Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Albums Photos
Publicité
Archives
Publicité
17 janvier 2011

Entre les pierres

REN_MA_1

Oeuvre de Magritte

.

.

Qui es-tu fantôme

Dans cette lumière autour de moi ?

Un bouquet de roses sur la table

L’ovale d’un visage

Solitaire le temps de te reconnaître

Ou bien l'éclair du désir

Bonjour l'ombre

Qui toujours erre

Pourquoi me regardes-tu comme cela ?

Simple caresse le long des bras

Comme avant

Un chant monte d'un même ventre

L’air manque

Invisible mer

Tes joues entre mes mains

Souviens-toi

L’eau qui creuse

Au plus loin de soi

Entre les pierres

Tu es venu

La nuit s’installe et regarde

Hématome du silence

Le plaisir frappe encore

Gémissant

.

.

Lutin - 17 – 01 – 2011

.

.

Publicité
21 octobre 2010

La dictature de l'attente

Photo0325

photo  du 18-10-2010 - lutin

.

D’abord le brouillard du matin
se déchire lentement
présent dans les yeux
contre les cheveux il se mêle
un pied creuse la route
et le corps se tend dans l’écharpe éphémère
on avance prisonniers
la lame aiguisée coupe l'espace


Dans sa nudité bleue le ciel ne nous appartient pas
le sol dur rappelle la dictature de l’attente
le corps se fie à sa température
train fantôme il écoute les bruits du cœur
étouffe les heures pour les rendre transparentes
les doigts détachent la montre
jusqu’aux paupières qui se ferment
on arrête le temps


L'écriture serait-elle nos deux extrémités
à chaque saison se répète la scène
les yeux encore plus grands
que fais-tu dans le froid ?


.


lutin - 21-10-2010

.

.

.

2 octobre 2010

Vers l'autre rive

 

 

Birds_22_1_

.

Le vent n’a pas fini de discourir
comme s’il me réconciliait avec ma bouche
dans le décor que j’habite

Je parle aux arbres
aux murs qui mangent ma voix
alors que l’endroit se vide
à la vitesse du cheval au galop
comme les vagues se retirent

La vie s’arrête brusquement sur une terre labourée
dire, que dire qu’elle ne sache déjà
qu'elle ne transpire déjà
assoiffée de l'avenir
l'eau n'a pas fini de couler

L’épaisseur de l’air s’est enroulée
dans la tête c’est le tocsin
et la main qui désigne la nuit
le voyage accompli en profondeur
amas de promesses et de cendres

On efface tout de la mer et de la terre
le sable devient lisse, beau et pur
quand la mémoire est là
comme une perle dans son écrin

Il faut en faire des pas et des pas
jusqu’aux marches à l'angle d’acier   
les peaux gommées à l’usure de la trame
ouvrant l'horizon en miroirs successifs
vers l’autre rive


lutin

 

 

 

 

 

.

.

10 décembre 2010

Comme un soleil

DSCN6397

.

Où vont ces silhouettes, ne sont-elles que des notes de musique
où vont ces pas en tous sens
diagonales, lignes droites ou courbées
aux changements incessants
la surface doit s’effacer
et la neige tombe suspendue aux heures de l’horloge

A la recherche d’un équilibre les arbres s’habillent
au milieu de l’art entre rythme et géométrie du vent
dans cette austérité presque inhumaine
une fleur éternelle me tient compagnie
harmonie secrète entre forme et couleur
je l’appelle éphémère

Les nuages font vivre le ciel
ne pouvant pas peindre sur les murs
le baiser sur les lèvres impalpables
le silence est là décalqué
et se tait

Entre deux chaises vides
je dessine le blanc et le noir
nature morte et cubique
comme un soleil inachevé avant la nuit
dans les lumières de la ville





lutin - 10-12-2010

.

5 juin 2010

Apnée

.

louise_bourgeois_arc_de_l_hysterie_1993

.

