Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Albums Photos
Publicité
Archives
Publicité
9 novembre 2005

La flamme

implorante1
Une flamme jaillit
Une vie
Notre harmonie
Une étincelle
La communion de l’enfant
Son sourire
Notre partage

Une flamme vacille
Ma peine grandit
Mon cœur étouffe
Vous dire sa réussite
Sous d'autres cieux
Je ne le peux
Et mes yeux pleurent

La flamme de la colère s’est éteinte
Solitude du sang je te côtoie
Un cerveau anesthésié absorbe le superficiel
Le plus grave il ne l'intègre pas
Une vie dans l’ombre
Nos absents sont si présents
Et mes yeux pleurent.

La rébellion m’a quittée
La cire se consume
La mèche qui me tient à la vie s’amenuise
Des heures comptées
Je passe mon chemin le long du temps
Mon sang s’enflamme d’amour
Fuit les querelles

Des fleurs colorent vos tombes
Mes mots racontent le monde des vivants
Nous partageons sa réussite
En secret nous communions
Un éblouissement
Et mes yeux pleurent.


Lutin - 07-10-2005
.
.
.
Publicité
13 novembre 2005

Cauchemar (1)

cauchemar1

Le silence, le poids des ans ancré tout au fond comme un bateau naufragé rouillé de plus en plus pesant, le silence appelle le silence, un mutisme contagieux. Une perte de parole, l’oubli des mots, une désincarnation sournoise de sa personnalité. S’effacer face au désabusement, puis la douleur au fond, j’y suis. La peur du mot, de son sens, de son interprétation, la lutte de deux êtres décortiquant chaque syllabe à en perdre le fil. Les heures s’égrainent dans la confrontation, dans la masturbation intellectuelle. Rendre les armes celles qui lient le cerveau à trop torturer les mots, les phrases, décortiquer l’âme jusqu’au vertige, l’épuisement, et le sommeil qui happe refoulant l’orgasme, un corps à bout ne pouvant plus répondre, ne pouvant plus jouir, rentrer dans la nuit le froid au sexe. Rentrer dans le sommeil, laisser les heures faire leur œuvre et se réveiller le cœur vide le sexe asséché. Une envie prendre chaque touche du clavier les jeter en l’air, les laisser retomber au sol dans un ordre bien précis, au secours !

Lutin - 13-11-2005

.

.

.


17 novembre 2005

Cauchemar - fusion

le_sculpteur_et_sa_muse

Le silence, le poids des ans ancré tout au fond comme un bateau naufragé rouillé de plus en plus pesant, le silence appelle le silence, un mutisme contagieux. Une perte de parole, l’oubli des mots, une désincarnation sournoise de sa personnalité. S’effacer face au désabusement, puis la douleur au fond, j’y suis. La peur du mot, de son sens, de son interprétation, la lutte de deux êtres décortiquant chaque syllabe à en perdre le fil. Les heures s’égrainent dans la confrontation, dans la masturbation intellectuelle. Rendre les armes celles qui lient le cerveau à trop torturer les mots, les phrases, décortiquer l’âme jusqu’au vertige, l’épuisement, et le sommeil qui happe refoulant l’orgasme, un corps à bout ne pouvant plus répondre, ne pouvant plus jouir, rentrer dans la nuit le froid au sexe. Rentrer dans le sommeil, laisser les heures faire leur œuvre et se réveiller le cœur vide le sexe asséché. Une envie prendre chaque touche du clavier les jeter en l’air, les laisser retomber au sol dans un ordre bien précis, au secours !

