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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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15 juillet 2011

Fallait-il s'absenter ?

 

 

Je t'ai cherché derrière les arbres
sous mes pas
dans la terre
parmi les nuages
entre le ciel bleu et la pluie où tu me cherchais
le sol ici montre la mer invisible

On a changé d’année une fois de plus
la lampe ne s'est jamais éteinte
dans l'ombre et l'heure du repos
les voyages sont toujours les mêmes
juste dispersés dans le jardin
le temps est incertain et nous restons à l’orée

Je te retrouve au revers d'un dimanche
pair ou impair selon comme toujours
je ne sais quand l'heure dit qu'il n'est pas l'heure
quand le virage nous plie dans son ombre un autre jour
on dirait qu’elle travaille pour nous
comme les aiguilles de la montre

J'ai tes mots dans ma poche
les traces de tes mains que je retourne
tes appels cloués au fond du métal
jamais effacés
tes pas contre les miens
le souffle le long de la jambe

Expire que je te happe

On est là à dire nos poèmes
le long des routes toujours les mêmes
jusqu'à la fenêtre qui nous aspire
jusqu'au rideau que l'on tire
incertitude de deux mains se prenant le corps
demain que seront nos envies
certitudes je le sais
avalanches d’heures volées

Fallait-il s’absenter ?




lutine - 15 - 07 -2011

 

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13 juillet 2011

Dans ma tête

  

 

Dans ma tête il y a des nuits
Des sommeils qui tuent le silence

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux
Du vent sous les paupières
Jusqu’à la vague qui noie les heures

Dans ma tête il y a des avions
Et des oiseaux dedans
Des voyages qui passent
Des déserts enlisés au fond des draps

Dans ma tête il y a la mer
Une prison entre elle et moi
Un fourreau qui protège du froid
Un bas de soie galbant l’insomnie
Dans une chaussure de verre

Dans ma tête il y a des trains
Le noir des tunnels à deux pas de la lampe
Le hurlement du métal contre la peau
Des plaies sorties de mes bras
Des précipices à hauteur d’homme

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint
Prisonnière de l'air
Elle vient chaque nuit noircir les murs

Dans ma tête je suis ailleurs
A la merci des vents contraires
Je suis en plein océan
Fluide dans mon propre poing
Enfermée

Dans ma tête il y a des mouches
Collées sur la bouche
Prise au piège
Dans mon ventre le corps s’agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
des mains qui se portent sur le visage
la salive brille et nourrit les heures





lutine

  

 

4 juillet 2011

Indigo

 

 

Il y a ce mur tout près de la fenêtre
Chaud, absorbant le soleil
Le froid court sous la peau
Un mur de mots contre mon dos
Dis comment fais-tu pour ne pas vivre ?
Dis comment fais-tu quand saigne l’envie ?
Le mur rougit face à l’été


J’observe avec résignation
La lumière qui délimite des carrés
J’ai vu les carrés s’arrondir
Il est quinze heures
Rayons meurtriers
Les ombres dorment
Les oiseaux ne parlent plus aux humains
Couchés on ne sait où


Si le soleil souriait, il serait l’or du plaisir
Sur la chape de ciment enflammée
Le cri avant que ne bougent les ailes
Contre le mur il n’y a qu’une couleur uniforme
Sans profondeur
Déjà la terre se fissure
Les fleurs se penchent dans la même direction
Les yeux se ferment


Dis comment fais-tu pour entendre la musique ?
Le jour est comme une veine coupée
On n’arrose plus les jardins
Il ne reste que les heures à compter
Le long du mur qui décline
C’est bientôt la nuit
Contre le mur la voix ne tarit pas


Est-ce l’océan qui me berce ?
Doigts tendres sous les paupières
Ou mon cœur qui bat sur la pierre
Dis que sera demain ?
L’amour et les ombres
Les rideaux que l'on ferme
Serons-nous secrets jusqu’à l’infini ?
L’écho contre le mur
Rougissant de plaisir





lutin – 04-07-2011

 

 

27 juin 2011

Ephémère

 

 

Ce qui tue ce ne sont pas les couleurs vives
De l’été fait en hâte
C’est l’éphémère

Tout est vert et humide encore
Des nuages froids glissent dessus
Voilà ce qui tue