....Ce sont les mains au centre du sommeil qui mettent le corps en transe et sous la peau cela tape, cela siffle, cela danse dans les yeux alors que les doigts racontent au même rythme. Ils sont pianiste et tortionnaires, entre le pouce et l'index c'est l'orage et la peur. C’est l’absence de respiration, entre les murs cela chuchote comme de minuscules ressorts qui se meurent. Cela s’écrit en noir sans visage et à sang l’alphabet du jour écrasé comme des mouches à la lampe du soir.

On tire et on efface, c’est magique l’ardoise, machiavélique. En transparence tout se lit jusqu’au lit qui se retourne et les murs rétrécissent comme un plastique que l'on fond alors qu’ils étaient montagne ou ventre, pile et face. On inspire et on expire c’est mécanique, automatique si le sable ne brouille pas l’engrenage. Elle vide ses poumons, colle sa main sur la bouche, colle blanche sortie du cartable, jusqu’à être animal fouillant l'amour dans le coussin, bilboquet sur la plage comptant la chute des lettres mortes, chat botté à la recherche du vent entre poumon droit et poumon gauche. La main dans le sac vert, les yeux fermés, petit a, petit b, c’est bête quand on a tout jeté jusqu’à la dernière lettre jusqu’au numéro d’urgence, K comme Koala, je veux mourir en noir et blanc avec mon enfance.

L’apnée jusqu’au matin est-ce possible, le grand bleu sans le téléphone filaire et les sirènes. Scaphandre les poumons y sont enfermés comme elle a fermé les volets et les portes. Caisson de décompression sous la chétive enveloppe d’un ciel nocturne où tout s'amplifie, attention aux paliers, au plomb et à l’acier, vite mais pas trop vite, c’est cérébral le réveil, la forme est à débattre pas à abattre, un œil puis l’autre, serait-ce explosion ou implosion comme à la télévision ? on en parlerait dans les faits divers.

Quand les draps plissent ou se plient de rire la portière claque et l’on parle fort. Tu clignes une fois pour le oui, tu clignes deux fois et tu dis non. On en fera une histoire de ta peau qui écrit sous les cils, de tes mains qui battent l'air, de ta bouche qui crie NON quand tout se lie. Un homme au milieu des herbes saute à la corde, plante ses pieds dans le gravier, et voilà que ses jambes crèvent l’air, sa main avide disparaît dans la chair, ce sont les oiseaux que l’on tue, le travail du jardinier que l’on détruit, et l’air, l’air qui n’est plus et ta chair qui fait mal. Il ne reste que le silence et la gorge qui se noue, pâte à modeler que l'on pétrit. Il ne s’agit pas d’être feu mais liquide dans un fleuve et partir. Un homme au milieu des herbes folles plante sa rage. C’est écrit au goutte à goutte dans un crachat de la nuit comme le trajet d’une voiture d’un point A au point B, stop, stop dit le panneau et l'on culbute. On boit de l’eau mais le liquide n’efface rien, c’est écrit dans la boue et sous les coudes.

.

lutin - 04-06-2010

.


Publicité
6 décembre 2010

Personne

Photo0368

photo du 29 Novembre 2010

.

.

Personne

Le temps mène la danse

.

………...….....….La route s’arrête

Personne

Alors qu’un chant monte dans les arbres

.

…………………...…..…...............….Je suis immobile

Mille visages calomniant la figure humaine

Veillent

.

………………………........................................….  Oubliant l’abîme

C’est le sang de la vie qui s’en va

Comme une eau usée

.

…………………………................................................................Chargé de mémoire

.

.

Lutin - 06-12-2010

.

29 décembre 2010

La flamme

DSCN6324

acrylique sur toile 55 x 65

.

Elle sort de sa peau
à jamais fermée
les yeux vers d’autres cieux

Elle contemple ce ventre énorme
qu’est le ciel
mangeur d'étoiles

Là-haut on emprisonne les morts
là-haut on emprisonne l’amour
les amants et les fleurs

Là-haut on ne respire plus
alors d’où vient le vent
le chant et Mozart
.

lutin

.

.

12 juillet 2010

Ecrirais-je ?

dali5ym4

.