La pression monte, la peur de l’explosion des mots, de la porte qui claque. Fuir dans le sommeil la séparation des corps, un vieux couple vivant leur dernière heure. La nuit n’est pas de tout repos, remonte un brassage de tous les silences, les absents frappent ma tête avant d’entrer et prennent possession de quelques cellules de mon cerveau alors que d’autres sont envahies de nos discours sans fin, sans amour, elles en font un film d’épouvante, un fou séquestre une folle dans son appartement, une nuit durant une torture morale, deux êtres hagards rampant laissent couler sur le carrelage un vomissement de mots, et ces fous les ravalent pour mieux se les resservir. Une camisole, calmer la peur. Mal de tête, palpitations du sang, sortir de l’enfer, ouvrir les yeux. Il fait nuit, deux corps séparés chacun dans sa cellule, dans sa propre chair. Je le sens, je l’entends enfoncer les touches du clavier, la musique dans ses oreilles grésille, mes sens en éveil je pourrais presque lire les mots qu’il couche sur l’écran, une vie ratée, l’avenir seul, la séparation, nous n’aurons pas d’enfant, un ton sarcastique.

Le sang tape mes tempes, j’ai mal. 4 heures du matin je fixe le mur, l’abat-jour, deux tableaux en émail de Limoges, une rose rouge desséchée devenue noire, cinq mois déjà, un cœur à vif, et les absents présents dans mon sommeil prennent maintenant possession de mon éveil. Une envie me lever, une photo en noir et blanc, je suis à Limoges dans une poussette, ma robe brodée offre au soleil mes cuisses potelées levées pour mieux toucher mes pieds, le jouet préféré du bébé qui découvre le mouvement. Deux enfants sont accrochés à cette poussette le centre de gravité d’une famille unie, une dame élégante en chapeau veille sa couvée, c’était le temps du bonheur. Des photos de couleurs des filles en compétition, miroir qui est la plus belle, et une mère au regard assombri éclaboussée par la jeunesse de ses enfants arrogants, aller au cimetière. Là encore un interdit, là encore attendre qu’ils reprennent place dans leur cellule du jour. Attendre 9 Heures du matin.

Il est 4 heures du matin, il a coupé l’ordinateur, je fais semblant de dormir, il n’est pas dupe, plus d’envie, ne pas parler, ne pas être touchée, ne pas devoir dire non, les mots le danger des mots qui séparent les corps. A force de te chercher je me suis perdue, tu me manques. Il est 9 heures du matin, je me lève, ne pas être touchée, je fuis le lit, une cassure, la cassure du sexe, le silence, un amour désincarné. Donne-moi de la légèreté je ne veux pas en rester là. Il suffit de peu, une main, une main tendue, une bouche sans maux. Il est 11 heures, l’heure de la réconciliation, j’ai mal à la tête, des cellules déshabitées de mes cauchemars.

.

.

.

25 novembre 2005

Fruit défendu

dali_leda_atomica

Mes seins si bien installés

Un promontoire

Attendent ta main

Ma peau de velours

Une pêche à cueillir

Dans ce fruitier

Vibre

...

De tes mains

Touche quelques cordes

L’ombre de tes doigts

Au bout de mes seins

...

Douce ombre

Contemple l’effet

Deux boutons brillent

Des étoiles

Un septième ciel

...

Ce soir

Je t’en prie

Ma fleur de lys

Attend

Une peau de pêche

Un autre fruit

...

Je t’en prie

Etanche ta soif

Au cœur de ce calice

Je suis une femme simplement

Sans voile

Et mon regard se voile

Tes doigts au bout de mes seins

Au creux de mes reins

La main dans le fruit

Défendu

lutin - 24-11-2005

26 novembre 2005

Une balle en plein coeur

rosemorte

J'ai écrit ce texte en colère quand des superficiels ne savent pas de quoi ils parlent

Dans mon vase une rose morte, une rose rouge recueillie délicatement sur un cercueil, je connais la mort, je ne l’invente pas, je la regarde chaque matin à mon réveil, chaque soir avant de me coucher, je n’invente pas la mort, elle me côtoie, me colle à la peau.
Moi vivante une balle en plein cœur, une morte vivante, l’esprit au-dessus de nos médiocres vies.
Je ne l’invente pas la mort je la vis.
Je meurs chaque matin à la sonnerie de mon réveil, un pas devant l’autre, un pas vers la mort, puisque chaque matin j’ai pris un jour.

