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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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26 septembre 2005

La poésie c'est quoi

Rentrer dans toi, laisse-moi t’embrasser sur la bouche et te l’écrire sur le sable avec des mots à moi la sensation que j’ai ressentie, un oiseau a perdu son espace, un oiseau sur la plage sans force emporté par la vague. Laisse-moi t’embrasser sur la bouche, une prise d’air, j’ai tant manqué de tendresse, une bouffée une seule, une communion, sécher mes ailes, enlever le poids d’un trop plein, m’envoler mon petit frère adulé qui pleure mon absence, m’envoler vers toi, là autour d’une croix. J'aime les barques pour leur rondeur, la forme prometteuse de la femme qui t'attend ce soir, laisse-moi t’embrasser. J'aime les poissons, leur glisse me fait rêver, te glisser en moi avec tant d'aisance, mon rêve tant de fois assouvi et l’ombre qui rode dans des tableaux pour me couper les ailes, me renvoyer sous un bosquet, la proie d’un chien. J’ai tant manqué de tendresse, voir des yeux révulsés et calmer mes doutes.

Je te cours après, tu me rattrapes, tu me cours après je te rattrape, cours vite elle va filer, cours vite il va filer, n’importe quoi nos mains liées sur le trottoir d’à côté nous avons laissé nos embûches. Tu sais avant une fusion il faut détruire un passé avec son corps, il faut détruire une musique et ne plus se la jouer avec sa tête, il faut gommer la cicatrice cachée tout au fond ou à fleur de peau, s’habituer à l’absence, l’absence du présent, l’absence du passé si proche signé des funérailles. J’ai tant manqué de tendresse et nos retrouvailles me font oublier le deuil, je me surprends au bonheur, je m’en étonne, quelquefois j’en ai honte, trop près de moi tout cela, un oiseau qui frémit au bonheur si tôt a-t-il droit au bonheur ? A coups d’électricité mon cœur reprend vie, j’ai tant manqué de toi, ils me manquent tant, mais à coups de butoir tu me réclames à la vie, à coups de plaisir mon cœur balafré devient lisse comme celui d’un enfant.

L’écriture du cœur couchée sur ce papier est celle de mon corps que tu étreins chaque soir, une bouche trop muette n’osant pas les mots. Laisser parler ses sens, la jouissance c’est tout simple, l’osmose des corps c’est facile, prononcer les mots je t’aime est aussi difficile que demander à une petite fille de se déshabiller devant un garçon, une pudeur qui dit non. La poésie c’est quoi, c’est tisser sur son clavier un mot déclenchant une tempête, celle qui vient du ventre, sa vérité celle que l’on ose écrire à l’inconnu quand sa pudeur dit non pour les prononcer à l’être aimé. La poésie s’est te dire je t’aime sur mon clavier là dans cet instant, c’est savoir que je serai lue, c’est savoir que tu devineras mes non dits sur mes lèvres quand elles resteront muettes à chaque baiser, quand mon corps dit oui, quand mon cœur dit oui, quand mes lèvres n’osent pas.

Lutin – 26-09-2005
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5 juillet 2005

Regrets

Regrets

Cœur à fleur de peau
Douleur à fleur de mots
Tant de fois noyée
Vous remontez à la surface

Lèvres touchées
Peaux calquées
Tant de fois mélangées
Vous attendez assoiffées

Corps tant de fois ployé
Mains vagabondes déliées
Tant de fois unis
Vous refusez l’amnésie
L’oubli de la danse de nos ombres

De mes pleins et déliés
Je vous écris nos souvenirs
La peau a encore soif
Le corps se souvient

Corps à fleur de maux
Mains nostalgiques liées
Et maintenant sans vie
Vous refusez la mélancolie

Je me noie sans vous
Je veux vous dire mes regrets
De ma langue déliée
Je veux vous dire mon combat

Dites-moi qu’il n’est pas trop tard
Sur vos flancs j’aimerais y passer la vague tout du long

