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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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14 avril 2016

Echos

 

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Giverny

  

J'ai écrasé un moustique contre le barreau de la chaise
ce bruit qui perturbe l’écriture 
  
Le long de l’archet
l’araignée tisse sa toile 
court et se rétracte prisonnière de la nappe

Que reste-t-il des livres écrits ?
que reste-t-il du silence ?
une tasse de porcelaine livrée aux fourmis
des airs de musique
chauve-souris et noctambules
petites cuillères à dormir debout
dans le sucre glace

Entends-tu les nuages dans le ciel
l'écho des trottoirs
poursuivis par les ombres 
le sel le poivre sont orphelins
d'une table défaite
 
Petite flamme il est minuit
la rose blessée se pose à genoux
les aiguilles à la verticale
ébrèchent un nouveau jour

 

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30 juin 2017

Lune de miel

 

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Des fleurs comme un tapis d’étoiles
Des hommes s’arrêtent de courir
La silhouette de l’arbre s’habille
Le paysage ouvre les paupières
Il lui pousse des bras de verdure

Cela sent la chlorophylle
L’ortie et la pensée fleurie
Au Diable les chemins qui s’écartent
Se resserrent

Les oiseaux nous regardent humer les fleurs
Suivre le vent dans un immense murmure
Ce sera l'heure des pas comptés
Fouillant les marques laissées

La vitesse fait peur
L'orage et ses dégradés de couleurs aussi
On a voulu fendre l’air
Jusqu’à statufier le mouvement

Le jardin a repris ses parfums
La giroflée remplace le jasmin
Les arômes perdurent traçant le chemin
La nuit transforme les murs
De chaux blanchit le sommeil

Ce sont les ombres du voyage
Nos mains comme des poissons
Le bruit de la mer est en nous
Le ressac des corps
Dans une bouteille nous nous sommes enfermés

 

 

31 mars 2017

La vie circule

 

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Viens, tu crois ne rien voir et c'est le ciel qui t'inonde
tu es venu tête nue comme un avenir 
tu es venu déposer de l'autre côté 
ta pelote de laine et ses mailles
rumeur d'écume 

Qu'y puis-je mon rêve s'il me semble te voir
liant nos premiers pas
et c'est le ventre qui bouge
la peau se gonfle si peu mais doucement
alors je te dessine un lit
un repas chaud sous la robe blanche
une source où l'ombre persiste 

Viens, ne crains pas les sons qui se voilent
le silence
l'écho énigmatique des ténèbres
le chiffre des jours dont la fleur se défait

Je t'écris de ma table
comme je m'adresse au brouillard
fluide entre mes mains
lorsqu'il me libère
tes lèvres se vêtent d'un sourire
gorgé d'attente

 

 

24 janvier 2017

Le monde à l'envers

 

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Au moment où tes doigts comptent le temps
pourquoi le sol se dérobe ?
dans le reflet de l'eau est le monde
émergent des visages
des bras tendus remplis de fleurs
pourquoi les algues avancent ?
et se détachent l'une après l'autre

Dans ta mémoire qui tourne
est-ce les cheveux qui tombent ?
le bleu du ciel n'est qu'un conte de fée
à la pliure des coudes il coule des fontaines
des pensées sans arrêt

Dans les eaux sombres
baignent les notes de piano
l'étang est un tunnel qui enferme le souffle des mots
la fièvre des égarés
où tu plonges la tête

Les griffes du chat traversent le ciel ruisselant
et c'est la grêle qui remplit tes mains
invitant l'ange de l'étang à poser ses larmes
au moment où tu comptes les couverts
pourquoi ton corps se remplit
pourquoi tu fouilles le monde à l'envers

 

 

 

15 novembre 2016

J'écris ta mémoire

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J'écris pour rendre présentes les heures,
les jeux inventés, à cette atmosphère des lieux,
une petite fille magique, heureuse de l'instant,
le rayon entêté d'un soleil vient poser sa révérence.

J'écris pour ne pas rendre au silence nos embrassades,
pour incruster dans la chair les fondations heureuses,
les garder vivantes face à l'incertitude
qui pétrifie le monde, me démunit.