C’est l’orage, la pluie
La terre lavée offerte au silence
D’abord elle a un parfum puis prend un goût d’eau

L’eau me tue
L’eau sans peine s’évapore
Dans ma bouche j’attends le goût du sel

La moiteur est seconde peau
Palpable et odorante
Elle prend la couleur de la plage

J’apprends la paix allongée
Vénère la lumière sous les paupières closes
L’anonymat de la nuit

Je suis voilier confiant mon corps à l’infini
Alors que dimanche étale ses débris sur la table
Il accapare l'attention

De la chair, des os 
Un trèfle à quatre feuilles
Ephémère

 

 

lutin – 27-06-2011

 

20 juin 2011

La terre sent l'homme

 

 

 

La terre n’est pas forcément là où l’on croit, on y entre sans clef
c’est toi que je cherchais dans la forêt sur les sentiers battus
un livre ouvert tenu entre les mains, un visage à découvert non prisonnier de la page
un visage et ses ailes
il n’est pas utile de le fermer le livre
sous les draps de papier il y a le regard et les pieds qui dépassent.

Au travers de la serrure rien n’échappe
jusqu’aux odeurs de la peur, cette peur de tout perdre
les arbres ont écarté leurs branches
le corps s'est retourné
il n’y avait ni douleur ni joie
il l'a fait comme on ferme la portière de sa voiture pour rentrer chez soi, dans sa propre prison de fer
la terre est peut-être là quand la mouche prise au piège tape au carreau du silence
pour tromper la mort il écoute de la musique de plus en plus fort
la terre, celle qui habite la tête, se rebelle.

La forêt sent l’homme
dans les sous-bois l’on devine les corps accroupis esquivant le monde pour un besoin pressant
le pantalon aux genoux on s’y croit dans un désert
on se croit dans le noir ne faisant que fermer les yeux
comme lorsqu’on était enfant
la terre est un mélange des autres et de soi
on l’alimente de nos littératures intimes, ravivant la mémoire des traces laissées, si bien coiffées puis décoiffées par le vent
il exhume les souvenirs comme les cadavres nourrissent la fibre.

Dans la forêt le corps s’y relâche
parfois il rêve d’une femme sans mœurs
d’une voix et de sa peau
les sexes à découvert, en dehors d’un lit on devient animal.

La traque a commencé dés que les bouches se sont avalées
comme la terre absorbe les excréments et le papier journal que l’on trimbale avec soi
les faits divers couchés dessus
la terre a ce pouvoir surnaturel, elle se coupe en deux quand on fend l’interdit
elle devient terrain vague sous l’outrage
vague souvenir d’un corps abandonné dans l’impudeur, le portable à la main, il a envie d’être seul
le dos droit il reprend sa course.





lutin

 

 

 

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14 juin 2011

Parenthèses

 

 

Les pas se perdent
Dans le chemin de terre
Le ciel oublie les ombres
Et leur marche dessus

Les jambes s’enfoncent
Les mots aussi au fond de la gorge
Ragent de ne pouvoir se taire
Close la bouche se perd aussi

Les pas se perdent
Dans un bain d’eau salée
Et je me perds
Et je me tais
Ou je me terre

Les bateaux descendent le fleuve
Le château de cartes prend l’eau
L’écho est celui de l’esprit
Qui ne s’oublie pas

Derrière les arbres se cache une seconde maison
Une chambre
Forêt humaine

Visible seulement le soir
Appuyée aux nuages elle allume les corps

Les yeux se perdent
Les yeux sont ronds comme l’animal de nuit
Phares des noctambules ils comptent les battements d’ailes
Les heures comme la main compte ses doigts

Les mains se perdent
La pensée s'envole
Paralysant le livre encore ouvert
Quand le corps se relève
C’est un clin d’œil au marchand de la nuit

Les yeux se ferment
Les yeux sont parenthèses
Dans le chemin de terre devenu chair
Cher à mes pas

 

lutine - 14-06-2011

 



 

10 juin 2011

Traversée blanche

 

 

La lumière enfouit son visage
c'est l'heure de l'absence
quand elle incline la tête c’est la forêt qui s’éclipse
fruit gorgé de mémoire
de l’arbre et la racine elle se détache
comme un nuage 
son corps enterre le jour

