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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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7 avril 2006

Vierge effarouchée

miroir0

Je ne suis qu’apparence
Devant ce miroir
Enveloppée dans mes apparats
Je tourne autour du cercle
Frivole je m’enferme à l’extérieur
Alors que la vie est au centre
Là où se trouve le cœur

Sans complaisance d’un geste
Je me déshabille
Une chair à nu
J'ai baissé les yeux
Femme rejetée
J'ai joué le jeu
De la vierge effarouchée

Dieu puis-je vous en dire merci
Dois-je implorer votre pardon

Mon cœur a vibré
J'ai retenu mes bras
Il n'a pas résisté
La vierge effarouchée
Mise à nu
L'a dérouté
Il l'a enfantée

lutin - 07-04-2006

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29 avril 2010

Webcam

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munchmadone

.

Des fleurs comme un tapis d’étoiles
Des hommes qui s’arrêtent de courir
La silhouette de l’arbre s’habille
Le paysage ouvre les paupières
Il lui pousse des bras de verdure
Que l’on met en bouche

Cela sent la chlorophylle
Il y a tant derrière nous entre les doigts mêlés
L’ortie et la pensée fleurie
Le blanc et le noir des âmes vendues
Au Diable les chemins qui s’écartent
Se resserrent

Je m’assieds dans une cage dorée
Les oiseaux me regardent humer les fleurs
Suivre le vent dans un immense murmure
Ce sera les heures des pas comptés
L’herbe écrasée fouillant les marques laissées
Dans un trou oublié l'ange de la mer

La vitesse me fait peur
L'orage et ses dégradés de couleurs mauves
On a voulu fendre l’air
On a coupé la peau
Désherbé le corps de ses racines
Jusqu’à le statufier de bronze

Le jardin suspendu a repris ses parfums
La giroflée remplace le jasmin
Les arômes n’effacent pas les ombres
La nuit transforme les murs
De chaux blanchit le sommeil
Brûle les draps

Ce sont deux ombres sans tête
La nuit, le jour, et nos mains comme des poissons
C’est le bruit de la mer en nous
Le ressac des corps en perdition
Dans une bouteille désespérée nous nous sommes enfermés
Oubliés, retrouvés




lutin - 29-04-2010

22 octobre 2011

Etre là

 Photo0586

 

Etre là
Quand le soleil aiguise sa lame
Esquive le coup
A quoi bon s’agiter
La bouche ouverte
Comme les yeux

Les rayons blancs martèlent le cercle


Etre là 
Ou perdu
Qu’importe la lumière
Le lait au-dessous des pas
C’est l’hiver ici
L’absence des voix
L’anesthésie de la chair
Un glaçon au fond de la gorge
Tout se rétracte

En rond les yeux ne finissent pas de regarder
Autour du cou


Etre là
Paupière oblique
Quand l’aile de l’oiseau s’agite
Papier froissé en uniforme gris
Cri de guerre jusqu’à devenir corps






lutine - 22-10-2011

 


29 janvier 2013

La vie circule

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Viens, tu crois ne rien voir et c'est le ciel qui t'inonde. Tu es venu tête nue comme un avenir rebondit des pieds aux épaules, un corps et ses gestes puérils, tu es venu déposer de l'autre côté du rideau ta pelote de laine et ses mailles, rumeur d'écume.

Qu'y puis-je mon rêve s'il me semble te voir liant les branches de nos premiers pas et c'est le ventre qui bouge, la peau se gonfle si peu mais doucement, alors je te dessine un lit, un repas chaud sous la robe blanche, une source où l'ombre persiste.

Viens, ne crains pas les sons qui se voilent, le silence, l'écho énigmatique des ténèbres, le chiffre des jours dont la fleur se défait. Je t'écris de ma table comme je m'adresserais au brouillard fluide entre mes mains, lorsqu'il me libère tes lèvres se vêtent d'un sourire gorgé d'attente.

 

 

 

lutine - 29-01-2013

 

 

21 avril 2012

il y a trop de monde quand je lève les yeux

 

 

Renverser la table ne sert à rien
le ciel n'en n'est pas proche pour autant
et je repars me mordre les doigts en leur lieu de naissance
de ce qui s'est passé le long des routes vides
les lumières rouges vertes et jaunes
les volets clos de l'espérance
je marche, je marche
les sonnettes luisent tel un navire dans une flaque d'eau
pour ne jamais se poser sur terre
au loin le sifflement de l'autoroute
j'entends qu'il pleut
pleure la pluie au bout de mes pieds 


C'est déjà mort le nom sur les plaques d'égouts
et lacent mes chevilles
par trop de jours 

je n'aime pas le vent et les roseaux
j'aime la nuit
les banderoles qui me suivent
le silence de la rue de l'Hermitage
de la rue Berthier qui l'embrasse
les vélos attachés aux panneaux interdits
les selles encore chaudes
c'est le ballet des béquilles le long du parc
elles s'arriment la nuit reines le long des trottoirs