Une rose se reflète dans un miroir, chaque jour sa couleur s’assombrit, sa robe rouge devenue noire, ses pétales souples devenues si dures comme la mort me confirme que nos morts ont pris la même teinte, le noir de la peau, le noir des os devenus cendres, une poudre à prendre dans les mains à jeter en mer.

Une rose morte chaque matin me salue quand je me traîne vers la cuisine, une rose morte, son clin d’œil, je suis une morte vivante.

Assise sur un banc recroquevillée je meurs de tout, d’un trop plein sur mes épaules, d'un trop vu, des corps défaits, l'écho des cris de la douleur, le sol se dérobe, mes pieds glissent.
Une fleur desséchée dans mes mains celle du vase qui me suit là où mes pas me guident pour me rappeler qu’elle est morte en même temps qu’eux, et qu’elle est ma destinée, celle qui sera présente un jour. Nous avons un jour tous un jour de trop.

La porte de la souffrance c’est celle que l’on entre-baille quand la maladie arrive, quand le corps se délabre, alors qu’une balle en plein cœur laisse le souvenir de la beauté, c’est celle qui reste grande ouverte quand il est trop tard, celle qui ne se referme jamais quand sa propre mort fait un signe comme un aimant, un éclair qui t’électrocute te laisse à terre.
Une chair dans la douleur se fripe à vue d’œil à prendre cent ans en une seconde, la mort c’est cela, tu n’as pas le temps de décider, le temps de prendre la pose.

Des mots impossibles à lire sur une plaque dans ce cimetière :
un nom, une date
vous hier si vivants
je suis en train de mourir
je vous regarde
je regarde la vérité celle que l’on invente pas
une rose rouge à la main
la vôtre
la mienne pour bientôt
un clin d’œil qui ne trompe pas

Suis-je vivante ?
Je n’ai pas la réponse
Si je suis vivante, une balle en plein coeur, s'il vous plait, je ne joue pas, je n'invente rien, je le veux.

lutin - 25-11-2005

Publicité
10 décembre 2005

Boîte de Pandore

prom_th_e_encha_n_1

J’ai ouvert ma boîte de Pandore
Un feu sous la peau
J’ai ouvert sur le monde
Mes états d’âme
Insufflé mes pensées
Des mots si faciles sur le papier
Si durs les yeux dans les yeux

Lâche j’ai confié au monde mon amour
Sans pudeur j’ai donné mon corps
Lâche mes écrits n’étaient pas vains
Une écoute
Celle du monde
Mais toi mon amour tu as lu
Tous les mots criés à la face du monde
Rien que pour toi
Je les ai déposés sur place publique
J’ai crié mon amour sur le parvis de Notre Dame

Deux chandelles près de l’âtre
Et nos yeux
Notre guerre à tous deux
N’ayant pas la force des mots
On s’abandonne

Lève les yeux
Au ciel comme laser
Mes mots brillent
Incrustent la voûte céleste

Je ferme ma boîte de Pandore
Un feu habite mon cœur
Je ferme sur ce monde
Mes états d’âmes
Insuffle au fond de moi la pudeur

Décision douloureuse
Mes yeux dans mes yeux
Courageuse je confie mes chaînes
A mon lit glacé
Mes écrits vains
Je confie mes peines
A Dieu


lutin - 09-12-2005
.

14 décembre 2005

Oppression 2

caressereve

Un déplacement d’air dans le noir de la nuit
aveugle paupières ouvertes
un bras cintre ma taille une main
sur mes lèvres une odeur
mon bras tendu en fuite

Une fenêtre ouverte le tremblement de ma peau
un bras retient un cœur affolé
il fait froid le corps est chaud
un vêtement frotte mes reins une oppression
je dessine l’ombre de mon lit la présence impétueuse d’un courant d’air
glissé sous mes draps

Un rideau se soulève le tremblement d’une paupière
ombres chinoises de la chambre des livres
au sol
je tends le bras l’ombre de mon lit est froide
il fait si froid dehors
comme d’habitude j’enlace nos bras à attendre la moiteur de nos peaux

Un déplacement sous les draps un sexe chaud
guerrier de nos nuits à la conquête du bras tendu
paupières ouvertes dans le noir de la nuit
fenêtre close une enveloppe cerne le bord du lit
tes bras crispés sur mes bras tendus et les corps s’abandonnent
sans pardon

lutin - 13-12-2005

.


