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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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17 février 2020

L'envie de vivre

 

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Je danserai avec la mort

Il y a si longtemps qu'elle tourne autour de moi
Je valserai jusqu'à lui faire perdre la tête

En espérant qu'elle m'oublie
Dans cette folle farandole elle mourra une nouvelle fois
Bien avant moi

La métamorphose du visage
Face à moi ce grand carnassier
Son corps déployé ne m'atteindra pas
Comment ce grand chien pourrait-il me mordre
La peur ne me crispe pas alors que respirent ses narines félines
La main s'avancerait-elle pour éteindre mes yeux

Mes yeux verront son ombre hachée
Anonyme empreinte fugitive
Toujours dans la tourmente du monde
Comme des lambeaux de chair
Creusant sa propre tombe

Je danserai avec la mort
Ma robe de soie en tourbillon
Après une nocturne de lutte
Prise au piège je l’étranglerai
Au coeur de l'envie de vivre

 

 

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16 novembre 2019

Dans ma tête

 

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Dans ma tête il y a des nuits
Des sommeils qui tuent le silence

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux
Du vent sous les paupières
Jusqu’à la vague qui noie les heures

Dans ma tête il y a des avions
Et des oiseaux dedans
Des voyages qui passent
Des déserts enlisés au fond des draps

Dans ma tête il y a la mer
Une prison entre elle et moi
Un fourreau qui protège du froid
Un bas de soie galbant l’insomnie
Dans une chaussure de verre

Dans ma tête il y a des trains
Le noir des tunnels à deux pas de la lampe
Le hurlement du métal contre la peau
Des plaies sorties de mes bras
Des précipices à hauteur d’homme

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint
Prisonnière de l'air
Elle vient chaque nuit noircir les murs

Dans ma tête je suis ailleurs
A la merci des vents contraires
Je suis en plein océan
Fluide dans mon propre poing

Dans ma tête il y a des mouches
Collées sur la bouche
Pris au piège
Le corps s'agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
des mains qui se portent sur le visage
la salive brille et nourrit les heures

 

 

3 avril 2019

Tout au bord

 

 

 

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Donnez-moi le temps
l'air
voile épais sur le pont
je jette mon corps ici
au bas du ciel
comme un passage secret
syllabes à peine prononcées
dissoute
ma pensée est un escalier

J'ai faim de l'amour
du blanc lunaire
vers l'horizon mêlé
j'ai besoin de temps
de la main qui s'ouvre
se resserre
  
Derrière elle je me cache
j'appréhende
m'ouvre
et me ferme
dans un lit.....ouvert
s'il ne me ferme
en eau profonde
 
Je suis le "bateau ivre"
aux mains de chair
l'esprit et la colombe
la bouche tendue
aux lèvres de velours
oubliant de compter les heures
suspendues 

Jolies mains d'écrivain effilochées
le voyageur ne voit pas ta métamorphose
quand le soleil couchant vient jouer du piano
les buées pressent en arc en ciel
l'écho halluciné de ce qui aurait pu être
j'en aime l'immobilité
l'espérance au bout des doigts

 

 

19 mars 2019

Quand le corps n'existe plus

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Quand le corps n’existe plus
Courbé tel un roseau
Habillé de chair
Il n’y a plus bruit ni odeur

Les ombres s’échappent
Voleuses encapuchonnées
Le jardin n’a plus de secret

D’un geste de la main
Quelques cristaux de couleurs
Dans la nuit de ton visage
Illuminent le ciel

Et de la vie, le manque !
Ma robe s'en est allée

Sous la dépouille
La chair voilée de cire

Dans le vent flotte le ruban
De velours était la peau
De marbre l'aile s'est posée

Une statue semble rêver
Sous les graviers de l'allée
Les pas sont toujours là

Crissent les mots de l'oiseau
Se tendent les baisers
Contre l'épaule le rêve fige

 

 

 

2 mars 2019

Je pense autrement la fin du jour

 