Voilà quelques images murmurées lors de mon périple
au travers des fenêtres nous sommes dans la solitude
je voulais être animal dans la nuit sans lune
promenant mon silence, évitant la voie ferrée
juchée sur des talons aiguilles ce fut mon erreur
les arbres me regardent
un chien promène son maître ou l'inverse
qui renifle dans mon dos
et la mouche se hâte au cul d'un camion
ce soir j'ai regardé le temps qui palpite
il y a trop de monde quand je lève les yeux

 

 

lutine - 21-04-2012

 

 

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21 août 2011

Maille à maille

 

 

 

Sueur, mascarade, volants bleus dessus-dessous, poupée de chiffon, peau de chagrin tu avances montgolfière. Ma vue est en train de mourir, elle n’est plus une voix mais un œil égaré qui regarde le ventre à l’air l’arc en ciel des couleurs où s'éteignent les lumières en terre ennemie. Je compte sur mes doigts les gestes, les pas en avant, les mains en arrière, je multiplie, je coupe et je divise les mots, la tonalité de la jambe à l'équerre, le bras qui se lève prenant Dieu à témoin. On n’opère pas la mort, on n’opère pas le ventre, on n’opère pas le sexe ni la bouche dans le sexe, on n’opère pas la sève qui monte, la soif, le sexe dans le sexe, on n'opère pas l'envie. Il fait chaud, l’herbe se rétracte, tout se rétracte, le ventre, les ongles, la main dans la poche, la poche comme la voile sans vent. J’ai pris des coups de soleil, j’ai fait le trottoir dans l’herbe verte, j’ai foulé le sol déhanchée. Le baladeur dans les oreilles j’ai fait l’amour à la terre. Les yeux cachés derrières des lunettes noires j’ai baisé la terre, le monde, les cris. Les fesses dans la terre j’ai laissé monter le plaisir des corps qui se séparent. J’ai bu les rêves détruits, les mensonges révélés, la laideur amère, j’ai applaudi sur la table de marbre.

Danse avec moi mon corps la contorsion du cirque, danse avec moi mon corps le morcellement des convergences, danse avec moi parole dans la déchirure du corps. Le robinet fuit, il m’épuise maintenant le cloc cadencé des mots qui donnent vie au corps, il me creuse la tête ce pas minuté. Ma vue est en train de mourir quand les mains me secouent, sueur, tueur de la nuit, mensonge dessus-dessous clairvoyant on le respire le fouet sur la peau. Le claquement s’accélère, le cœur derrière l’arbre se couche, la pluie sous l’escalier ne respire plus quand les chevaux se cabrent dans le bronze. Les bougies vont s’enflammer, ne parle pas trop fort, ne respire plus, les trottoirs sont prisonniers des passants assis sur l’autre rive, écoute les rires des sans cœurs le livre dans la poche pour se donner contenance.

J’ai fait l’amour dans ma tête, j’ai fait la rue et ses parallèles dans l’herbe et le macadam. J’ai bu un perrier menthe la paille dans la bouche, sur la table un livre en attente, sous les pieds la guerre fait crier les graviers. Comment aimer un jardin hanté, les trèfles à quatre feuilles en friche, la musique toujours la même, danse avec moi blessure suspendue à mes lèvres. Ma mère répondez-moi avant que je ne me jette à l’eau, sueur et sel de bain. Marie je l’ai vu plus sombre que le noir de la mort le chat navigant sur les eaux. Au travers des barreaux j’ai tout compris sous un ciel bleu, rubans volants démodés, dessus-dessous, herbes folles au pilori. Maille à maille je détricote les feux d’artifice sur la table quand ses doigts fouillent mon corps.

J’écris au chevet de mon ventre.





lutine - 20-08-2011

 

 

28 novembre 2011

La voix

 

 

Poésie mâchée
parabole
à peine digérée
c'est le sang qui habite
les murs de carton
on y écrit désarçonné
la joie on la dessine à la craie 
plaies vaines 
lierre étrangement rouge 
un ciel de lit tout en forêts
et nos mains en perspective
cœur de métal  
froides comme l'absence
traînent des mots poèmes
en rafales 
soupèsent la douleur
chien tendre
cachant l'impudeur 
s'adonne aux vers libres 
jetant cul par dessus tête
les règles de la poésie
le jugement
la poésie de paille
ou de coton
jamais d'argent
nos mots la démaquillent 
senteur de naphtaline
nourrit l'ortie
je n'ai plus de peau
nul cri en mes nuages
mon visage est poésie
de larmes
de sang
sourire
continue toujours
sans masque
dans ma maison il existe un pays
de carton
des écheveaux d'haleine
à torturer
dans tous les sens
suc lent
la voie est là
je digère
la voix
fredonne

 

lutin - 28-11-2011

  