Lutin revu le 18/03/2005

3 juillet 2005

Vie mon amie

Nostalgie je te renie

Je te maudis

Appel de la vie

Après tant de délires

Habits de grisaille

Au fond de mes ténèbres

Je vous bannis

Le froid est parti

Flûte traversière

Tout l’hiver tu m’as suivie

De tes souvenirs

Soit l’instrument de ma vie

De tes sons laisse ma mélancolie

Cœur sans ressort

Entend l’appel de la vie

Le temps des saisons te délie

De tes insomnies

De la mort sournoise

Hiver ne te retourne pas

Repart dans les ténèbres

Dans le froid de mes nuits

Fait toi oublier

Vie mon amie

Lutin 26/03/2005

2 juillet 2005

Prisonnière des sens

Amour

En toi je ne vois qu’un tout

De tes charmes je ploie comme liane

Yeux

Je les vois, ils pétillent, je m’y noie

Corps

Je le sens, l’ombre occupe mon lit

Peau

Je lui manque, ma sueur en est la preuve

Lèvres

Je ferme les yeux et cette humidité je la bois

Mots

Je décode  leur pudeur

Débat des pensées

Si souvent enchaînées

Au réveil du printemps

Vous pensiez renaître

Prisonnière des sens

Sous le soleil la lutte est mon quotidien

Sa caresse  rappelle ta main de velours

Me met sans dessus dessous

Réveil des sens

La sève du printemps

Monte en moi le désir

Tes yeux

Ton corps

Ta peau

Tes lèvres

Tes mots

N’ont plus d’éclat

Me font fuir mon lit

Tu es mort

Lutin 02/04/2005

1 juillet 2005

Les amants

Mains déliées tu es l’amant
Corps ployé je suis l’amante
La magie du masculin du féminin
L’oubli des tourments
L’horizon à quatre mains
Cœur à l’envers cœur chaviré
Nous sommes amants
A l’unisson nos cœurs battent

Puis vient le poids des mots
Ils effacent les traces de notre union
Corps à l’abandon

Corps solitaires
Nous nous tournons le dos
Lèvres muettes nous sommes fantômes
Pour des mots utilisés mal à propos
Restent les maux

La douleur de la peau
Le temps maudit est arrivé

Le mutisme m’asphyxie
J'attends le soleil levant
Il me soulèvera
M'emportera au firmament

Drapée de délires j’attends mon heure
Mon éternel recommencement
Cœur à l’envers cœur chaviré
Amants nous tentons une autre histoire

Mains déliées je deviens l’amant
Corps à l’abandon tu deviens l’amante
La magie s’est envolée
Les mots nous collent à la peau
Nous sommes amants d’une nuit
Sans explosion des sens rien que les prémices

Je suis l’amant

Tu es l’amante
Je te courtise pour faire renaître notre printemps
Je mendie tes mains qui ne se délient pas
Mon corps a soif

Le tien attend
Nous sommes amants d’une nuit
Je suis l’homme qui entreprend
Je m’humilie face à ton indifférence
Piètre amant mes mains de femme ne savent pas
Ce ne sera que simulacre de jouissances passées
Atrophie de nos sens

La magie est passée
Il me faut étouffer mes chimères
Déchirer les draps
Pour mieux te faire mourir
Pour mieux rebondir
Redevenir femme dans les bras d’un homme

Je suis l’homme tu es la femme

Lutin 08/03/2005

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17 août 2005

Après

Après

Magie passée
Etouffe mes chimères
De mes mains je dépouille notre amour
Je t’aime un peu…beaucoup… à la folie..

Restent les mots mon exutoire
Lavent mes tourments
Mots libérateurs le temps d'un poème
Effacent notre empreinte digitale
Le temps du deuil

Restent les draps à déchirer
Les oreillers tandem à jeter
Trempés de nos sanglots
Sceau de notre liaison

Parlent les souvenirs trop vifs
Rimes le temps d’un poème
Effets salvateurs du temps
Les sanglots deviennent murmures
Effacent notre empreinte digitale

Et un jour une clé libératrice
Les yeux grand ouverts
En apesanteur
Le temps d'un nouvel amour

Commencement de l’ombre
Au fond de ma mémoire
De mes écrits
Mes secrets
Dédiés
Aux cœurs sensibles
Le temps d’un poème
A effeuiller