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‘Wolkengespenster’ by Richard Riemerschmid, 1897

 

Il y aura toujours des notes de piano sur le bord de la fenêtre
Il y aura toujours le chant de l’orage déclarant l’amour à la terre
Sur les pétales de roses le musicien et son archet
La nudité qui donne vie

L’orage à venir anime le pouls
La maison intérieure endormie
J’ai dans la poche quelques cailloux à compter
La distance entre l’éclair et le grondement du tonnerre

Le silence fait sa route
Un vide du cœur avant la rupture des eaux
Tout près du ciel on ne voit pas la chasse aux étoiles
Les nuages sont cratère gorgé de flèches

Ici est un jardin suspendu
Une bouche ouverte vers le monde
Sur la fragile chaise je m’assieds les jambes sur la table
Dans cette position je pense autrement

Je pense autrement la forêt
Le sol et le plafond
Le couvercle au-dessus de ma tête
Les mouvements de l’espace qui se tait

 

 

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31 janvier 2019

Il n'y a point d'heure

 

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J'irai entre les herbes faire tourner mon cœur
les ronds dans l'eau embrument le matin
comme la boussole dépend du soleil

Points cardinaux vos flèches me distraient
dans le fil du temps laissez-moi courir
entre les mailles j'ai besoin d'épines
de boursouflures sur un corps trop lisse

Je ne peux me poser au chien qui fume
il me faut quelques renards apprivoiser
avant de m'asseoir à la table
mille cris d'oiseaux encore

Demain est la terre dont je cherche la semence
la rebelle derrière le giron en sueur
il n'y a point d'heure dans les yeux

Sur un banc hier et demain se côtoient
se décousent les voyages perdus
les vêtements défaits à coups de ciseaux
un vide hagard tenaille le prolongement des mains


Peu importe l'ombre et la lumière
la niche du chien
à l'heure où les fantômes se parent de blanc
je suis un coureur de fond au bout de la route

Ma mémoire est là entre les herbes

 

12 mars 2022

Sac de femmes (sur le site "paroles vagabondes")

 


Les pieds défilent dans un chassé-croisé sur les trottoirs du bord de Seine, toutes sortes de chaussures ou de bottes à bout pointu ou rond, à talons hauts ou bas se faufilent au rythme de la femme d'affaires pressée. Il est 13 H, l'heure de manger sur le pouce un sandwich.

https://parolesvagabondes.fr

Merci de faire voyager mon sac de femmes, le mien toujours aussi en désordre. Merci pour votre publication sur votre site.

 

4 décembre 2021

Femme en flammes

 

 

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Sur une sculpture de Dali

 

Reflet de lumière
peau méticuleusement enrobée
d’une couleur or
rayon de soleil sur ce carré de verre
elle est la femme en flammes

A trop s’y frotter
elle s’est embrasée
à trop lisser ses formes
la peau s’en est allée
coulée de bronze
carapace incandescente

On nous dit de ne pas toucher
on nous dit de laisser le temps au temps
la cicatrisation glacée du métal
prépare son oeuvre

De ce brasier en forme d’ailes
naîtra une statue au cœur de fer
dévoilant ses facettes
les tiroirs entrebaîllés seront son histoire

 

 

20 janvier 2019

Poésie de l’espace

 

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Je suis venue prendre un café tôt ce matin 
j’ai traversé la grille 
les jambes croisées, au milieu du silence 
je griffonne sur la table les parfums autour de la tasse 
ils sont beaux nos amis les oiseaux alors que personne ne m’embrasse 
je les vois s'aimer à coups d’ailes, à coups de becs 
dans leur danse sensuelle je respire leur langage 
le bruit du silence qui s’éveille 

Personne ne m’embrasse et mes lèvres se tendent 
j’embrasse le vent 
j’embrasse la pluie qui ne tombe pas 
le sol asséché 
les odeurs au fond de ma poitrine 
la main qui ne se pose pas 
la montée de la lumière 
Je suis venue voir le jour qui commence 