 

 

12 mai 2011

Décoction

 

 

Demain quand la terre s’entrouvrira
creusée de nos mains
quand les cadrans s’arrêteront de tourner
les forêts asséchées
d’un soleil trop ardent
le bois mort avant d’être brûlé

Demain quand la terre sera un terrain vague
un entonnoir dégoulinant de nos poubelles
les rapaces encore vivants
engrossés de nos erreurs
l’argent de tous bords traqué
la puissance individuelle à son paroxysme

Demain quand les voleurs d’âmes
au regard de chiens aux abois
léchant le cul pour mieux ensorceler
les mains cloués au pilori
je me surprendrai
fétu de paille défenestré
à tordre les inepties

L’horizon est un mur sans altitude
transpercé d’une flèche
pivotant autour de moi comme le foulard autour du cou
demain est ma mémoire en haut d’un gratte-ciel
un ultime vertige jusqu’à vos bras tendus

 

 

lutine

 



 

22 février 2010

L'art ?

.

.

Que faire ? On a tout essayé dans l'art, alors que nous reste-t-il ? Peindre avec nos doigts, nos pieds, c'est déjà fait, avec notre sang, c'est déjà fait, avec de la bave de crapaud, d'escargot, le venin des autres ou leur merde et leur pisse, c'est déjà fait jusqu'à l'intime dans les urinoirs tagués et nauséabonds. Peindre les corps, dans toutes les positions on l'a fait, la tête en bas, les fesses en l'air le sexe épilé, le nez cubique de travers jusqu'à les habiller pour changer les couleurs, mais changer quoi, la hauteur des arbres, la couleur de l'air, la longueur du vent jusqu'à la pluie horizontale le ciel en bas. Peindre avec ses larmes ou sa sueur on l'a fait aussi,  il suffit de regarder les dégoulinures sur les toiles griffées d' ADN.

Alors allons chanter la flamme, mais chanter quoi dans une chorale sous la croix les bras baissés faits de cire, les pales copies de ce qui est beau entre des mains inertes. Bandes d'hypocrites vous n'êtes que des fantômes sans courant jusqu'à la clef du do que l'on remonte avec la main comme l'automate que nous sommes pour entendre des voix qui ne sont pas les leurs in profindus. Arrêtez de crever les tympans, voleurs de notes sans miracle, on n’entend rien autour du mur à genoux. Pile il n'y a plus de pile ou de face au fond des poches vides, quant à l'orgue si bien lustré il ne sera qu'un simili organe comme le vêtement atrophié que nous portons recopié moult fois jusqu’à venir de Chine par le chemin de l’écriture dont les mots ont été mâchés et remâchés au nom de l’art qui s’effiloche dans un livre de 900 pages sans vision posé sur un fauteuil Voltaire aussi faux que le reste.

L’art n’existe plus nous lui rendons visite au cimetière, nous le prions, réclamant le lance pierre qui fracassera notre crâne pour qu’un nouvel art, un nouvel an, sorte de nous sur un lit d'hôpital, l’art ne se transfuse pas à coups d’aiguille dans le bras, il est écrit dans le rhésus B+ sortant de l'orbite. Il nous reste à nous lier les mains, les pieds et la langue sur un bûcher funéraire. Il n'y a plus rien à inventer depuis que nous avons passé le mur du son, depuis que nous faisons l'amour avec une capote en avalant des antibiotiques des lingettes bactéricides entre les mains,  et le Panthéon s'écroule de génies empaillés depuis trop longtemps mangés par la vermine.

Si vous arrêtiez de chier dans mes bottes je ne peindrais pas de la merde avec mes tubes de peinture disait un illustre inconnu téléguidé jusqu’au Père la Chaise renaissant à la vie. N'appelle pas, ne répond pas, la nuit au musée tous les chats sont gris dans leurs chaussures orthopédiques quand le téléphone intérieur sonne, et si être sourd et daltonien était l'avenir des cons les yeux bandés à défaut de

.

.

lutine - 21-02-2010

12 décembre 2009

Verticolor

.

.

Rien n’est droit rien n’est penché

il n’y a pas d’horizontal

il n’y a pas de vertical

c’est une diagonale qui s’empale dans la chair

à vif les sentiments n'ont plus corps

une corde vocale pointe son dard dans la couche d’ozone

pluie d’épines dans le plexus solaire

pente glissante à remonter le temps

dans les mains un livre ouvert

le marque pages boit le sang des mots

hématomes bleu ciel - violet

des jours noirs

touches de piano et musique

Danube bleu

.

C’est une érection tendant vers l’infini

vaisseau via la mer en multicolore

une embouchure inversée

entonnoir fermé

une tangente sans soleil

descendant vers la terre

rails couchés sur le clavier

métal brossé d’espoir

le désespoir au bout gravé

dans la pierre

fossile brisé

un peu plus bas, un peu plus haut

une combinaison à deux trames

en biais le mur cassé

au centre la clef sans serrure

.

