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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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31 décembre 2013

Verticolor

 

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Rien n’est droit rien n’est penché
il n’y a pas d’horizontal
il n’y a pas de vertical
c’est une diagonale qui s’empale dans la chair
à vif les sentiments n'ont plus corps
une corde pointe son dard
pluie d’épines dans le plexus solaire
pente glissante à remonter le temps
dans les mains un livre ouvert
le marque pages boit le sang des mots
hématomes bleu ciel - violet
des jours noirs
touches de piano et musique
Danube bleu

C’est une érection tendant vers l’infini
vaisseau via la mer en multicolore
une embouchure inversée
entonnoir fermé
une tangente sans soleil
descendant vers la terre
rails couchés sur le clavier
métal brossé d’espoir
le désespoir au bout gravé
dans la pierre
fossile brisé
un peu plus bas, un peu plus haut
une combinaison à deux trames
en biais le mur cassé
au centre la clef sans serrure

C’est un labyrinthe entre deux triangles
à la recherche de l’angle droit
le phallus érigé
personne ne voit jamais la même chose
n'entend les mêmes sons
le pied sur la pédale
le piano continue sa course folle
sur le clavier une touche noire
une blanche comme la main
caresse la peau
Clair de lune, une larme bleue
un soir de Décembre
la terre est restée dans la note de musique
entre les espaces les organes libèrent une toile

"Verticolor"

il faut bien que les livres s'achèvent


 

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20 décembre 2013

l'arbre de feu

 

 

 

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Vous êtes cette clarté devant moi
la Coccinelle qui parcourt mon bras
ce qui reste du cri d'un corps

oui je l'appelle bien "Cri"
votre corps qui bat à mes tempes
vous êtes celui qui suit ma course
mains jointes comme des lassos emprisonnent
la fatigue de mes pas
l'arbre de feu vers lequel je tends
où mon regard se dépouille

 

 

7 décembre 2013

La voix

 

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Elle est là si présente
Je l’avais laissée sous la glace engloutie
A la cime des arbres suspendue
Ecrasée au sol dans la foulée ardente

Je m’étais déshabillée d’elle
Paupières baissées comme le vêtement choit

Le héron enroulé dans son cou tant il faisait froid
Se souvenait d’images plus heureuses
Chevelure d’ombres le long des arbres

Silence, tout est silence, la terre glisse
Autour de l’œil
Sous la peau les bruits du cœur

Dans un monde où je marche tête nue
La voix n’est plus
Comme mes pensées au bord du sommeil

Dans l'espace elle s'est envolée
Rebondissant la nuit le long du dos


 

 

8 décembre 2013

Les yeux ouverts

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Il n'y a plus de vent
les lampes sont mortes
paroles inutiles
les yeux ne voient que le foyer
rêve englouti
retrouvant la chaleur des braises

Détachée des flammes
une forme bouge
devient rouge
l’ovale d’un visage
lente intensité entre mes mains
s'ouvrent les paupières

Nous marchons d'un même pas
qui éclaire le monde
nous allons
traversant l'autre
 

  

 

19 novembre 2013

Cette chambre où ils se serrent d'une nouvelle vie

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Ils sont là, l'un traversant l'autre
comme un seul être


Un homme regarde
déchire sa peau
entre mes mains
ivre bien au chaud
arpente cette nouvelle terre
la flaire
pénétrant la nuit
puis le rire bourdonne


Sous ses gestes de l'embrassement
la circulation des langues
les yeux ne cessent de fixer
la gravité de la bouche
capable d'amour
chaleur divine qui palpite
afin de mieux céder au feu


Leurs doigts enfermés en une même main
cette façon qu'ils ont d'être

 

 

  

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27 février 2013

Au pied du ciel

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Silence sous les paupières
les bras et les mains sont des bateaux
les trains roulent et boivent la mer
mots pour corps tout déraille
une boîte à musique entre les fentes
file la voix

Quand on lève les yeux
c'est le délitement de la traîne
cet air étouffant de lumière
lèvres terriblement closes
les doigts occupés de mille choses
papillons c'est la mort ici
toutes ces silhouettes de papier

 

 

lutine

 

 

18 février 2013

Auréole étrange

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Alors une voix s'éleva, la lune nourrit tant d'ombres détachées du ciel. Quelqu'un viendra autrement que dans l'impuissance, les yeux grands ouverts, et nous marcherons en dehors de la sphère. Serait-ce l'enfant aux deux jambes, dans la gravité de la terre. Il avait choisi le jaune pâle si calme du coma, entracte de l'aube, le soleil séparé en deux. J'ai posé ma main, là où repose l'esprit qui éclaire le monde suspendu au fil de la vie, elle a ressenti les vibrations où nous sommes deux, le mouvement du temps avec dans l'âme l'envie de reprendre le train pendant que les éclairs habitaient ton visage.

