Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Un nouveau regard, les mots qui se détachent
Publicité
Albums Photos
Publicité
Archives
Publicité
17 décembre 2010

Man Striding

.

Il y a ce lit
sillon en plein vent
ruban de soie autour du cou
iceberg dans le ventre
le jeu de la pierre et du ciseau
la main se serre
se ferme le poing
sans fin fouille au cœur

Dormir à la verticale
fil à plomb insomniaque
cœur percé au sabre
sous l'armure d’acier
tenir debout
l’épée au bout des rails

Un fou-rire dans un hall de gare
l'écho de soi entre les trains
la lumière des yeux s’éteint
sous la morsure de l'outil
c’est écrit sous la peau
les pas dans le métal
qui fondent en prison de fer

.

.

lutin

Publicité
9 novembre 2010

Claude Monet au Grand Palais

.

Constamment à la recherche de la lumière, créant des atmosphères lumineuses ou floues Claude Monet a eu ce don de me transporter dans ses couleurs, j'ai ressenti hier sous ma peau ce courant électrique que je connais si bien quand j'aime.

J'ai lu aussi que Turner et Monet ont été les précurseurs de l'abstrait, maintenant je le crois, que de suggestions qui laissent  là, rêveurs, des suggestions qui m'ont remplie.

.


10 juin 2010

Secrets d'alcôve

.

.

Est-ce parce que la terre a perdu son parfum

Ou parce qu'il n'y a plus la neige et les pas

Mais des flaques d'eau remplies de nuages

Que l'on sent le vent et son chant

Au travers de la peau

.

Le ciel pleure comme on murmure

Alors que dans l'air sèchent la pluie

Les fleurs et les oiseaux

S'enfuient les orages

Jamais les larmes retenues

.

Les arbres sont la maison

J'écris d'un secrétaire de bois

Entre ramures et chemins flottants

Les secrets d'alcôve

Dans les cris de la scie

.

lutin - 10-06-2010

.

.

20 juillet 2010

Odeur intime

"L'odeur est une couleur" B

 

 

 Que chantent les parfums
Les éphémères dans le vent
Familière et secrète – L’odeur  intime enivrante
Chaude comme le ventre expulse le plaisir
Elle est un nom dans le noir
Une silhouette
Une empreinte digitale que l’on renifle
Un drapeau avec un air d’oiseau peignant le deuil dans la lumière
Suspendue à la haute grille
Elle dégage ses arômes
Animal on la lèche

Mémoire  profonde tu ne peux t’en défaire
Dans les courants d’air elle flotte
Habille l’ombre d'un frisson
Etoile filante
Perle de sueur
Pluie
Ou larme
Effort ou réconfort
Vie ou souffle de la mort
Au milieu des masques inaccessibles
Quand le bras se tend
L’odeur est comme l’eau on ne la serre pas contre soi
Elle se sauve pour devenir silence

Qui êtes-vous - Pas subtils et fuyants
Filtrant les volets clos
En ce lieu de mémoire
   
Un code sous la peau
Ecrit de sel

L’odeur est une couleur furtive
Sur laquelle on s’appuie
Quand le ciel a baissé les paupières

.

.


lutine - 20-07-2010

 

 

 

 

27 juin 2010

La nuit

.

.

Elle marche face à nous bousculant les heures un peu plus chaque jour

Dans le couloir du ciel à la cime des arbres elle se fait plus pressante
arquant inéluctablement sa couleur opaque
elle ombre la racine qui se cache sous la feuille d’automne
son voile flottant entre ciel et terre devient foulard
puis manteau dans sa chute sur les épaules

Elle enveloppe comme un drap sur son passage ce qui est vertical
les plus grands seront touchés les premiers
petit bout de femme il me reste un peu de temps avant de sentir son piège se refermer sur moi
progressivement  elle m’enroulera dans sa peau
m’habillant d’un fourreau de deuil
le chien sur la route subira le même sort
ainsi que l’insecte rampant

La nuit balaye tout
quand elle s’allonge
nous faisant disparaître d’un claquement de doigt ensorceleur
la goutte de pluie poreuse se remplira de noir
seule la lumière artificielle résistera à sa force

Inutile de se cacher elle voit dans les angles
inutile de se vêtir de noir
elle superpose les couleurs

Fenêtres closes
s'ouvrent les images librement
au bout de mes doigts enrubannés de la nuit

.