J'écris pour mieux t'aimer encore
alors qu'on meurt de silence,
d'une balle perdue,
du large qui se forme
à l'écran blanc du ciel.


J'écris pour tisser le lien encore plus serré,
Invitant ta mémoire à ne rien oublier,
lui donner à boire
les images, les boîtes à musique

d'une parole offerte.

J'écris apaisée aux épaules de l'hiver,
ton corps ravive ma soif
et me donne l'envie
simplement vivre, continuer
la source des sensations à venir.

 

 


 

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30 novembre 2017

Terre de sommeil

 

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Peinture de Michel Devillers


Nous l'avons saisie
Du ciel tombée
La nuit nous a accaparés
A cette heure avancée
Couchés

Inaugurateurs des lieux
Nous nous sommes enfoncés
Tendus et fondus
Dans une nouvelle matière
La lumière tourne

Mémoire de forme
Dans le tournis lent
Epaule contre dos
Double ardeur

D'un grand espace
Empreintes jumelles
Love Love
Sous la livrée de fièvre
En de nouvelles odeurs
Les membres s'accaparent la place

C'est toujours le même homme
Les mêmes gestes enrouleurs
Avec plus d'amplitude
Nous signons encore
Où la lune file
Et déflore


 
4 mars 2018

L'arbre aux trois visage et pleine lune

 

 

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Chêne de la Pocqueterie

 

Lorsque s'éclaire la lune
dans un grand silence
que rien ni regard
au travers d'un brouillard de plomb
ne voit au fond des yeux
l'arbre aux trois visages
solitaire dans ses bras ouverts
tisse une roue de lumière
sa forme n'est jamais vaine
aux heures interdites
la lente chute de ses membres humides
te surprend à parler une autre langue
inflexion de voix pour qu'elle devienne musique
ce ne sont que des mots insufflés
tes paupières clignent
fidèles à la nuit

 

 

 

10 octobre 2016

L'abîme

Abime

 Corse - Les Sanguinaires

 

Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

La roche est friable
Fille de l'air je quitterai la terre
Epouse du soleil

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix
D'où surgit cet étrange refrain

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne



 

 

 

 

9 décembre 2017

Rideau

 

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Photo septembre 2017

 

Un autre monde
s'entrouvrent les lèvres
libres, libres
parlent les mots 
tranchent le regard

Les mains comme des papillons
paupières closes
ne demandent qu'à se tendre
le spectacle est terminé
ainsi se délivrent les prisonniers

Rideau

Se lèvent les rires
les pierres n'ont plus peur
ne craignent plus les cris
dans l'évier du soir
fatigue et désir tirent leur révérence
dans un siphon

 

 

1 mai 2016

Paris dégouline

 

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C'était Paris aujourd'hui
le train d'un point A vers un point B
stations aux miroirs gris
griffées de tags ensanglantés
ils ont l'air si fatigué les gens
inexistants sans arbre ni oiseaux
les pierres le long des rails métalliques

Silhouettes de papier mâché
il n'y a que l'aigreur de la pluie aux carreaux
flèches aux couleurs de mouette
certaines plus vivaces touchent terre
rejoignent congénères piétinés

C'est la course
au crochet de la lune
la morosité que la saison dissimule
les journaux coulent l'encre
ne pas lire
non ne pas lire lors du dernier train
sous le pied l'encre effacée
alors qu'on illumine les rues
sombrent les yeux sous la rame

Tout dégouline dans l'espérance du sommeil
les cernes lavés d'indifférence
courent vers la solitude
à l'abri de quoi
à l'abri de rien
du moindre bruit de pas

 

 

28 octobre 2017

Miroir ivre

 

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Derrière les feuilles naissantes
les marronniers et les tilleuls
les écureuils, le roux du panache
le plus grand des frissons ne tardera à éclore 
mille pensées assaillent
jusqu'à l'abîme au noir de velours