C’est un labyrinthe entre deux triangles

à la recherche de l’angle droit

le phallus érigé

personne ne voit jamais la même chose

n'entend les mêmes sons

le pied sur la pédale

le piano continue sa course folle

sur le clavier une touche noire

une blanche comme la main

caresse la peau

Clair de lune, une larme bleue

un soir de Décembre

la terre est restée dans la note de musique

entre les espaces les organes se libèrent sur une toile

"Verticolor"

il faut bien que les livres s'achèvent

.

.

lutine

16 novembre 2009

rectO-versO

 

 

.

Bouche décousue
coupée en deux
mots plus bas
plus haut la voix
cisailles ouvertes
voilà
attends un peu
ne ferme pas les yeux
en eau forme la haine
à coups de rasoir
et crache
papier buvard
saturé
c’est le sang dans la voix
injecté dans la salive
langue pointue du serpent pris au piège
c’est du mercure au chrome sur la plaie de l’autre
le venin antidote sous-cutané
cargo de mots puants
projetés dans la tête lacérée
tissu de chair vivante
émiettée dans l’assiette
entre deux couteaux
tempête pulvérisée dans un verre d’eau
mensonges
en médicament  de rémission
embryon de mort
glissant dans la salive avalée
un clou au fond de la gorge
dans l’œsophage un marécage
s’enfonçant dans l’estomac
un cri au bout de la langue
l’écho dans le ventre
sans oxygène
cherchant la porte de sortie
vers le bas
la haine sur le visage
le crachat est authentique
on l’apprend dans la rue
on l’offre à la pute
ramassis de fiente humaine
sur la mèche de cheveux
bouche laquée du fiel de l’homme
le nerf sectionné
elle ne sourit plus
lèvres en suspension
une balle
trois balles
plombée d’écume rouge
plus bas la voix
arrêtez la musique
capsule blanche pour quoi faire
sous la langue sèche
et si c’était la fin
embrasse Marie pour moi


lutine

 

 

 

17 octobre 2009

Liberté

.

.

.....J'ai honte de faire partie de ce bourbier, on me raconte tout. Je referai le chemin à l'envers chaque nuit. Elle me noue la gorge jusqu’au bout des membres, des ongles, jusqu’à la racine du cheveu. J'ai honte que ma vie fasse partie de ce mélange de chair dépravée. J'annulerai chaque pas, chaque caresse. On y bat les cartes, à qui sera Reine de cœur, Roi de pique et toi le Valet de chambre. J'ai envie de me récurer pour tout effacer jusqu'à l'intérieur du crâne. Je voudrais devenir amnésique pour que cette honte me quitte jusqu'à la disparition du jeu posé à l'envers sur le bûcher des ensorceleurs, je resterai l'As quoiqu'il arrive.

La lutte se termine, les cartes mélangées sont brûlées, la vie cramée, le noir est là, l'ombre sans lumière rentre dans la couleur. Les arbres ne sont plus seuls, les ceintures noires prennent leur élan et le fou aussi contre les chiens en chaleur. Les murs se rapprochent, tes mains les happent, on t’appellera l’homme ventouse à attirer l’asphyxie.

Vous croyez qu’ils sont seuls à courir ainsi, non cela commence sympathique, puis cette envie vous la connaissez, chacun son tour, mais manque de bol la banlieue est petite. Le cerveau habite une maison dont on rétrécit les murs un peu plus chaque jour jusqu’au cm2. Le fleuve tuera, le cœur en dehors, hors champ. Tiens bois un coup, se suicider cela ne se fait pas, ce n’est que parole pour attirer l’attention. C’est celui qui ne le dit pas qui le fait.

Aujourd’hui le ciel est vide. Elle me libère telle une mouche mise en scène pour réfléchir à son propre sort. Elle n’est qu’un concentré de particules à la recherche de l’éphémère, quelques grains de poussières en suspension, quelques hommes aussi en pointillés.

Il fallait cela pour que l’araignée tisse sa toile et que la spirale se mette en marche dans sa revendication biologique. Dans sa dentelle tissée à la rosée du matin elle sera ficelée, mangée, la menthe religieuse, d’une ceinture noire étranglée et pendue comme l’anneau omis autour de son doigt. L’anneau ôté est inscrit dans les anales de l’histoire comme le vagin unit une signature sans bavure.

Ce matin les éboueurs ont ébranlé les vitres libérant le cerveau habité, dans la télévision il y a eu de la neige, les acariens ont fui le lit. Sentez ! Non pas avec le nez mais avec les yeux ce qui s’est déversé dans la benne, les mensonges et les odeurs ayant fait leur chemin, je vous laisse frémir, cela ne me plait pas cette histoire de musée agricole pour le bien public préférant le requiem de Verdi aspirant à la vérité nue sans artifice.