.

Ecrirais-je encore le vent

Dans des coffres en bambou

Des pans de ciel sous les paupières

.

Le griffonnage des pensées

Aussi longues que des cheveux d’Indien

L’écho des sirènes

Prisonnières de l’eau

Où plongent les oiseaux blessés

.

Heures abandonnées

Les arbres sont ma demeure

Je n’entends qu’un bruit métallique

De portes qui se ferment

Et les oiseaux dans un monde sans clefs

.

Tout brûle alentour

Chenilles et guépards

Marionnettes et poupées de chiffon

Etrange monde le cerveau dans sa prison

.

Intarissable mémoire

Ecrirais-je le souffle

Flamme en sommeil sur mes épaules

Quand la voix persiste

.

.

Lutine – 12-07-2010

.

.

15 septembre 2010

EXISTENCE... CIEL

Une poésie d'Adeline qui me touche dans l'impalpable  de ses vers, lisant je l'ai associée à "Elle" et je la pose là avec son autorisation

DSCN5783

C'est déjà tard
et tu t’éloignes toi poème de ce soir
où je pensais à celui  que je voudrais tant rencontrer

dans la promesse du plus tard
dans ce monde où
plus rien de ce qui nous
laboure l’âme

en effaçant cette beauté
d’ether, de flammes
qui ne détruisent rien
que les horreurs de cette terre ne resterait

dans ce monde  où
enfin la fusion seule de nos âmes
a nom Amour

le rencontrer le prendre par la main
non ! le regard

enfin

D’un seul sourire l’unir à toute la beauté que j’ai

l’eau  dans l’éveil
d’une naissance
au dieu Soleil


C’est déjà tard

http://ombrescontrevents.hautetfort.com/

23 novembre 2010

Au chevet des saisons

DSCN6245

photo du 13 Novembre 2010 - Amsterdam

.

C’est une image qui revient sans cesse
cette incroyable précision, la main et le déhanchement
le pied aérien à peine posé au sol
une musique morte s’est ouverte sur le chemin sans aube
l’hiver a fermé les ponts
j’aimerais savoir où vont les couleurs de vivre
les vies et les voix
la lumière reflétée dans l’eau
les ombres qui marchent avec nous
où dorment-elles ?  la tête haute

En face de ma fenêtre un arbre a perdu ses feuilles
puis deux, puis trois gesticulent leur nudité
chair affamée de mains tendres
les trottoirs sont habillés de forêts déchirées
il y a cette brûlure sur la route
la signature d’une saison qui a perdu son nom
j’aimerais faire un tour de manège le long des murs
dans le désordre me suspendre au cri des oiseaux
comme une eau dormante

Et l’eau que tout emporte
où respire-t-elle ? quand elle nous vole
un tableau  de Géricault
j’aimerais savoir pourquoi elle n’attend pas
l’engourdissement des feuilles
la pâleur des couleurs
le refroidissement de la peau
Pourquoi les fleuves se ressemblent et se fondent
nourris d’étoiles et de boue ?

.



lutin - 23-11-2010

17 novembre 2010

Amsterdam

DSCN6242

photo 13 Novembre 2010

.

.

Avec les rails saignant ta route, tes
gémissements, le vent
à l’embouchure de la mer
tu t’inclines face à l’immensité


Cette lampe devant toi

Amsterdam comment vis-tu ?
eau, terre et secrets
j’entends tes silences
sous les maisons de sel

L’eau qui te sauve et te noie 
vagues immortelles sans oxygène
ne boivent que les marins au port
assoiffés de chair

dans les ténèbres de ton ventre

Mais ta voix par la cloison de
papier qu’est ta peau
entre lumière douce et chaude
je t’entends respirer

au fond d'un rêve je suis

.

Toi

.


lutin – 17-11-2010
.

.

Les canaux d'Amsterdam

les_canaux_d_Amsterdam

14 septembre 2010

Amour inachevé

margaritagarciaalonsojpg

.