21 janvier 2006

Oublier

rodin_douleur

Une ville et son quartier trop petit
un écran plat branché sur la vie
fenêtres closes elle a tiré les volets
le refus de la lumière
des ombres qui pénètrent la pièce
une façon de couper le lien.

Volets fermés elle se voile la face
ne pas savoir que la vie a repris sur le trottoir d’en face
spectatrice d’un rythme qui n’est pas le leur
elle a fermé les yeux.

Oiseau en cage elle a posé toutes les barrières
spectre d’elle même
elle tombe dans l’oubli

Elle aimerait embrasser la douleur
devenir bohémienne
sur un banc y laisser ses lambeaux

lutin - 21-01-2006

26 janvier 2006

Duo

le_baiser

Le soir se penche doucement
Gorgé d'effluves sucrés
D’une musique ambiante nous nous entourons
Juste un clair de lune filtrant sur la couche
Des pépites d’or éclairent nos visages
Un voile céleste nous protège de ce monde
Une pression de la main
Et le désir latent monte
Nos mains se touchent au rythme des sons
Chaque note plus aiguë stimule nos sens
Nos paumes se rejoignent et s'épousent sur la courbe du temps figé
Aux creux de nos mains des perles de sueur déclarent nos envies
Dans l’ombre nos doigts apprivoisent l’inconnu
En pays de reconnaissance nous nous cherchons
Notre chair s'embrase et se pose sur la page immaculée
Nous lui prêtons nos lèvres gémissantes gorgées de notre sang
Notre souffle empreint du manque s’abandonne
Deux virtuoses un jeu à quatre mains
L'écorce gémit de plaisir
Ton souffle au creux de mon cou rythme mes gémissements
Vent fébrile délace nos angoisses emmêlées
A l’unisson nos mains s'aventurent à la lisière de l'interdit
Nos reins se creusent au clair de lune
Deux corps s’unissent
Yeux clos à l’écoute du chant de leurs ondes
Nos corps embrassés palpitent

Echo de l’aube un rayon de soleil filtre sur la couche
La musique s’est tue mais murmure ses sons au creux de nos reins
Nos corps continuent le rythme de notre danse
Notre souffle geint de tant d’extase
De nos veines épousées le temps d’une nuit nous avons signé une vie

lutin et... 19-01-2006 (un thème pré-défini, un duo, allégé de mots démodés et pompeux  - A ne plus faire pour garder sa personnalité)

28 janvier 2006

Distance focale

83volets

Distance focale



Une maison en face qui fut mienne, la maison de l'enfance où se forge le cœur, où s'incrustent les souvenirs sous la peau comme un tatouage indélébile. Elle me tend les bras, des inconnus la violent, j'ai été infidèle, je l'ai vendue comme on vend une esclave.

Ses volets s’ouvrent et se ferment comme des clins d’œil, un appel au secours.
Chaque soir en silence son langage morse m’attire à la fenêtre et je ne peux plus rien pour elle pour eux et mon enfance violée. Esclave elle doit se soumettre.

Nous jouions aux dames, aux petits chevaux, aux dés. Pile tu gagnes face tu perds. J’ai tant gagné à genoux dans le salon sur cette table basse. Au casino des jetons en brassées de fleurs convertis en monnaie sonnante et trébuchante nos murs seraient miens.

Des odeurs de tartes aux pommes et de thé au jasmin embrument mes yeux.

Je me love une cuillère à la main, côté face préserver en son creux les liens tissés, fuir le côté pile terrain glissant qui efface les souvenirs.