On n’est pas seul dans un parc mais dans la maison on y est si seul que l’on écrit des livres inconnus mâchant le papier et les feuilles et c’est ainsi avec l’écriture que je comprends que je suis loin de tout à méditer devant des vitraux translucides la chair et le sucre. L’écriture je ne la dirige pas c’est elle qui me tient la main m’entraînant autour de l’église. Nous sommes maintenant séparés. J’arrose ma liberté, on peut embrasser la pierre grise, la toucher, pleurer et l'aimer mais cracher sur la décadence l’entraînant au cercueil.

Tout est parfaitement en ordre sur la table recouverte de tubes de peinture tordus. Raclé au couteau le noir au dos de la toile tue la mouche mise en scène, la menthe religieuse, sans  faim, sans fin, reste la guerre des arbres morts et le chien. J’arrose ma liberté, la mouche m’a libérée. Cela s'est fait progressivement pour en arriver là. Les genoux se cognent et puis le froid est entré.



lutine - 17-10-2009

10 avril 2009

De Viviane

Ce poème est en commentaire dans "Ces pages seront mon écorce empalée" de la part de Viviane et il mérite d'être en haut de la page.

http://www.vlamarlere.com/

Je ne veux pas finir dans un carton poubelle
dans des livres piqués par des champignons blues
je ne veux pas du flouze
aux caresses polices
juste partir d’ici en faisant bras donneur
du sang du sang du sang
jusqu’au bord de la langue

Et s’il faut en crever alors crevons joyeux

Une autre au fond de moi sait déjà les ballets
de rancœur putrescibles mais qui font mal au vivre
le temps des deuils grisons
de la bile qui chauffe
une autre au fond de moi me dit
libre libre libre
deux feuilles de papier suffisent pour voler
de tes ailes de feu
par dessus les fossés

Une autre au fond de moi sait déjà le tranchant
des brêches où l’on s’engouffre en perdant de l’écorce
du sang putain d'abord
et tant pis pour les meurtres
il faut aller danser
où l’air frappe cadence et l’incendie s’amorce


Elles se cachent bien
les ombres pas recommandables
juste derrière les dents
celles qui surgissent au plus mauvais moment
pour quereller la lumière

elles ne consultent pas tes désirs
les whispers whispers
alors
ouvre la prison des abeilles

5 mars 2009

Décoction

 

 

Demain quand la terre s’entrouvrira
creusée de nos mains
quand les cadrans s’arrêteront
les forêts asséchées
d’un soleil trop ardant
le bois mort avant d’être brûlé

Demain quand la terre sera un terrain vague
un entonnoir dégoulinant de nos poubelles
les rapaces toujours vivants
engrossés de nos erreurs
l’argent de tous bords traqué
la puissance individuelle à son paroxysme

Demain quand les voleurs d’âmes
au regard de chiennes
léchant le cul pour mieux ensorceler
seront cloués au pilori
les corps vidés de leur substance maléfique
je me surprendrai
fétu de paille défenestré
à tordre les inepties

L’horizon est un mur sans altitude
transpercé d’une flèche au curare
mes espérances s’égarent
comme le foulard autour du cou
demain est ma mémoire en haut d’un gratte-ciel
un ultime vertige jusqu’à vos bras tendus
que je croyais menacés des reptiles

 

lutin - 05-03-2009

 

 

23 septembre 2005

Tes yeux

Tes yeux


Tes yeux, deux lueurs, un miroir
Je me noie
Pour une nuit je me damnerais

Tes yeux, deux soleils, un océan
Je perds pied
Pour le plaisir j’accepte l’enfer

Perles de larmes, tes yeux
Je les baise
Pour la lumière qui m’atteint

Je bois ton océan
Pour ton regard qui me perfore
J’accepte l’enfer et les flammes

Bleus sont tes yeux
Emeraudes sont mes yeux
Je plonge, tu te noies

Dans mon lagon tu t’offres
Le saphir de tes yeux
Rejoint la côte Emeraude

Paupières closes
Pierres précieuses cachées
Des mots plaisirs, des mots soupirs

Au touché de nos mains
Je baise ton océan
Tu enlaces mon rivage

Tes yeux, le brouillard
Se couvrent de tourments
L’offrande de ma peau

Le vent éteint l’ardeur
Le bleu de l’océan se déchaîne
La côte Emeraude devient lambeaux

Pour un océan sans vague
Une côte sans déchirure
Je me condamne aux peines de l’enfer


Lutin – 24/04/2005
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21 septembre 2005

Vie intérieure

Retourner en soi, combien de fois, trop souvent, vous êtes là, tant de choses à vous dire, tous mes secrets, mon moi intérieur, gommer nos mots superficiels, tant de choses en moi gardées, ne pas heurter une éducation bien ordonnée, tant à combler, une vie durant sur le trottoir d’à côté. L’envie de traverser, une main tendue, le néant en face, rien pour me rattraper, un trou béant, une envie d’un instant, me laisser happer, un vertige et vos mains à toucher, le manque. Un oiseau sans ailes sous un bosquet attend, un mot si beau pour la mort, le columbarium.