Ce soir que lis-tu ?
entre toi et bras tendus
sur le visage pas et corps circulent
c’est le bruit de la mer en nous
je ne lis plus depuis longtemps
souligne le chiffre des pages
pressée de retrouver l’endroit solitaire
quand l’amour danse entre les lignes

.
Les mots de révolte salissent la bouche
sans mémoire ils disparaîtront
au Diable les routes qui s’écartent
les forces perdues dans la sécheresse de l’été
une corde noue les vêtements posés à même le sol
le plaisir est venu par le chemin des arbres
au milieu des vieux décors
là où les larmes se cachent

.

.

lutin - 13-09-2010

27 août 2010

Pourquoi ?

DSCN4813

.

.

......Sur la route le sang circule, on sent le pouls de la vie, on y danse, on double. Les chevaux sous le capot on se projette en avant. Séparés d’un certain nombre de choses l’aiguille dit toujours plus vite, on la méprise comme la température du corps oubliant le frein. Devant on aura tout le temps de respirer, derrière on n’y croit plus, il n’y a plus l’ombre d’une ombre dans le rétroviseur, juste un radar pour la photo souvenir en noir et blanc.

C’est un jour de semaine sur le macadam, longues herbes dans l’attente de  l’automne et éoliennes croissent et les bras ne pèsent rien. Pourquoi la fumée monte-t-elle au ciel ? Pourquoi le vent transport-t-il les odeurs jusque dans l’habitacle ? Pourquoi les souvenirs font partie du voyage ? On entend des cris  alors qu’ils étaient cadenassés à la roue d’un vélo. Devant les paysages parlent, les champs et les bois ouvrent leurs mains et le fleuve longe le corps. Dans le dortoir silencieux je pense obscurément.

D’hier je me suis retirée très tôt juste avant l’aube, avant le vol bruyant des oiseaux se jetant dans le ciel encore à demi éteint, avant que je ne me réveille tout à fait, avant que les mots ne soient vains préférant l’apparition des framboises, des fleurs et des chevaux. Assise, à pas de géant je déroule la France, les coteaux  et les bois. Combien de pâquerettes et de coquelicots avant l’enfance sur le grand drap de la route, Combien de virages dans la pénombre pour aller jusqu’à vous sous le linceul. 

Les bulldozers ont saigné la terre, les hommes ont posé un drain noir conduisant vers le faîte des toits que nous voulons contempler, et nous voici  grimpant aux arbres, aux branches tortueuses, nous enfonçant à nouveau propulsés par l’accélération et l’aiguille qui s’affole comme un météore, c’est aussi le sang qui bouillonne entre réverbération et soleil qui se fane.

Etrange voyage lorsque le réservoir se vide, l’énergie du corps perd  sa puissance, les kilomètres parcourus renvoient à la case départ et les images à atteindre fuguent. Pourquoi les chemins mènent toujours à la maison qui n’existe plus. Tout s’annule, les heures, les choses en hauteur ou en profondeur.

.

.


lutine - 26-08-2010

.

.

21 août 2010

A bientôt

rodin_main

.

Quand les cheveux poussent

Quand la mer crie

On balaye par terre pour effacer

Minuscules coups de ciseau

C’est ainsi que l’on remonte


Les bateaux de papier ne traversent pas les mers

Ni les avions pliés sur la table


Fragments météorites

Les mots ne font pas avancer

Ta tête dont on visite le fond

Des cheveux tout autour

Tout du long

Est la guerre

.

lutine

.

16 août 2010

Dans ma tête

 

 

.

DSCN5731

Merci à vous Olivier Welkenhuyzen pour votre gentillesse

http://olivier.welkenhuyzen.free.fr/spip.php?article14

.