.

lutine

Publicité
26 mai 2010

L'autrement/L'autre... ment...

.

.


Les balançoires vides tanguent  au vent de la nuit
les pieds ont imprimé une dernière page
on en fera un livre de folies
des armées de mots sous la langue.

Il y avait le diamant sous la paupière
les bas de dentelle qui laissent la chair paraître
le sein caché
dans le pull croisé noir près du cœur
une main sur la peau
le baiser sur la main.

Le soir est si doux dans la chambre
quand les draps offrent l’empreinte du livre
les yeux mi-clos dans l’attente de l’ombre qui s’allonge
sur l’oreiller le poids de la tête dessine les rêves
tanguent les mots, s’agite le corps.

Il y avait un grand trait noir sous l’abat-jour du ciel
des jambes longues et silencieuses
des pas si lents au bord du lit
un genou à terre embrasse la main tenant le livre
dans l’amnésie/amnistie du temps.

.

lutin - 26-05-2010

.

7 mai 2010

Il y a des nuits

.

Rien ne s’oublie – c’est incrusté sous la peau
Les habitudes des mouvements

Les pas craquent sous le poids lent de l’absence
s’écoule le silence

Il faut apprendre à dormir dans les courants d’air
dans l’isolement – sans la bûche près du feu

La main s’est échappée – c’est la voix
dans le couloir de nuit sombre

Les yeux ne se ferment plus
le clocher sonne la fuite des odeurs - des heures aussi

Il y a des nuits - c’est la natte du temps tissé
S’instaure une relation étrange avec le vent que l’on attrape du bras

On le blottit là où les reins craignent le vide
On s’appuie dessus pour croire en la peau

La chaleur se dégage, et la voix monte de l’autre côté du rideau

C’est une descente lente dans le corps
le sucre des mots jamais entendus - jamais savouré

Si tu n’ouvres pas les yeux tu peux y croire
c’est chaud, c’est mou
mort à la fois - un corps en sommeil

Celui que l’on pose tout contre les reins
en boule ne pense pas – époux de tes formes
dans le lit il prend le cou – t’emporte




lutin

21 avril 2010

Edvard Munch ou L'"ANTI-CRI"



"Edvard Munch ou l'Anti-Cri" à la Pinacothèque de Paris

.

Une exposition magnifique, à voir absolument, vous en prenez plein les yeux, "Le Cri" n'est pas exposé, mais il a fait tellement mieux. La notoriété exagérée de ce tableau a eu pour conséquence d'occulter la réelle dimension et le vrai message de l'artiste.

.

Le Cri

Vivre n’est pas là
clouée et hurlante
peau lacérée
bouche en entonnoir
sur vous elle crie

I n j u s t i c e

Dresse des barricades
au sein de vos émeutes
au bras le poing
son ralliement
les jambes nouées
de vos convictions

.
Ligotée au pilori
être n’est pas cela
elle continuera
la lutte
un sang pur

de ses veines coulera
crucifiée
elle hurle

.

I n e p t i e

.

D’un monde ficelé
bouche ouverte
cordes vocales ôtées
la force de sa pensée
en travers de vos folies
jaillit

.

lutin

.

.

21 février 2010

Soulages

(histoire d'enfoncer le clou auprès de la Vendetta)  "Les cons ça ose tout...
... et c'est même à ça qu'on les reconnait - Audiard"

Une interview de Pierre Soulages

http://www.lefigaro.fr/culture/2009/10/02/03004-20091002ARTFIG00401-pierre-soulages-l-artiste-est-une-ame-primitive-.php

Le refus de l'ornement ou déjà le noir ?

À 5 ans, j'aimais déjà le noir, je préférais tremper mon pinceau dans l'encrier plutôt que dans les couleurs. Une cousine plus âgée, morte à 102 ans, a raconté à Pierre Encrevé, auteur de mon catalogue raisonné, que je dessinais un jour, noir sur blanc, « de la neige ». Mon explication avait fait rire toute la famille, ce qui m'a sans doute humilié puisque ce n'était pas une provocation. J'ai dû essayer de rendre le papier plus blanc par le contraste. Rien de sophistiqué comme dans les paysages de neige de Monet ou de Sisley. Je me sentais directement concerné par des choses plus élémentaires. Du noir à côté d'une couleur sombre : elle cesse d'être sombre. J'ai commencé à réfléchir à la peinture assez tôt, sans le savoir. J'aimais peindre. Quand je suis retourné à Conques, j'ai compris qu'il y avait une chose importante dans la vie : l'art. Je trouvais que les adultes perdaient leur vie à la gagner, que leurs comportements étaient étranges : ils ne pensaient qu'au dimanche et le dimanche venu, ne savaient pas quoi en faire. Je ne serai pas de ces gens-là.