On sort de soi, combien de fois, si peu de fois, quand la douleur trop présente ôte le masque, gommer son apparence, sortir sa vérité, son moi intérieur, bousculer une éducation trop ordonnée, tant à rattraper, ne plus taire ses silences. Une vie enfin sur le trottoir d’à côté, l’envie de traverser, une main tendue, l’amour en face, la vie, un vertige et vos mains à toucher, le manque mon amour, le manque de vous. Un oiseau fragile sous un bosquet vous attend, un mot si beau lorsque l’on parle d’une colombe.

Retourner vers nous, encore une fois, tant de choses à nous dire, tous nos regrets, nos égarements. Oser les mots de la jalousie, tant cachés, les cracher, se reconnaître si possessifs, oser enfin ! Enfin sur le trottoir d’en face personne, nos mains unies du même côté. Dis-moi, tu baises mes cheveux noirs, reconnais-tu la femme, celle perdue avec ses cheveux rouges, l’oiseau sous le bosquet attendant la mort pour double raison. Rappelle-toi un bagage à la main. Rappelle-toi un oiseau a perdu son espace.

Rentrer dans nous, encore et encore, nous retrouver, quand le plaisir crie sa victoire, graver sous nos peaux notre appartenance, tremper nos draps, détruire le passé, devenir puceaux, renaître, juste nous quand on s’envahit par tous les pores de la peau. Dormir l’un dans l’autre emboîtés comme un pied dans sa chaussure. Sur le trottoir d’à côté laisser la mort.

Rentrer dans nous, encore et encore, s’aimer ensemble, nous y arrivons si bien, me faire oublier le columbarium, tu y arrives si bien, me faire déployer mes ailes comme colombe tu y arrives si bien.

Ecoute, on s’entend s’aimer.

Lutin - 19-09-2005

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12 septembre 2005

La mort

J’ai vu la mort en face, aujourd’hui, un corps dans une caisse, une toile cirée le recouvrant, via la chambre froide, portes fermées pour les autres, et moi j’étais là au cœur de ce mouroir.

En douce, comme honte on le transportait ce corps dans sa caisse à roulettes, dans l’anonymat ce corps doit disparaître, ne pas déranger ceux qui sont sur le pas de la porte, il faut cacher l’échec, d’un coup de balai le faire disparaître pour faire croire à ceux qui luttent qu’ils seront les vainqueurs.

Quand elle vous a trouvé, la mort, elle ne vous lâche plus et vous suce jusqu’à la moelle.

La peur panique, le dégoût du sang sont pour celui qui observe la dégradation.

La sensation des os qui se brisent est pour celui qui attend cette mort pour mieux rentrer dans la caisse.

Pourtant sur la corde raide il s’est accroché et la vie s’est dérobée, pour mieux le faire tomber dans la boîte, et d’un coup de clac le faire passer de vie à trépas.

Je l’ai vue elle est si étroite qu’il faut bien qu’ils se brisent ces os pour se réduire dans cet habitacle.

A force de lutter on tombe d’épuisement mais la fin se fait attendre. Tu enfanteras dans la douleur, mais ce que l’on ne te dit pas c’est que le pire est pour la fin, elle se fait attendre, désirer, la mort, est-ce pour mieux apprécier le passage quand les os se brisent pour rentrer dans la boîte et surtout refermer le couvercle pour mieux oublier le passage d’une vie.

Tout ceci pour te dire qu’avant d’en parler de la mort, il faut que tu saches qu’elle n’est pas propre au fond de nos mouroirs.

Vis à fond la caisse dès maintenant de toute ta hauteur, car elle te rattrapera un jour, la mort, pour te briser les os pour mieux rentrer dans sa boîte.


Lutin 10/05/2005

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22 avril 2021

Peur

  

La gare s'alimente de nos attentes
si longtemps bras inutiles
bouche implorante
crispée de ne pouvoir
peau desséchée
les yeux se mouillent

Il n'y a rien à boire
si ce n'est l'absence
tendresse avortée

Les coudes se frôlent
ne jamais toucher plus près
guerre, gestuelle atrophiée
nerveux le cœur se meurt
quelque part un cri, un murmure
le long de chaises vides
la peur
28 mai 2022

L'intervalle

 

Je sais que rien ne m'appartient
J'ai regardé passer les gens avec leurs secrets décevants

tombant en poussière le long de leurs pas

Je pouvais les contempler je n'étais que fantôme
un parfum juste pour le souvenir d'avoir été
suspendu telle une plume n'appartenant à personne

Je sais que je ne possède rien
une cité endormie occupe mes nuits
elle est venue de loin resserrer son étau
au petit jour l'asile de ce monde paralyse mes bras
tandis que sombre la nuit

