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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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7 septembre 2010

Pas inégaux

PIED

une sculpture d'Elséar

.

C’est avec nos pieds que l’on fauche les mots
au temps des semailles ils se couchent
fatigués les muscles voudraient se tendre presque neufs
une fine cicatrice entaille le genou
tangue la main et sa manière d’écrire
de se tenir debout sur une seule jambe
s’insinue la ruse du dernier assaut.

Epuisé de tourner à vide
le corps se met en veille
dans l’ombre l’œil cache l’handicap
au cœur des heures souterraines
il n’y a que failles et particules d’os malmenés
quand se rebellent les nerfs mis de travers.

C’est le découpage de la douleur et du combat
le poids profile les pas inégaux de l’animal mutant
la jambe a quitté le devant de la scène
habillée de noir elle s’est effacée, repliée
insidieusement quelque chose se décompose
comme les sauterelles que l’on coiffe d’un verre
emprisonnées sur le bord de la fenêtre.

.

lutine

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5 septembre 2010

Sous les cerceaux (pour toi Renaud)

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Un engagement de juin, je te laisse le soin de lui donner son nom

.

DSCN5759.

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Je n’entends pas le silence
j’ai fermé les yeux
j’écoute au-delà de la nuit
au-delà des obstacles que sont les maisons
la faible voix de la terre
comme peut le faire un rêve



Dans la brume d'un matin sans soleil
j'approche la mort
elle n'est pas qu'un mot
sous les cerceaux elle m'habite
comme les fleurs flétrissent dans les champs
d'un été sans frisson




lutin - 05-09-2010

.

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7 avril 2010

Emmène-moi

7550210_1b5a2b2e_560

avec autorisation : http://www.ipernity.com/blog/144427

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..Emmène moi en Italie jusqu’à New-York quitter les habitudes. Je ne descends de personne, écrire mon nom n’a pas d’importance, je n’ai peur de rien ni du froid. Emmène moi où la terre est vierge de sentiments, emmène moi à la mer où la terre n’est pas ronde, ange de la mort elle me tourne autour jusqu’à la vague qui m’habille de son eau drapée d’une main sur ma peau me rappelant sa façon de mettre son bras sur ses yeux au moment du plaisir.

J’ai faim comme un tremblement de terre, la langue qui pend en dehors de sa prison cherchant sa route. Que faut-il faire pour trouver la liberté, à défaut d’écarter les barreaux comment vider la tête de son fleuve et du froid qui la remplit.

Les secrets sont restés dans le tiroir où je dépose mes peurs recroquevillées dans le silence du bois, ils guettent  la fuite quand la lumière de la rue éclaire le balcon, scellés ils mourront  avec la maison au cimetière des objets trouvés, ma peau, mon ventre suspendus.

Je suis spectatrice des souvenirs, à l’intérieur comme à l’extérieur j’avance,  au changement de saison j’aère la maison dans le silence d’une église.

Je sais maintenant que l’amour se joue dans le premier regard, dans les premiers mots, je sais qu’il est inutile de vouloir tricher, la caméra rattrape toujours l’œil en coin et les yeux qui ont voulu oublier les cartes retournées de leurs clauses particulières la tête entre les mains, on les a décuplées au Louvre la main derrière le dos.

Emmène-moi à la cime des arbres là où la sève bat jusqu’aux veines sur les tempes, emmène-moi  jusqu’à l’oxygène des hauts plateaux, ne dit-on pas que les poumons viciés s’atrophient, ne dit-on pas qu’un silence inhabituel lave la tête, les bruits du cœur s’arrêteront-ils ?

Je vois un oiseau en vol plané relâchant ses ailes au dessus des hautes terres.

.

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lutin – 07-04-2010

31 mars 2010

Quand...