  

 

lutine - 18-02-2013

 

 

 

31 mai 2013

Entre l'oeil et ta main

 

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La mer se faisait sourde 

bout du monde lumineux et fermé 
alors que le soleil se lève à l'est
mes paupières roulaient dans leurs propres vagues
le calme d'une solitude bienheureuse
avant que l'homme ne vienne déposer son ombre

Je l'ai vue et reconnue cette intermittence trouble 
elle est encore un tableau
sur fond de toile tendue 
un mouvement presque agressif 
diffus et présent

Je me souviens de sa démarche 
du contour de sa silhouette 
on ne pénètre pas ainsi un corps
ni une voix
ni l'approche amidonnée
 
Codifiés les premiers mots 
laissent filer la boîte à musique
les vieilles mouettes et leurs poèmes stridents

Je me souviens de son profil
de ses lèvres douces et harmonieuses 
une main offrant l'accompagnement
brassant la mienne dans une translation magique 
toute une complicité hydraulique

La dame noire toujours présente
on ne l'entendait presque plus
si peu l'aboiement du chien 
 
Ce n'était pas un accident notre rencontre 
proche d'un rituel d'espérance

 

lutine

19 mai 2013

Tempête sous un crâne

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Dans ma tête il y a des nuits
Des sommeils qui tuent le silence

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux
Du vent sous les paupières
Jusqu’à la vague qui noie les heures

Dans ma tête il y a des avions
Des oiseaux dedans
Des voyages qui passent
Des déserts enlisés au fond des draps

Dans ma tête il y a la mer
Une prison entre elle et moi
Un fourreau qui protège du froid
Un bas de soie galbant l’insomnie 

Dans ma tête il y a des trains
Le noir des tunnels
Le hurlement du métal contre la peau
Des plaines sorties de mes bras
Des précipices à hauteur d’homme

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint
Prisonnier de l'air
Elle vient chaque nuit noircir les murs

Dans ma tête je suis ailleurs
A la merci des vents contraires
Je suis un océan
Fluide dans mon propre poing

Dans ma tête il y a des mouches
Collées sur la bouche
Pris au piège
Dans mon ventre le corps s’agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
Des mains qui se portent sur le visage
Sa salive brille et nourrit les heures

 

 

lutine

 

 

 

 

13 mai 2013

La nuit de l'homme

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Juste te dire...
ne change pas l'odeur de ta peau

La première fois était une île confuse
forêt de paroles tout près d'un banc
un passage, des yeux qui déshabillent
puis l'absence dévêtue portée dans la foule

Sa trace comme une tâche d'encre

Mon amour le monde tourne
ce petit cercle bleu autour de moi
sitôt éclaté
saigne ses lumières

Un point rouge s'ouvre et se ferme

De lutte inégale se crée l'atmosphère
cet orchestre à secrets
aux mets succulents

Juste te dire...
ne change pas ce mot de ta bouche
le silence qui le recouvre
en dehors des heures offertes

Je me suis relevée face au miroir
pupille coiffée de tes yeux



lutine - 13-05-2013

26 avril 2013

Graine de liberté

 

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Cet enfant immense
suspendu aux feuilles de la pensée
sans nom et sans parole
juste son odeur de poudre de riz
tout en silence
ne gonfle pas mon ventre

Esquisse de coton
ton visage séparé en deux
qui es-tu ?
à l'usage des mains qui se tendent
criant l'espérance
et ma voix jusqu'à toi

Impalpable, je suis là à te chercher
yeux fermés, fenêtres éteintes
dans mon tout dernier rôle
hier mon corps a changé de place
sur papier de soie
la bouche ouverte en offrande

Ma main ramenée en gouttes de lait
se fait blessure heureuse
ne finit pas de compter
les mois et les jours
du temps qui se dévide
infinie solitude chargée d'attente

 

 

lutine - 26-04-2013

 

 

10 avril 2013

Dora

  

 

