Retourner en soi, combien de fois, trop souvent, vous êtes là, tant de choses à vous dire, tous mes secrets, mon moi intérieur, gommer nos mots superficiels, tant de choses en moi gardées, ne pas heurter une éducation bien ordonnée, tant à combler, une vie durant sur le trottoir d’à côté. L’envie de traverser, une main tendue, le néant en face, rien pour me rattraper, un trou béant, une envie d’un instant, me laisser happer, un vertige et vos mains à toucher, le manque. Un oiseau sans ailes sous un bosquet attend, un mot si beau pour la mort, le columbarium.
On sort de soi, combien de fois, si peu de fois, quand la douleur trop présente ôte le masque, gommer son apparence, sortir sa vérité, son moi intérieur, bousculer une éducation trop ordonnée, tant à rattraper, ne plus taire ses silences. Une vie enfin sur le trottoir d’à côté, l’envie de traverser, une main tendue, l’amour en face, la vie, un vertige et vos mains à toucher, le manque mon amour, le manque de vous. Un oiseau fragile sous un bosquet vous attend, un mot si beau lorsque l’on parle d’une colombe.
Retourner vers nous, encore une fois, tant de choses à nous dire, tous nos regrets, nos égarements. Oser les mots de la jalousie, tant cachés, les cracher, se reconnaître si possessifs, oser enfin ! Enfin sur le trottoir d’en face personne, nos mains unies du même côté. Dis-moi, tu baises mes cheveux noirs, reconnais-tu la femme, celle perdue avec ses cheveux rouges, l’oiseau sous le bosquet attendant la mort pour double raison. Rappelle-toi un bagage à la main. Rappelle-toi un oiseau a perdu son espace.
Rentrer dans nous, encore et encore, nous retrouver, quand le plaisir crie sa victoire, graver sous nos peaux notre appartenance, tremper nos draps, détruire le passé, devenir puceaux, renaître, juste nous quand on s’envahit par tous les pores de la peau. Dormir l’un dans l’autre emboîtés comme un pied dans sa chaussure. Sur le trottoir d’à côté laisser la mort.
Rentrer dans nous, encore et encore, s’aimer ensemble, nous y arrivons si bien, me faire oublier le columbarium, tu y arrives si bien, me faire déployer mes ailes comme colombe tu y arrives si bien.
Ecoute, on s’entend s’aimer.
Lutin - 19-09-2005
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