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Un nouveau regard, les mots qui se détachent

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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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10 octobre 2006

Page blanche

page_blanche

Reste avec moi mon amour, il n'est pas besoin d'un miroir pour se regarder nus, la page pleine suffit. La nervosité de la plume, l’appui de l’encre sur la feuille donne l’intensité du moment, nul besoin du reflet. Etrange main qui donne le caractère de la relation.

Les choses mortes ne m’intéressent plus, ne raconte pas les phrases du passé, il est mort, regarde la feuille est vierge, le passé est un néant. Notre présent est une autre histoire, la naissance d’un livre. N’aie pas peur mon amour de cette amnésie naturelle, quand je tourne la page, quand je pose le livre, l’enfant renaît dans l’attente du premier amour, toi.

Reste avec moi mon amour pour le début de la phrase dictée au futur, en italique elle prend la pose d’un devenir, le vent entraîne le mot amour au-dessus de l’horizon. C’est une question de vie ou de mort ce mot sur la page silencieuse.

Et je remplis la page comme le peintre étale sa peinture sur la toile, guidé par les sentiments le poignet ne ment pas. La fleur dépose son point, le papillon met l’accent sur la lettre. La force est dans le trait, elle vient du cœur mon amour quand ses pas se déplacent sur la moquette rouge.

Tiens-moi la main mon amour, notre chambre est un grimoire, une autobiographie à quatre mains enlacées pour mieux tenir la plume. L’encre séchée laisse une odeur incrustée sous la peau, des pastels au mur tels des nus dans le miroir signent notre dédicace, le fusain trame un couple, la sanguine pointe son nez quand les lèvres se touchent.

Il est presque l’heure de tes pas dans l’escalier, mes doigts se bloquent sur le clavier, j’écoute le silence, j’attends ta main sur la page blanche, tes yeux sur mes doigts pour me dicter ce que je ne sais pas encore, des levers de soleil.


lutin - 10-10-2006

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6 octobre 2006

Oxygène

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Un automate dans la lutte
Une barre de fer transperce le corps
Droit dans l’adversité il possède la force

Elle est le chêne tendu sur la moquette rouge
Seuls ses yeux baissés dévoilent sa fragilité
La forêt l’entoure comme des fantômes

Les paysages rétrécissent autour du cercle
Des murs de béton remplacent la vie
Le peuplier ne s’élance plus vers le ciel

Il a perdu ses racines dans ce monde moderne
Seul dans la foule
Il s’invente des moulins à vent

Des clochettes d’argent tintent au loin
Un dernier soubresaut avant la mort
Et le corps se relève

La main se tend comme un étau
Attrape le mal et le broie
Entre ses doigts une encre noire

Des grains de riz pour des larmes de joie
Les arbres reprennent leur place
La clairière se remplit d’oxygène


lutin - 06-10-2006

12 septembre 2006

Collier de perles

Perle_d_eau

.

.

Je fus ruisseau

Eau fraîche si claire

Que l’on voyait au travers mes émotions

Le clapotis d’un cœur tendre

C’était l’enfance

Un ru en croissance

Je fus rivière

Rythme déferlant

Que l’on entendait de loin

En cascade je laissais couler l’amour

Nature désirée

Sur mon passage une envie de tout boire

Je fus fleuve

Fuite en avant

A pas de course cœur tuméfié

Il me fallait oublier la déception

Retrouver la mer et ses marées

Me rouler dedans pour oublier le monde

Qui du ruisseau ou de la mer

Est la source

Je ne sais

Un collier de perles

autour du cou

Enlace les battements de mon pouls

Lutin – 11-09-2006

11 septembre 2006

Le cri

mouette

Les mouettes c’est  beau, j’aimerais être mouette, regardez elles se laissent porter, une valse à quatre temps selon l’amplitude des vents. Quelquefois elles donnent l’impression de faire du sur place. Comme j’aimerais être suspendue entre le ciel et l’eau. Quand la faim les tenaille elles prennent une autre forme, comme une fusée elles fendent l’eau, une nourriture providentielle à tout moment pour mieux reprendre la liberté celle qui nous manque jusqu’à l’oppression. Nous terriens nous sommes si peu de chose, des prisonniers de la vie devant la rame du métro.