J’embrasse le paysage 
la feuille blanche sur le marbre encore froid 
le gravier sous mes pieds 
le champagne que nous n’avons pas bu 
le café que je porte à ma bouche 
les gâteaux que nous n’avons pas mangés 
et l’arôme que je porte à mes lèvres 
rempli de présence 

Les cuisses douloureuses 
nues sur une chaise de fer d'heures entières 
les bras attachés à mon torse 
j’enlace les lettres que j’écris 
ma poésie de l'espace 
sur des pages volantes je les retiens 

Regarde-moi penchée sur la table 
un mouchoir à la main, je crains le vent 
je crains le sable et les reflets 
seule la pluie assèche mes yeux 
non je ne pleure pas, je suis sensible 
aux variations des couleurs et des mouvements 

Regarde j’ai découvert le sens de la prière 
le rêve solitaire 
j’ai caressé un chat de gouttière 
j’ai aimé son regard levé vers moi 
ses yeux rien que pour moi 

 

12 mai 2020

Porteur de clef

 

 

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Repli foetal
alors que la clef est tombée dans l'eau
ce n'était pas une maladresse
cet instant là
lorsque tu as crocheté ton coeur à l'arbre

Ce n'était que lassitude
l'envie de partir
courbé dans l'hiver
 

Et ta main a chassé les étoiles
comme l'on repousse le vent de sable
la clef s'en est allée tout au fond de ta mémoire
éteignant la lumière



30 janvier 2024

Autrement/L'autre...ment

Traversée blanche

 

Les balançoires vides tanguent au vent de la nuit
les mains ont imprimé une dernière page
on en fera un livre de folies
des armées de mots sous la langue.

Il y avait le diamant sous la paupière
les bas de dentelle qui laissent la chair paraître
le sein caché
dans le pull croisé noir près du cœur
une main sur la peau
le baiser sur la main.

Le soir est si doux dans la chambre
quand les draps offrent l’empreinte du livre
les yeux mi-clos dans l’attente de l’ombre qui s’allonge
sur l’oreiller le poids de la tête dessine les rêves
tanguent les mots, s’agite le corps.

Il y avait un grand trait noir sous l’abat-jour du ciel
des jambes longues et silencieuses
des pas si lents au bord du lit
un genou à terre embrasse la main tenant le livre
dans l’amnésie/amnistie du temps.

 

 

20 novembre 2018

Libre

  

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 Le haras de Jardy 2018

J'avais envie d'air
de musique 
dans le silence de la rue
me vider de ce monde dévorateur
mes jambes voulaient s'en aller
défaites de moi
je les avais suivies jusqu'au bord de l'eau
sous mes pieds les cordes tendues s'assouplissaient
symétriques


Juste en dessous une rangée d'oiseaux
dans leurs vêtements blancs
un vibrato sourd et lent prenait possession de l'espace
étroit de ma tête
c'était le ciel qui s'entrouvrait
beau et chaud sur mon dos
derrière mon regard j'étais libre
libre et tremblante d'entendre les chevaux


La guitare à mes yeux devint femme
air voluptueux d'un temps marié
le long d'un voile d'or une ombre
peu pressée de s'effacer
prenant mon cou entre ses mains
se nouait au métal
caressé

 

 

19 janvier 2020

Autre cercle

 

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Une voix s'éleva d'un long souffle vigoureux

la lune nourrit tant d'ombres détachées du ciel
les volets que l'on tire créent l'invitation aux mirages

Quelqu'un est venu autrement que dans l'impuissance
yeux grands ouverts
naïveté souveraine 

Le bleu du ciel n'arrête pas le regard
nous marchons en dehors de la sphère
liant les corps et leurs noms

Serait-ce l'enfant si longtemps attendu ?
dans la gravité de la terre il avait choisi le jaune pâle du coma
entracte de l'aube
des éclairs habitent son visage 