Dans ma tête il y a des nuits
Des sommeils qui tuent le silence

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux
Du vent sous les paupières
Jusqu’à la vague qui noie les heures

Dans ma tête il y a des avions
Et des oiseaux dedans
Des voyages qui passent
Des déserts enlisés au fond des draps

Dans ma tête il y a la mer
Une prison entre elle et moi
Un fourreau qui protège du froid
Un bas de soie galbant l’insomnie
Dans une chaussure de verre

Dans ma tête il y a des trains
Le noir des tunnels à deux pas de la lampe
Le hurlement du métal contre la peau
Des plaines sorties de mes bras
Des précipices à hauteur d’homme

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint
Prisonnière de l'air
Elle vient chaque nuit noircir les murs

Dans ma tête je suis ailleurs
A la merci des vents contraires
Je suis en plein océan
Fluide dans mon propre poing
Enfermée

Dans ma tête il y a des mouches
Collées sur la bouche
Prise au piège
Dans mon ventre le corps s’agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
des mains qui se portent sur le visage
la salive brille et nourrit les heures





lutin - 16-08-2010

.

Merci Arthémisia, j'ai écrit ce texte avec ce lien

 

 

.

 

 

 

5 juillet 2010

Les mains

LESMAINS

Elsear

.

.

.

C’est aussi simple que la pluie, aimer

Offre-moi ta main dans du papier de soie

.

Le nœud défait, qu'elle m’éclabousse le visage

Offre-moi un écrin pour l’enfermer

.

Du ruban j’en ferai un bracelet

C’est aussi ensorceleur que la terre,  l’amour

.

La mémoire lèche les doigts

Virtuose le poignet se délie

.

Offre-moi une déclaration d’amour

Un petit rien de palpable

.

.

Une larme

.

.

.

lutine - 05-07-2010

.

19 octobre 2010

Jean-Michel Basquiat

Photo0331

photo du 19-10-2010 - lutin

.

Un corps d’homme, une pensée d’homme, s’exprimant avec les mains d’un enfant dans l’immédiateté et la spontanéité caractérisant l’enfance et son environnement immédiat, le réfrigérateur tagué en est entre autres la caractéristique comme ses écritures accompagnant les graffitis. Il m’est venu l’image des fêtes scolaires où on aligne les dessins d’enfants, la différence étant le contenu de l’expression et sa violence.

lutin - 19-10-2010

A la Basquiat

C'est un bateau
une coque métallique
coupée en deux
dans le fracas du plexus solaire
jusqu' en dessous du ventre
ainsi se vide l'eau sale
des égouts à la mer

C'est une corde prise dans le vent
une forme à deux bouches
l'anneau du cou
l'étau de la taille
la flèche les mixant aux éléments
au fond d'un trou
la pointe acérée
sans voilure
tirant vers le bas
la chape de plomb
de la terre à la mer

C'est un métal rouillé
griffé à la chair
au coeur chargé d'amour
à donner à la mer
le chagrin en pâture
les larmes en prime
le sel des yeux aux poissons 

C'est le gris des cargos
la sirène hurlant la mort
à la fenêtre de la vie
un toit sur la tête
les yeux nulle part
de part en part percés
regardant le tableau
de la mère
à la mer
entre deux sentiments
loin du parapet
écoutant la corne de l'épave
engloutie

C’est la muse dans la tête
une tache rouge
sur le sein gauche
entaillé de la flèche
il pleut des coulures
de peinture
des graffitis
à  la Basquiat


lutine

9 octobre 2010

Hôtel "l'Autre Rive"

munch_vampire

. 

Je suis là sans sommeil à chercher la lumière
la rondeur de la nuit
la maison dans les roses n’est plus qu’une anecdote
par-dessus les draps je bouge les pieds
je m’éparpille comme les herbes se couchent
rien n’est figé
la promesse est dans l’air
au bout des bras se dresse le vent
alors que la ville baisse le ton


Qu’en dis-tu toi l’obscure qui me remplit
entre deux mondes je suis fatiguée
j’ai perdu le numéro de la chambre
le faux nom
la clenche d’une porte sans rêve
on ne peut rester enfermé dans un tableau ce n’est pas humain
je suis suspendue
adossée contre le mur
il n’y a plus d’heure au ras de terre


Peindre ou faire l’amour c’est écrire une lettre
inutile de crier personne n’entend
personne n’est là
j’étais une femme en cavale
entre les draps je me retourne
la pierre brûle posée sur le ventre
la vie remonte comme l’horloge sonne les heures
ce soir je reste dans son dos
Paris me manque
et ses ponts qui enjambent l’insomnie




lutin – 10-10-2010

.