Quels sont vos principes d'artiste ?

J'ai compris très tôt que l'artiste était celui qui était attentif à ce qu'il ne sait pas, à l'inverse des artisans qui savent quoi et comment faire. Mes racines, je les trouve avant le Quattrocento et sa peinture « illusionniste ». Même si j'admire Giotto et les chefs-d'œuvre nés dans son sillage, ce qui m'intéresse est ailleurs. Je citerai saint Jean de la Croix : « Pour toute la beauté, jamais je ne me perdrai. Sauf pour un je-ne-sais-quoi qui s'atteint ou qui se rencontre. » Il y a de l'effort, du hasard et une rencontre. L'artiste ne sait pas toujours ce qui va se faire, c'est indépendant de sa volonté et, souvent, le plus intéressant de son œuvre.

16 février 2010

La voix

.

.

Elle est là si présente
Je l
avais laissée ce matin sous la glace engloutie
A la cime des arbres suspendue
Ecras
ée au sol dans la foulée ardente

.
C
œur assassin je m’étais déshabillée delle
Paupi
ères baissées comme le vêtement choit
La col
ère à genoux

.
Le h
éron enroulé dans son cou tant il faisait froid
Se souvenait d
images plus heureuses
Chevelure d
ombres le long des arbres
Au creux des ailes la caresse des mots

.
Silence, tout est silence, la terre glisse
Autour de l
’œil les larmes
Sous la peau les bruits du c
œur

.
Dans un monde o
ù je marche pieds nus
La voix n
est plus
Comme mes pensées au bord du sommeil

.
Dans l'espace elle s'est envol
ée
Rebondissant la nuit le long du dos
Si pr
ésente, elle déchire les draps

.

lutin - 16-02-2010

10 décembre 2009

Rien que...

.

.

Rien que le vent et la terre
c’est Hiroshima
jusqu’à la forêt pétrifiée
aux grands arbres on leur demande de se taire
on s’asphyxie sur des plaques de glaise ou de fumée
on y court comme l’on va à une manifestation contre le nucléaire
à la sortie du musée quelqu’un distribue des tracts
on prend le papier, on y parle du don d’organes la main sur le cœur
de peur qu’on nous l’ôte, il tape à l’intérieur
du bout des doigts on  le calme
le berce comme l’enfant flaire l’abandon


Est-ce aujourd’hui nos derniers pas en dehors de la ville
est-ce demain  que nos corps s’enrouleront dans la cendre
sans entendre le cri de la douleur mécanique
le genou replié sur le ventre
les chaînes font silence, je cherche ta présence
les poumons entravés par l’étreinte
si puissante elle nous couche à terre, sur le trottoir
je sais maintenant que les cartes sont distribuées
cartes retournées,  il n’y a plus de jeu sur la table
ni de clauses particulières


C’est le monde qui rétrécit jusqu’à ce que les peaux se touchent
se contaminent
lèvres closes on enchaîne chaque jour une série de rituels
d’espérance, d'amour sans repos collés à la sève des arbres
la maladie est trompeuse
elle se couche sur les épaules
glisse le long du corps
s’arrête insidieuse
broyant quelques os sur son passage
lentement elle ira jusqu’à la plage où l’on soigne les maux
les lumières s’éteindront dans un monde silencieux
pollué jusqu’au fond des mers

.

lutine – 09-12-2009

7 décembre 2009

La terre se redresse

.

L'herbe et les feuilles ont les empreintes
les semelles portent la terre et les odeurs
les pieds connaissent le chemin
même nus ils marchent à reculons

Et si c'était l'enfer
les plaisirs à la chaîne
les clous semés
on dit que les arbres en crèvent
de la faille labourée
dans les jardins aux grilles fermées

Derrière les armures au regard scrutateur les cordes se nouent
la lame s’affûte
d’un seul coup tombera sans cesser de regarder le ciel
et les voix se tairont

Un visage s’interpose entre la terre et moi
écrasé trop foulé
un pont levis s’érige
sur la pointe les pieds s’accrochent
comme on change les roues d’une voiture
se chaussent d’un autre destin

La terre se redresse
seuls des vêtements vides battent au vent
si fort qu’il emporte les parfums




lutine - 07-12-2009

19 novembre 2009

La forêt sent l'homme

.