Lutin 15/04/2005
26 septembre 2005

Papier peint

Papier peint

Sous l’ancien papier à fleurs vertes et roses il y a une couche de papier avec des motifs d’éléphants jaunes et une fine couche de papier marron. Elle n’a pas le mur impeccable il faudra gratter pour gommer le temps, la vie des autres. Les éléphants jaunes, la chambre de l’enfant qui a grandi et qui s’en est allé ailleurs laissant cette chambre à ses parents qui ont mis du marron pour éteindre leurs nuits dans le manque des éclats de rire. Maison bien triste quand le lien s’effiloche, tellement triste qu’ils en sont morts au fil du temps. Et les lieux reprennent vie, un papier à fleurs, un printemps pour ces murs, un havre de paix pour l’éclosion d’un nouvel amour, et au fil du temps superposer d’autres éléphants jaunes, la vie reprenant le dessus, un berceau au centre de la pièce. Elle n’a pas le mur impeccable mais assise au sol elle compte toutes ces couches de papier, elle égrène le temps et prend conscience que cette maison est remplie de souvenirs, elle ressent les joies, les larmes qui planent dans l’air, et elle reste là songeuse, arrêt sur image le temps d’un instant, le temps des émotions.


Lutin - 07/06/2005

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11 septembre 2005

Je compte les jours

Je compte les jours, peu de jours sont passés
Et déjà l’heure ne nous séparer je la sens
J’ai déjà vécu cette séparation j’en connais les prémices
Tout me parle, les yeux, les non dits, les odeurs, la sensation de l’absence
Tout me parle et me pousse à écrire, à ne pas me taire, exorciser les démons de mes nuits
Je compte les jours, et j’entends déjà tes pas dans la nuit éternelle
Je me sens faible, j’ai déjà vécu cette douleur j’en connais les prémices
Tu es au début d’un monde qui m’est inconnu, tu en comprends déjà les reliefs
Il me reste les nuits et mes éphémères écrits et notre terre à comprendre sans mes repères
Je regarde pour ne pas oublier le passage, l’apprivoiser
Je voudrais avoir la certitude qu’au début de ce monde qui m’est inconnu, l’autre attend
Je voudrais savoir si de tes pas en quittant notre terre les bras que tu attends sont bien là
Avoir la certitude qu’il existe pas loin la main tendue pour montrer le chemin, celle qui te manquait.
Je veux entendre tes pas dans la nuit éternelle, je veux en ressentir les échos, sentir les ombres.
Je me fais violence pour paraître sereine après mes nuits blanchies de souvenirs
J’ai la haine, et personne dans mes yeux ne peut comprendre la peur qui m’atteint
Je laisse mes mots courir en cachette sous mes doigts pour ne pas perdre la face
J’entrevois le fil du temps, de rage en silence je pleure, face au précipice je suis seule
J’ai peur ils ne sont plus là, il n’y a plus personne devant moi, et je sens mon tour venir
Mon ventre se déchire, ma poitrine est en feu, j’ai le vertige, est-ce les indices d’une fin prochaine ?
Je ne peux supporter d’être la première face à ce vide qui prochainement me happera
Je ressens déjà l’ombre qui m’enrobe, l’odeur de la mort, la présence de l'au-delà
Face au précipice, je ressens le poids du temps, et les pages éphémères de ma vie


En première ligne, je voudrais arrêter le temps


Lutin - 01/05/2005

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29 novembre 2005

Hommage

Même dans la vie, on se voit juste en transparence, un oubli d’identité quand dans le couple l’un prend le dessus.

Et un jour une descente dans une cave, une cachette précieuse, la mort pour la découvrir.
L’enfant devenu adulte met la main sur un trésor, la vie cachée de son grand amour, si doux, si…. Enfin tout ! L’ours mal léché, la force tranquille, sa façon à lui, cacher ses émotions, comme je te ressemble.

Tu me renverses, tu es beau, des photos en noir et blanc agrafées à des titres, elles sentent le moisi, ton odeur de maintenant, toi  brancardier, toi sauveteur spécialiste, toi secouriste, toi sauveteur spécialisé des accidentés et asphyxiés, super man de natation.

Je sais de qui je tiens, pourquoi tous ces secrets, toi mon père diplômé des compagnies républicaines, enfant je me serais tenue droite fière de toi. Ta médaille de Constantine que faisait-elle dans ce recoin, ces photos sous un verre à l’abri des regards, pourquoi ? Question à jamais sans réponse.
Je comprends maintenant tes heures dans cette cave, ta vie secrète.

Toi  ce grand sportif, ces certificats de natation, nous étions en compétition et tu ne m’as jamais rien dit ? Imagine les soirées dingues de deux sportifs amplifiant leurs exploits, un peu comme les pêcheurs et leurs poissons gros comme des baleines. Imagine les discussions, partager nos sensations comme deux complices avec le fils que tu n’as jamais eu.