Je suis à la fenêtre, des ondes transportent mes émotions, les murs me reconnaissent, une chaleur transperce les volets clos, il est minuit, le temps d’une nuit nous prenons possession des lieux, des rires fusent dans la cuisine, maman tourne les crêpes, papa dans le salon attend son café, nous jouons au jeu de l’oie sur le tapis, me voilà prisonnière un dé à la main pour me délivrer, un six en son creux et la course continue.

Chut… les crêpes embaument le salon, les manger chaudes.

Et si la nuit restait nuit.



Lutin – 26-01-2006


1 février 2006

Ephémère

empreinte

De mes doigts sur le sable une envie d'écrire "je t'aime"
je ne peux rien contre le vent
je ne peux rien contre la mer
royale elle gomme l'histoire de la plage.

Je serai là demain
écrire encore et encore
Je dessinerai un coeur
je lutterai chaque matin
deux éléments face à face.

A l'usure elle n'aura pas mes mots
chaque matin je serai là
je vaincrai
mon amour est plus fort qu'elle.

Sur la plage dénuée de vagues
deux corps enlacés
vainqueurs de la force terrestre
en émoi jouissent

Sable humide une seule empreinte
deux corps superposés
ont laissé la trace de leurs mains
preuve qu'ils étaient deux

lutin 30-01-2006

8 février 2006

Ne riez pas

roi_soleil

Je n'ai plus ses mots
elle m'a donné ses maux
mais aussi ses émaux
ne riez pas de ce jeu de mots
ce n'est que vérité mot à mot
elle était de Limoges
vous savez là où l'on fabrique les émaux
elle m'a légué ses joyaux
des émaux de Limoges signés
elle m'a légué ses tableaux
des perles d'eau brillent sous mes yeux
ce sont ses mots, mes maux, et ses émaux
lègue d'une mère à sa fille.

Ne riez pas je suis née à Limoges ville où les émaux sont rois
déracinée elle est morte dans une ville où le roi soleil a brillé de ses jeux de mots.
Ne riez pas sous les jets d'eau je cours en musique le dimanche
les grandes eaux calment mes maux

lutin - 07-02-2006

10 février 2006

Symbiose

spirale1

Nous sommes dans une spirale et la main de Dieu devrait être aimant pour nous sortir du fer dans lequel on s’enfonce, et si nous nous prenions la main et si nos mains étaient magnétisées, enfin l’union, mettre à terre l’utopie. L’homme est fondu dans un moule dès la naissance avec minutie, chaque parcelle de son corps a été recroquevillée, le fermer dans la boîte de la Société. On lui a dit de ne pas déranger et il est le clone d’un autre clone. Pauvre Société comme je me sens mal dans ce carcan, j’aime trop la nudité, l’aisance du mouvement, je suis en lutte et le serai tant qu’un souffle filtrera de mon corps libertin. Je revendique cette force rebelle quand nos peaux s’épousent.

Tu le sais
nous nous aimons et le refusons

On se le souffle si bas
des non dits à figer le sang
dans la pénombre notre eau me pare de sa transparence
perles fragiles pétillent à chaque expiration
légers comme plumes deux êtres en symbiose
peau contre peau communient

Nous mourrons ensemble asséchés des années
tu le sais

J’aimerais te voir nager dans les mers chaudes, un corps réchauffé à la main habile assouplie des rayons du soleil sur mon cœur poserait des pépites d’or. Donne-moi cette naissance, j’aimerais en voir l’effet sur ma peau, et si nous nous prenions la main, deux corps soudés vers la lumière libres des préjugés.

lutin - 09-02-2006

.

.