La pluie s’abat
lave le jour écoulé 

alors que tout sommeille
on crie

on crie dans le noir les heures perdues
dans la fenêtre ouverte on se penche
à la recherche de la voleuse de nuit

Contre le mur les peupliers pleurent à genoux 
courbé devant la table le monde devient irréel
la rue est déserte
les feux tricolores imperturbables éclairent les rêves
les mots alignés et les couleurs changent leurs habits
Vert, on peut écrire
Rouge, la musique fredonne un chant inaudible

Le non-être c’est être là où rien ne se passe
c’est dormir quand le monde s’éveille
la nuit expulse les orages internes
change l’humeur dans l’ombre du réverbère
lui veille sur les trottoirs les passants absents
les vivants et les morts
bleu est le gyrophare, pas besoin d'hôpital
c'est le cœur qui joue à saute-moutons

Derrière les portes il y a un autre monde
derrière la porte close il n’y a plus personne
demeure un somnambule livré à ses couleurs
aux histoires qu’il s’invente assis à sa table de travail

Au bout de la nuit quand le ciel relève la tête
il n’y a rien
rien que du vent tricoté en écharpe autour du cou
une traversée blanche qu’on appelle insomnie

 

lutine - 10-06-2011

 

 

26 mai 2011

Child

  

 

 

La roche est friable
et la mer de sel s'évapora
fille de l'air elle quitta la terre
propriétaire de l'espace

Epouse du soleil
le cadenas clos
elle danse le dimanche
loin du puits creusé
entre cercueil et montagne
au domaine des morts

Pose tes mains sur la pierre
encore chaude l'eau reviendra
mouiller tes mouchoirs







 

lutine - 25-05-2011

 





  

25 mai 2011

Claquement d'aile

 

 

Comment dormir ?
je veux jouer à colin maillard
tissu de soie contre les reins

Quand la vie s'efface
dans le dos il n'y a rien
que des paroles inutiles
et les orages ouvrent la terre

Sous le bandeau
courent l'arbre et son ombre 
petites bêtes accrochées à l'écorce
je suis le tronc
sans pardon
l'empreinte et le souvenir
dans le nœud du bois
on y compte les âges
le désert qui emplit la nuit

Les oiseaux ne chantent pas
témoins du soleil
il faut attendre le premier cri
de nos âmes insipides
lorsque je suis assise
il arrive juste avant le premier claquement d'aile

 

 

 



lutine - 24-05-2011

 



10 mai 2011

Poissons de pierre

  

Tu mourras de tes insomnies
nos mains tremblent
nos doigts se cherchent
tout est différent
nous avons basculé
petites bêtes au bord du vide

Les poissons de pierre
enfantent sur le trottoir
reste donc un peu tranquille
j'aimerais te regarder encore
trop bleu éteindre la lumière

Nous nous sommes enfermés
dans la fenêtre ouverte
quand je tourne la tête
l'arbre se meurt dans sa maison
et invente des nuages



 

lutine - 10-05-2011

 



 

6 mai 2011

Roulette russe

 

 

 

Le vent n’a pas fini de discourir
comme s’il me réconciliait avec ma bouche
dans le décor que j’habite.

Je parle aux arbres
aux murs qui mangent ma voix
alors que l’endroit se vide
à la vitesse du cheval au galop
comme les vagues se retirent.

La vie s’arrête brusquement sur une terre labourée
dire, que dire qu’elle ne sache déjà
qu'elle ne transpire déjà
assoiffée de l'avenir
l'eau n'a pas fini de couler.

L’épaisseur de l’air s’est enroulée autour de moi
dans la tête c’est le tocsin
une aspiration vers le ciel
et la main qui désigne la nuit
le voyage accompli en profondeur
amas de promesses et de cendres.

Il s’agit de renouer l’envie
à grands coups d’étincelles
roulette russe, amie ou ennemie
foudre quoi qu'il advienne.

On efface tout de la mer et de la terre
le sable devient lisse, beau et pur
quand la mémoire est là
comme une perle dans son écrin.

Il faut en faire des pas et des pas
jusqu’aux marches à l'angle d’acier
les peaux gommées à l’usure de la trame
ouvrant l'horizon en miroirs successifs
vers l’autre rive.