On plante des tuteurs aux branches fragiles
on enterre les cheveux au creux des troncs
tourbillonne le fouet, natte immuable 
les oiseaux filent vers le nord
une algue serpente à l'aplomb du soleil

Depuis les marais où repose le sel c'est la guerre 
bêchent les pieds comme des crocs

Voici mes mains
sur ce front de sueur je plongerai
où la fleur pousse au fond d'un miroir ivre
qu'importe les bois aux saveurs barbouillées
la grande scie a nettoyé la langue blanchie de l'hiver

 

30 novembre 2018

Paris

 

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C'était Paris aujourd'hui
le train
stations aux miroirs gris 
griffées de tags ensanglantés
ils ont l'air si fatigué les gens
inexistants sans arbre ni oiseaux
les pierres le long des rails métalliques

Silhouettes de papier mâché
il n'y a que l'aigreur de la pluie aux carreaux
flèches aux couleurs de mouette
certaines plus vivaces touchent terre
rejoignent congénères piétinés

C'est la course
au crochet de la lune
la morosité que la saison dissimule
les journaux coulent l'encre
ne pas lire
non ne pas lire lors du dernier train 
sous le pied l'encre effacée
alors qu'on illumine les rues
sombrent les yeux sous la rame
  
Tout dégouline dans l'espérance du sommeil
les cernes lavés d'indifférence
courent vers la solitude
à l'abri de quoi
à l'abri de rien
du moindre bruit de pas

 

 

18 mai 2015

Obstinément

visages-fusion-visag-forêt

 

 

Ne serait-ce qu'un jour
il n'y a plus d'heures
compte tenu de la manière
le matin quand l'air prend nos poumons
je te l'avais prédit
nous nous mîmes à nous fier aux odeurs de la terre
et à notre propre sueur

Ce dimanche, étrange dimanche
j'ai mis mes pas dans les tiens
sommes-nous en mesure de laisser d'autres traces ?
quelque chose s'inverse
sous nos pieds
les liserons prolifèrent

On vit ici
le sang en crue
du large que l'on partage
d'une goutte d'eau
d'une guerre perdue
on navigue on dérive à vue


Emergent des visages
et se défont
fin du bruit
 

On a voulu, on a rêvé
telle plante fouille le sol
c'était encore plus subtil
l'égrainement de la semaine
les mains accomplissant les mêmes gestes
visages posés l'un sur l'autre




18-05-2015

 

 

29 mars 2016

Blues animal

  

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Le haras de Jardy - 28-03-2016

  

 

Ce soir j'ai bu la pluie immense
ça fait du chagrin le long de la joue
ses mille mains
ses mille voix hachurées

J'ai regardé ses doigts se défaire
comme l' horloge absorbe le temps
ruisselante elle respirait plus que moi

Et ce goutte à goutte toujours au-dessus de la tête
pour ne jamais se poser à terre
martèle son refrain tel un adversaire

 

 

 

 

2 février 2016

Translation

 

Claire-Dorn_Colorfield,-2010

 

La mer se faisait sourde
bout du monde lumineux et fermé
alors que le soleil se lève à l'est
mes paupières roulaient dans leurs propres vagues
le calme d'une solitude bienheureuse
avant que l'homme ne vienne déposer son ombre

Je l'ai vue et reconnue cette intermittence trouble
elle est encore un tableau
sur fond de toile tendue
un mouvement presque agressif
diffus et présent

Je me souviens de sa démarche
du contour de sa silhouette
on ne pénètre pas ainsi un corps
ni une voix
ni l'approche amidonnée

Codifiés les premiers mots
laissent filer la boîte à musique
les vieilles mouettes et leurs poèmes stridents

Je me souviens de son profil
de ses lèvres douces et harmonieuses
une main offrant l'accompagnement
brassant la mienne dans une translation magique
toute une complicité hydraulique

La dame noire toujours présente
on ne l'entendait presque plus
si peu l'aboiement du chien

Ce n'était pas un accident notre rencontre
proche d'un rituel d'espérance

 

 

 

10 décembre 2016

Passy

 