30 juin 2010

C'est l'été

DSCN5515

Piazza Campo del Fiori - Rome

.

.

.

Dans mes yeux qu’on ne peut fermer
On est très près du ciel
Alors que l'eau semble insaisissable à mains nues

Dans l'autrefois si proche
Où vont les pas, toujours devant
Et l’air que l’on ne capture jamais

C’est l’été, l’horreur des plafonds bas
Qui se cachent entre les draps défaits

S'ouvre de l’intérieur
Le secret au bord des lèvres
Il  faudra recoudre les ombres
Comme on murmure

On entend les poulies stridentes
Et leur tas de rouille
Fracas de chaines sous les feuilles

On râpe les souvenirs
Comme un fantôme déshabillé occupe l’espace





lutine - 30-06-2010


22 septembre 2010

Les Nymphéas

DSCN5837



Non l'eau n'est pas bleue à hauteur d'homme mais le devient en s'y plongeant

.

DSCN5864

A hauteur d'homme seules les fleurs se tendent comme des soleils saluant le dernier jour de l'été

.

DSCN5839

 

Entre le ciel et l’eau, le vertige
déséquilibre l’espace

Un ciel avance dans l’eau

Dés que je fais un pas, je marche sur un nuage
me tiens fléchie
appuyée contre son reflet
chargé de ce que nous sommes

Et l’eau qui m’attire

Les ombres aussi
dans cette matière profonde
voluptueuse



DSCN5789

 

d'autres s'en retournent vers la terre

.

DSCN5834

 

Mémoire  profonde
Dans les courants d’air flotte
Habille l’ombre d'un frisson

Etoile filante
Perle de sueur
Pluie ou larme
Vie ou souffle de la mort
Quand le bras se tend
L’odeur est comme l’eau on ne la serre pas contre soi
Se sauve pour devenir silence

Qui êtes-vous - Pas subtils et fuyants
Filtrant les volets clos
En ce lieu de mémoire
   
L’odeur est une couleur furtive
Sur laquelle on s’appuie
Quand le ciel baisse les paupières


DSCN5852

.

.

23 juin 2010

Que meurent les jours

DSCN5376

Fontaine Place Navona - Rome

.

J'ai peur
Du ciseau
Du chant qui monte

Quand  file entre les doigts le silence
On devient prisonnier de l'air
 

Un bras se balance
A la craie il a raconté
Appuyé sur les coudes
Martelant les mots

Que meurent les jours
Et le corps flottant dans l’espace

La voix est toujours là
Au centre de la fontaine
Et la bouche dessine un sourire

J’ai peur
Du réveil
Assise au bord du lit

Quand les images succombent
A coups de pioche

Je tuerai l'assassin
Des souvenirs
L'emportant au tombeau
Assise tout contre
lui

.

.

lutin

27 février 2010

Les Onze devant la porte dorée

DSCN5007

B - 27-02-2010

.

Nous avons couru côte à côte, deux beaux chevaux à un même char.

J'avais ma foulée qui enfonce, ma foulée de chargeur de bataille.

Les deux souffles partaient à la fois : une seule vapeur dune seule machine.

Quand nous avons accéléré, jai eu tant de plaisir que jai souri.

La vitesse montait en nous comme leau dans un conduit.

Dans les virages inclinés, j’étais un peu appuyé sur lui.

Ralentir avec la même décroissance a une douceur qui vous clôt les yeux.

Ô mort exquise du mouvement, quand le buste tire sur lui comme des rênes,

Quand les bras se rabaissent et pendent comme dans la bonace des voiles repliées 

Pour les Chinois, dun accord dinstruments naissait entre les musiciens une sympathie.

Comme nous disons : amis de collège, ils disaient dun mot : amis-par-la-musique.