Elsear

http://elsear2.canalblog.com/

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Quand le corps nexiste plus
Courb
é tel un roseau
Habill
é de chair peinte au soleil
Il n
y a plus bruit ni odeur
Sous l
’éphémère du vent

Quand les ombres s
’échappent
Comme des voleurs encapuchonn
és
Le jardin n
a plus de secret
Il
  suffit dun geste de la main
De quelques cristaux de couleurs dans la nuit de ton visage
Pour illuminer le ciel

.

lutin - 31-03-2010

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4 août 2010

Seconde chambre

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des_mains_2

Une sculpture d'Elséar

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Passante muette à la limite de l’illusoire
Sous un effet de robe et de parfum
Le parc au fond des rêves
Les mots changent de portes et de fenêtres

Histoire d’un souffle entre deux murs
Comme une vie arrachée
Au silence

Suis-moi effrayant torrent
Dans les cassures de miroirs
D'un pays d'ombres

Que ne suis-je ruisseau sur un sable lisse
Un sang silencieux sous les plis du fourreau
A la croisée des vents
Comme heures et marées font un

Dans la mémoire des marins
Demain un monde est proche
Un autrefois sans ride
Je tends  la main



lutine - 04-07-2010
.

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6 juillet 2010

Opaline

DSCN5644

B - acrylique sur toile 46 x 65

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Une trés belle interprétation poétique ci-dessous  de Hamster/Christophe

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Coeur de verre

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La femme en surfusion
Prise sous la lumière de la lune

Corps d'opaline
Laissait courir les veines bleues
Sous la peau fragile
Presque luminescente


Fine porcelaine sous la lampe
Parlaient tes mains sur la nappe
D'une transillumination

Mes doigts affolés
Couraient leur destin poli
Cherchaient l'instant secret
Aux courbes irisées de Diane

Adieu rêve de nacre

.

Hamster/Christophe

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Mon écho

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Elle n'était que lumière envahie d'ombre
Sous l'abat jour de la nuit
Elle ne marchait plus

Corps de verre
Un air d'oiseau sans ailes
Sous la peau couraient des bribes de mémoire

A l'autre bout de la vie
Tu t'inclines
Corps d'opaline

Tu oublieras jusqu'à ma voix
Le sang n'est que silence
Dentelle noire des adieux

Je porte le deuil

lutine - 06-07-2010

14 mars 2010

Roulette russe

De_Chirico___Cavalli_in_riva_al_mare

.

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Le vent na pas fini de discourir
comme s
il me réconciliait avec ma bouche
dans le d
écor que jhabite.

Je parle aux arbres
aux murs qui mangent ma voix
alors que l
endroit se vide
à la vitesse du cheval au galop
comme les vagues se retirent.

La vie s
arrête brusquement sur une terre labourée
dire, que dire qu
elle ne sache déjà
qu'elle ne transpire d
éjà
assoiff
ée de l'avenir
l'eau n'a pas fini de couler.

L
’épaisseur de lair sest enroulée autour de moi
dans la t
ête cest le tocsin
une aspiration vers le ciel
et la main qui d
ésigne la nuit
le voyage accompli en profondeur
amas de promesses et de cendres.

Il s
agit de renouer lenvie
à grands coups d’étincelles
roulette russe, amie ou ennemie
foudre quoi qu'il advienne.

On efface tout de la mer et de la terre
le sable devient lisse, beau et pur
quand la m
émoire est là macérée
comme une perle dans son
écrin.

Il faut en faire des pas et des pas
jusqu
aux marches à l'angle dacier 
les peaux gomm
ées à lusure de la trame
ouvrant l'horizon en miroirs successifs
vers l
autre rive.




lutin - 14-03-2010
 

1 mars 2010

L'odeur bleue

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DSCN4998

B

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Il y a des odeurs au milieu d’une tempête qu’est la maison alors que le vent soufflait terriblement dans notre dos. On remplit des sacs, on les ficelle. Vouées aux ordures on se défait des heures volées, et si le bleu était une odeur, quelle serait-elle ? Un bleu d’espérance, celle de la chambre, le bruissement des pas dans l’herbe, les yeux laissés dans l’autre que l’on embrasse doucement jusqu'au prochain jour. Et si l’odeur était le téléphone laissant un secret sur la bande passante quand la colère tombe comme la pluie, ou le fracas d’un verre pilé, ou juste le vrombissement du moteur de la voiture se garant sur le parking. Derrière la fenêtre l’ombre fait un signe de paix.

.

