Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Albums Photos
Publicité
Archives
Publicité
27 janvier 2012

lente macération II

 

 

 

Je n'oublie rien

c'est pour cela que j'écris

mes chants de la nuit

la terre morte de mes jours

 

L'écriture est mon long voyage

sur le tarmac

on se rejoint

pénible et lent

 

J'écris à défaut de vivre

si près de

il suffit de laisser infuser

ce n'est pas dormir

 

Un verre se partage

un écrit se démultiplie

se replie selon

comme un poème de papier sur la table

 

Il est ma main

qui déraille

et je laisse filer

le reste du corps

 

 

 

Billie - 27-01-2012

 

  

Publicité
20 janvier 2012

Tout glisse et tout s'efface

 

Il n’a pas de visage mais des mains qui se balancent
Pas plus grosses que des hirondelles

Le vent fou travaille pour nous
Impose ses pas comme s’il avait un corps

Sous ses traits déchirés
Amorce le virage nous préservant du vide
Ramenant les odeurs jusqu’à la jambe qui se frôle

Les poussières patinent la peau
Ainsi on se regarde
On s'attrape les bras dans la terre reconnue

Tu coupes l’air et le vent nous mélange
Le bleu et la mer dans un immense murmure

Paupières baissées à la manière des vagues
Nous lient l’esprit comme un chien de chasse devant un gibier


D’hier et de demain nous portons les grelots

 

 

Billie

 

 

 
21 janvier 2012

C'est trop tôt ce besoin...

 

 

C'est trop tôt ce besoin d'écrire quand l'amour s'en va aussi vite que la poussière. J'ai aimé cette maison au toit de tuiles dont les racines soulèvent la terre jusqu'à la chambre dedans, le manque de bruit, les promenades de nuit dans le ronflement qu'est la mer sans réverbère je l'ai affrontée, l'œil est un guide plus lumineux encore, une façon d'être dans le monde habillé de vent. Ma poésie est une souffrance que je retourne entre les mains comme une pâte blanche écrite au tableau ainsi je ne possède rien du soleil ou de la table et du mur refermé. Aujourd'hui elle est un refuge et c'est elle qui commande le repas à ses heures hypnotiques, méandres de l'arbre des formes et des contours elle m'habite alors qu'émergent les visages du réel. Je ne suis que l'ange, la lumière qui s'éteint, le bruit d'un corps de passage, dedans ce feu qui bouge.

 

Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer" assez vite, j'effleure, je loupe les trains, les messages des murs, émergent des visages, des yeux encore. Dans ma mise en examen je ne suis pas l'auteur volontaire, juste des mains procédurières pour accompagner la tarte aux pommes renversée au fond du plat, nos sets de table gris et rose flottent au vent emportant les arômes du repas et le parfum de ma peau distillé avec lenteur, on ne l'appellera pas Dévotion juste Envie d'être à la hauteur, Encre je cherche encore la journée devant, le vrai sur la peau.

 

De toi je ne sais rien si ce n'est que les poils poussent même la nuit, alors que dehors il fait frais j'ai perdu mon rôle au numéro 55 de la rue. Il n'y a pas de cigarette mais je la sens comme l'ivresse si proche du canapé muet dans sa position langoureuse, point lumineux marbré de gris je respire l'intérieur et mes peurs de souliers sur le trottoir. Dans cette maison je m'appelle Barcelone ou Béatitude sur la nappe rectiligne qui n'existe pas lorsque le téléphone sonne, tu hésites à décrocher, tu décroches, yes dis-tu au monde, c'est une pub pour les radiateurs de la mer, les peluches circulent dans la tête.

 

On est deux face à face, profils captés si peu pressés de s'effilocher tu me frottes le dos jusqu'à la salle d'embarquement d'un nuage d'avion alors que tout se crée dans le cerveau les bateaux mémorisent un désir enlisé où habite le silence et la douche déjà prise.

 

C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer et ses ponts.

 

 

Billie - 14 - 01 - 2012

 
 
 
 
16 janvier 2012

C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer

 

 

 

C'est trop tôt ce besoin d'écrire quand l'amour s'en va aussi vite que la poussière. J'ai aimé cette maison au toit de tuiles dont les racines soulèvent la terre jusqu'à la chambre dedans, le manque de bruit, les promenades de nuit dans le ronflement qu'est la mer sans réverbère je l'ai affrontée, l'œil est un guide plus lumineux encore, une façon d'être dans le monde habillé de vent. Ma poésie est une souffrance que je retourne entre les mains comme une pâte blanche écrite au tableau ainsi je ne possède rien du soleil ou de la table et du mur refermé. Aujourd'hui elle est un refuge et c'est elle qui commande le repas à ses heures hypnotiques, méandres de l'arbre des formes et des contours elle m'habite alors qu'émergent les visages du réel. Je ne suis que l'ange, la lumière qui s'éteint, le bruit d'un corps de passage, dedans ce feu qui bouge. 

