2009

3 janvier 2009

Espace protégé

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................................Il fait noir, la porte vient de se fermer, derrière, le froid et le vent poussent l’absence, dedans tombe la neige au cœur et l’odeur imprégnée reste encore. Il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps, il faut attendre les branches construisant leurs parasols de l’été.

Il est 17 heures, il n'y a plus d'espace dans le manteau de la nuit, il n’y a que le noir de nos peaux suspendues à la cime d’un arbre éternel,  en transparence on y devine leur couleur originelle, rouge était le regard passion, vert était l’iris de l’espérance se mélangeant au velours de la peau, montée en puissance de la main cerclée de l’anneau. Un drapeau flotte au vent déchirant la pierre ensevelie, manipulation des éléments du bas vers le haut en toi et moi, androgyne.

Il y avait quelque chose qui suggérait l’expérience, la bouche et les lèvres, la façon de les serrer sans cesser de regarder l’arbre et son drapeau. Il y avait l’odeur hormonale, la sueur expulsant son envie à travers les pores frémissants.

Il y avait un fleuve en crue dans l’autre pièce emportant la branche, c’était une fascination étrange ces milles petites bulles attirées en spirales au centre de gravité. Scrutateurs les yeux ont suivi le mouvement, derrière la porte des gens cachés chuchotaient entre la mer et nous et nos mains faites d’os et de chair appelaient à l’aide à travers un mur de verre, habillée j’ai brisé la glace me retrouvant chaude prisonnière de l’eau.

Il suffira de dire que c’était spirituel ces images venues de très loin ou que la fièvre a crée le délire d’un trop plein de rhum. J’ai senti mes jambes se dérober sous toi ou moi androgyne. J’ai peint de la neige au couteau sur une toile pour tuer l’absence et réchauffer mes mains, ou bien ai-je assassiné une autre vie et bu le sang.

A  la fenêtre c’est encore hier,  les trottoirs jusqu’à l’extinction des pas gardent leur nappe blanche. Il faudrait refaire les bonnes connexions et savoir pourquoi la semelle piétine dans le froid alors que les doigts ne gèlent plus sortis de la pierre ensevelie et reconstruite.

Noir le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée, les géraniums, point rouge au centre, montre le chemin de l’espace protégé.

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dormir

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lutin - 31-12-2008

16 novembre 2008

Sécrétions glandulaires

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Doucement petite sœur
d’un orage devant la glace
un autre monde déboulonné à tes pieds

Une tumeur au sein
un carré blanc - carmin sous la peau
l’araignée grimpe
un trait - toile filante à couper

L’intérieur  est  cimetière
fil d’eau - d’un autre univers
il nourrira la terre de tes yeux

Tout doux la voix  - le feu sous la peau
jusqu’aux yeux il t’a ensevelie
je ne veux pas tes vertiges
dans les virages de ta langue

Mon amie je t’avais oubliée
toi – la terre de mon vivant
quand je te lis – jambes ouvertes
les yeux ailleurs au balcon

On entend la pluie de tes larmes
la douleur du sein ôté
c’est un vide physique
la plage sans vague

lutin - 16-11-2008

22 décembre 2008

35 mn et quelques poussières

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.DSCN3041

35 mn
semelle dans la terre glaise
il était temps face aux couteaux
cran d’arrêt ou papillon
acier 420 ou 440 chirurgical dans la gencive
dans le jardin marqué au fer rouge sept cygnes
à  l’unisson un décollage en accueil
un autre monde sans armure au dessus de la lame refermée
58 secondes de survie -  le sang
pulse les chagrins
je t’ai donné le sein ce matin
je t’ai donné la langue
couteau à double lame
manche d’ébène de frêne ou d’olivier
tranchant le fil sous l’aiguiseur assassin
nous nous sommes croisés si peu
une voix chaude habillant mes mains ensanglantées
je n’ai plus de doigts
je ne sais plus compter jusqu’à dix
je n’ai plus de pouce à sucer
je ne t’ai pas donné le ventre
je suis l’enfant apeuré dans l’écume des visages fossoyeurs
tourne manège
tournent les yeux dans les coins
j’entends le compliment serré au bras gauche tout contre cœur
l’hématome encore marqué du son presque audible
mâchoires serrées dans le souffle vers moi
sous les applaudissements les viscères en torsion
la chienne pissant son territoire de l’autre côté
je suis fœtus
Je t’ai donné mes dents et ma salive
de chiffon j’ai plié la poupée en moi
ne me déshabille pas le ventre
de corne ou d’os quelques couteaux encore
des veines à entailler au fil des jours
des révolutions dans les couloirs du métro sur la ligne Ménilmontant
à cran d’arrêt la lame s’éjectera
à Noël je rendrai les armes
ne me déshabille pas le ventre




lutin

12 mars 2009

La nuit

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Elle marche face à nous bousculant les heures  un peu plus chaque jour.