J'ai posé ma main, là où repose l'esprit qui éclaire le monde
elle a ressenti les vibrations aux épaules de l'hiver
puis le mouvement
dans l'âme l'envie d'être dans le même train

 

12 décembre 2019

Le bruit du silence

 

 

Vous avez tracé des rails de lumière
Un point d'horizon et des maisons tout autour
Des gens qui dorment
Vous avez dessiné les mains le long du corps
De longues enjambées dans la lenteur d'un brouillard floconneux touchant à peine le sol
Vous avez déposé entre deux trains une forme qui fuit quand le pavé résonne aux carreaux

Rien de plus apaisant la main posée sur le monde

Vous avez enfermé les insomniaques derrière le tableau
De l'autre côté de la ville vous avez coupé les ponts
La tête que vous avez voulu bien faite respire l'isolement empêchant le voyage
Bouche muette au bord du chemin c'est une image dans l'image que vous avez décidé de poser
Ouverte à la pluie
A votre langue indicible

Habillée comme vous le souhaitiez
Nue sur le fer à la merci de votre crayon dont vous êtes propriétaire
La colère mange le coin de la rue que vous avez oublié

Tout est métallique
Mystérieusement tendu dans cette forme sans âme
Sans écharpe que votre main a le pouvoir de rayer comme une illusion
Puisque vous avez omis le banc sur lequel la poser

A quelle heure dans ce parfait silence cette rébellion du corps risque t-elle prendre vie ?

Une forme de pensée dont vous perdriez la maîtrise
Faudra-t-il la dissoudre en particules d'acier
31 octobre 2018

Je tais ces quelques pas

 

 

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Muets à la limite de l’illusoire
Sous un effet de robe et de parfum
Le parc au fond des rêves
Les mots changent de portes et de fenêtres

Histoire d’un souffle entre deux murs
Comme une vie arrachée au silence
Suis-moi effrayant torrent
Dans les cassures des miroirs

Que ne suis-je cristal sur un sable lisse
Sang silencieux sous les plis du fourreau
Veine bleue à la croisée des vents
Enroulée dans la pureté des glaces

 

 

8 août 2018

Exil

 

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Oeuvre de Monet  

 

Je suis exilée de votre solitude qui vous tue un peu plus chaque jour
Je suis exilée de vos silences quand leur poids voute mes épaules
Je suis exilée de votre monde lorsque vos yeux n'ont plus de lumière proches d'une mort certaine
Je suis exilée de votre vivacité à aimer l'insurmontable lorsque j'ai peur de vous suivre dans des jeux dangereux, des moteurs qui ronflent pour lancer des voitures à toute allure
Je suis exilée de votre présence quand vos rêves m'isolent alors que les miens sont autres
Je suis exilée quand votre langage n'est pas le mien, les bourgeois ne s'expriment pas ainsi, les femmes ont leurs propres mots, une élégance qui plait
Je suis exilée de vos secrets qui organisent notre vie alors que ne perle aucun indice
Je suis exilée de vos projets alors que le calendrier rythme notre vie commune et me rend si triste
Je suis exilée de votre regard lorsque vous fermez votre porte et que vous tournez en rond dans votre propre monde ne me laissant voir que votre dos lors du sommeil
C'est terrible l'exil, le fossé qui se creuse, l'absence ressentie, l'inutilité d'être, la vie en transparence
La mort rode et m'exile quand vous prenez la parole coupant la mienne mise en retrait de ceux qui nous entourent
L'exil ouvre la porte, sentez-vous le danger qui nous guette malgré l'amour que vous me portez
Sentez-vous ce courant d'air qui s'infiltre à notre insu quand j'écris ce mot déchirant je suis libre
libre de prendre un autre bateau 

14 juillet 2018

Traîne pas trop dans le vent

 

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Notre Dame de Mont

 