 

Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer" assez vite, j'effleure, je loupe les trains, les messages des murs, émergent des visages, des yeux encore. Dans ma mise en examen je ne suis pas l'auteur volontaire, juste des mains procédurières pour accompagner la tarte aux pommes renversée au fond du plat, nos sets de table gris et rose flottent au vent emportant les arômes du repas et le parfum de ma peau distillé avec lenteur, on ne l'appellera pas Dévotion juste Envie d'être à la hauteur, Encre je cherche encore la journée devant, le vrai sur la peau.

 

De toi je ne sais rien si ce n'est que les poils poussent même la nuit, alors que dehors il fait frais j'ai perdu mon rôle au numéro 55 de la rue. Il n'y a pas de cigarette mais je la sens comme l'ivresse si proche du canapé muet dans sa position langoureuse, point lumineux marbré de gris je respire l'intérieur et mes peurs de souliers sur le trottoir. Dans cette maison je m'appelle Barcelone ou Béatitude sur la nappe rectiligne qui n'existe pas lorsque le téléphone sonne, tu hésites à décrocher, tu décroches, yes dis-tu au monde, c'est une pub pour les radiateurs de la mer, les peluches circulent dans la tête.

 

On est deux face à face, profils captés si peu pressés de s'effilocher tu me frottes le dos jusqu'à la salle d'embarquement d'un nuage d'avion alors que tout se crée dans le cerveau les bateaux mémorisent un désir enlisé où habite le silence et la douche déjà prise.

 

C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer et ses ponts.

 

 

Billie - 14 - 01 - 2012

 

 

 

 

18 novembre 2011

En noir et blanc

  

Un soleil noir et des nuages tout autour
Mot pour corps 
Détaché du ciel
Sur ce rocher tu aiguises la lame
Présente comme de la porcelaine
Fragile et transparente
Pour exister habillée de blanc
La vie circule 
Aveugle ouvrant les paupières

C’est écrit
Comme une fin implacable
La peur

Le ciel tourmenté bouscule l’absence
Laisse filer les boîtes à musique
A travers les plis de la mer
Et toi qui cherches à tâtons
Qui donc es-tu ? Toi, l’aimé
Oubliant l’abîme
De cette forme liée au vent 

Le buste de papier
Offert au cimetière
Personne ne peut savoir
Quand cela bouge au creux du ventre 

La voix son cortège
Annonce le seuil d’une nouvelle demeure





lutin - 18-11-2011

 



Publicité
21 septembre 2011

Angle de vision

 

 

Couchée au ras du sol  je sens partir la lumière trop blanche
les contrastes des cheveux le long du corps
les angles morts entre la route et la forêt
ronds et craquants sont aujourd'hui les pas qui se croisent
cerclés d'or
j’ai toujours eu l’impression de rater quelques branches
esquivant maladroitement la perte des couleurs
j’ai craint d’écraser quelques oiseaux entre le blanc et le vide
un bras, une taille, des tranches de vie
et de ne pas voir l’essentiel de l’ombre
sous une lumière plus clémente
couvrir les chemins droits
je l’ imagine dressée sous un faisceau aveuglant
si grande et dangereuse
m’emplir la bouche d’un foulard de soie
est-ce cela le coma quand on perd la vue un certain temps ?
deux silhouettes de papier découpées qui s’effilochent
dans l’objectif mal réglé
j’ai mal aux yeux dans le silence de ces trous noirs
c’est douloureux comme un peu de neige brûle la rétine
je le ressens maintenant que le ciel se rabat sur les épaules
dans son manteau ouaté
la maison extérieure devient plus petite
alors que l’angle de vision s’élargit




lutine - 21-09-2011



30 août 2011

Je pense autrement la fin du jour

  

 

Il y aura toujours des notes de piano sur le bord de la fenêtre
Il y aura toujours le chant de l’orage déclarant l’amour à la terre
Sur les pétales de roses le musicien et son archet
La nudité qui donne vie

L’orage à venir anime le pouls
La maison intérieure endormie
J’ai dans la poche quelques cailloux à compter
La distance entre l’éclair et le grondement du tonnerre

Le silence fait sa route
Un vide du cœur avant la rupture des eaux
Tout près du ciel on ne voit pas la chasse aux étoiles
Les nuages sont cratère gorgé de flèches

Ici est un jardin suspendu
Une bouche ouverte vers le monde
Sur la fragile chaise je m’assieds  les jambes sur la table
Dans cette position je pense autrement

.