Quel mot pour ceux qui ont couru ensemble dans laccord de la foulée ?

.

.

Henri de Montherlant

25 avril 2015

Les artistes du Chesnay (c'était en 2010)

 

P1040899

.

DSCN5130

.

P1040897_1_

.

Photo0139

.

Photo0140

.

Photo0141

.

Photo0143

.

Photo0144

.

Exposition4

.

Exposistion3

.

Exposition1

 

Il fait noir, la porte vient de se fermer, derrière, le froid et le vent poussent l’absence, dedans tombe la neige au cœur, l’odeur imprégnée reste encore. Il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps, il faut attendre les branches construisant leurs parasols de l’été.

Et le corps se retourne sur des pages d'écriture à venir.

Il est 17 heures, il n'y a plus d'espace dans le manteau de la nuit, il n’y a que le noir de nos peaux suspendu à la cime d’un arbre éternel, en transparence on y devine leur couleur originelle.

Un drapeau flotte au vent déchirant la pierre ensevelie.

Il y avait quelque chose qui suggérait la présence, la bouche et les lèvres, la façon de les serrer sans cesser de regarder l’arbre et son drapeau. Il y avait l’odeur hormonale, la sueur expulsant son envie à travers les pores frémissants.

Il y avait un fleuve en crue dans l’autre pièce emportant la branche et sa main, c’était une fascination étrange ces milles petites bulles attirées en spirales au centre de gravité. Scrutateurs les yeux ont suivi le mouvement, derrière la porte des gens cachés chuchotaient entre la mer et nous et nos mains faites d’os et de chair appelaient à l’aide à travers un mur de verre.

Habillée j’ai brisé la glace me retrouvant prisonnière de l’eau.

Il suffira de dire que c’était spirituel ces images venues de très loin ou que la fièvre a créé un délire. J’ai senti mes jambes se dérober sous toi ou moi androgyne. J’ai peint de la neige au couteau sur une toile pour tuer l’absence et réchauffer mes mains, ou bien ai-je assassiné une autre vie et bu le sang.

A  la fenêtre c’est encore hier,  les trottoirs jusqu’à l’extinction des pas gardent leur nappe blanche. Il faudrait refaire les bonnes connexions et savoir pourquoi la semelle piétine dans le froid alors que les doigts ne gèlent plus sortis de la pierre ensevelie.

Noir le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée, quand on ouvre les journaux à la page des faits divers, la grande histoire de la vie c’est l’amour.

Il n'y a que des cris d'amour jusqu'à la racine de soi.



lutine

 

15 avril 2010

Condamnés à avaler ce que nous sommes

DSCN5076

.

Je bois, oui je bois le verre levé
Aux lèvres entrouvertes
Pas l’absinthe mais l’amnésie
Juste pour le sommeil
Il me faut dessiner la lune
Les paupières closes

A genoux j’aspire la vague enroulée
Que vous avez divisée
Que j’ai recousue
L’absurde du sel contre la joue

D’une vie antérieure
J’ai écrasé les coquillages sur la plage
Avalé au compte gouttes le couloir de la nuit
Le noir explorant mon propre ventre
Les grains de sable semés à mes pieds

On ne peut pas mettre un couvercle sur la mémoire
Egratignée elle divise le jour et le sommeil
Alors que je les baigne sous l’eau

Les fantômes n’aiment pas que nous errions à leur place
J’ai appris à désaimer l’inverse de ce qui est
A laver les vitres du soleil couchant
Que mes larmes ternissent

On apprend à frotter les mains des mots colorés
Les ramenant au visage
Trop rêches elles s’adoucissent
Réconciliées elles balayent les traces des festins

Sous les draps il faut jeter sans regarder
Les miettes aux fenêtres
En-dessous les oiseaux  picorent et se meurent
Condamnés à avaler ce que nous sommes

.

lutin - 15-04-2010

.

9 septembre 2010

Elle

.

DSCN5783

fusain et pastel - 29,7 x 42

L'ABÎME

Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

Dans ce monde, c’est certain
J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne

.

lutin

.

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>