L’odeur je ne peux pas la partager quand la nuit fouille au corps, elle m’appartient quand je floue le sol de mes bottes marchant sur les cendres de mauvais esprits et m’affaiblit. Nous étions voluptueux enlacés si prés du ciel comme si le vent était un escabeau pour mieux l’atteindre. Dans ce ciel le monde est grand, le voyage a commencé, l’odeur de toutes nos mains, de chiens sous la pluie, de sang colmaté contre la veine brisée, de fer face à la chaise vide après le cliquetis de la clef dans la serrure se propulsant jusqu’au cœur. Comment fera-t-on pour la nommer la lame de fond ?

.

C’est difficile l’odeur des livres dont tu parles, les désirs pris en faute dans la fiction d’une lumière artificielle. Il me faudra un peu de temps pour apprivoiser le langage sans mascarade et les images si brutales avec trop de photos autour sans visage, ou faire semblant d’y croire. Une brèche s’est ouverte dans un couloir marécageux, les paupières frémissantes prendront-elles l’habitude ? Avec mes doigts je tourne les pages, c’est vers où le temps perdu, tu avais l’air sincère, c’est quoi cette odeur fluide entre les dents entre les yeux autour de ta langue où tu m’entraînes infiniment. Le vent souffle terriblement ce soir dans ma tête.

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lutin - 01-03-2010

3 mars 2010

Faucheurs de mots

DSCN5014

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Cest avec nos pieds que lon fauche les mots
Tangue la main et sa mani
ère d’écrire
Epuis
é de tourner à vide
Le corps se met en veille
Au cœur des heures souterraines
Insidieusement quelque chose se d
écompose
Comme les sauterelles que l
on coiffe dun verre
Emprisonn
ées sur le bord de la fenêtre

.

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lutin - 03-03-2010

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Et si vous suiviez ce lien

http://www.espacepoetique.com/lapoesie/fondumots1.html

17 juin 2010

Des rivières flottaient sur la route

DSCN5398

Photo prise à Rome sur la place du Panthéon

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Déshabiller les ombres

Jusqu’à l’avant naissance

L’homme ne sait pas mourir

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Hors champ il  est encore

La parole gelée dans la bouche

Des rivières sous ses pas

.

Dans chaque forme il y a une âme

Aussi froide qu’un homme de couteau

Veille au dernier repas

.

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Lutine – 17-06-2010

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14 juin 2010

Dans chaque forme il y a une âme

inde_bateau_papier_gange

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Quand les cheveux poussent

Quand la mer crie

On balaye par terre pour effacer

Minuscules coups de ciseau

C’est ainsi que l’on remonte


Les bateaux de papier ne traversent pas les mers

Ni les avions pliés sur la table


Fragments météorites

Les mots ne font pas avancer

Ta tête dont on visite le fond

Des cheveux tout autour

Tout du long

Est la guerre





lutin - 14-06-2010

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3 mai 2010

Déséquilibre

Photo0133

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Entre le ciel et l’eau, le vertige

Déséquilibre l’espace

Un ciel avance dans l’eau

Dés que je fais un pas, je marche sur un nuage

Je me tiens fléchie, entre le ciel et l’eau

Appuyée contre son reflet

Je pense à la vague

Celle qui mousse au bord de la plage

Celle qui éclate en bulles

Chargées de ce que nous sommes

Et l’eau qui m’attire

Les ombres aussi

Dans cette matière profonde

Voluptueuse

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lutin – 03-05-2010

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28 novembre 2009

La terre sent l'homme

 

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La terre n’est pas forcément là où l’on croit, on y entre sans clef
c’est toi que je cherchais dans la forêt sur les sentiers battus
un livre ouvert entre les mains, un visage à découvert non prisonnier de la page
un visage et ses ailes
il n’est pas utile de le fermer le livre
sous les draps de papier il y a le regard et les pieds qui dépassent.

Au travers de la serrure rien n’échappe
jusqu’aux odeurs de la peur, cette peur de tout perdre
les arbres ont écarté leurs branches
les ailes se sont déployées
il n’y avait ni douleur ni joie
il l'a fait comme on ferme la portière de sa voiture pour rentrer chez soi, dans sa propre prison de fer
la terre est peut-être là quand la mouche prise au piège tape au carreau du silence
pour tromper la mort il écoute de la musique de plus en plus fort
la terre, celle qui habite la tête, se rebelle.