 

 

lutine

 

  

 

29 avril 2011

Dans l'air

 



Cette musique me fait peur

c’est la première fois que je l’entends

cette musique de l’océan me fait peur

elle me dit que dehors il y a de belles choses

que je n’entends pas

même les yeux fermés 

 

La cascade est silencieuse

et me ronge 

 

Maman j’ai faim

les mains seules dans l’espace

je dénoue les fils

et je tremble

de peur ou de froid

je tremble

immobile j’attends

j’attends comme le messie

l'invisible flamme 

 

Combien de temps me reste-t-il ?

combien de temps me reste-t-il pour tout dire ? 

 

Cette musique me fait peur

quand elle résonne au fond des cathédrales

à l’orgue si on lève la tête jusqu’au ciel

reposent mes mains sur le bois de l’instrument

repose un pied habillé d’ombre

plus haut des papillons au crépuscule 

 

Cette musique me fait peur

c’est la première fois qu’elle dessine une posture

tête baissée que l’on ne voit pas

à côté des bancs désertés

je dessine les corps par terre

.

.





 

lutin - 29-04-2011

.



 



26 avril 2011

Pages blanches

 

 

D’un ciel trop bleu je suis partie
j’ai laissé la voiture sous le soleil
une lettre sur le tableau de bord
dans mes mains un livre

Je me suis évadée
du regard de l’homme
j’ai fermé les yeux
j'ai mis mes mains dans mes poches
juste pour le contact de la peau
serrant les poings j’ai regardé d’autres hommes
ils m'ont pris la main
j’ai senti la glace parcourir mes veines
et ma parole s’enfouir
dans cet espace clos
qu'est ma bouche

J’ai avalé mon corps
le mouvement de mes doigts
la pluie pour éteindre le feu

Ecrire pour ne pas mourir
écrire avec le cœur
coupée du monde
quand les pieds se balancent

Je me suis trompée de folie
la phrase se dérobe
la phrase prend corps
à l’arbre me ligote
sous les paupières closes se dessinent les formes
le dessin de ses yeux
le nez long et droit 
le tremblement de la bouche 
les cheveux démêlés par le vent
filaments transparents
jusqu'aux épaules

Les phrases se lisent à haute voix
déliez-moi les mains
que je puisse écrire
des pages blanches
jetées au vent





lutine - 26-04-2011

 

 

19 mai 2011

Matin

 

 

 

 

 

Secouer les draps
les rêves et les larmes
alors que le soleil poursuit son destin
sentir l’air qu’on ne voit pas
la fièvre tombe fenêtres ouvertes

Plume échappée d’un lit défait je te regarde choir
rejoindre la rosée qui habille le printemps

Les seins écrasés au bord du balcon

yeux mi-clos protégés d'un nouveau jour 
se pencher vers le bas et regarder
la chute de la nuit
les corps en suspension
lentement se défaire des odeurs

Les heures d'insomnie se balancent

dans un faisceau de lumière
sur le ventre doucement se posent
cheveux défaits
peau usée
la mort se nettoie
et on ne peut la toucher

C’est ainsi que les oiseaux trouvent matière à leurs nids

Lumière d’or venue du ciel
le monde est à deux pas
le fleuve submerge le lit
invisible mer devenue silence

.

 

lutin - 21-04-2011

 

 

12 avril 2011

Nocturne

 

 

 

Cette lumière chaude
alors que j’ai froid
lourdeur rigide de la nuque
orange elle tape aux carreaux
ronde elle danse

Dans la chute des heures
alors que les lustres s’illuminent
les arbres noirs étendent leurs bras
chaque soir elle fait son tour de manège

Horloge ou faille
elle creuse le temps
range doucement le printemps
jusqu’à demain

Il n’y a plus de mémoire
comme une eau
dormante est la route
la maison en feu

Je suis là à contempler l’herbe teintée de gris
les girouettes flanquées d’habits noirs

Dans l’ombre
un visage et sa voix
posent le long des dimanches

Mille doigts chaque soir annoncent la résurrection
aux yeux levés sur elle
je marche sur la lune
et me tiens debout

Les mains poursuivent




lutine – 12-04-2011

 



11 avril 2011

Les murs ont des racines dans l'eau

 

 

Les murs ont des racines dans l’eau
Je cours - deux pas ne font qu’un
Quand la musique s’étend - rien ne bouge
Mes yeux vers l’autre rive
Je voulais être vide - sereine