.

Nuit silencieuse
sur le tapis glissent les pas
détachés du corps
                             Ils ont desserré les mains


Une plume encre dans la terre glaise
                             Vole la page noircie
                             Poings déliés


Entre les mots... des Coraux
coupent la peau jusqu'à la cuisse
au travers du collant recousu


Comme la tombe profanée
ils n’ont plus de corps
les lèvres en...Suspension
en... Arrêt de mort


Les arbres résistent
sous la sentence l’humide pourrit la chair
papier mâché sous le baiser


Au sol
Silence et cheveux épars
                              Dans un livre ouvert
                              Un parfum dort
                                                         

Il n'a plus d'odeur
regarde
si elle le regarde
assise dans l'humus
                      
                            La forêt sent l'homme

.

lutin - 19-11-2009
.

17 novembre 2009

Khéops libérée

  

On a quitté le mouvement
Les portails sacrés se sont refermés
Sur un fond camaïeu les lasers lancent flammes
Au plafond les papiers se sont envolés
Les armes pointées criant la mort
Tuent les mots
Treize balles dans la peau pour un mot de trop
Le corps est droit
Les mains pressant le ventre

Des aiguilles sous les pieds agitent les braises
Comme la lumière réveille les jambes devenues rouges
C’est une résurrection la chambre souterraine
Le chant qui monte
Le faisceau encercle la taille et l’étrangle
La voix flambe écartant les barreaux
A la recherche du sommet elle ne cesse de monter
Et se tait

Autour d’une nuit si particulière
J’étais debout sur la tranche d’une vie
C’est un révélateur intense la trachée devenue pouls
Le tournoiement des pas jusqu’au pavé qui tremble
Comme un couvercle libérant le feu



lutine - 17-11-2009

 

 

 

 

4 décembre 2009

prendre le train

.

J’ai pris le train
J’ai vu mon reflet dans la vitre
J’ai regardé le carreau
Non je ne cherchais pas la ligne d’horizon
Je regardais en arrière
Assise au fond du siège
Secouée par les aiguillages
Il faisait chaud
Quelquefois un demi-vertige
Quand un train brutalement claque dans l’autre sens
lorsque les vitres se croisent
Que les regards se traversent
Où vont-il ?
Ces regards vides
Ces corps mollement calés contre le métal
La peau écrasée contre la vitre
L’empreinte de sueur laissée en souvenir
L’autre saura-t-il qu’une tête s’est appuyée là
Vite un geste de la main
Non du revers de la manche
La grippe voyage elle aussi
Ainsi que les maladies de peau
Un rayon de soleil
Un trou noir
Black out quelques fractions de secondes
Des rayures d’ombre et de lumière sur le bras
Et le cerveau reprend le fil de son histoire
Le noir du tunnel
J’ai vu mon reflet dans la vitre
Un buste à demi fléchi
La bouche faisant la moue
Attention on me regarde
Je redresse le torse
Je suis donc ce que je vois chez les autres
Une silhouette à l'abandon
Nous avons tous l’air fatigué
Bringuebalés sur cette route de ferraille
Le train rentre en gare
Chacun serre ses paquets entre les mains
Chaque tête se retourne sur son siège
Il ne reste que des fesses anonymes dessinées
Et j’entends leur pensée

"Non je n’ai rien oublié"

Et nous voilà en train de nous refaire une posture
Les corps s’animent
Redeviennent beaux
Attention à la marche


lutine

 

 

 

 

9 novembre 2009

Ecrire de Marguerite Duras

"Il y a une folie d'écrire qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.

L'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait rien de ce qu'on va écrire. Et en toute lucidité.

C'est l'inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n'est même pas une réflexion, écrire, c'est une sorte de faculté qu'on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d'une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible, douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d'en perdre la vie.

Si on savait quelque chose de ce qu'on va écrire, avant de le faire, avant d'écrire, on n'écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.

Ecrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait - on ne le sait qu'après - avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. Mais c'est la plus courante aussi.