Le triangle des Bermudes certains l’ont côtoyé, quelquefois sans succès, certains y ont laissé leur peau, nous terriens nous sommes si peu de chose affublés de notre costume trois pièces, l’attaché case à la main, la liberté en moins. J’aimerais être un oiseau migrateur, passer les saisons au gré des vents et du climat sans croiser l'homme prédateur.

Avez-vous déjà écouté le cri des mouettes ? est-ce un cri ? Non c’est un rire je vous le jure, le rire moqueur de l’oisiveté, celle qui nous manque dans cette camisole que l’on nous enfile le jour de la naissance. Ces oiseaux blancs non bagués dévalent sur les plages en escadron pour mieux nous narguer. Regardez les, ils ont l’oeil du vainqueur sur ce monde.

Pourquoi ai-je les yeux baissés lorsque mes pieds frôlent les vagues, tout simplement parce que je me sens si fragile, lilliputienne face à l’immensité. Prends ma main, mes pas dans les tiens, nus suspendus l’un à l’autre, nous laisserons des traces nouvelles vite effacées quand la mer fera son œuvre. Seuls nous vaincrons.

lutin - 11-09-2006

5 septembre 2006

Empreintes


empreinte

Entre l'écume et le phare d'eau je chasse  les poissons hors du commun. Dans l'écran noir une lumière jaillit.

Il n’a pas de perchoir pour fuir ma main, la cage est ouverte. Fendant l’eau il a une proportion hors norme dans les ténèbres des fonds sous-marins, tout n’est qu’illusion. Tout n’est qu’allusion quand reviennent lancinants  les sons parasites des piranhas qui s’incrustent. Gardien du phare je veille, je serai toujours là à attendre jour et nuit. Comme un écho tu balises le territoire.

Regarde sur le sable les griffures des mouettes se mélangent aux sabots des chevaux et nos pas superposent leurs traces dans une logique calculée. Nous laissons nos empreintes à lire quand l’horizon fuit et demain s’installeront les premiers baigneurs. Enigme du matin qui le dernier a marqué son territoire, l’oiseau ou nos pieds cadencés au rythme du galop transperçant l’eau.

Il est temps d’écarter les bras entre l’écume et les traces enchevêtrées avant que le soleil ne se lève, ne laissons pas les regards indiscrets se répandrent, les méduses translucides sur la plage sont des verrues. Tirons la couverture, remontons le drap, sous la vague cachons le lien, les algues sont nos lassos. La mer est notre lit. Une mouette repue rit, la charogne s’est volatilisée. J’ai chaud.

lutin - 05-09-2006

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29 août 2006

Traction

mer

La mer est une vasque que l’on balance.

Regarde le sable, la mer s’est retirée laissant son histoire, quelques vaguelettes dessinées comme le vent empile des dunes dans le Sahara.

Le fouet des algues a incrusté des tulipes, leurs lanières happées par l’autre monde se sont cramponnées mais ont lâché prise, une traction trop forte.

Tu sais de l’autre côté des gens tirent l’eau pour rattraper la mer.

La mer est un berceau où je me replie

Nous sommes à marée basse et je m’étale pour laisser mon empreinte avant que les astres nous ramènent une profusion d’eau. Tes pas viendront fouler le creux de mes reins, entre mille tu reconnaîtras ma trace parmi la flore abandonnée.

Un cil mouillé flèchera ta route, le même que celui trouvé entre les pages de mon livre, une larme a effacé l’autographe, le cri a gommé la dédicace, le geste m’a posé sur la plage.

J’ai rebondi quand l’autre monde nous a rendu l’eau, les mains nouées à la crinière du cheval je m’enfonce dans la mer. Comme un couteau elle m’a transpercée, j’avais si chaud avant que tu n’ouvres la page.