Je pense autrement la forêt

Le sol et le plafond

Le couvercle au-dessus de ma tête

Les mouvements de l’espace qui se tait




lutin - 30-08-2011



 

 

9 juillet 2011

Et palpite le coeur

 

 

Les pas ne laissent pas de trace
déjà l’air perd ton parfum
jamais nos corps usés ne rattraperont le temps
comme un arrêt de mort
nos bras s’éloignent habillés de la nuit
alors que la pensée recule

Dans l’autre sens les phares éclairent la route
terre aux veines bleues
dans un halo une fissure s’éveille
glisse le long des murs jusqu’à la grille

Aux formes gigantesques
un feu d’artifice éclate sur l’eau douce
ses étoiles éphémères
un peu de feu pour que tout recommence
et palpite le cœur

Les statues de marbre ne bougent pas dans les arbres
ce sont les robes qui se colorent et virevoltent
broderie de soie pourpre
rose de l’été, vierges habillées de soleil
le ciel sème ses arcs en ciel

Paupières closes je partage les heures du grand parc
la nudité de mes épaules contre le vent
sans hâte j'écris des mots silencieux
sur un clavier sans âme, absente
j'entends l'eau profonde qui danse
dans cette nuit à la dérive

 

 

lutin - 09-07-2011



 



20 mai 2011

Dans la fenêtre ouverte

  

 

J’attends la pluie, le bruit sourd
contre les carreaux j’attends ses larmes
l'arme contre la peau
le long des murs chauds de la journée
je l’attends, je la supplie

Le tonnerre gronde dans ma tête
dans l’air que nous respirons
déjà la terre est sombre
enfouie dans nos visages
petites bêtes suspendues
elle avance dans la lumière

Je la laisse venir
ça claque
regarde l'eau comme elle file
je devine son manège, sa douceur maligne
j’attends sa lame
traînant les orages

Dans la fenêtre ouverte le vent s'est arrêté
elle marche dans le paysage
quand ton corps s’en va perdu
proche de l'évanouissement
 
Dans la fenêtre ouverte se cognent les avions perdus
et les bateaux échoués
les combats lourds de pluie
étrange lumière, l'eau immobile

Les nuits dangereuses égrainent la fin du jour
contre la vitre l’insomnie de l’oiseau
prie dans la main, libre
libre de ne plus vivre
libre d'être

La terre est sombre
le ciel au crépuscule

 



 

 

lutin 20-05-2011

 

 



17 mai 2011

Calcul mental

 

 

 

Quel est le moyen pour s’en sortir, il y a deux manières de dégager une forme par soustraction et par addition, je n’aime pas les mathématiques. Comment retrancher ce qui ne va pas dans la tête. Je suis architecte et j’échafaude dans l’espace les volumes, du vide je fais un plein de ce matériau impalpable rendant possible tous les modelages, les constructions.

Quelques instants s’écoulent dans le silence puis reviennent résonner contre la fenêtre, derrière la porte, les signes des opérations. Tu as respiré dix fois dans la minute écoulée il y a quelques jours, il y a deux jours et quelques heures. Je ne divise plus en heures, en minutes et en secondes. Je sais qu’il reste des tours à l’envers à défalquer aux années empilées. Au vingtième tour et quelques mètres où en serais-je du temps passé. Le temps que je calcule les heures tournent, les minutes chronométrées s’emballent et la mer monte alors que le soleil plonge dans l’eau.

Le sablier entre les doigts écartés je compte la poussière, les graviers et la peau arrachée. J’additionne les vagues toutes les cinq secondes, la distance parcourue, les bulles d’air éclatées au sol, les intervalles entre flux et reflux longs et plats comme un électro épuisé.

La mer fait la plage et le vent la défait.

Le bracelet-montre étanche maintient l’os du poignet, je peux te dire que 36 minutes se sont écoulées de l’absence à la présence, l’absence est la soustraction, le signe de croix l’addition, la main si présente au croisement du signe. S’accroupir c’est se soustraire, de quoi, du regard, où est-ce la déconstruction. D’un geste rapide et habile, elle enlève le compte-tours du bras, arrache le cathéter, retire la seringue, il n’y a plus de temps derrière la porte, dans le couloir. Combien de souffles du rez de chaussée à l’étage, le tensiomètre sur la table est mort, plus de séquences dans les yeux esquintés, le regard s’égare.