Je me souviens un matin tu es rentré chancelant, et maintenant je retrouve l’enregistrement de tes blessures : Lésions avec hématome au niveau de la jambe droite et au cuir chevelu.

Une vie en sous-sol.

Au nom du Président de la République, que de découvertes, un père méconnu si et trop modeste.

Dans ton esprit pénètre l'esprit du corps disparu, tu as deux esprits en lutte, un domine l'autre, et le dominant c'est celui du mort. Quand on est mort tu ne sais pas à quel point l'esprit est fort. Homme vivant comme tu es faible face à la mort.

J’écris mes yeux plongés dans tes yeux bleus, l’impression d’un message, un sourire à peine dessiné, un regard profond, ton message, avance petite, avance tu es mon sang et je te veux forte, tu l’étais enfant, tu étais ma rebelle, j’étais si fier de toi, ne pleure pas, ne me déçois pas, fixe-moi encore sur cette photo je me concentre, rentre au fond de mes yeux prend ma force, fixe mon sourire encore sur cette photo je me concentre je t’envoie mon amour, je te donne ma force pour ta propre route. Prends soin de toi et de ma petite fille. Range ces photos je ne te veux pas de mal, mais garde les pour mes arrières petits enfants, ma façon à moi de veiller sur vous.

lutin - 28-11-2005

21 novembre 2005

Ta peau sur ma peau

Ta peau sur ma peau, notre différence écorche comme le frère en lutte avec l’inceste. Le besoin torturé d’en rajouter une couche, dans le noir, j’ai enfilé ton manteau, ta peau sur ma peau, j’ai éteint la lumière, une inspiration, l’odeur de ta peau, la présence de l’au-delà, ma main à la fenêtre, le voile glisse à fleur de peau là où l’empreinte est restée. Je regarde avec tes yeux au loin, des yeux noirs. L’emblème de notre ville brille, l’église où nous nous sommes rendus en famille tant de fois et une dernière fois. Je prie, je t’explique la vie d’ici, tes yeux si près. Des yeux bleus, l’emblème de notre amour, absents, et je mélange le passé et mon présent, mon vide. Des ombres dans l’obscur de mes pensées, je tâtonne, le pas hésitant, mes mains frôlent les murs, à chaque porte mon cœur palpite, la peur de l’ombre et l’envie, un mélange, la peur de la main qui me touche celle du mort ou du vivant, la sueur au bout des doigts je continue, la cuisine dans le noir, des odeurs de tartes aux pommes, de pain grillé, l’enfance jetée à la figure. J’ai ton manteau sur le dos, ton enveloppe charnelle.

Comme un fantôme aux cheveux noirs je parcours mon bien resté en l’état, ma chambre à droite je m’en souviens, les tentures bleues, mes enfants respectent notre vie, la chambre à gauche est vide, je pleure les lits de mes enfants, à la fenêtre je les cherche au loin. Dans mon manteau je suis le temps d’un instant la vie, sortie de l’au-delà dans la peau d’une autre. J’ai des lacunes dans cette vie terrestre, un trou blanc qui m’échappe, que s’est-il passé, peut être enlever cette peau tissée qui n’est plus mienne, rejoindre les morts, laisser les vivants faire leur œuvre.

J’ouvre l’armoire, dans le noir je sens la lavande, les effluves de leur vie, le linge bien rangé, je remonte son col contre mes joues, j’étrangle ma taille de sa ceinture, j’aime me faire mal, j’attends les émotions, les larmes, l’étouffement autour du cou, l’écorchure de la peau. Je reste plantée là dans ce couloir, le point de rencontre dans la bousculade du matin quand le réveil de ses aiguilles dit que nous sommes en retard pour l’école. Mes oreilles sifflent à trop vouloir entendre les voix, je serre le tissu de ton vêtement, te coller à la peau, je ferme les yeux dans le noir pour que le noir soit plus noir. De l’eau sur ma peau quand je me rapproche, j’ai froid aux mains, je pleure, un mélange, notre passé, mon passé, mon présent, un échec. Je resserre la ceinture de ton manteau, je fais un double nœud, sur mon ventre il se plaque et ma main tendue dans le noir tremble à attendre un souffle, et ma main tendue dans le noir attend une main secourable. Imprégnée de vous j’allume la lumière, je suis seule dans cet appartement froid. Avez-vous senti ma présence le temps d’un instant, je ferme délicatement la porte à clef, rejoindre mon vide à moi, mon appartement, fermer les yeux, attendre la couleur de tes yeux bleus dans ce monde peut être. Prendre du recul dans la lumière.