Dora

 

Sanctuaire blanc loin du monde
Territoire vierge je caresse
Le tableau s’appellera ainsi
Avant de perdre l’esprit

Longue cicatrice transparente
Sans visage moi je peins
Comme les enfants inventent leurs rêves
Alors que je suis fâchée avec la mort

Même si la passerelle n’existe pas
Je vais prier pour elle sans voix
Dans un flot de paroles
Elle n’a pas de sexe

Cette figure je l’invente
C’est une confession la destruction du corps
Quand j’écorche le cœur aux joues
C’est ton regard que je tue

 

 

23 décembre 2012

l'autre voix

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J'ai pris le train comme courir quand il est midi
empilée dans des vêtements d'Atlantique
j'ai filé mon rêve le long des rails
une nuit de voyage où l'on perd ses repères
une traversée blanche
presque une musique le sifflement de la vitesse
les vibrations un plaisir annonciateur

Il fallait voir la mer et ses ponts
il fallait aimer les jambes et la couleur
les chaussures et le cadencement
la langue autrement
le mouvement des lèvres tout autour
le menton volontaire
la main que l'on souhaite animale et subtile
comme un chien cherche son maître

Il fallait remplir le corps
planté dans l'air marin
je pensais les mots élémentaires
je prétextais le froid de mes bras inarticulés
pourchassant le baiser
je marchais droit devant
la mémoire murmurante

 

lutine

 

  

16 décembre 2012

Une petite lumière

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Une petite lumière filtre nos ombres chinoises 
cogne la vitre
ronde et plate 
rayonne le long de la fente
tremble et tourne en rond
n’es-tu pas aveuglé quand elle mord la peau
dents serrées dans le silence
et déborde

Une vie tourne derrière et devant toi
minutes vagabondes
il y a l’arbre qui s’élance dans le vide
serre ses feuilles que la mort veut lui ôter
ne m’arrachez pas la langue
elle court sous ma peau

C’est un incendie le ciel
quand je lève la tête 

le feu craque sous la dent
tout respire une lente agonie
majestueuse
 

Il n’y a plus d’orage
les araignées tissent leur toile
petites bêtes en suspension 
dentelle
et colliers de perles blanches
 

J’ai vu se former les fils au bord du banc
mon cerveau assis sur le banc d’à côté
j’ai vu se former la rosée et le givre
sans ombre et sans masque

Nous sommes deux autour de la table

je veux dire le monde où l’on a vécu
gorges tranchées dans le même lit
 

Une petite lumière clignote
dessine à la craie
les arbres à abattre
l’herbe à raser dans un carré de silence
rai de lumière assassine
 

Enlace-moi dit l’arbre
étrangle-moi autour de ton cou
la vie nous abandonne
il n’y a pas de pont où se jeter
ressusciter
 

Paris où coule la Seine est un autre lieu
rempli de voitures où il ne fait pas bon dormir
 

J’ai tordu les draps source de la lumière
j’ai fermé les yeux source de la fente
j’ai débranché le cerveau
autour de l’espérance
il était trois heures du matin
les ciseaux ont coupé la lumière

 

 

lutine

 

 

 

5 février 2013

Les heures suspendues

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Elle peut tout imaginer
l'horizon plus gris que la lumière du jour
grises les voitures en contrebas
grise l’éclaboussure des flaques d’eau

Les insectes aux ailes mouillées
prisonniers de la fente
elle peut les entendre crisser
alors qu'un papillon se brûle sous l'abat-jour

En se penchant un peu elle ne voit pas
elle dit que rien n’est visible
mais entend les détails de la rue
tantôt lisse à la manière d’un tronc élagué
tantôt déchirée
 
Cette ombre occupe mon dos
je suis l’obstacle
toujours devant
toujours immobile
elle voulait me quitter
me devancer dans le sommeil

La douleur devint lancinante
quand elle prit ma place
 

 

lutine

 

 

15 mars 2013

Fil rouge

 

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Le front collé au ciel
l'astre comme une source
ombre - lumière
noir et blanc
paupières toujours baissées
aveuglées, détournées
sous les pupilles le même fil rouge
frôle les rails de l'invisible
si près du sol 
descend les marches
la main sur le feu de la route
compte les gestes automatiques