La forêt sent l’homme
dans les sous-bois l’on devine les corps accroupis esquivant le monde pour un besoin pressant
le pantalon aux genoux  on s’y croit dans un désert
on se croit dans le noir ne faisant que fermer les yeux
comme lorsqu’on était enfant
la terre est un mélange des autres et de soi
on l’alimente de nos littératures intimes, ravivant la mémoire des traces laissées, si bien coiffées puis décoiffées par le vent
il exhume les souvenirs comme les cadavres nourrissent la fibre.

Dans la forêt le corps s’y relâche
parfois il rêve d’une femme sans mœurs
d’une voix et de sa peau
les sexes à découvert, en dehors d’un lit on devient animal.

La traque a commencé dés que les bouches se sont avalées
comme la terre absorbe les excréments et le papier journal que l’on trimbale avec soi
les faits divers couchés dessus
la terre a ce pouvoir surnaturel, elle se coupe en deux quand on fend l’interdit
elle devient terrain vague sous l’outrage
vague souvenir d’un corps abandonné dans l’impudeur, le portable à la main, il a envie d’être seul
le dos droit il reprend sa course.



lutin - 27-11-2009
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A lire dans "Anthologie poétique" de Francopolis :
http://clapassos.pagesperso-orange.fr//index.html

 

16 avril 2010

Cela frémit quand je cours autour de la croix

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Dans ce nid hier il y avait deux oeufs
aujourd'hui trois
il faut attendre plus d'une semaine entre le début et la fin de la ponte
mais les bébés tapent au carreau et  naissent le même jour.

Photo0115

Onze petits bouchons, première naissance sur le Grand Canal

.

Je ne suis pas poète
j'écris avec le muscle
et laisse le mot gonfler
l'impulsion

Je ne suis pas poète
je vis avec le sentiment
et laisse le doigt tracer
l'expression

Je ne suis qu'une apparence
des mots de sang
remontés du puits
au poignet

Je suis l'iceberg bras émergés
enlacés
aux coudes

Je ne suis rien
que de l'eau colmatée
à fendre
les mots

Il coule de la neige
sous mes paupières
je ne vois rien

.

lutin

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2 juin 2010

Grotte solaire

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Rien que le vent et la terre
Le couperet des flammes
Jusqu
’à la forêt pétrifiée
C
est le monde qui rétrécit
Le baiser sur la pierre
Pose ses l
èvres despérance

.

Grotte solaire
Les nuages ont essor
é leurs dernières larmes
D
éplaçant mers et montagnes
Les poussi
ères patinent la peau

.

Il sut qu'ils étaient dans le désert
Le ciel
était feu

.

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lutin - 02-06-2010

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17 janvier 2010

Langue effacée

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.

Je ne pense pas
pas aimantés par le fleuve
je n’attends  pas
et la langue s’affaisse dans les eaux du passé
les chiens et les nuages ne changeront rien
ni la musique du Titanic engloutie
accoudée je regarde la surface se défaire
le vent du sud égraine lentement ses degrés
devant les marelles de glace on joue à cloche-pied


Aujourd’hui je parle aux flocons de neige disparus
à la glace éphémère sous le soleil
au froid qui fait son manteau sur mes épaules
il n’y a plus de liaison entre les chemins
jusqu’aux lignes de la main effacées de ses voyages
pas de gare ni pont levis si ce n’est la voie normale
nous dansions sur place à chaque hémisphère
espérant un lit de plumes sur lequel marcher


Je n’entends pas le silence
j’ai fermé les yeux à des milliers de kilomètres
j’écoute au-delà de la nuit
la faible voix de la terre
comme peut le faire un rêve
les trains et les rails continueront leur fuite
les aéroports feront croire au septième ciel
jusqu’aux bras séparés agitant des feux de détresse
sous les néons blafards je regarde la vie se transformer
les micros métalliques annoncent qu’il est trop tard




lutin – 17-01-2010

12 janvier 2010

Si Versailles m'était conté

Photo0075

.

Photo0078

.