lutin - 20-11-2005

7 octobre 2005

Ma nuit est un rêve

Ma nuit est un rêve
Présence virtuelle qui réchauffe mon cœur
Tes bras m’enlacent jusqu’au matin
Tes mains accompagnent mes fantasmes
Baisers si doux dans mon cou bercent mes songes

Un baiser de trop au petit matin
Un clin d’œil à la fenêtre
Le soleil s’est levé tu n’étais qu’un rêve
Ma hâte une autre nuit un autre rêve
Te retrouver à mi chemin
T'entraîner par la main le matin
Dans la réalité
Te transposer sur la plage

Ne pas être impatiente
Savourer l'instant
L'ivresse des mots
Tu me le dis si souvent
Mon corps est une tempête
Les vagues déferlent
Aucune digue ne peut les retenir
Tenir tête aux flots
Mes sens ne peuvent pas
Résister à la dérive
Sous ton joug je ne peux
Trop d’envie

Ta main sur ma peau
La musique de ta voix
Un raz de marée
Yeux clos
Ivre de plaisir
Je me laisse aller
Boire la vie comme elle vient
Sans retenue
Des étoiles plein la tête
Sur la plage je savoure
La brûlure de nos peaux
Trop d'amour

Lutin - 07-10-2005

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17 septembre 2005

Prisonnière des sens

Amour
En toi je ne vois qu’un tout

De tes charmes je ploie comme liane

Yeux
Je les vois, ils pétillent, je m’y noie

Corps
Je le sens, l’ombre occupe mon lit

Peau
Je lui manque, ma sueur en est la preuve

Lèvres
Je ferme les yeux et cette humidité je la bois

Mots
Je décode leur pudeur

Débat des pensées
Si souvent enchaînées
Au réveil du printemps
Vous pensiez renaître

Prisonnière des sens
Sous le soleil la lutte est mon quotidien
Sa caresse rappelle ta main de velours
Me met sans dessus dessous

Réveil des sens
La sève du printemps
Monte en moi le désir

Tes yeux
Ton corps
Ta peau
Tes lèvres
Tes mots
N’ont plus d’éclat
Me font fuir mon lit

Tu es mort

Lutin 02/04/2005
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16 septembre 2005

Amour ou Possession

Amour ou possession

Cent ans déjà

Tant d’hommes

Tant de solitude

Jamais la paix du corps

Jamais une nuit sans regrets

J’ai cent ans mon amour

La peau tu la prends ailleurs

La bouche tu la mords ailleurs

Le fruit tu le manges ailleurs

Cent ans mon amour

Une peau délaissée

Une bouche desséchée

Des vérités entendues

Un fruit défendu

Attendre cent ans

Pour une main d’enfant sur ma peau

Entendre ta jalousie

Déversée une nuit durant

Et ta main dans le fruit ailleurs

La mort mon amour

Sous d’autres cieux partir

Fin de nos jalousies

De nos possessions

Pieds et poings déliés

Une mort sans toi mon amour

Une vie à toi

Une fleur à saisir ailleurs

Lutin 06/09/2005

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7 septembre 2005

Amour ou Possession

Amour ou possession

Cent ans déjà

Tant d’hommes

Tant de solitude

Jamais la paix du corps

Jamais une nuit sans regrets

J’ai cent ans mon amour

La peau tu la prends ailleurs

La bouche tu la mords ailleurs

Le fruit tu le manges ailleurs

Cent ans mon amour

Une peau délaissée

Une bouche desséchée

Des vérités entendues

Un fruit défendu

Attendre cent ans

Pour une main d’enfant sur ma peau

Entendre ta jalousie

Déversée une nuit durant

Et ta main dans le fruit ailleurs

La mort mon amour

Sous d’autres cieux partir

Fin de nos jalousies

De nos possessions

Pieds et poings déliés

Une mort sans toi mon amour

Une vie à toi

Une fleur à saisir ailleurs

Lutin 06/09/2005

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15 septembre 2005

Après

Après


Magie passée
Etouffe mes chimères
De mes mains je dépouille notre amour
Je t’aime un peu…beaucoup… à la folie..