Dans le couloir du ciel à la cime des arbres elle se fait plus pressante arquant inéluctablement sa couleur opaque, elle ombre la racine qui se cache sous la feuille d’automne, son voile flottant entre ciel et terre devient foulard puis manteau dans sa chute sur les épaules, elle enveloppe comme un drap sur son passage ce qui est vertical, les plus grands seront touchés les premiers, petit bout de femme il me reste un peu de temps avant de sentir son piège se refermer sur moi, progressivement  elle m’enroulera dans sa peau m’habillant d’un fourreau de deuil, le chien sur la route subira le même sort ainsi que l’insecte rampant, la nuit balaye tout quand elle s’allonge nous faisant disparaître d’un claquement de doigt ensorceleur, la goutte de pluie poreuse devient noire comme par magie, seule la lumière artificielle résistera à sa force. Inutile de se cacher elle voit dans les angles, inutile de se vêtir de noir, elle superpose les couleurs.

Fenêtres closes s'ouvrent les images librement au bout de mes doigts enrubannés de la nuit.

.

lutine

.

10 mars 2009

Francopolis Mars 2009 - Cendres - Magie noire - Recto-verso - Vers où

presentmars09_Sahara

Merci à  l'équipe de Francopolis de mettre en valeur avec tout leur talent les écrivains ou aspirants écrivains que nous aimerions être, merci aussi à Hélène Soris pour sa suggestion qui me paraissait farfelue, mais cela a marché. Je souhaitais dire ici à quel point j'ai apprécié votre travail.

http://www.francopolis.net/vostextes.htm

http://www.francopolis.net/librairie/intromars2009.html

B dite lutin ou lutine

.

Le lien du site se trouve aussi dans mes favoris "où j'aime aller"

http://www.francopolis.net/index.htm

20 février 2009

La langue

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Muette dans une prison de chair
mouillée des mots retenus
elle trempe dans son bocal salin
la langue
la bouche close tout sourire

Cerise en cours de macération
c'est une envie de la tirer
la langue
la faire baver

C'est une envie de l'enrouler
dans sa propre langue
en absorber salive et mots
salés
sucrés

C'est vouloir communier
que dis-je !
communiquer ou inversement
une langue à l'endroit une langue à l'envers
ou tête-bêche

Dressé le nez capte le jus
au bout de la langue
le mot
la voix



lutine

24 juillet 2008

la danse du feu

Encore quelques corrections à faire, mais je sais je la tiens, une émission magnifique ce soir sur la 5 "Art et Culture", unanimes une peinture peut durer toute une vie, je m'accorde une semaine entre chaque genoux, l'envie de peindre un oiseau. Dans cette émission, un modèle, trois peintres, les voilà  en train de croquer le sujet, une semaine après première évolution, deux semaines une autre évolution, et lors du rendez-vous final, une explosion, les trois peintres avaient vu au travers du modèle,  trois tableaux complètement différents mais tellement...les mots ne suffisent pas pour expliquer, riquiqui je suis mais j'ai bu leurs paroles. Ma grande admiration pour  l'un des peintres, spécialiste des nus , la peau, ce mélange de couleurs d'ombre et de lumière, si bien qu'il n'y a pas trace des changements de couleurs.

DSCN2559

15 août 2008

J'ai perdu pied

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.

J’ai bu le sang dans l’avidité du geste
Je n’ai pas compris la guerre
Etirée entre eau et air
Je construisais la femme victorieuse

J’ai bu le sang à fendre l’eau
Tu ordonnais, j’obéissais
Des mots de feu glissés sous la peau
Tu m’as écorchée vive
Dans la douleur j’ai ralenti le geste

Ton sang bouillonnant était le mien
Dans l’eau froide il me réchauffait
A l'horizontal mon corps luttait
Fier de te satisfaire dans ton cri
Il nous unissait entre terre et eau

J’ai cru remporter des médailles
A pendre à ton cou
Colosse les yeux baissés
Tu as hurlé une fois de trop
J’ai perdu pied

lutin - 15 - 08 -2008


11 octobre 2008

Au ventre

mains

Il y a le brouillard - danse
l’émotion - amie du regard
ennemi aussi - froid sur la joue
nos bouches effacées

Plus près les yeux – trop proche la voix
il n’y a pas que la drogue créant le manque
ils n’allaient pas ensemble
des aimantes dans la tête - dans l’ombre si bien ensemble

C’est l’image sans amante - assise sur l’herbe
comme l’enfant sur la plage
la densité du vert de la pelouse
dans la lumière - en croix les bras
couleur d’automne

A l’angle de la feuille - tête baissée
si loin le cheveu – si près la pensée
l’autre fuyant l’histoire
vole l’ombre de la chair
un carnet de voyages entre les mains

.

ou

.