J'attends le murmure des vents
la brume sur le lac
celle de septembre à dix heures
puis l'or du soir qui étincelle
ivre de soleil
c'est ainsi que je regarde le manège
des ombres qui s'allongent 
l'absence sur son lit de feuilles
lèvres closes, légèrement spongieuses
plaie promise à l'oubli 
ce grand miroir qui ne change pas
immuable et secret
enfile ses vieux habits de cendre




lutine

 

 

7 janvier 2013

L'arbre aux trois visages

Francoise Dolron

 

Lorsque s'éclaire la lune
dans un grand silence
que rien ni regard
au travers d'un brouillard de plomb
ne voit au fond des yeux
l'arbre aux trois visages
solitaire dans ses bras ouverts
tisse une roue de lumière
au milieu de l'eau
sa forme n'est jamais vaine
aux heures interdites
la lente chute de ses membres humides
comme une question arrachée au ciel
te surprend à parler une autre langue
inflexion de voix pour qu'elle devienne musique

ce ne sont que des mots insufflés
l'inscription d'une présence
qui n'a pas de nom
ses paupières clignent
fidèles à la nuit

 

 

lutine - 06-01-2013

 

 

12 octobre 2012

Le regard du ciel

 

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Une photo de Peter Cornelius (Voyage en voiture sous la pluie, 1955)

 

Je pense au corps en action
parce que j'aime traverser l'air
au-dessous d'un ciel intouchable
je n'en sortirai donc jamais
de tous ces sens qui transpercent l'espace
l'inverse de tout ce qui est la course
dans les flaques d'eau alors je retourne
la vie à l'envers
il y a des jours où l'on pourrait presque
cueillir à portée de main
le soleil dans son ombre


Nous sommes plusieurs
dans la même forme incassable
à passer un coup de chiffon dans le ciel
ce qui compte c'est la petite lumière
le moment flottant entre virage et ligne de pluie
c'est le pas rythmé au début du dimanche
on s'en revient toujours au même endroit
on couvre l'herbe trempée d'été perdu
il suffirait d'un roncier plus touffu
il suffirait d'une gorgée, presque
juste une faille entre

 

lutine

 

 

 

5 février 2013

La vie circule - suivi d'une lecture de C.

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Viens, tu crois ne rien voir
c'est le ciel qui t'inonde

tu es venu tête nue comme un avenir rebondit
un corps et ses gestes puérils
tu es venu déposer de l'autre côté du rideau
ta pelote de laine et ses mailles
rumeur d'écume.

Qu'y puis-je s'il me semble te voir
liant les branches de nos premiers pas
et c'est le ventre qui bouge
la peau se gonfle si peu mais doucement
alors je te dessine un lit
sous la robe blanche
une source où l'ombre persiste.

Viens, ne crains pas les sons qui se voilent
le silence
l'écho énigmatique des ténèbres
le chiffre des jours dont la fleur se défait.

Je t'écris de ma table
comme je m'adresserais au brouillard
fluide entre mes mains
lorsqu'il me libère
tes lèvres se vêtent d'un sourire
gorgé d'attente

 

lutine

 

un écho de c. ici

http://leforumbleu.net/message.php?id=211245&page=0&fredblog=0

 

 

10 décembre 2012

C'était Paris

 

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C'était Paris aujourd'hui
le train d'un point A vers un point B
stations aux miroirs gris 
griffées de tags ensanglantés
ils ont l'air si fatigué les gens
inexistants sans arbre ni oiseaux
les pierres le long des rails métalliques

Silhouettes de papier mâché
il n'y a que l'aigreur de la pluie aux carreaux
flèches empalées aux couleurs de mouette
certaines plus vivaces touchent terre
rejoignent congénères piétinés

C'est la course
au crochet de la lune
la morosité que la saison dissimule
les journaux coulent l'encre
ne pas lire
non ne pas lire lors du dernier train 
sous le pied l'encre effacée
alors qu'on illumine les rues
sombrent les yeux sous la rame
pour toujours écarquillés

Tout dégouline dans l'espérance du sommeil
les cernes lavés d'indifférence
courent vers la solitude
à l'abri de quoi
à l'abri de rien
du moindre bruit de pas





lutine - 09-12-2012

  

 

//

5 décembre 2012

Ephémère

 

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Ce qui tue ce ne sont pas les couleurs vives
De l’été fait en hâte
C’est l’éphémère

Tout est gris et humide encore
Des nuages froids glissent dessus
Voilà ce qui tue

C’est l’orage, la pluie
La terre lavée offerte au silence
D’abord elle a un parfum puis prend un goût d’eau

L’eau me tue
L’eau sans peine m’évapore
Dans ma bouche j’attends le goût du sel

La moiteur est seconde peau
Palpable et odorante
Elle prend la couleur de la mémoire
 
J’apprends la paix allongée
Vénère la lumière sous les paupières closes
L’anonymat de la nuit

Je suis voilier confiant mon corps à l’infini
Alors que dimanche étale ses débris sur la table
Il accapare l'attention

De la chair, des os
Un trèfle à quatre feuilles
Ephémère

.
.