Restent les mots mon exutoire
Lavent mes tourments
Mots libérateurs le temps d'un poème
Effacent notre empreinte digitale
Le temps du deuil

Restent les draps à déchirer
Les oreillers tandem à jeter
Trempés de nos sanglots
Sceau de notre liaison

Parlent les souvenirs trop vifs
Rimes le temps d’un poème
Effets salvateurs du temps
Les sanglots deviennent murmures
Effacent notre empreinte digitale

Et un jour une clé libératrice
Les yeux grand ouverts
En apesanteur
Le temps d'un nouvel amour

Commencement de l’ombre
Au fond de ma mémoire
De mes écrits
Mes secrets
Dédiés
Aux cœurs sensibles
Le temps d’un poème
A effeuiller


Lutin 15/04/2005
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13 septembre 2005

Ma peau

Ma peau
J’ai peur, elle tremble
Remplie de craintes se replie

J’ai froid, elle frissonne
Grelotte lorsque je suis mal

J’ai chaud, elle sue
Transpire lorsque je suis fiévreuse

A la sortie du bain, elle ruisselle
Sèche à la chaleur de nos corps

Tu es là
Elle tremble, frissonne, sue, ruisselle
Vibre à la chaleur de ta main
Grelotte, transpire
Et perd pied

Ma peau est mon image
Ne cache pas ses envies
Et rougit au cœur de notre désir

Ma peau est notre reflet
Elle est l’empreinte de notre union
Je suis le recto
Tu es le verso
Page indissociable

Ma peau est un livre ouvert
Ne cache pas ses souffrances
Et pâlit à l’abandon de nos nuits

Je suis le recto
Qui a perdu son verso
Page déchirée
L’instant de mots trop fiévreux
Cœur arraché

Tu reviens
Tu trembles, frissonnes, sues, ruisselles
Vibres au balancement de mes hanches
De nos mains nous tournons la page
Nous commençons une autre histoire

Tu lis le recto
Je lis le verso


Lutin – 22/04/2005
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9 septembre 2005

Alliance

Alliance

Ta jeunesse fut miel
A la rencontre de ton bien aimé
Ta peau fut douce
Sous le joug du seul amour de ta vie
Ton corps s’est embrasé
A une époque où les gens bien nés n’avaient que mari

Ta vie fut sans surprise dans ses habitudes
Lassitude du temps
Ta peau fut soumise
Sous l’emprise du seul homme de ta vie
Ton corps fut docile
A une époque où les gens bien nés se pliaient

Ton déclin fut rancœur
Quand vos corps se sont échappés
Vos sentiments éteints
Un trop plein de monotonie
Une vie sans surprise
Rien que la grisaille d’un ciel sans étoile

Ton crépuscule fut larmes
Quand son corps s’est dérobé
Tourné vers d’autres cieux
Tes sentiments décuplèrent
Quand son corps s’est embrasé
A une époque où les gens bien nés pleurent à tout jamais

Ta nuit est souffrance
Maintenant que ton corps fuit
Accrochée à la vie tu résistes alors que tu voulais en finir
Depuis mon enfance je m’en souviens
La peur au ventre tu luttes
A une époque où les gens bien nés acceptent les flammes

Main tendue le cœur de sa jeunesse te montre le chemin
Sans crainte mêlez vos cendres
Comme vous avez su mêler vos corps
Embrasez-vous
Ne commettant pas les mêmes erreurs
A une époque où les gens bien nés ne brisent pas l’alliance

Lutin – 13/05/2005
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6 septembre 2005

Attente inhumaine

Attente inhumaine


Des pas montent l’escalier
Les voix continuent de monter
Cœur palpitant, les pas s’arrêtent sur le palier
Cœur à l’arrêt, les voix continuent leur chemin
Etre l’épuisement d’une attente inhumaine
Le regard tourné vers le ciel
Face à cette lune qui éclaire une chambre désertée
Les nerfs à fleur de peau
La tête entre les mains elle broie ses souvenirs
Laisse rouler ses larmes sur le plancher
Dépossédée d’elle-même
Derrière ses rideaux blancs qu’elle froisse
Dans l’espoir d’entrevoir l’ombre de ses pas
Elle est la douleur inhumaine
Elle compte les heures
Se raconte des chimères
Ne plus entendre les pas
Ne plus entendre les voix
A l’écoute du silence
Seule à genoux
Elle demande à dieu pardon
Une nuit trop longue l’écrase
Elle ne peut résister à l’au-delà
A l’aube aux premiers chants des oiseaux
Quand le soleil naît à l’horizon
Un corps épuisé gît sur le plancher
Les yeux clos vidés d’attente inhumaine