Elle fait la moyenne des plus et des moins, à l’oblique regarde l’appareil photos des sourires volés. La vingtième image est un homme sur son vélo griffant le sol à coups de freins, traversant l’air à coups de jambes. Il est vingt heures et les roues s’allongent, le métal devient immense équipé d’un corps de géant. Là ce n’est pas du calcul mental c’est la déformation alors que treize signes se confondent dans l’eau.

A quelle température avons-nous fusionné, je crois qu’il faisait 20° sur la pelouse haute de quatre centimètres à trois mètres de l'eau profonde de 1,50 m, le soleil à la vertical, il était midi et quelques secondes, nous étions cinq à compter nos prouesses, trois corps se sont soustraits, cinq moins trois égal 2, quatre jambes côte à côte, deux paires de mains.

Elle replie le paréo où se décomposent les doigts, l'encre d'un livre à 200 pages écrit à quatre mains, le remet à sa place, dans l’angle de la chambre. Elle vérifie le thermomètre, 33° le corps dans le vide, peut-être plus si elle s’étale par terre la fièvre au ventre.

Elle recule d’un pas à la recherche de l’ombre, la lumière avance de deux pas, elle retire le drap, continue sa marche arrière de quelques mètres et centimètres jusqu’à la pelouse rase près de l'arbre à angle droit. Inlassablement les rayons du soleil la couvrent, deviennent diamètre et cercle qui l’enferme.

39° la peau s’enflamme, deux comprimés pour la tête, pour le sang qui pulse, encore deux comprimés, quatre pastilles sous la langue d’un même médicament, elle regarde lentement autour d’elle. A 180° c’est une tête qui dévisse, c’est une soustraction du corps, c’est revenir à la case départ :

Je n’aime pas les mathématiques, comment retrancher ce qui ne vas pas dans la tête.


Comment soustraire le mystère des sources cachées

l'intimité de la rivière

et les paysages retrouvés.

 

 

lutine

 

 

24 décembre 2011

Le bruit du silence

 

 

 

 

Vous avez tracé des rails de lumière, un point d'horizon et des maisons tout autour, des gens qui dorment. Vous avez dessiné au vent les mains le long du corps et de longues enjambées dans la lenteur d'un brouillard floconneux touchant à peine le sol. Vous avez déposé entre deux trains une forme qui fuit quand le pavé résonne aux carreaux. Rien de plus apaisant la main posée sur le monde. Vous avez enfermé les insomniaques derrière le tableau, de l'autre côté de la ville vous avez coupé les ponts. La tête que vous avez voulu bien faite respire l'isolement entre deux murs empêchant le voyage. Bouche muette au bord du chemin c'est une image dans l'image que vous avez décidé de poser ainsi ouverte à la pluie à votre langue indicible, habillée comme vous le souhaitiez nue sur le fer qui sépare la route à la merci de votre crayon dont vous en êtes le propriétaire. La colère mange le coin de la rue que vous avez oublié. Tout est métallique mystérieusement tendu dans cette forme sans âme et sans écharpe que votre main a le pouvoir de rayer comme une illusion puisque vous avez omis le banc sur lequel la poser. A quelle heure ? dans ce parfait silence cette rébellion du corps qui risque prendre vie et une forme de pensée dont vous perdriez la maitrise faudra-t-il la dissoudre en particules d'acier.

 

  

lutine - 24-12-2011

 



29 décembre 2011

Toute tentative s'achève

 

 

 

Tout est caché et visible en même temps comme la table qu'il faut fuir quand on ne s'y sent pas bien. Personne ne peut obliger à s'asseoir si soi-même on ne peut plus s'allonger dans un lit de plomb coupé en deux. Il est terrible ce manège autour d'un chant dans la tête, envoutée je suis partie innocente de ce cercle aux mets délicieux sans amour sous la langue, entre les dents les restes de l'évitement puisque toute tentative s'achève. Pourquoi ne bouscules-tu pas le malaise en criant sur la chaise ? Pourquoi ne me violentes-tu pas au bord de la forêt ? Il me pousse des épines sur la peau, des cicatrices sur le dos, je ne sais plus me coucher, j'ai peur du devoir conjugal trop tendre, de la neige dans la cour, de l'odeur indécente qui n'est pas mienne et les seins se creusent sous l'intrusion gourmande me pliant chiffonnée sous la robe. Pourquoi tu t-y prends mal ? la peau ne ment pas. Imperceptible mouvement de recul dans une rangée de bougies je fixe cette couette dérisoire comme le nuage emporte le vent et la trace de l'avion invisible n'ouvre plus la fenêtre. Les lèvres gercées d'avance j'ai froid aux mains et ne sais plus parler du rapport humain sur les plaques de marbre que sont les jambes dissoutes, au fond de l'ennui elles ne se révèlent plus comptant les plages du disque sur lequel patine le fer. Sous le faisceau de lumière de l'ampli alors que tu ne me remplis pas j'habite la musique, s'égrainent les rancœurs, s'élèvent les barrières. J'ai peur qu'elle n'arrête le mouvement du berceau, les pensées invertébrées des insectes occupant l'insomnie, les gestes automatiques. Les coupelles se vident, j'ai bu plus que de raison, rasant le plaisir au bord du verre je me balance alors que les objets s'immobilisent. Ne mangeant pas à ma faim je me suis relevée près de la nappe marchant autour du banc comptant les piqures de fourchettes sur le pain et les miettes sous la table. Passe-moi le sel et le poivre, un verre d'eau à vider sur un nid d'hirondelles, au-dessus je partirai vers un autre printemps, passante si peu vêtue dépouillée de tout mystère je ne sais plus jouir en eau étoilée.