Silence, j’avais la main sur le ventre
J’avais les mots à dire au bout de la langue
Une voix à élever dans un monologue
Des gestes - au bout de mon doigt

Je t’embrasse dans le passé

Me tordre.... je n’ai plus le temps

Quand se créa le manque
J’ai tué le silence - pendu mon insomnie au rideau
Je ne sais pas vivre dans un ciel rouge - grince la folie

Au travers de la tête - séparée
Les nuits sont passées - c’est encore hier
Emmène moi danser là où on ne dort pas
Il y a en moi un monde qui flambe

En nous
Il n’y a plus rien à penser
Une maison réfractaire
Et nos langues à mouiller
Balbutiements des sexes à ré-habiter

Oxygène de tes yeux
En l’air vers où …
Je te regarde - vers moi
A travers moi - dans toi

Des pavés jalonnent ta route
J'en fais un miroir - aspirant

Le retour du tympan à soi
Ce n’est pas rien
C’est le retour de la mère
Ta main - un coquillage - que je caresse

En spirale je t’avale à vie - vers où….
dans les méandres de moi - vers toi

Les murs ont des racines dans l’eau
Derrière les murs
Il y a nos racines....

Nos têtes dans l’eau

En terre porteuse de nous



 

lutine

 



10 avril 2011

Brisures

 

 

Liquide entre les nerfs - durci
Ce n’est pas froid
C’est lourd comme la pierre
Là où la cheville se casse
Sans cri

Mille brisures de la chair - quand l’eau monte
C’est la lame qui remplit les poumons - s'enfonce
Les bras offrent
Leurs pages blanches

Au cerveau la musique - grimpe
Le lierre resserre l'étreinte
Les mots s’échappent - inaudibles
Les yeux s’absentent – solidifiés

 

 

lutine – 07-04-2011

 

4 avril 2011

Tout s'annule

 

 

Sur la route le sang circule, on sent le pouls de la vie, on y danse, on double. Les chevaux sous le capot on se projette en avant tandis que sombrent les rêves. Séparée d’un certain nombre de choses l’aiguille dit toujours plus vite, on la méprise comme la température du corps. Devant on aura tout le temps de respirer, derrière on n’y croit plus, il n’y a plus l’ombre d’une ombre dans le rétroviseur, juste un radar pour la photo souvenir en noir et blanc, le silence des mots, et l’air, cet air glacial qui siffle et brûle les heures.

C’est un jour de semaine sur le macadam, de longues herbes dans l’attente de l’automne et éoliennes croissent et les bras ne pèsent rien, déjà ton corps est moins réel. Pourquoi la fumée monte-t-elle au ciel ? Pourquoi le vent transport-t-il les odeurs jusque dans l’habitacle ? Pourquoi les souvenirs font partie du voyage ? On entend des cris  alors qu’ils étaient cadenassés à la roue d’un vélo. Devant les paysages parlent, les champs et les bois ouvrent leurs mains et le fleuve longe le corps. Dans le dortoir silencieux je pense obscurément, qu’avons-nous fait de tout ce temps si chaudement drapés ? Etait-il nécessaire d'aérer les fenêtres ?

D’hier je me suis retirée très tôt juste avant l’aube, avant le vol bruyant des oiseaux se jetant dans le ciel encore à demi éteint, avant que je ne me réveille tout à fait, avant que les mots ne soient vains préférant l’apparition des framboises dans les fossés que je nargue, des fleurs et des chevaux. Assise, à pas de géant je déroule la France, les coteaux  et les bois. Combien de pâquerettes et de coquelicots avant l’enfance sur le grand drap de la route, Combien de virages dans la pénombre pour aller jusqu’à vous sous le linceul.  

Les bulldozers ont creusé la terre, les hommes ont posé un drain noir conduisant vers le faîte des toits que nous voulons contempler, et nous voici en péril grimpant aux arbres, aux branches tortueuses, nous enfonçant à nouveau propulsés par l’accélération et l’aiguille qui s’affole comme un météore, c’est aussi le sang qui bouillonne entre réverbérations et le soleil qui se fane comme un phare perce le brouillard.