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Une poésie de Viviane déposée sous mon texte "Assis côte à côte"

La neige ronde au bord
a écrit
comme on joue
en mineur sur la page
le froid s'est installé aux marches de l'étage

Il fait nuit bientôt
le corps pourrait se détester
d'être si gourd et de ses mains bleutées
quand l'oiseau de ce bleu
fait un vol
une lueur

Mais je n'y parviens pas
la haine est prise dans le froid

http://www.vlamarlere.com/

9 janvier 2010

Assis côte à côte

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.

La présence est silencieuse. Derrière la fenêtre une boule orange flotte comme une planète morte. Elle veille la nuit et son insomnie. Elle roule et se pose sur la table, éclaircit les tapis, s’infiltre sous les yeux et remplit la tête. Le corps s’apaise quand elle est là. Il est minuit dix derrière le mur de verre, elle tourne et se rapproche, le nez se colle au carreau, elle ouvre la bouche, la buée donne vie à l’intérieur et chaleur au corps. Ce soir elle glisse le long du balcon givré. Au bout de l’attente et du froid elle voudrait entrer, frappe et s’agite. Il faut arrêter d’écrire contre la vitre, cela ne sert à rien. La lumière clignote, la présence grelotte et la tête à l’intérieur se relève. Elle donnerait n’importe quoi pour un peu d’amour, beaucoup d’amour, un peu de peau, beaucoup de peau et des bras, des bras comme des lassos tournant en rond autour du corps et des doigts tout au bout.

Le cerveau devenu fou commande la main, tape sur le clavier alors que les pieds mal assurés s'agitent sous la chaise, les doigts effacent et recommencent. C’est un ballet autour d’une sphère. Le vent concentre les gestes, autour de lui un silence étrange, peut-être le murmure des survivants et la même musique dans l’air. C’est venu tout doucement, à entretenir la folie le corps est un champ de bataille comme le lit défait, les serviettes de bains empilées dans la baignoire. Il n’y a plus de corps quand le peigne passe dans les cheveux, quand il sourit, quand il répond au téléphone, quand le matin il se vide de la nourriture de la veille, seul le cerveau commande l’automate des mots. Les flacons encore ouverts racontent la présence de la veille. Il voudrait dire et ne peut dire, la parole est partie sur le trottoir d’à côté.

Des chaînes en guise de bras les maintiennent à hauteur du regard, assis côte à côte.




lutin - 09-01-2010

10 mars 2010

Semeuse de mots

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  Un vent glacial et puissant pousse le corps jusqu’aux arbres, malgré moi je suis entraînée par un autre moi-même jusqu’à la chambre d’écho, je me sens constamment observée et pourtant seule. C’est dans le silence qu’il y a le plus de bruit en moi pourtant la nature me criait silence. Cet autre marchait derrière moi ou m’entourait la taille, quelquefois me prenait le cou pour me faire taire ou m’écrasait le visage, la main enfoncée contre les mâchoires, mais quand on perd ses racines, on s’adresse aux arbres, aux ondes qu’ils émettent, de leurs branches on en fait des bras dans l’inconscience.

On ne m’attache pas en pleine mutation à dos de vélo, tête baissée, responsable de mes actes j’éventrerai l’autre moi-même ne serait-ce que pour en être coupable, le vieux moi résigné à l’enfermement. Je voulais une vie pleine comme un œuf et me voilà suspendue à regarder la nuit, lorsque je lance les dés il n’y a que silence et cet autre en écharpe autour du cou m’obligeant à porter le deuil.

C’était comme une sorte de nausée les bourrasques dans la gorge comme la langue qui force une porte close, un corps qui se refuse, dents serrées je tentais de me débarrasser de cet autre. Je n’ai jamais eu peur, maintenant plus qu’avant, j’ai peur du temps qui reste, c’est le fantôme du fleuve qui bat les cartes qui me l'a soufflé entre les messages escortés d’un tourbillon de reflets collés sous les cils. Cette eau si souvent caressée, comment peut-elle être meurtrière, je la croyais mon amie en fait elle est comme l’homme qui frappe quand on ne s’y attend pas.