 

 

lutin 29-12-2011

  

 

 

12 décembre 2011

En brasse

 

 

Personne ne m’embrasse et mes lèvres se tendent
j’embrasse le vent
j’embrasse la pluie qui ne tombe pas
le sol asséché
les odeurs au fond de ma poitrine
la main qui ne se pose pas
la montée de la lumière
Je suis venue voir le jour qui commence

J’embrasse le paysage
la feuille blanche sur le marbre encore froid
le gravier sous mes pieds
le champagne que nous n’avons pas bu
le café que je porte à ma bouche
les gâteaux que nous n’avons pas mangés
et l’arôme que je porte à mes lèvres
rempli de présence

Les cuisses douloureuses
nues sur une chaise de fer d'heures entières
les bras suspendus à mon corps
penchée sur la table
j’ai découvert le sens de la prière
j’enlace les lettres que j’écris
ma poésie de l'espace
sur des pages volantes je la retiens

 

 

lutine - 12-12-2011

 

 

24 novembre 2011

Pensée du soir comme une fulgurance

 

 

 

Je rêve d'un lieu de poésie où l'échange n'est que poésie, je l'ai trouvé dans mon écrin, quand j'en soulève le couvercle elle ne demande qu'à circuler, elle ne demande qu'à recevoir aussi. J'aimerais que la poésie soit l'écriture pure, rien derrière le rideau, juste le spectacle de ce qui est offert. Etre poète c'est quitter le plancher de ce monde pour une chasse aux trésors en laissant au destin son devenir, s'il ne s'enterre ce n'est pas grave il nous aura au moins fait voyager, rêver par la fenêtre de nos yeux tenus ouverts à la poésie.

La poésie est plus qu'humaine elle a quitté le corps ou circule plus profond dans les veines comme un fleuve alors prouvons-lui qu'elle est au-dessus de ce qui encombre la vie de tous les jours mais une histoire de vie qui aime à penser autrement, la cause principale un train d'écrire le long de nos propres rails ou le tunnel dans lequel on se bat.

L'écriture est une ardeur si profonde alors je rêve d'un lieu de poésie où tout se donne dans le plus respectueux échange dans tous les sens, la voie unique n'est qu'une voix morte et sa langue inutile.

Laissons à la vie terrienne son rôle, en écriture nous avons quitté le plancher des mortels, au-dessus d'eux il y a le respect de l'écriture et sa franchise aussi nécessaire que grandissante.

J'aime lire sans me cacher et j'ai envie de dire qu'écrire est au-dessus de tout, au-dessus de moi et je cherche à m'atteindre à la pointe de mon orteil ou au-dessus sans perdre mon temps où la cause n'est pas poésie véritable, le fleuret n'est pas de mise, le poing son trampoline.

Parfois les rencontres tournent mal et il faut choisir, la poésie sera l'arme et le drapeau et non son prétexte. La poésie sera ma vie et mon linceul si elle le permet, c'est ma vision de ce soir. Quand tout s'effondre elle est là et m'apporte lumière et envie de.
 
 
lutine - 25-11-2011
 
 

 
 
 
10 novembre 2009

Ecrire de lutine -

 

J'ai beaucoup aimé le "Ecrire de Marguerite Duras", voilà comment je l'exprime.

 

...On parle d'inconscience quand la plume prend la main, mais c'est cette magie que nous recherchons dans l'écriture, se lire et découvrir justement cet état sur la page blanche devenue noire de notre intérieur. Est-elle vérité ? je pense.