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Où vont les vies et les voix
la lumière
les ombres qui marchent avec nous
où dorment-elles ?
une musique morte ouvre le chemin
 

L’eau que tout emporte
dans une incroyable précision 

où respire-t-elle ? quand elle nous vole
un tableau de Géricault
 

J’aimerais savoir pourquoi
alors que palpite le cœur

elles n'attendent pas
l’engourdissement de la sève
la pâleur des jupes de marbre

F
antôme
dans le désordre de ta forêt
déchiré ton cri s'estompe

au travers du vent
mon esprit court
affamé de mains tendres
je te perds de vue

 

 

21 janvier 2016

L'espace temps

 

 

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Derrière les fenêtres encore transparentes
Quand la nuit s'étire le long des vitres
Dans l'attente d'une journée qui se termine
Entre le vide du jour et le soir qui se remplit
Comme si le nous n'appartenait qu'aux heures tardives
Ce n'est pas dormir attendre
Juste suspendu
Un décompte d'horloger en soi

L'ouïe se fait plus fine à l'autre qui n'est pas
Le silence meuble l'espace temps
L'accapare au rythme d'un sablier
Irrémédiablement, il suffit du dernier grain de sable
Pour que s'ouvre la porte
Peut-être des mots, des gestes
Tuant l'absence
Vingt et une heures
L'ennui s'efface
L'heure continue de tourner
La vie est posée là

 

*****

 

La nuit

 

Dans le couloir du ciel à la cime des arbres elle se fait plus pressante arquant inéluctablement sa couleur opaque, son voile devient foulard puis manteau dans sa chute sur les épaules, elle enveloppe sur son passage ce qui est vertical, les plus grands seront touchés les premiers, progressivement elle m’enroulera dans sa peau m’habillant d’un fourreau de deuil, le chien sur la route subira le même sort ainsi que l’insecte rampant, la nuit balaye tout quand elle s’allonge nous faisant disparaître d’un claquement de doigt ensorceleur, la goutte de pluie poreuse devient noire comme par magie, seule la lumière artificielle résistera à sa force. Inutile de se cacher elle voit dans les angles, inutile de se vêtir de rouge, elle superpose les couleurs.

Fenêtres closes s'ouvrent les images librement

 

 

  

11 décembre 2015

La lame du poète

 

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Le cri - Auguste Rodin

  

Je ne savais pas qu'être était guerre
Maintenant je le sais
Quatre balles déchirent un corps
Du sang frais on se nourrit
 

Je ne savais pas qu'il fallait tuer ses lèvres
Maintenant je le sais
Dans ce grand miroir cruel et fondu
Un incendie sans flammes
Que la mort engloutit
 

J'ai vu des hommes s'unir sous le porche de la nuit
La peur embellir les cœurs
Sanglante sous la lune
On imagine les meurtres
 

Pourquoi seules les pierres
Poussent drues et glacées
Des mots que nous voulions nous dire
Chacun découvre sa croix

  

 

23 novembre 2015

Je ne peux oublier mes jours et mes années (13 Novembre 2015)

 

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Une oeuvre de Nathalie Bodet

 

 

Certains évènements ne s'oublient jamais
Les éclats, les images, se dispersent
Infusent au centre
Le sang, surpris de ne plus circuler normalement
Demeure brûlant plus que de raison
De grandes ombres ont imposé leur présence

Il faisait doux ce soir, autour de la table
Les verres reflétaient la fête et les bougies
Sur quelques paroles d'une chanson de circonstance
Deux femmes répandaient leur bonheur
Les yeux tournés vers l'âge tendre
N'osaient déranger l'innocence de l'enfant
Instaurant le huis clos

Le sang de plus en plus épais
Fait de silence
Roulements de la haine
Il ne fallait pas communiquer avec le monde
Ce vendredi 13

Garder le sourire encore un peu

 

 

16 juin 2016

Le regard du ciel

  

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Corps en action 
au-dessous d'un ciel intouchable
je n'en sortirai donc jamais

de tous ces sens qui transpercent l'espace
l'inverse de ce qui est course
dans les flaques d'eau je retourne
la vie
à l'envers
il y a des jours où l'on pourrait presque
cueillir à portée de main
le soleil dans son ombre