Ce n’est pas le jour pour me pousser dans l’eau, habillée de vent, rien sur la peau si ce n'est que l'autre moi-même, le mamelon dépassant, oscillant entre la provocation et l'excitation réfrénée, je cherche le froid sec et la claque cinglante pour réchauffer mon sang mais les yeux sont plus gros que la soumission, ils ont le sens de la démesure et les lieux en gestation non accomplie me dévorent. La sève des arbres reste sous terre même si la faim me tenaille et ce ne sont que des gouttes de gel qui tombent des branches jusqu’à mes yeux alors que j'attends le miel. Le cri des mouettes envahit la nudité incongrue d’une forêt sans vie envoûtée, la mienne si blanche, entourée de la robe noire des corbeaux. Je me déplace au ras du sol pour fuir l’autre moi-même semant les mots que j’aimerais récolter aux moissons prochaines, il y a toujours demain quand la nuit se couche.

Les chemins sont jalonnés de pièges, suis-je une folle qui dit la vérité ? Les notes de piano ne sont pas un rêve, méprisant la voix des faussaires et le vent complice. Derrière quel arbre me retrouvera-t-on empaillée à contempler le monde et les miens, parfois j’en viendrais aux mains avec moi-même, le vent est nécessaire au transport du pollen.





lutin - 07-03-2010

8 avril 2010

Décomposition

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http://elsear2.canalblog.com/

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Elle sort de sa peau
à jamais fermée
les yeux vers d’autres cieux

Elle contemple ce ventre énorme
qu’est le ciel et le noir

Là-haut on emprisonne les morts
là-haut on emprisonne l’amour
les amants et les fleurs

Là-haut on ne respire plus
alors d’où vient le vent
le chant et Mozart

.

.

lutin - 08-04-2010

.

.

10 février 2010

Est-ce un crime ?

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rodin

Oeuvre de Rodin

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Comment savoir si les mots tombent dans les mains
quand les flocons blanchissent la peau
comment savoir si les traits de la main ont un avenir
quand les gants de neige habillent les lignes du cœur et de la chance

Paumes offertes je n’ai plus d’empreinte au bout des doigts
involontairement j’ai écrasé un oiseau
et mes mains ne rêvent plus

On ne retrouvera pas ma trace où sommeille la terre
criminelle anonyme inhumée au Panthéon sous les célestes pierres
on a changé de plaque pour une autre crise d’identité

Le sang coule - c’est le bec ou la bouche - ou le Saint Esprit
la magie noire sur un fond de glace
les tables tournent - danse sensuelle – les hanches se déchainent
font danser la poussière

On a brouillé les cartes - elles étaient si mauvaises et malfaisantes
la terre s’affole sous les pas en contre-jour
crisse le verglas écrasé par le mensonge
va mourir en strates – se dévorent entre elles

La métamorphose du regard, elle bondissait – cette folie qui manquait

Les mots sont dans l’air ou derrière les arbres avec l’œil
on voit basculer les heures trahies dans le fossé
une odeur de chlorophylle en accessoire d’urgence sous la langue

Comment savoir si les moufles de laine  ont des histoires quand on les retourne
des images sous scellés tombent dans un cliquetis métallique
racontent les sous bois sans leur couvercle

Cloches sont les mains sans les gants de la forêt
gravent le silence
le bois est encore dur, les nœuds si tendres


Comment savoir si d’autres on fait la même chose dit l’oiseau
comment savoir si c’est toi que j’aime où ce que tu pourrais être

Je danse, la danse du feu, au ventre nu de l’hiver
pliant le corps jusqu'à la cassure


Est-ce un crime ?

.

lutin – 09-02-2010

1 février 2010

Parfum de femme

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Odysseus_Deriding_Polyphemus

 

Ulysse raillant polyphème de william turner

.


jusqu’aux  falaises
transportée par la caresse et son chant
je voudrais mourir
là où l’on voit les parfums et les arbres

Trahison
le cerf et la biche
le bonheur c’est cela
la terre et ses fleurs après le déluge

Dans la forêt nos pas incrustés
je suis l’arbre comptant les heures
les pulsations sous la chair

Visage penché au bord des lèvres
je ne suis pas la mère, ni le père
au milieu d’un nuage planent leurs têtes

Femme, j’attends l’eau
la musique des fontaines
où l’on chante l’amour
dans le chuchotement du papier peint

Il y a tant à découvrir dans un ventre
je ne serai source que d'un seul homme

Emportée dans la mer
du lit jusqu’à tes bras comme un bateau j’avance

 

 

.