 C’est étrange comme c’est indispensable d’être seule pour écrire. Comment s’intérioriser pour extérioriser si des parasites s’agitent  autour, juste le silence ou une musique permet ce recueillement. L’amoureux de l’écriture est un animal sauvage qui a besoin de se replier le temps d’un texte.

 Je vois au bord de l’écriture l’aplomb de la falaise, ce mouvement plongeant pour aller au fond de moi. Le vent me nourrit et lit en moi un livre ouvert, celui que je ne connais pas encore. Dans le sifflement de sa trajectoire il transporte mes états les mixant  aux éléments. Sous la brûlure du soleil ils me reviennent en cortège de cendre et les doigts s’agitent sur le clavier.

  Je ferme les yeux passant de l'état conscient à l'inconscient, la peau se lisse, les muscles se dénouent, ou l'inverse, se produit un dédoublement ou une fusion, je n'ai pas la réponse.

Devenir aveugle quand on sait que ce n'est pas irréversible. Un doux moment quand s’emballent les mots. Avez-vous remarqué que les couples ferment les yeux quand ils font l'amour.

  J’écoute toujours la même musique, celle qui réduit mon champ de vision à un point fixe, et je danse en suspension vers le point final mais ce n’est jamais la fin dans le martèlement des touches, le leitmotiv des sons est en moi, là, face à cette table où tu es présent.

 Je vois dans la peinture les images de mon écriture. Je laisse courir sur la trame ma vie.

.

 Sous la chair il y a un coeur qui bat.

.

.

 

  

lutine

   

 

12 novembre 2011

11 11 2011...... 11, 1+1, 1 debout

 

 

1+1 c'est égal à deux, quand l'un se couche l'autre est debout, quand l'un est debout l'autre se couche, c'est mathématique, quand les deux chiffres se couchent cela fait 1. C'est mathématique disent les aiguilles de l'horloge à minuit comme à midi. Elles sonnent aussi le quart, belle image du quinze heures à table, l'un couché l'autre debout comme le dit la géométrie du cadran.

Jouons avec les aiguilles à angle droit, que fait-on quand la pendule sonne la demie, demi de quoi, demi de rien, demi de tout. Les aiguilles n'aiment pas les mathématiques quand elles doivent sonner les heures inutiles puisque le temps n'est rien, à quoi cela sert qu'il se manifeste. J'en resterai là du temps qui coule, la montre n'aime pas montrer, tromper le temps les mains sur les yeux, les mains sur les oreilles, tout s'entend dans le silence puisque les lèvres s'ouvrent.

C'est mathématique quand la trotteuse s'ajoute et alimente le petit 1 et le grand 1.

1 + 1 = 3

C'est une course contre la montre ces trois aiguilles sur le cadran, solaire je ne crois pas mais du soleil nous en avons fait des mathématiques sans ombre dit le poignet, membre porteur du temps. Tout est blanc là où le pouls bat la mesure, rouge aussi, comme les mathématiques les couleurs se discutent dans l'impulsion.

Tout ceci n'est qu'écriture car je n'aime pas les mathématiques, comment écrire quand le temps nous est compter, dirais-je conter. Raconter est ennuyeux mais imaginer propulse le temps, le temps sans aiguille

Et me voilà les yeux au ciel et les satanées aiguilles ne sont que des orages que j'ignore comme l'algèbre sur lequel je me suis assise si longtemps préférant le confort du rocher.

Me voilà partie dans le regard du ciel, il me faut éteindre les lumières c'est à dire juste les paupières et un cerveau toujours prêt à jouer avec les aiguilles, celles qui sont en moi, d'ailleurs elles portent un autre nom, flèche peut-être, singulier ou pluriel, qu'importe, on n'en reçoit qu'une seule à la fois, est-ce celle de midi ou de minuit, qu'importe c'est le long chemin, le quart n'étant qu'un chemin de traverse.

Tout ceci parce que l'on parlait de mathématiques plus haut et que je n'aime pas les mathématiques comme elles ne m'ont jamais aimée.