L'écrit ça arrive comme le vent, c'est nu, c'est de l'encre, c'est l'écrit, et ça passe comme rien d'autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie."

Marguerite Duras

.

J'adhère tellement à ces mots, je les ressens si profondément, que j'ai du les lire mille fois cette semaine, et c'est ainsi que j'ai écrit lors de la création de mon blog dans son en-tête

Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

lutine

31 octobre 2009

Page blanche

.

.

Reste avec moi mon amour, il n'est pas besoin d'un miroir pour se regarder nus, la page pleine suffit. La nervosité de la plume, l’appui de l’encre sur la feuille donne l’intensité du moment, nul besoin du reflet. Etrange main qui donne le caractère de la relation.

Les choses mortes ne m’intéressent plus, ne raconte pas les phrases du passé, il est mort, regarde la feuille est vierge, le passé est un néant. Notre présent est une autre histoire, la naissance d’un livre. N’aie pas peur mon amour de cette amnésie naturelle, quand je tourne la page, quand je pose le livre, l’enfant renaît dans l’attente du premier amour.

Reste avec moi mon amour pour le début de la phrase dictée au futur, en italique elle prend la pose d’un devenir, le vent entraîne le mot amour au-dessus de l’horizon. C’est une question de vie ou de mort ce mot sur la page silencieuse.

Et je remplis la page comme le peintre étale sa peinture sur la toile, guidé par les sentiments le poignet ne ment pas. La fleur dépose son point, le papillon met l’accent sur la lettre. La force est dans le trait, elle vient du cœur mon amour quand ses pas se déplacent sur la moquette rouge.

Tiens-moi la main mon amour, notre chambre est un grimoire, une autobiographie à quatre mains enlacées pour mieux tenir la plume. L’encre séchée laisse une odeur incrustée sous la peau, des pastels au mur tels des nus dans le miroir signent notre dédicace, le fusain trame un couple, la sanguine pointe son nez quand les lèvres se touchent.

Il est presque l’heure de tes pas dans l’escalier, mes doigts se bloquent sur le clavier, j’écoute le silence, j’attends ta main sur la page blanche, tes yeux sur mes doigts pour me dicter ce que je ne sais pas encore, des levers de soleil.


lutine

20 octobre 2009

Cri primal (ou Kaléidoscope)

.

.

........       Il y a l'évidence qui surgit, les silences qui hurlent, la vague d'encre jetée au visage. Un ras de marée couvait sous une mer d'huile ramenant sur la plage les cadavres cachés au fond des placards, des morts à moitié fantômes dans leur semi présence. Dans la tête un clocher sonne les heures, en écho une voix promenée en bateau.


J’ai marché tard à la lisière de l’eau la tête dans le miroir, les pieds râpant le ciment, quelqu’un sifflait très fort, tout était calme aux alentours. Il y avait le masque frisant la démence, l’eau claire reflétant les pensées infusées, drôle de tête pensent les poissons moqueurs au-dessous expirant quelques bulles, l'air est pesant au-dessus, quelqu’un crie à l’intérieur, vous êtes dans un monde sans oxygène.

Embrassant le vide j’ai senti le vent soulever le cheveu, décoller la racine, libérant le mâle. Trébuchant j’ai vu plier mon corps, j’ai vu mes mains fouiller la terre, mes propres bras enserrer ma tête pour en faire un toit, les doigts écrasant les paupières pour fermer les volets, les ongles crevant l’œil pour ne plus jamais voir, même pas le brouillard.

Il faut crier et pourquoi ne pas chanter ou danser sa révolte dans le fumier. Cela brûle follement quand on bascule le tympan éclaté, c’est la peur qui rentre dans le corps, l’esprit qui sort, c'est un dédoublement de soi et pourquoi je pense à ce film d’horreur, l’exorciste, une tête à 180° fait le tour du passé crevé sur le pavé.

Les démons en forme de mensonges jaillissent dans le noir visant la tête, j’ai peur des balles perdues, je rampe sous les portes craquant l’allumette pour ne pas me cogner, je fais silence en moi pour ne pas déranger les voisins,  je ne suis là pour personne derrière les rideaux, je dors la porte ouverte, les flashs sont cruels sous les fenêtres, coquelicot cueilli dans la campagne, écrasé dans la main, je suis tombée empoisonnée.