 

 

lutin - 01-02-2010

 

 

 

 

 

 


Alain Bashung " Madame rêve"

23 novembre 2014

Prière secrète

 

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.

.

Il y a quelque chose qui se casse
Quelque chose qui bouge
Jusque dans le ciel s
agitent les formes et les couleurs
Les pens
ées ne savent plus nager
Loin des rives embrass
ées
Dans l
océan lestées de phrases enroulées
Elles se sont enfonc
ées
Quelques bulles en signe de la main
Le remous de jupe retardant la disparition
L
eau est un train fantôme
Les vagues un incendie
Il faut aimer le cimeti
ère qui senfonce
Les pierres us
ées
Et les indices laiss
és danseront
Il faut aimer les sanglots
Comme le prochain orage viendra du ciel
Nourrir les mers et leurs chants
Telle est la pri
ère secrète des voix mêlées
O
ù le vent souffle

. 

 

 

lutine

 

 

 

 

7 janvier 2010

Poésie

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Acrylique sur toile 65 x 56

.

Rêve du soir
Poésie n'a plus corps
entre chien et loup
silence des mots
le parfum si présent

De l’Est point l' horizon rose
coloriant l'amour blessé
il ne savait pas l'aimer
l'aimait avec son désespoir

Sur la touche de piano repose la paix
la main s’est arrêtée là
suspendue
dans ses propres blessures

Les yeux brûlés deviennent lumière
la douceur de la bouche
si loin, si proche
si tendre, tente un baiser
imaginaire
dans l'obscurité, le tremblement des lèvres

Sur un drap froissé
les yeux, les yeux,
si loin, si proches,
il avait pris sa main dans un rêve

Accoudée, si proche
elle écoute Schumann
Rêverie

.

lutin

6 novembre 2009

Symphonie

.

DSCN4722

.

Il y a ce vertige intérieur
danse solitaire
les yeux veulent être autre que pierre
du désert, la larme la plus cruelle
celle qui sèche à l’intérieur
s’est s’échappée

S’écoule le déluge
couvrant le visage d’une robe de sel
en couches successives de peau
jusqu’à paraitre blanc
parfaitement habillé

Vêtue de soie
je vous offre une flute de champagne
pour l’éloge de nous
dans la bouche des torrents de mots

Les glandes lacrymales ont inversé le sens
les arbres bientôt nus reflètent nos visages
enfermés tout  l'été, et si c'était la fin

Mélangés nous nourrissons la sève   
au printemps à quelles cimes serons-nous séparés
les haies dans la tête deviennent obsession
fantômes dont on ne peut défaire les draps

Enroulée sur un banc, je contemple l’envol des oiseaux
les paumes des mains en feu , respirant l’air empoisonné
l'hiver est une prison comme le lac gelé de mes yeux

.

.

lutin - 07-10-2009

Ailleurs "Zorg" l'a mis à l'envers et cela fonctionne, merci à toi

l'hiver est une prison comme le lac gelé de mes yeux
les paumes des mains en feu , respirant l’air empoisonné

Enroulée sur un banc, je contemple l’envol des oiseaux

fantômes dont on ne peut défaire les draps
les haies dans la tête deviennent obsession
au printemps à quelles cimes serons-nous séparés
Mélangés nous nourrissons la sève

enfermés tout l'été, et si c'était la fin
les arbres bientôt nus reflètent nos visages
Les glandes lacrymales ont inversé le sens

dans la bouche des torrents de mots
pour l’éloge de nous
je vous offre une flute de champagne
Vêtue de soie

parfaitement habillé
jusqu’à paraitre blanc
en couches successives de peau
couvrant le visage d’une robe de sel
S’écoule le déluge


s’est s’échappée
celle qui sèche à l’intérieur
du désert, la larme la plus cruelle
les yeux veulent être autre que pierre

danse solitaire

Il y a ce vertige intérieur

.

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