Lutin – 25/06/2005

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5 septembre 2005

Musique

Musique


Musique maestro

Que la fête commence

les mains s’enlacent

Yeux complices

Corps unis

Sous le ciel étoilé

Chaleur des sens

Crescendo

Passion

Explosion assurée

A l’ombre d’un ciel de lit


Ecoute funèbre

Pantins que nous sommes

Bras ballants

Unis de solitude

Désunis d’amour

Raconter au vent et à la nuit

La folie de mon désir

Larmes obscures

Que le sable et le vent

Nous séparent

Nous voguons

Epaves

Dans un enfer d’acier


Lutin – 03/07/2005
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2 septembre 2005

Mensonge

Mensonge

Je ne voudrais pas te voir souffrir
Je sens le poids des mots
Je forge une histoire porteuse d’espoir
Ta fin mérite un conte
Ma légèreté n’est que tromperie
Dans ton monde aucune différence
Tu te contentes de mes mensonges
Acharnée tu crois tous mes mots
Tu les gobes
Ainsi va le monde
Ta nuit tombe peu à peu
Ta fragilité mérite ma protection
Tout en douceur l’envers du décor est tien
Dans ton regard je ne veux pas l’ombre de la peur
Laisse moi tes angoisses
Crois en mes mensonges
Je me les récite y met l’intonation
Pur amour
Milliers de mots pour te dire que la vie continue
Que ce passage n’est qu’une écorchure
Dont tu oublieras les plaies
Juste une cicatrice
Pour te rappeler le frôlement d’un autre monde
Je ne voudrais pas te voir souffrir
Tu as pris tes distances
J’ai pris ma plume
Ecrit ma peur
Je t’ai raconté mon roman
Dont tu as aimé la fin
Tu as souri
je sais que mes mensonges embellissent ta fin
Je pleure simplement, mes histoires ne sont que fables
Dont je ne suis pas dupe
De mon apparat, yeux maquillés, sourire rassurant, des mots trop de mots
Dont tu es dupe
Plus rien m’importe juste ton regard confiant dont je suis fière
Face à mon imposture tu as cédé à la peur
J’aurais encore besoin de parler de raconter…
Intarissable mensonge je suis mensonge
Pour ta paix face à l’inévitable
Je quitte mes habits de théâtre loin de ton regard et je pleure
Me vide de ce trop plein qui est le mien
Pour mieux mentir raconter consoler
Les nuits de folie sont miennes
Ne pas savoir est mon but je te protège
Mourir cela n’est pas difficile
Quand le mensonge raconte ton futur
Plus tard je raconterai ma folie au vent à la nuit étoilée
Je demanderai pardon à l’esprit céleste
Pour la bonne cause je serai absoute
Plus tard je demanderai aux miens de m’accompagner en toute franchise
Lucide maintenant je suis fière de leur promesse
A mon déclin cette imposture se reproduira
Ne voulant pas quitter les miens je serai prête à écouter leurs boniments
De leurs discours je me gargariserai
Mensonge, ils seront mensonge
La peur du néant toujours et pour tous sera le mien

Lutin - 20/05/05

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1 septembre 2005

Le fil

Le fil

Une vie sur le fil du rasoir
Et moi qui perds le fil

J’ai pris ma plume et je suis ici
A brosser ta vie
A livrer la mienne

Sans fracture la trame de ta vie
A résisté à toutes les embûches
Esprit simple d’une éducation rigide

Discipline qui résiste
Comme on lisse ses draps
Chaque matin sans question
Le visage jamais chiffonné

Les déchirures sont miennes
J’étouffe et j’étire l’étoffe
Textile fragile je m’écoute écrire

Angoisse qui comprime le cœur
Comme on froisse un tissu
A trop tirer la trame
Je ne suis que déchirement

Une vie sur le fil du rasoir
Et moi qui dénoue le fil
Une corde autour du cou m’étouffe

Lutin - 25/05/2005
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31 août 2005

Derniers instants

 

 