Le brouillard - danse
l’émotion aussi - amie du regard
ennemi il est le froid sur la joue
Nos bouches effacées

Plus près les yeux – trop proche la voix
il n’y a pas que la drogue créant le manque
ils n’allaient pas ensemble
des aimantes dans la tête - dans l’ombre si bien ensemble

L'image sans amante - assise sur l’herbe
comme l’enfant sur la plage
la densité du vert de la pelouse
dans la lumière - couleur d'autome
les bras en croix

A l’angle de la feuille - tête baissée
si loin le cheveu – si près  la pensée
l’autre fuyant l’histoire
vole l’ombre de la chair
un carnet de voyages entre les mains

lutin - 11-10-2008

2 février 2009

voie d'ombre

sculpture_1_

.

On se demande de quoi est faite la peau
chaque ride est-elle la griffe de la main loin d’ici ?
au bras si long qu’elle parcourt les espaces

Première cible, ils reçoivent les éclats perdus
la langue du serpent a vomi

Debout tu t’accoudes à la chaise
tu attends le vide de la tête
l’ombre de l’inconnu incrusté
tu soupçonnes la raison

Noires les idées – à mordre la chair
blanc l’os de la mâchoire – à retenir le cri
Contractée la bouche devient prison
folle elle se camisole

Tu attends le sommeil sans couleurs
protecteur des sillons creusés à l’emporte-pièce
d’un trop plein de rayons ultra-violets

Ailleurs dévastatrice la haine se propage
à  terre meurent les enfants innocents
on se demande pourquoi ?

Sous contrôle le crochet de l’enfer sort de terre

enferme dans son ventre les jeunes fruits
refusant le bonheur, les violons et les rires
crevant les espérances
meurent nos enfants
aux mentons lisses, les traits aussi

Sans rempart face au mauvais
suis-je en train de vivre la mort

alors que je flotte
suspendue à l’image

.

.

lutin - 02-02-2009

.


27 janvier 2009

Tandem

DSCN0408

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.

Douce sensation de l’œil qui s’ouvre
frileuse des mois passés la fente des paupières baille
un goutte à goutte d’eau salée sur la joue
le monde s’agite dans un soleil blanc naissant
l’herbe grasse habitée d’empreintes fait place à la terre gelée
ils ne sont plus seuls roulés dans l’abandon de l’hiver
des cris tendres en cohorte défilent
une cheftaine appelle la meute
en rond armés de brindilles les enfants s’accroupissent
à même la terre
où le froid se dissout à la chaleur de la peau
et il s’étire assis à califourchon sur la selle sèche de son vélo
d’un regard d’aigle acéré le prêtre veille.

Je roule sous un ciel bleu de montagne les yeux mi-clos
à cette heure un halo éblouissant s’infiltre sous les verres teintés
comme l’aveugle le noir et le blanc accompagne ma route
le cri strident des mouettes appelle la mer
elles se sont repliées là, royales sous leur plumage blanc
orphelines couronnées le temps d’une saison
l’aérodrome est loin alors qu’un vrombissement d’hélicoptère se fait entendre
j’assiste au décollage
en habit d’apparat les cygnes forment un escadron sur le plan d’eau
sous les yeux médusés des randonneurs

en appui sur leur bâton, hommes emmitouflés, leur maison sur le dos
ils jouent à être bonhommes de neige, épouvantails
dans leurs tricots de laine gris ils jouent à être laids
dans leur jogging fluo les sportifs en herbe cranent
derrière eux ils laissent leur jeunesse
et s’enfoncent  dans la mélancolie de l’âge mur.

Rêveuse en ce lieu magique je promène mon vélo, mains gantées de rouge
croisant des visages sans nom, je veux toucher la terre
et entendre le silence de la roue imprimer son passage
laissant double empreinte
les yeux emportés au-delà
étrange cette sensation d’être accompagnée ainsi
spectatrice un bien-être m’envahit
toi contre moi je veux danser mon plaisir.

.

.

lutin

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