Nous sommes plusieurs
dans la même forme incassable
à passer un coup de chiffon dans le ciel
ce qui compte c'est la petite lumière
le moment flottant entre virage et ligne de pluie
c'est le pas rythmé au début du dimanche
on revient toujours au même endroit

on couvre l'herbe trempée d'été perdu
il suffirait d'un roncier plus touffu
il suffirait d'une gorgée, presque
juste une faille entre

 

 

6 mai 2016

Bleu

 

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Tu mourras de tes insomnies
nos mains tremblent
nos doigts se cherchent
tout est différent
nous avons basculé
petites bêtes au bord du vide

Les poissons de pierre
enfantent sur le trottoir
reste donc un peu tranquille
j'aimerais te regarder encore
trop bleu éteindre la lumière

Nous nous sommes enfermés
dans la fenêtre ouverte
quand je tourne la tête
l'arbre se meurt dans sa maison
et invente des nuages

 

 

6 mai 2016

Je m'efface là

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"Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour."

Christian Bobin - La part manquante -


"L'amour c'est un fleuve. Il disparaît parfois. Il s'enfonce dans la terre. Il poursuit son cours dans l'épaisseur d'une langue. Il réapparaît ici ou là, invincible, inaltérable"......


jusqu'à l'instant où il n'est plus besoin d'écrire dans cet espace temps rempli d'amour, je me pose là.





1 mai 2016

Comme une nouvelle terre

Oskar-Kokoschka_Die-Windsbraut,-1914

Oskar Kokoschka 1914 - Die-Windsbraut


Les jours se couchent
les mots se consument
petites bêtes le long des doigts
aiguilles d'or et d'esprit
cousent espérance d'étincelles

C'est écrit comme des filaments
entre la tempête au creux des paumes
file la mer presque morte
les corps nus embrassant la terre
est-ce l'amour ce mouvement d'air ?

C'est la croix de l'église plantée
la présence de Dieu contre la nuit
sa parole prend forme se déchire
ma main qui s'ouvre et se ferme

Sous la fenêtre c'est l'orage
on lui coupe la parole
on ferme les volets
à l'image d'une maison bien rangée
et nos corps, nos corps suspendus
pourquoi se déforment-t-ils ?

On lève la tête
comme se relève la jambe
presque bleus nos yeux brillent
quelque chose a changé
quand on a perdu le cerceau
la poussière tout autour a changé
l'empreinte de nos pas, animale

J'ai l'air d'être comme tu es passé
on parle d'enfer sous les orties
comme une nouvelle terre

 

 

 

18 juillet 2015

Attente intime

 

Yvonne-Chevalier_Masques_-1935

 

 


Dans l'illusion du matin
d'un même mouvement d'étirement
le corps se lève chassant la torpeur
c'est à la lumière qu'il dédie
l'absence
portant sur ses jambes
le poids des heures

et nous marchons....
respirant les mots

 

Nous marchons séparément
l'espace niant les corps
liant les noms
sans peur ni vertige
ainsi nous apprenons à vivre
paroles absentes
chaque matin nous réapprenons
jusqu'à l'émiettement du jour

l'attente....
qui unifie

 

 

18-07-2015

 

 

 

 

6 octobre 2015

Entre les lèvres

 

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En ce jardin la voix ne tarit pas
j'ai vu le granit épouser le ciel
la pierre cette table de fortune
vivre dans tes yeux
les sièges recouverts d'une autre saison
embrasser la terre et mes genoux plier

Je n'ai rien inventé
fenêtres brûlantes aux volets ouverts
au fond du jardin tintent les heures
ce n'est pas un sanctuaire cette maison
sous l'ardoise du toit

Tous ces petits personnages s'emballent dans la tête
tel un bulldozer traverse le fil rouge
les bras mesurent la hauteur des murs
la distance parcourue au silence discret
passe l'air entre les lèvres
puis une langue fluide douce et réelle
porte l'avenir

 

 

 

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