J'étais assise, imperceptible mort
il ne reste que l'indifférence
le chagrin qui creuse la terre
où s'enfuient les souffrances des autres
j'ai tendu les bras, aussitôt mis en pièces

Le regard droit au seuil d'un hiver éternel
vêtue de brume j'ai fait quelques pas sans but
pour arrêter de chercher
ce que je n'ai jamais trouvé
peut-être un autre monde
l'intervalle


29 juillet 2023

Instants

 

Des instants de bonheur déferlent
s'éloignent pour mieux revenir
d'un pas de danse
c'est la mer

L'eau court sur la peau en caresses
telle l'écriture, calme ou nerveuse
manège de tous les joies ou tourments
c'est la mer

Bruyante ou silencieuse, elle écrit l'histoire
à jamais ici demeure son humeur
tel l'homme elle parle doucement ou hurle
bonheur ou tristesse
ainsi sont ses vagues

Intouchable elle glisse entre les mains
se laisse désirer jusqu'à l'abandon à l'étale
cela rend fou l'attente, l'humeur de ses eaux
mer prend moi dans tes bras de silence

 

29/07/2023

 

23 avril 2022

Qui était Nina

 

Qui était Nina dans le verre que j'ai bu près de la table ronde ? Sous ses cheveux noirs trempés d'écume il y avait une forêt et des oiseaux au fond d'un lac gelé, quelques nuages où je marchais en équilibre sur un long fil d'or alors que vous me baisiez la main. 

C'était un sourire que vous me tendiez au fond de mon abîme. 

J'étais l'oiseau rouge dans un ciel de nuit rempli de vent, j'étais ce cri qui s'obstine où quelques phares brillent encore alors que vous me teniez la main entre deux mondes. J'étais le long d'un mur ténébreux égarée accomplissant mes rituels sur la pointe des pieds. 

Qui était cette femme aux jambes brisées dans cette boisson liquoreuse ? oiseau au cou gracile d'un autre univers. J'en devins aveugle. 

C'était un ballet flou derrière la vitre. 

Entrez dans la danse pleurs le long de mes joues jusqu'aux reins qui se cambrent un peu plus désespérés. 

Je vous offre mes bras oubliés du printemps et que l'on recommence les mêmes pas jusqu'aux fleurs dans les cheveux au cœur bordé de pluie et bouleversé. 

C'est une obsession la douceur du chiffon, swingue la fièvre sous la fenêtre ouverte, les voix me sautent au visage et me traversent comme l'éclat d'un miroir. 

Il y a des ailes d'ange tout au bord de mes cils, des traits d'amande douce au dessous de sourcils soigneusement courbés, une bouche couleur coquelicot, embrasse-moi dans l'herbe folle aux ailes déployées. 

Ce sont de drôles d'oiseaux ces masques que l'on traverse sur la table et ta parole cette drôle de langue navigue dans ma maison de poupée où le radeau de la méduse en noir et blanc tangue sous un faisceau de lumière blafarde. 

Je vais tomber entre les chaises du désordre dans le feu du désert. Mes maîtres je devrais haïr les tableaux inventeurs de nouvelles vies.

 

 

14 février 2022

C'est aussi simple....

 

C’est aussi simple que la pluie, aimer
Offre-moi un sourire dans du papier de soie
qu’il m’éclabousse le visage

Offre-moi un écrin pour l’enfermer
Laisse-moi le ruban j’en ferai un bracelet

C’est aussi simple que de peindre,  l’amour
Le geste dessine un baiser
Virtuose le poignet se délie

Paupières fermées la nuit reprend forme
Naît une rose dans une main d’homme

C’est aussi simple que l’écriture enfantine, l’amour
Offre-moi une déclaration d’amour
Dans un écrin j’y déposerai tes mots

Offre-moi un petit rien de palpable
C'est aussi simple que cela, l'amour

18 janvier 2022

Sac de femmes

 

Les pieds défilent dans un chassé-croisé sur les trottoirs du bord de Seine, toutes sortes de chaussures ou de bottes à bout pointu ou rond, à talons hauts ou bas se faufilent au rythme de la femme d’affaires pressée. Il est 13 H, l’heure de manger sur le pouce un sandwich. Mes bottes lacées sont sous la table, jambes croisées j’ai posé mes pieds au chaud, je bois un chocolat viennois en vitrine, en tête l'homme qui m'a fait découvrir le café de l'Editeur. La mode est sur le macadam, les collants noirs opaques mettent en valeur les jambes qui à grands coups de ciseaux taillent la route. Le long manteau noir ouvert balance ses pans comme des drapeaux en bord de mer. L’écharpe nouée donne la direction du vent. Le blouson de cuir montre la mini jupe qui l’accompagne. Saint Michel est une immense couverture de Vogue dont on a animé les personnages. Je tourne les pages de gauche à droite, mon regard change de trottoir, j’attends que les corps disparaissent remplacés par d’autres. Mimétisme de la gestuelle la rue est un film qui tourne en boucle.