Je ne vous parlerai pas des chiffres père ou impair car nous y passerions la nuit

 

 

lutin - 11 - 11 - 2011

 

 

20 octobre 2011

Dans ma tête

 

 

Dans ma tête il y a des nuits 
Des sommeils qui tuent le silence 

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux 
Du vent sous les paupières 
Jusqu’à la vague qui noie les heures 

Dans ma tête il y a des avions 
Et des oiseaux dedans 
Des voyages qui passent 
Des déserts enlisés au fond des draps 

Dans ma tête il y a la mer 
Une prison entre elle et moi 
Un fourreau qui protège du froid 
Un bas de soie galbant l’insomnie 
Dans une chaussure de verre 

Dans ma tête il y a des trains 
Le noir des tunnels à deux pas de la lampe 
Le hurlement du métal contre la peau 
Des plaines sorties de mes bras 
Des précipices à hauteur d’homme 

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole 
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint 
Prisonnier de l'air 

Dans ma tête je suis ailleurs 
A la merci des vents contraires 
En plein océan 
Fluide dans mon propre poing 

Dans ma tête il y a des mouches 
Collées sur la bouche 
Pris au piège 
Dans mon ventre le corps s’agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
des mains qui se portent sur le visage
la salive brille et nourrit les heures

 

16 octobre 2011

Monde intérieur


 

 

Je te regarde et tu me fermes un œil 
l’autre veille sur toi 
je me souviens d'un visage 
quand il se penche autour de moi 
des yeux de chair immergés 
 aussi longs que la main

 
Je sens la courbure des épaules 
au-dessous d’un cou de roseau 
lame docile et coupante 
 on l'entend se dissoudre 
au fond 
comme un grelot


 

lutine - 16-10-2011

 


3 octobre 2011

Une petite lumière

 

            

 

Une petite lumière filtre des ombres chinoises, une petite lumière se cogne contre la vitre, elle est ronde et plate, une petite lumière rayonne le long de la fente, tremble et tourne en rond. N’es-tu pas aveuglée quand elle mord la peau les dents serrées dans le silence qui déborde.

Une vie tourne derrière toi, minutes vagabondes il y a l’arbre qui s’élance dans le vide, pour rester debout il tend ses bras, serre ses feuilles contre son cœur que la sève veut lui ôter. Ne m’arrachez pas la langue qui court sous la peau et les fourmis qui me sucent, le vert de mes yeux par endroits presque morts.

C’est comme un incendie le ciel quand on lève la tête, c’est comme une veine qui fuit les ombres qui s’allongent, cela sent le pain grillé quand on foule le sol et le fer, cela craque sous la dent la peau endurcie que la saison veut éteindre, tout respire une lente agonie majestueuse avant de s’éteindre.

Il n’y a plus d’orage au moment où les araignées tissent leur toile entre deux arbres, petites bêtes en suspension il y a de la dentelle et des colliers de perles blanches qui flottent au vent et un point noir aux mâchoires crochues.

J’ai vu se former les fils sur le bord du banc mon cerveau assis sur le banc d’à côté, j’ai vu se former la rosée, nous sommes deux autour de la table, je veux dire un monde où l’on a vécu la gorge tranchée souvent dans le même lit.

Une petite lumière clignote pour les fous et bénit les jambes autour de l’arbre deux fois centenaire, une petite lumière dessine à la craie les arbres à abattre, l’herbe à raser dans un carré de silence, rai de lumière assassine. Enlace-moi dit l’arbre les mains ne mentent pas, étrangle-moi autour de ton cou avant qu’on ne me frappe. La vie nous abandonne, il n’y a pas de pont où se jeter et ressusciter, Paris où coule la Seine est un autre lieu rempli de voitures où il ne fait pas bon dormir.

J’ai tourné en rond autour de mon lit fuyant la lumière, la rivière et ses forêts, j’ai tordu les draps source de la lumière, j’ai fermé les yeux source de la fente, j’ai débranché le cerveau source de l’espérance, il était trois heures du matin quand les ciseaux ont coupé la lumière.

 

 

 

lutine - 03-10-2011

 

 



14 septembre 2011

Traversée de vent

 

 

Que sait-on vraiment du désert au bout du regard
à l’heure où la vitre s’habille d’un visage

Du livre posé au milieu de nulle-part

En face il y a la fenêtre

Et du ciel
des gens venus habiter l’esprit
à la recherche d’une odeur
d’un indice

Trace fugitive


Sous les paupières closes
zest de matière
les yeux n’ont pas fini de creuser la nuit



Où vas-tu ainsi
alors que les chemins invisibles se replient
mémoire pleine de ressac
paupières closes

Il y a le large
les rêves enfouis dans les draps de la mer
sous le ciel dépouillé


Je me présente nue



 

 

lutin - 14-09-2011

 



6 septembre 2011

Une seule porte de sortie

 



Quand la lumière baisse sous la paupière

Quand les cheveux poussent

Quand la mer crie

On balaye par terre pour effacer

Minuscules coups de ciseau

C’est ainsi que l’on remonte



Les bateaux de papier ne traversent pas les mers

Ni les avions pliés sur la table

Le jour s'en va pour un autre regard



Fragments météorites

Les mots ne font pas avancer

Ta tête dont on visite le fond

Des cheveux tout autour

Tout du long

Est la guerre





lutine



6 août 2011

C'était un rêve

 