Etrange voyage lorsque le réservoir se vide, l’énergie du corps perd sa puissance, dissociées les mains poursuivent. Alors que le compteur tourne les kilomètres parcourus renvoient à la case départ et les images à atteindre fuguent. Pourquoi les chemins mènent toujours là où la maison n’existe plus. J'y suis enfermée, tout s’annule, les heures, les choses en hauteur ou en profondeur.




lutine - 04-04-2011

 

 

26 mars 2011

L'essentiel est dans l'ombre

 

 

C’est la nuit et les ombres sont à leur place habituelle
la rue et ses maisons
les cheminées éteintes
le vent chaud s’enroule autour des réverbères

détachés ils peignent le ciel
formes obliques auréolées de silence

Il flotte une odeur de sève
et les mêmes gens avec des chiens en laisse
(rien n’a changé alentour)
hument le changement de saison
s'ébrouent dans leurs vêtements de l'hiver
les yeux s’ouvrent en même temps que la terre
qui chante là ?  Alors que d’autres sont enfermés

Partir amoureux quand les doigts se replient
partir quand le sommeil est immense


Contre mon dos tu reposes toujours
lumière affaiblie d’une étoile consumée
j’ai tué ma muse il y a quelques heures
comme un grelot qui tintait dans mes bras
mais la mort oublie toujours quelque chose

Alors que le temps n’a plus d’importance
la nuit écrit le long d’un mur blanc

plante ses griffes assoiffées de noir

il faut aimer lire les mots sales
et les indices semés
jusqu’au fond du lit où les fantômes se dressent

 

 

 

lutin - 26-03-2011

 

 

 

29 avril 2010

On fera des livres effacés par la mer

.

Volets clos

De bas en haut nos regards suivent les fenêtres

A quoi penses-tu ta main dans la mienne

Il y a un jardin d’eau au milieu de la ville

Au milieu du jardin flottent des bateaux

Je voudrais grimper le long des façades

M’élever comme la mouette en haut du mât

J’entends ta voix prisonnière du vent aller jusqu’à moi

Le ciel est devenu miroir

On suit la ligne d’eau

Le vent épousant nos formes

On écrira nos noms sur les portes des maisons

On fera des livres effacés par la mer

.

lutin

23 mars 2011

Est-ce un crime ?

 

 

Comment savoir si les mots tombent dans les mains
quand les flocons blanchissent la peau
comment savoir si les traits de la main ont un avenir
quand les gants de neige habillent les lignes du cœur et de la chance

Paumes offertes je n’ai plus d’empreinte au bout des doigts
involontairement j’ai écrasé un oiseau
et mes mains ne rêvent plus

On ne retrouvera pas ma trace où sommeille la terre
criminelle anonyme inhumée au Panthéon sous les célestes pierres
on a changé de plaque pour une autre d’identité

Le sang coule - c’est le bec ou la bouche - ou le Saint Esprit
la magie noire sur un fond de glace
les tables tournent - danse sensuelle – les hanches se déchaînent
font danser la poussière

On a brouillé les cartes
la terre s’affole sous les pas en contre-jour
crisse le verglas écrasé par le mensonge
va mourir en strates – se dévorent entre elles

La métamorphose du regard - elle bondissait – cette folie qui manquait

Les mots sont dans l’air ou derrière les arbres avec l’œil
on voit basculer les heures trahies dans le fossé
une odeur de chlorophylle -  accessoire d’urgence sous la langue

Comment savoir si les moufles de laine  ont des histoires quand on les retourne
des images sous scellés tombent dans un cliquetis métallique
racontent les sous bois sans leur couvercle

Cloches sont les mains sans les gants de la forêt
grave le silence
le bois est encore dur, les nœuds si tendres


Comment savoir si d’autres on fait la même chose dit l’oiseau
comment savoir si c’est toi que j’aime où ce que tu pourrais être

Je danse, la danse du feu, au ventre nu de l’hiver
pliant le corps jusqu'à la cassure


Est-ce un crime ? 