 

Elles se ressemblent ces femmes bariolées dans leur différence. Elles ont une chose en commun, le sac à main, tenu en bandoulière il tape la hanche, coincé sous le bras il cache ses secrets dans le manteau, l’anse à la main élégant il se balance, lanières croisées dans le dos il adhère aux mouvements.  Il y a le gros, le petit, le rond, le carré, le difforme mais chaque sac est une pochette surprise. Je suis là depuis une heure maintenant jouant au jeu, chercher l’intrus, j’attends la femme les bras ballants qui ne viendra pas. Dans cette peau de cuir ciré elles ont englouti leurs histoires dont elles ne se séparent que la nuit, peut-être parce qu’elles les retrouvent en rêve. J’imagine une immense pièce de théâtre improvisée, les sacs ouverts sur la place publique, chaque objet divulguant la raison de son enfermement, revendiquant sa liberté ou jalousant la poche la plus secrète du sac, celle où se cache l’amour le plus fort.

 

Il est 18 heures, la porte du café cachée par un lourd rideau de velours rouge s’ouvre souvent, les couples se retrouvent. J’observe cet homme non loin de ma table qui tient la main de sa compagne, sait-t-il s’il fait partie du capharnaüm qui règne dans le sac gonflé posé près de sa propriétaire ? Une femme regarde sa montre, elle ouvre son sac et se met du rouge à lèvres un regard critique dans le miroir. Dans le brouhaha de la salle mon portable se manifeste à mes pieds. Pressée je saisis sous la table mon sac à main, il est petit et lourd, il est en cuir noir, l’anse se met sur l’épaule et je peux ainsi coincer sous le bras mes petits secrets. Trop rempli sa fermeture éclair n’est pas fermée, je dois faire vite pour attraper le téléphone qui a la mauvaise manie de se cacher au fond. Nerveuse je le retourne maladroitement sur la table étalant aux yeux de mon voisinage ma personnalité de gribouilleuse, les petits papiers jaunis font un monticule disgracieux, les numéros de téléphone sans nom, les papiers officiels s’étalent entre l’aspirine, les carrés de sucre collectés, les stylos, le gloss de chez Guerlain, le centre Pompidou, le musée d’Orsay, Paris en couleurs, la bibliothèque et le dernier film vu au cinéma. Dans ce lieu clos où tous les yeux sont vissés sur moi on sait maintenant que je porte des lunettes pour lire, que mon groupe sanguin est B positif. Ma vie est un roman photos offert aux consommateurs du lieu. La serveuse gentille comprenant mon désarroi se baisse et ramasse quelques photos qui risquaient d’être piétinées. Je l’imagine avec un grand sac en bandoulière frappant la hanche.

6 août 2021

Énigme d'un visage

 

 

Est-ce que la nuit a des portes
quand la lune ronde fuit les orages
le tonnerre gronde doucement
saigne sans effort dans le jour tournant
 
C’est lourd le mâchefer
l’embûche sous nos pas
la circulation de l’eau
les odeurs chimiques et organiques
au milieu des décombres
sous les doigts avides on se donne rendez-vous
 
L’air pesant sur les épaules fait partie des errants
le vol des abeilles autour de nos corps cesse
tout s’arrête sur le tapis vert
il est temps de lancer les dés
dans un brouillard de plomb
pour combattre la violence des êtres
 
Le ciel s’appuie contre un ballon gonflé d’hélium
d’en bas je ne vois pas la vie
les sourires masqués près de la bouche
c’est l’océan que j’entends
écoute ! ses sabots résonnent
 
L’été se noie comme l’énigme d’un visage
et se referme
encore une saison s’efface
suit la ligne indécise de nos pensées
 
Nous aimerions ne pas porter la haine
mais l’orage gronde si fort galopant
sans courage se rabat dans l'ornière
suspendues au grain de ses coups
les mains se croisent et se décroisent
15 février 2021

La punition

 

La punition
Je ne demande rien.
Pas un mot, pas un geste.
Rien
Pas un souffle, pas un effleurement,
ni même une très légère courbure
des lèvres et des doigts,
je ne demande rien.
Je donne tout. La vie d'avant et celle
d'après,
et celles d'après. Les événements
qui surviendront,
les artifices malades
et les joies minuscules. Et avec cela
les choses qui n'arriveront jamais, les colères
à toute vitesse, les mauvais moments,
la honte de ne pas avoir été ce que j'aurais
du être.
Je donne tout.
Je ne demande rien.
Pas un baiser tordu
de crainte et de timidité. Pas une larme sincère
et les aveux qui viennent les uns après les autres,
bien rangés dans leurs sanglots
.
Cécile Coulon - Les Ronces
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