17 février 2006

Ombres

victoire

Son regard contemple le ciel
signe annonciateur
des oiseaux chantent
en escadron le printemps
une seule aile fend l’atmosphère
en signe de migration
le V de la victoire des saisons

Ses pensées vers eux
une pluie de cendre en souvenirs
ils n’ont pas voulu de cercueil
au creux de la flamme ils se sont réunis
ils se sont réchauffés unis du même feu
leurs âmes ont dépassé la brûlure de la peau
elles se sont envolées vers d’autres cieux

Ses yeux parcourent la flamme
à son sommet elle pointe son regard
atteindre la lumière froide
d’un autre monde

Signe annonciateur
des oiseaux noircissent l’humeur du printemps
des hommes tremblent
à oublier la beauté du mouvement
ils ne voient que l’ombre
la cape en forme d’aile
un drapeau noir comme linceul
drape leur nudité

oiseau2

lutin - 16-02-2006

1 mars 2006

Le noir a pris racine

valse_1_3
Le noir a pris racine
Valse à l’endroit
danse à deux
aboutissement d’une vie
l’un s’en va
larmes
peau de chagrin s’étiole et prie
ne pas être suppliciée
vœu
on ne sait de quel dieu
mais le dieu miséricorde entend
valse à l’endroit à deux pour le meilleur et pour le pire,

Valse à l’envers
à remonter le temps
à la fenêtre une lumière
une vie à deux
une vie seule
et mes yeux veillent
dans le silence je suis là

Danse funèbre
à la fenêtre
le noir a pris racine
je prie
deux cœurs se sont rejoints
une vie sans eux

Tango un pas en avant
Enlacés
invincibles
je vous imagine

Tango deux pas en arrière
je viole votre passé
à coups de serpe
je détruis

Danse macabre
gommer votre passage
la haut des yeux horrifiés ne pouvant toucher terre
fixent nos mains destructrices
une goutte de pluie sur ma main
une larme peut-être
une maison vide

il pleut


Lutin – 23-07-2005
.
.
18 mars 2006

Différence

the_difference_zoom

.

Il est difficile de trouver son chemin
Dans ce puits de lumière
Quand tu manges ma bouche
Avales mes mots

Comme arc en en ciel
Mon corps se cintre
En une myriade de couleurs
A éblouir les issues

Un corps inerte
Epuisé de passion
Te verrouille dans cette chambre
Notre cage dorée ne sera jamais prison

Il me faudra au soir de tes silences
Trouver la lumière dans ce puits de l’oubli
Quand la jalousie assassine
Balafre d’un trait de plume nos différences

Il te faudra un jour sur le bûcher
Brûler les barricades de la raison
D’un bras de fer enterrer sur le grimoire
Le poids de l’humanité

Il nous faudra un jour sous un saule
Sécher nos pleurs
Accepter la dissemblance
Brûler les papiers
Au firmament épouser nos âmes

lutin - 17-03-2006

29 mars 2006

Le vide

flamme3

Flamme vacillante
Ton parfum s'éteint
Et la cire s'étiole
Au fond de ce bougeoir

En larmes de sang
Vers d'autres vents
Un coeur auréolé d'espoir
Plonge dans la lumière

Mes yeux fouillent la nuit
Mains anéanties
Je ne ressens rien
Rien que le vide

Vos fantômes habitent mes draps
ont creusé une tombe au creux de mon ventre
Je tends les bras
J'attrape l'absence

Je ne saurai jamais


lutin - 28-03-2006

31 mars 2006

Abandon des mots

eau_et_feu

.

.

L’eau nous tombe sur la tête, des aiguilles de pluie percent les crânes, le cerveau devient éponge. Gonflé de toutes ses amertumes il perd la raison et les hommes s’orientent vers la mer, des moutons frôlent les vagues après la mousson pour aller plus avant.

.

Je suis allongée sur le sable et regarde ces mille-pattes assaillir l’eau, traîtrise humaine vous fuyez la terre, mes yeux obliques contemplent cette danse macabre de bras et jambes mélangés. Mourir n’est pas si simple, de leur voix affolée ils crient leur angoisse.

.

Sur le sable reins plaqués je vous laisse partir, être seule là dans l’attente.

.

Des pieds ont laissé la trace d’un passage, des empreintes dont nous ne saurons que faire. Je serai là pour raconter leur fuite. D’une langue déliée je raconterai leur peur.