 

Chemin noir, paroles noires
secrets diaboliques
dans la chambre déraison
les portes de l’enfer ne mènent nulle part
contre peau des couloirs sans fin

Sur la peau toute mouillée 
c'est un jeu entre les cordes
la langue de l’amour
la vengeance du fouet
creuse la chair comme s'effrite une île 
 
Jusqu’où s’étend l’ombre de papier
les pages offertes aux étoiles
dans le rêve retenu si longtemps
jusqu’où brûle la nuit
sur les pas de la lune
traversant les flammes

C’était un leurre 
chaud comme le miel
le poison distillé lentement sous la peau
auréolé d’éphémères
de la poudre aux yeux sous les jets du désir

 

lutin - 06-08-2011

 

 

 

3 août 2011

Enigme d'un visage

   

Est-ce que la nuit a des portes
quand la lune ronde fuit 
le tonnerre gronde 
saigne dans le jour tournant

C’est lourd le mâchefer
l’embûche sous les pas
la circulation de l’eau
les odeurs chimiques et organiques
au milieu des décombres
sous les doigts avides on se donne rendez-vous

L’air pesant fait partie des errants
le vol des abeilles autour de nos corps 
tout s’arrête 
il est temps de lancer les dés
dans un brouillard de plomb
et combattre la violence des êtres

Le ciel s’appuie contre un ballon gonflé d’hélium
d’en bas je ne vois pas la vie
les sourires masqués près de la bouche
c’est l’océan que j’entends
écoute ! ses sabots résonnent

L’été se noie comme l’énigme d’un visage 
et se referme
encore une saison s’efface
suit la ligne indécise des pensées

 

Nous aimerions ne pas porter la haine
mais l’orage gronde si fort galopant
sans courage se rabat dans l'ornière 
suspendues au grain de ses coups
les mains se croisent et se décroisent

 

 

lutin – 03-08-2011

 



2 août 2011

Roulette russe

 

 

 

Le vent n’a pas fini de discourir
comme s’il me réconciliait avec ma bouche
dans le décor que j’habite 
 
Je parle aux arbres
aux murs qui mangent ma voix
alors que l’endroit se vide
à la vitesse du cheval au galop
comme les vagues se retirent 
 
La vie s’arrête brusquement sur une terre labourée
dire, que dire qu’elle ne sache déjà
qu'elle ne transpire déjà
assoiffée de l'avenir
l'eau n'a pas fini de couler 
 
L’épaisseur de l’air s’est enroulée autour de moi
dans la tête c’est le tocsin
une aspiration vers le ciel
et la main qui désigne la nuit
le voyage accompli en profondeur
amas de promesses et de cendres 
 
Il s’agit de renouer l’envie
à grands coups d’étincelles
roulette russe, amie ou ennemie
foudre quoi qu'il advienne 
 
On efface tout de la mer et de la terre
le sable devient lisse, beau et pur
quand la mémoire est là macérée
comme une perle dans son écrin 
 
Il faut en faire des pas et des pas
jusqu’aux marches à l'angle d’acier
les peaux gommées à l’usure de la trame
ouvrant l'horizon en miroirs successifs
vers l’autre rive

 

lutin

 



 



12 août 2011

L'écho

 

 

 

Le ciel porte-il un nom au dessus de la conversation ?
la terre porte-t-elle un nom dans le bac à sable ?
angoisse pétunias et myosotis
j'ai écrasé un moustique contre le barreau de la chaise
ce bruit qui efface l’écriture
dans le reflet des vitres

Prends garde à toi
il reste la table où nous sommes si nombreux
les fleurs et les miettes
sous les ongles bat l’horloge contre la peau
le bruit de l’eau et les yeux vagabonds

Le long de l’archet
l’araignée tisse sa toile
me tranche la gorge
claque et se rétracte prisonnière de la nappe

Que reste-il des livres écrits ?
que reste-il du silence ?
une tasse de porcelaine livrée aux fourmis
des airs de musique
chauve-souris
yeux de chouettes et noctambules
petites cuillères à dormir debout
dans le sucre glace

Entends-tu les montagnes dans le ciel
l'écho des trottoirs vides
poursuivis par les ombres
les pelouses sèches au fond du cimetière
le sel le poivre sont orphelins
la rose blessée se pose à genoux

Petite flamme il est minuit
les aiguilles restent à la verticale
ébréchées



lutin – 12-08-2011

 



 

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>