J'aime les anges qui marchent avec moi emportant comme un drapeau noir la dernière étreinte et le désir sous l’étoffe. Allongée comme l’animal attaché à son arbre, l’entaille au poignet, mes mains comme deux nœuds de vipère frappent au centre de la terre la regardant sous ses jupes.

Je vais mordre la rage dans la mâchoire, le mouchoir entre les dents, je vais pousser mon premier cri primal. Je ne suis pas folle, on a volé mon sang, les mains malhabiles cherchent encore dans un panier de linge sale un ultime coït pour lui tordre le cou.

.

lutine

24 septembre 2009

Espace protégé

.

.

............Il fait noir, la porte vient de se fermer, derrière, le froid et le vent poussent l’absence, dedans tombe la neige au cœur, l’odeur imprégnée reste encore. Il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps, il faut attendre les branches construisant leurs parasols de l’été.

Et le corps se retourne sur des pages d'écriture à venir.

Il est 17 heures, il n'y a plus d'espace dans le manteau de la nuit, il n’y a que le noir de nos peaux suspendu à la cime d’un arbre éternel, en transparence on y devine leur couleur originelle.

Un drapeau flotte au vent déchirant la pierre ensevelie.

Il y avait quelque chose qui suggérait la présence, la bouche et les lèvres, la façon de les serrer sans cesser de regarder l’arbre et son drapeau. Il y avait l’odeur hormonale, la sueur expulsant son envie à travers les pores frémissants.

Il y avait un fleuve en crue dans l’autre pièce emportant la branche et sa main, c’était une fascination étrange ces milles petites bulles attirées en spirales au centre de gravité. Scrutateurs les yeux ont suivi le mouvement, derrière la porte des gens cachés chuchotaient entre la mer et nous et nos mains faites d’os et de chair appelaient à l’aide à travers un mur de verre.

Habillée j’ai brisé la glace me retrouvant prisonnière de l’eau.

Il suffira de dire que c’était spirituel ces images venues de très loin ou que la fièvre a créé un délire. J’ai senti mes jambes se dérober sous toi ou moi androgyne. J’ai peint de la neige au couteau sur une toile pour tuer l’absence et réchauffer mes mains, ou bien ai-je assassiné une autre vie et bu le sang.

A  la fenêtre c’est encore hier,  les trottoirs jusqu’à l’extinction des pas gardent leur nappe blanche. Il faudrait refaire les bonnes connexions et savoir pourquoi la semelle piétine dans le froid alors que les doigts ne gèlent plus sortis de la pierre ensevelie.

Noir le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée, quand on ouvre les journaux à la page des faits divers, la grande histoire de la vie c’est l’amour.

Il n'y a que des cris d'amour jusqu'à la racine de soi.



lutine


22 septembre 2009

La chair de l'autre

.

.

Le poison s’infiltre sous la peau
Liquide entre les nerfs - durci
Ce n’est pas froid
C’est lourd comme la pierre
Là où la cheville se casse
Eclats de verre - Sans cri


Mille brisures de la chair - quand l’eau monte
A l’intérieur s’imbibe la vie
Nos mains  entrelacées - cristallisées


Eau - Vie
C’est la lame qui remplit les poumons - s'enfonce
Les bras s’agrippent - en l'air
Des pages blanches en testament
Le pied dans l’étrier - éclaboussé
C’est le vide


Au cerveau la musique - grimpe
L’organe vital – en courbe
Sous la cendre de feuilles
Le lierre resserre son étreinte
Les mots s’échappent - inaudibles
Les yeux s’absentent - solidifiés


lutin

13 septembre 2009

Maison déshabillée

.

.

Derrière le papier peint
il y a une autre respiration
un passé écrasé dans le creux de la main
poing à jamais amnésique
si on n’en soulève pas le coin


Il y a la lumière diffuse dans l’œil
la voix faïencée qui tombe du plafond
dans l’ombre du tapis
les mots que l’on croyait morts
s’infiltrent sous la porte


Les draps blancs jetés comme des fantômes
pour ne pas perdre l’envoûtement
grimacent dans le désordre de la pièce
et les mots rampent en poussière de plâtre


Derrière la couleur des murs
il y a la blancheur des corps qui se mangent
dans la nudité, à même le sol
et les sons résonnent en cristal
au vent des sentiments


Dans une maison déshabillée
il y a une église
une amplitude dans le son de la voix
un ciel haut où se retrouver
une maison nue, c’est le monde à l’envers
fenêtres ouvertes



lutine

22 août 2009

Syngué sabour ou Pierre de patience de Atiq Rahimi

Syngué sabour n.f. (du perse syngue "pierre" et sabour "patiente"). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l 'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate.... Et ce jour-là on est délivré.