.

Le soleil quitte l’horizon, tombe dans l’eau qui s’embrase, des corps en feu, des cris, et le silence enfin. Une nuit de trêve pour un corps déserté sur le sable mou, une prière pour un homme, un seul. Une nuit de rêve pour un corps ensablé, une feuille entre les dents.

.

.

lutin - 30 - 03 -2006

1 avril 2006

Fenêtre de l'âme

fen_tre_de_l__me 

Fenêtres
obsession de mes soirs
brillent comme jamais

J’attends  l’arrivée du printemps
les feuilles tendres prennent taille

Forêt vierge
couleur dorée recroquevillée
quelques chants d’oiseaux pour vous épanouir

Judas
je ne vois que vous
un phare au creux de ma vague

Nul besoin de boussole
je ne suis pas marin
les pas reconnaissent l’enfance

Hiver long vous avez retardé le processus
torture de l’âme
pour une première année vous avez été supplique

lutin - 01-04-2006

                                                                           

26 avril 2006

Nous sommes arbre de vie

vieillard

Petite fille au cerceau

dans tes jupons amidonnés tu courais à cloche pied dans l’herbe folle

tu laissais le cercle de ton enfance se dérouler devant toi

il te frayait le chemin

il te disait tu es mon arbre de vie

il roulait ses cigarettes dans une étrange boite

une feuille transparente un peu de salive sur le bord

quelques brins de tabac sortis d’une blague à tabac

d’un coup de clac le miracle sortait de ses mains nouées

une tige ronde à coller sous ses moustaches roussies de nicotine

.

Il parlait peu

nous rabrouait quand nos voix fluettes piaillaient

il faisait déjà partie de l’Histoire

j’étais son devenir

un jeune chêne à regarder grandir

.

Dans ses prés il admirait la souplesse de la relève

des petites filles chassaient les papillons de la Dordogne

de magnifiques bêtes ailées noires et jaunes

il me parlait des doryphores qui infectaient ses pommes de terre

alors que sans ambages je massacrais les sillons

plus je grandissais plus il se ratatinait

un arbre en hiver aux racines fragiles

à la rencontre de jeunes pousses

.

Il a rompu ses amarres presque centenaire

.

à la croisée des chemins

petit bonhomme j’ai brodé mes souvenirs dans tes silences

tu habitais le Chêne blanc

au fond de la Dordogne chaque été une famille se réunissait

près de la cheminée tu tissais nos racines

.

.

.

lutin - 26-04-2006

27 avril 2006

Internet biography

De mon amie Hélène, elle parle de l'écriture..... mon écho.... j'aborde la photo

A nous deux l'évolution de la communication

plume_d_oie

Il y avait la plume
D'oie d'abord
doigt aussi
pour la saisir
la tremper
dans l'encre de la seiche

Il y avait la lettre
le madrigal
qu'on roulait
qu'on cachait
entre les seins
si près du cœur
pour le relire

Puis vint le téléphone
Qui contenait la voix
la musique
et l'artère battait
à l'entendre

On oublia la plume
la lettre
le madrigal

et l'oie?
fit du foie gras.

On avait plus de sous
On téléphona moins
et on n'écrivait plus.

On propulsa très loin
des fusées, des étoiles
virtuelles
vaisseaux
vers l'inconnu
vers l'inconnue aussi

LA LUNE

Alors Pierrot
se sentit dérangé
redescendit sur terre
je me suis laissée dire qu'il créa Internet

Tout est à espérer ou à désespérer
Du prélude au silence
De la première note au miroir de l'essence.