 

4 novembre 2012

C. (la moitié de l'autre)

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photo Désirée Dolron

  

Je ne vous appellerai pas "B" c'est ainsi que j'existe encore
fleur aquatique au fond d'un lac noir
jusqu'où se tendent mes racines
dans le paysage vert
vous êtes "C" cette clarté devant moi
la Coccinelle qui parcourt mon bras
ce qui reste du cri d'un corps
oui je l'appelle bien "Cri"
votre corps qui bat à mes tempes
ombre furtive de nos phrases perdues
ouvertes parmi les lys
vous êtes "C" celui qui suit ma course dans la nuit
mains jointes comme des lassos emprisonnent
compagnon de nos codes secrets
carrefour de nos visages noyés
demi cercle au sommet du ciel
cachant votre nom à moitié
c'est dimanche à la cime des arbres
la nuit est presque claire
mais toujours le sang vibre
alors que je suis parenthèse à demi
oui c'est naturel d'être la moitié de l'autre
comme un être de Chair
l'ovale d'un visage 






lutine - 04-11-2012

17 janvier 2013

Langue effacée

 

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Je ne pense pas
pas aimantés vers le fleuve
je n’attends plus
la langue effacée
les chiens et les nuages ne changeront rien
ni la musique du Titanic engloutie
accoudée je regarde la surface se défaire
devant les marelles de glace on joue à cloche-pied

Aujourd’hui je parle aux flocons de neige
à la glace éphémère sous le soleil
au froid qui fait son manteau sur mes épaules
il n’y a plus de liaison entre les chemins
jusqu’aux lignes de la main disparues
pas de gare ni pont levis
nous dansions sur place
espérant un lit de plumes sur lequel se coucher

Je n’entends pas le silence
j’ai fermé les yeux
j’écoute au-delà de la nuit
la faible voix de la terre
comme peut le faire un rêve
les trains et les rails continuent leur fuite
les aéroports font croire au septième ciel
les bras séparés agitent des feux de détresse
sous les néons blafards je regarde la vie se transformer
les micros métalliques annoncent qu’il est trop tard

lutine

1 novembre 2012

Les anges s'envolent

 

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Pas peur du noir
la lampe de poche dans la main

poignard sous le drap
pas peur du répréhensible
la tête sous les draps

le livre interdit à la main
c'est une histoire comme le chêne et le roseau
60 pulsations minute
elle marche sur les toits
à pas secrets
à la recherche d'un sens

blanc, noir, blanc
noir ou rouge ou vert peut-être

elle traverse la nuit
j'éteins, j'allume, je clignote
cela craque sous la dent
la souris grignote
entre les lames du parquet ciré
je ne suis que l'enfant caché sous les draps
je suis l'enfant derrière la fenêtre
alors que la raison s'absente
je voyage entre les pages
l'insomnie au fond des yeux

un virage et puis rien, rien
rien qu'un écho





lutine - 01-11-2012

 

 

 

27 octobre 2012

La mémoire de la mer

 

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Léda et le Cygne (oeuvre de Géricault)

 

Cela commence toujours ainsi les mots aux mains liées
la présence au travers des arbres
le nombre entre eux
n'est ni lumière ni tombe
juste une ombre parmi d'autres
qui rebondit des pieds aux épaules
la couleur de vivre
ce feu très rare à hauteur du vent
le sein d'une femme

C'est par lui que tout commence
le lait ses premières branches
premières heures du miroir
ton corps détaché du ciel

De la source nait le fruit 
la bouche s'ouvre et se referme
cette métamorphose dont nous sommes prisonniers 
je n'oublie pas les nuits incertaines
la mémoire de la mer
au fond de moi elle bouge encore
ma langue liée
impatiente dans les chemins de terre
claque le fouet

 

lutine - 27-10-2012

 

 

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