Le mari, une balle dans la nuque est allongé, c'est un mort-vivant, son épouse égrainant son chapelet, à genoux près de la couche, fait un monologue de sa vie de femme, d'épouse, de mère, allant jusqu'à l'intime d'elle-même, pour la première fois de sa vie elle peut s'exprimer sans le risque de voir les coups tomber. Le mari devient sa Syngué sabour ou pierre de patience qui entend tout ce qu'elle dit, il ne bouge pas, ne parle pas, seule sa fonction auditive fonctionnerait...

***

***

Brouillard du réveil
affecté des stigmates de la nuit
en noir et blanc des lacets de mots
un trait couleur arc-en-ciel mange le visage
des rêves chiffonnés
par les mots torsadés
sous la peau

Sous la langue
le venin file
purulent dans les coins de la bouche
antidote l’amnésie
efface au fil du temps
les larmes étranglées
dans la note noire du piano

.

lutine - 21-08-2009

.

1 août 2009

Alliance

.

.

Une main tendue
Pierre précieuse
On l’aime comme elle est
La chair
Musique envahissante
J'ai peur
Du ciseau
Du chant qui monte
On peut perdre la tête
Quand file entre les doigts le silence
Un bras se balance
A la craie il a raconté
Appuyé sur les coudes
Martelant les mots
Que meurent les jours
Et le corps flottant dans l’espace
J’ai peur de la frontière
De la guerre érigeant les murs
S’ouvrent des yeux de sang
Les réverbères s’éteignent
Reste un toboggan où le corps s’enfile
Dans les murs du sommeil
J’ai attendu le geste de l’anneau qui glisse
Que la pluie n’efface pas le blanc de mes mots
Que la pierre absorbe tous les secrets
Laissant sur la table les cris déversés
A l’état brut


lutin - 31-07-2009

21 octobre 2009

J'ai oublié le sens

J'ai oublié le sens

.

pour une meilleure lecture cliquez sur le 6ème icone "voir en plein écran"

pour la lecture pointez votre curseur à l'angle droit de la page et cliquez, ainsi vous tournerez les pages

si la musique gène votre lecture  cliquez sur le micro en bas à gauche de votre écran pour enlever le son

lutin - 25-05-2009

22 mai 2009

A la manière d'une autre écriture

.

.

......................Il suffit de presque rien, une rotation peut-être programmée, par un appareil photos, ou du vent, ou son propre souffle, au creux de l'oreille, tout doucement, ou dans la bouche, un peu plus fort, un doigt, sous le menton, pour que le portrait devienne manège, un cheval de bois dont on tient les rênes, un animal qui se cabre, face à son miroir, il suffit d'un réglage focal, écartant la lumière, pour un fond blanc sans barreaux, une tête à l'endroit de l'enfant qui a fini sa dernière pirouette, dans un autre monde, dans un autre voyage, à la dernière page du livre, il suffit d'en commencer un autre, la table des matières répertorie les chapitres, à lécher une barbe à papa, le sourire en bouche, le premier promet l'ouverture d'un angle, il est un cercle à lui tout seul, un ballon rond qui dévale la pente, à toute allure, dans un champ de coquelicots, pourquoi tant de vitesse, me direz-vous, c'est parce qu'on lui a dit que c'était là où on avait écrit le titre "je veux être heureux" que c’était là l’équilibre des choses, l’aiguille cherchant sa verticale, entre deux plateaux, vous avez l’air d’un excellent jeune homme, mais je ne connais rien de vos pulsions meurtrières, disait cette histoire stylisée, écrite depuis toujours, je croyais aux maisons, aux volets, aux chevaux, je croyais à la sauvagerie de l’âme, je ne savais rien de la lame de fond, des os tranchés, hier soir, j’étais la femme parlant à l’homme, des éclats de soleil qui passent dans la rue, les bras le long du corps, suspendus, dans ce geste impossible, pour mieux danser avec un vélo, elle a quitté sa vie.

.

lutine - 22-05-2009

.

.

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>