 

lutin 

 

 

16 mars 2011

Hâte immobile

  

 

 

Nos pas seront nos confidents silencieux
le toit du monde suspendu à l’attente
 
Il n’y a plus d’heure
juste l’espérance qui recouvre nos os
ce matin j’ai respiré très fort
alors que dans le silence animal on balayait la terre
dix scies couraient le long d’un bras
laissant les arbres au sol
le ciel vide aux bruits de la ville
et mes doigts dans les poches
où s'enfuient les trésors
pourquoi se sentent-ils morts
dissimulés

Ce n’est pas fini, ce n’est pas coulé
l’envie de vibrer
 
Hier à midi dans les coussins du sol pas encore abîmés
j'ai traversé les cheveux mal lavés
la peau fatiguée
le corps à l'abandon
la triste voix mutilée quand l’air vient à manquer
et le blanc des yeux
j’étais seule, enfin pas tout à fait
c’est le train qui a bougé moi j’ai laissé faire
les portes automatiques dans mon dos
la hâte immobile
de l’ombre qui recule
 

 

 

lutin - 16-03-2011

 

 

7 mars 2011

La parole n'est pas utile

 

 

C’est le matin dans la cuisine
mille fourmis circulent sous la peau
le marchand de la nuit que met-il dans le sable ?
allez viens prendre ton café
dans les tourbillons de l’heure le tonnerre gronde encore
je me verse un peu d’eau

Sur la table il y a le lait et  la confiture
ainsi dansent les mouvements de tes bras
les titres des journaux
les chaises vides et le bruit que l’on n’entend pas
les murmures du temps se sont effacés
cloués comme un banc qui attend

On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras
alors j’ai froid comme si la terre m’aspirait
hier, demain quand je n’écrirai plus
je compte mes chances de courir après les mots
derrière il n’y a que la transpiration
l’effort du muscle, le pas, le saut face à la tranchée géante
il n’y a que le regard qui veille
l’ombre, le cri
et l’oubli
le corps dans les flots jusqu’à la mer
le raz de marée dans la tête et le sang qui se noie

Ne m’offrez pas de fleurs au métro des Invalides
l’orgue au sommet de l’église et les bols de chocolat
c’est la voix qui me manque
jusqu’où l’ardente palpitera-t-elle ?
écoute, écoute-moi, des voix frôlent la vitre
des rires d’enfants filent sous les fenêtres
écoute et ouvre ta porte
je vois des cheveux qui ne sont pas les tiens




lutine - 07-03-2011

 

 

1 mars 2011

Enfant

 

 

 

Enfant je marchais le long des murs tapissés d'une toile de Jouy comme d'autres ont du marcher sur la lune. Enfant j'ouvrais les portes de mon armoire elle aussi tendue du même décor. J'y entrais par effraction pour aller au devant de la forêt. Mon armoire était sans fond et n'avait pas de limite dans les sous-bois. Les yeux fermés j'étais l'enfant dans l'enfant dans un autre ciel car mon armoire n'avait pas de plafond. J'étais le rêve à côté de la chambre des parents qui elle ne pouvait être que sérieuse. Enfant on n'imagine pas le voyage des grands quand ils s'isolent la nuit. Deux mondes parallèles construisent la nuit alors que tout est silence.



Enfant d’un signe de la main alors que nos doigts se cherchent quand l’ombre se penche et que les portes se ferment je ne suis pas seul,  voilà le vent. Enfant je te laisse les souvenirs à garder sans haine et sans peur. D’un si long regard je sais qu'en plein soleil je deviens somnambule entre nos deux chambres et la terre m'échappe alors que ton corps se tend. Au travers de mes yeux c’est l’incendie que je transmets, ton devenir sans moi comme une veine court sous la peau. Dans mes larmes je construis un fleuve où tu devras nager sans moi, une route où tu devras courir sans moi et nos mains tremblent. Ne pleure pas alors que la musique me berce et caresse tes cheveux il y a cette vitre qui déforme. Les courants marins m’emportent et les contours se brouillent dans la fenêtre ouverte.

 

lutin 28-02-2011

 

 

25 février 2011

Enfant

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Enfant je marchais le long des murs tapissés d'une toile de Jouy comme d'autres ont du marcher sur la lune. Enfant j'ouvrais les portes de mon armoire elle aussi tendue du même décor. J'y entrais par effraction pour aller au devant de la forêt. Mon armoire était sans fond et n'avait pas de limite dans les sous-bois. Les yeux fermés j'étais l'enfant dans l'enfant dans un autre ciel car mon armoire n'avait pas de plafond. J'étais le rêve à côté de la chambre des parents qui elle ne pouvait être que sérieuse. Enfant on n'imagine pas le voyage des grands quand ils s'isolent la nuit. Deux mondes parallèles construisent la nuit alors que tout est silence.

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lutin - 25-02-2011

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