C'est toi qui cours là-bas
pigeon voyageur à ma recherche
je me souviens des murs clos
remets-toi au piano
les sonates t'attendent et mes chimères
j'ai dit que je reviendrai la nuit
sur le rocher lorsque la lune se posera

Je vole dans le ciel
j'ai dit que je me poserai
dans l'ombre où j'ai posé ma voix
j'ai pénétré la mer
les couloirs sous-marins
les viscères de la terre
j'ai dit que rien ne finirait
ce jardin au bout de la rue
nous l'arroserons d'eau de pluie
lorsque les années se poseront dans nos corps

Paumes ouvertes
j'ai couru la nuit jusqu'au port
la lune derrière les arbres
les étoiles au fond des yeux
je descends les échelles
saute les vagues
le vent sous mes jupes
je me souviens de mes fesses assassines
des mâts tout au bord
reine mer tempétueuse
le cri arrimé à l'anneau

Je veux encore sentir la gloire
qui farfouille mon cœur
au pilori porter ma couronne
brinquebalant mes jambes au ponton
mon frère avant de venir à toi
arroser les fleurs et les jonquilles
ils te diront quel bateau prendre
quand la nuit tombera
en langue d'oiseau jusqu'à ta porte

 

 

 

6 juin 2018

Parenthèses

 

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Les prés salés - La Teste de Buch

 

Les pas se perdent
Dans le chemin de vie
Le ciel oublie les ombres
Et leur marche dessus

Les jambes s’enfoncent
Les mots aussi au fond de la gorge
Ragent de ne pouvoir dire
Close la bouche se perd aussi

Les voix mâles encombrent l'air
Le château de cartes prend l’eau
L’écho est celui de l’esprit
Qui ne s’oublie pas

Derrière se cache une seconde maison
Une chambre
Forêt humaine
Visible seulement le soir
Le spectacle est terminé

Les yeux se perdent
Les yeux sont ronds comme l’animal de nuit
Phares des noctambules ils comptent les coups bas
Les heures comme la main compte ses doigts

Les mains se perdent
La pensée entre parenthèses
Paralyse le livre encore ouvert
Quand le corps se relève
C’est un clin d’œil à la vie
Dans le chemin de terre devenu sien

 

28 mai 2018

Trois petits délires

 

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C'est vide
rempli de lumière
roue libre de mémoire
cela palpite
cette tendresse
enrobe

Elle s'en ira comme le reste
page blanche du ciel
juste quelques bateaux
rejoignant le flou
la mer vit

La journée est devant
on s'enlace
mot pour corps
nous rêvons plus large
encore

Durant des heures
on va
on doute
on surveille les marées
le beige du sable
au pied de la mer
nous sommes seuls

L'air descend
les couleurs changent
le coeur se tait
les yeux encore nos yeux
de plus en plus serrés
il y a peu à dire
seulement voir la lumière

Peau
voluptueuse et fripée
l'air passe
la bulle est étanche
fin du bruit
une nuit d'étain
la traverse

C'est l'infini amour ce carnet
livré au tamis
entre murmures pressants
le soleil dort
la mémoire tourne
se mélange au passé

 

http://www.espacepoetique.com/Invites/Delage.html

 

9 octobre 2017

Fin du bruit

 

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Les prés salés - La Teste de Buch 2017

 

Ils volent si bas enfermés
trou blanc dans le silence
dédoublés dans le chemin perdu
le soleil dort
la mémoire tourne
poupée de soie au sourire éternel
juste des ombres faites de plumes
sanctuaire métallique trop près du monde
tournent sur elles-mêmes
puis le soir revient coucher les survivants
fêlure fine sous l’aile de l’oiseau
tu voudrais mettre de la musique
on ne sait pourquoi
alors tu coupes les roses fanées
sur un banc du jardin

 

 

 

26 avril 2018

Manège

 

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Auris en Oisans 2017


Le front collé au ciel
l'astre comme une source
ombre - lumière
noir et blanc
paupières toujours baissées
aveuglées, détournées
sous les pupilles le même fil rouge
frôle les rails de l'invisible
si près du sol
la main sur le feu d'une pente enneigée
compte les gestes automatiques
d'une horloge en fin de course