Je reviendrai plus tard au prochain millénaire
Dire si le clavier a le vocabulaire
pour nous parler des fables

Hélène

.

sanguine1

Il y avait la peinture
rappelez vous on prenait la pose
si longue
les muscles se rebellaient

Il y avait le fusain
l'esquisse rapidement traçée
ou la sanguine à admirer

Puis vint la photo
en noir et blanc
jaunie par le temps
nos mains tendres en caressent les contours
une lecture en braille du bout des doigts
pénètre le passé

La photo en couleur
laisse moins d'émotions
le temps n'a pas fait son oeuvre
la mémoire suffit

Et Pierrot dérangé
créa Internet
nos ancètres se retrouvent sur la toile
pour la postérité
à la disposition du monde
si notre fulgurance les atteint
ils s'en retournent dans leur tombe.

lutin - 27-04-2006

5 mai 2006

Moment de grâce

04_piano_1_

Piano bar quelques notes au rythme de ses talons aiguilles

devant la glace un reflet

une ombre

des cheveux noirs

un fourreau appuyant la cambrure de ses reins

la rondeur de ses seins

femme fatale le temps d’une nuit

Barman un whisky au rythme du piano quelques glaçons

devant la glace

un  reflet

ses yeux maquillés au fond d’un verre

oeillade dans le miroir en quête de l’amour d’un soir

bouche ourlée

quelques heures sortir de soi

femme fatale quelques mots au rythme de l’envie

son double celui de ses nuits

femme artificielle

Café crème au petit matin

au rythme des passants

devant la glace

des cheveux ternes

yeux fatigués au fond d’une tasse

bouche amère repentie de la débauche

jean délavé appuyant la cambrure de ses reins

femme égarée

une envie de vomir

Un regard le sien

un étonnement le tien

votre reflet dans le miroir du comptoir

vos mains s’enlacent

Un moment de grâce


Lutin - 24-10-2005

9 mai 2006

Hallu, si nation

estocade

Ma nation c’est vous

Au fond de vos yeux bleus

J’ai enfoui les miens

Un fleuret émeraude a pénétré le cœur

Enfin !


Une guerre menée il y a cent ans

Tant de fois j’ai lancé les canons

Attendant l’estocade


Vous en souvenez-vous Monsieur

Quand vous mettiez votre veto

Vous en souvenez-vous Monsieur

Quand j’abattais ma carte maîtresse

Pour un Roi


J’ai suivi vos pas dans ce tunnel gris

Combattant les orages

Mes pas dans vos traces

J’ai affronté la rudesse


La sueur mêlée à mes larmes

à vos armes

Vous ont fait lever la garde

Enfin !

lutin - 09-05-2006

30 mai 2006

La barque de l'espoir

poterie_20mains


La barque elle la voit

un ventre arrondi aux formes prometteuses
dans l’attente du vide à combler
elle aimerait après leur course quitter le rivage
deux cœurs sur cette pelouse à trop combattre la différence
se perdent

Elle creuse le sol
imprègne ses mains d’une glaise trop collante
la malaxe comme elle pétrit leur amour
le sculpte pour lui donner les formes d’un avenir

Non elle ne fabrique pas un Apollon
ses doigts sont à l’intérieur
elle modèle le cerveau dont elle veut être maître
être la femme soumise d’un cœur façonné

De marbre au regard du monde
sensuelle elle crée l’homme à son image
en transparence aucune trace
juste la marque indélébile du fer
écorche la peau lisse de sa signature

De sable face aux regards inquisiteurs
à l’affût il cherche plus loin que l’horizon
un vertige de trop l’entraîne vers le néant
et dans cette barque de l'espoir elle retrouve l'enfant
la petite fille embarque avec le lien du sang

Le flux et le reflux je vous le dis ne se maîtrisent pas
la traction de la terre fait tourner le monde
à quoi bon lutter


lutin - 29-05-2006

16 juin 2006

Conjugaison

double_je

Clin d'oeil à Hélène

Je suis je
il me semble
dans le miroir

Il prend mon regard
je suis il
sans concession

Je et Il
est-ce le jeu
du foulard

Je et Il

île
sans elles

Sans ailes

coupés du monde

ils nouent leurs liens
se tuent à petit feu

.

lutin - 16-06-2006

http://ombrescontrevents.hautetfort.com/archive/2006/06/16/dialogue-de-je.html

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>