Ecrire à peine
Vivre dans un déséquilibre excentrique
Suspendue aux battements de ton cœur
Tête hors de l'eau
Des gouttes d'eau s'écoulent
Elles ont un goût de sel
C'est la mer


Etre tendue extrêmement tendue
Toute ta chair marécageuse se retire
Et mon corps qui veut vomir


Ton regard creuse mes yeux
J’attends un dernier signe
et ton silence

 
Que finissent ces derniers instants
Ce n'est rien
Sur mes joues
Des gouttes d'eau s'écoulent
C’est la mer

Non je ne pleure pas



Lutin – 28/05/2005

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20 août 2005

Attente

Attente

Je repense à hier soir, à la nuit que j’ai passée, j’en décortique tous les instants
Quelle est la part de beauté, de l’ignorance
J’attends tes mains, celles entreprenantes, j’attends
Suspendue à tes lèvres j’attends, être écartelée, envahie, j’attends
L’insupportable manque de tes mains, j’attends en vain

Je rage de ton calme absolu, de ma fougue impérieuse, j’attends
De mes nuits sans sommeil, mains agissantes, corps assoiffé, j’attends
J’attends tes mains, l’écho de mes doigts qui oeuvrent pour ton plaisir

Me voici chienne, je suis prête, tendue infiniment tendue, j’attends ta venue
Tes mains tu les tends loin de moi, ma peau n’est pas lépreuse
Tes doigts fuient, ma peau n’est pas lépreuse je te le jure
J’hallucine ma peau tu la crains mon intimité te rebute, je sens cette répulsion
Je n’attends qu’un retour charnel, peau contre peau à défaut de cœur contre cœur

Pour ton plaisir je me damnerais, boire ton eau comme chienne je le peux
En un ultime geste de la main je t’emporte dans cette petite mort
Mais j’attends un juste retour, la fureur de tes mains là, t’en souviens-tu ?

Je vis dans le mélange de notre passé, de notre présent, de mes regrets
Tu n’as plus de mains, j’en ai pour deux

J’en fais le constat celui qui oublie jouit plus que celui qui se souvient


Lutin - 06/05/2005

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16 août 2005

Une histoire de fous

Une histoire de fous

Je suis
Tu seras
Entre nous le gouffre

Je suis l’ardeur de mon passé
Tu es l’élan de ton futur
Dieu ne sait pas bâtir de ponts

Je suis une page d’un long récit
Tu es le commencement d’une histoire
Entre nous le poids des traditions

Je suis l’expérience automnale
Tu es la représentation de mon printemps
Dieu ne sait pas fusionner les saisons

Je suis l’ardeur du temps qui passe
Tu es la nonchalance de ton présent
Entre nous la course du temps

Je suis la maturité
Tu es la fragilité
De nos mélanges je veux te donner ma force

Je suis liane sous ton poids
Tu m'emportes en dehors du temps
Dans nos ébats plus de saisons

Nous sommes une histoire de fous
Ton souffle transporte mon élan

Attendre la suite des évènements

L’histoire jugera

Lutin – 19/06/2005

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5 mars 2013

De peur que les fantômes ne la rattrapent

    

 

Elle aimait ces marches de pierre ornées de haies soigneusement taillées, elle aimait les paysages gris et noir aux décors verticaux, l'absence de soleil, la brume qui descendait jusqu'à la route effaçant la géométrie de l'espace, elle l'accompagnait de la main, s'y appuyant quelquefois, elle suivait le muret, l'ardoise des toits, les voitures en contrebas. Ses yeux guettaient le vent et ses détours jusqu'au clocher perdu. De terrasse en terrasse elle se déplaçait comme l'oiseau au sol émiettant quelques cailloux du pied, fuyant le promeneur. Elle aimait se suspendre au froid de l'hiver, griffer les murs pour en sortir la lumière blême de la rue, les nuages bourdonnant à l'intérieur de sa tête. Elle était une chanson dans quelques bulles d'air, toujours rêveuse elle se laissait porter de peur que les fantômes ne la rattrapent. Elle aimait la transparence des flaques d'eau ne se lassant pas de regarder les façades à l'aplomb du ciel tout en écrivant le monde derrière sa porte. C'était juste après la grande maison entre les statues, là où la pierre forme un creux dans lequel se blottir, qu'elle attendait le printemps, une légère auréole bleue serrait ses chevilles.

 

 

lutine - 05-03-2013

 

 

 

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