J'attends le murmure des vents
puis l'or du soir qui étincelle
ivre de soleil
c'est ainsi que je regarde le manège
des ombres qui s'allongent
lèvres closes
ce grand miroir ne change pas
immuable et secret
enfile ses vieux habits de cendre
pour un dernier tour

 

 

30 mars 2018

Apnée

 

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Saint Michel en Brenne

 

Au fond de la tasse c’est le froid
Tête renfrognée le regard grelotte
Qui respire ?
D’où viennent les bruits
Les pierres blanches marquées d’une croix
Les cortèges d’étoiles sous les paupières
Qui parle ?  

Je conjugue le verbe Aimer
Aimer la vie
L'attente
L'espérance
Je me souviens de tout
De l’animal qui dévore
et consume

La mémoire en désordre
La maison en apnée
Je me laisse glisser sous un nuage de lait
La cuillère sur le rebord de la soucoupe
Entre le pot de confiture et le bol de céréales
S'ouvrent le ciel ainsi que mes yeux 

Tout est clair maintenant
De l’arôme du café montent des bras
Ils tournaient dans un rond de fumée

.

27 janvier 2018

Tempête

 

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Arcachon 2017

  

Est-ce que la nuit a des portes
quand la lune ronde fuit
les nuages s'affolent

C’est lourd le mâchefer
l’embûche sous les pas
la circulation de l’eau
les odeurs chimiques et organiques
au milieu des décombres
sous les doigts la pluie dégouline

L’air froid fait partie des errants
tout s’arrête
il est temps de lancer les dés
dans un brouillard de plomb
et combattre la violence

Le ciel s’appuie contre un ballon gonflé d’hélium
je ne vois pas la vie
c’est l’océan que j’entends
écoute ! ses sabots résonnent

Nous aimerions ne pas porter la haine
mais le vent gronde si fort galopant
sans courage se rabat dans l'ornière
suspendues les mains se croisent et se décroisent

 

22 décembre 2017

A mon oncle

 

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gare des Bénédictins - Limoges - 21 décembre 2017

 

Pierrot de la lune
je me nomme en terre
Paix

Visage blanchi

éclairant le ciel
en vain les bras se tendent

la nuit descend
et je demeure
enfermé

Mon nom est mémoire

j'oublie les heures
les ombres et les corps
ne connaissant plus l'insomnie
le tic tac de l'horloge
le jour se lèvera

mes paupières toujours closes

Je n'ai plus peur

de l'ennui
de l'enfant perdu
derrière mes yeux
c'est le vide

et résonne
mon nom si fort


 

 

12 novembre 2017

Au chevet des saisons

 

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Saint Aignan - octobre 2017 

 

C’est une image qui revient sans cesse
cette incroyable précision, la main et le déhanchement
le pied aérien à peine posé au sol
une musique s’est tue sur le chemin sans aube
l’hiver a fermé les ponts
j’aimerais savoir où vont les couleurs de vivre
les vies et les voix
la lumière reflétée dans l’eau
les ombres qui marchent avec nous
où dorment-elles ?

En face de ma fenêtre un arbre a perdu ses feuilles
puis deux, puis trois gesticulent leur nudité
chair affamée de mains tendres
les trottoirs sont habillés de forêts déchirées
il y a cette agonie sur la route
la signature d’une saison qui a perdu son nom
j’aimerais faire un tour de manège le long des murs
me suspendre au cri des oiseaux
comme une eau dormante

Et l’eau que tout emporte
où respire-t-elle ? quand elle nous vole
un tableau  de Géricault
j’aimerais savoir pourquoi elle n’attend pas
l’engourdissement des feuilles
la pâleur des couleurs
le refroidissement de la peau
Pourquoi les fleuves se ressemblent
nourris d’étoiles et de boue ?

 

 

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