La mer lave les blessures

Nous sommes à marée haute, dans les rouleaux j’arrondis les angles, retrouver une peau de pêche pour la main tendue en attente d’une autre page, une écriture en italique couchée par le vent.

lutin - 29-08-2006

27 août 2006

Encre rouge

encre__rouge

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

on l'a chanté si longtemps

Non pas encore ne tremble pas à la cime de ton arbre
un printemps prometteur au vert tendre
un été qui en dit long à la pointe du soleil

Ses rayons ont ancré l'éternel
rien ne pourra les chasser du lieu
même pas le vent
tu n'auras plus jamais froid

La racine laisse couler sa sève

une couleur rouge
si chaude
coule en moi

.

Comment veux-tu que je t'oublie ?

.

lutin - 27-08-2006


13 août 2006

Encre de Chine

encre_de_Chine

.

.

Des flaques d'eau sous les paupières, ses yeux prennent de plein fouet le vent la pluie le froid ou le soleil, trop grands ils affrontent les intempéries le mouchoir à la main. Derrière ce film opacifiant l’espace le cerveau refuse le trouble et perce l'écran. Rien ne l'empêchera de crever la lumière pour aller plus loin.

Elle y va, elle est là et ailleurs sur cette page blanche. Des mots nectar pour étancher la soif, des mots légers comme les pas d’une danseuse, souplesse de l’esprit pour la beauté du geste qui couche sur le papier des vers libres et aériens.

Et si l’indiscrétion du buvard entre des mains encore plus indiscrètes volait ses pensées les plus secrètes quelles seraient les retombées, l’amour ou la guerre. Le mot sans l’intonation est une arme à double tranchant, les pleins et déliés absents font retourner la balle en plein cœur. A la croisée des taches sur le papier rose on peut se perdre.

Elle a levé le voile à l’encre de chine, le vent peut emporter ses larmes imbibées par ce buvard, elles ne sont que joie. Un papillon a volé les empreintes de ses mots et les transporte au-delà des mers, elle dort tranquille il ne se perdra pas en chemin, sur le buvard elle avait laissé l’essentiel un nom, l’obsession de ses nuits.

encre_de_Chine_1

lutin - 13-08-2006

8 août 2006

Un pied devant l'autre

 

 

 

 

funambule

On perd toujours quelque chose quand on met un pied devant l’autre. Quand on commence à aller de plus en plus vite je cherche à reculons le bonheur décoloré. Le soleil ne respecte rien, gomme la beauté des mains enlacées jusqu’à les rendre transparentes. La brûlure trop dense délie les doigts. Au sol sont nos larmes absorbées jusqu’à disparaître quand la pluie lave l'humain. Courir quand les cailloux guident les pas c’est facile. Le soleil joue à cache cache mais la route est tracée. Je n’ai pas peur de la nuit on ne se perdra pas en chemin. J’ai mal à la tête quand un pied devant l’autre la distance s’écarte alors que nous courons face à face. J’attends le moment où le corps se jettera dans l’autre. Je m’essouffle, tant d’efforts freinent la jambe. Je serre les dents, et si j’avançais à la vitesse de la lumière. J’ai mal au cœur quand les mots n’ont pas leur sens premier. Est-ce la vitesse ou les mots qui me laissent couchée sur la moquette rouge. Un goût nouveau coule dans la gorge. J’ai attendu bouche ouverte pour me couper la soif, des mots salvateurs pour étancher mes envies. J’ai mal d’amour. On gagne toujours dans la discorde quand on met un pied devant l’autre. Le sommeil est l’abîme où l'eau salvatrice lave les maux. Laisse moi t'entraîner en ce lieu. J’ai mis une jupe blanche à volants. Un pied devant l’autre je viens à ta rencontre, yeux baissés, mains tremblantes.

 

lutin - 08-08-2006

26 juillet 2006

L'ombre est une couleur

C_zanne

Je suis l’ombre prés du banc

Je m’allonge quand le soleil s’étire vers l’ouest


Je vous précède au sol tant mon passé est grand de richesses

Vous creusez ma jeunesse

J’entends votre pensée

Je tends le drap de mes souvenirs

Vous voici envoûté



Prisonnière de ma toile

J'aimerais quitter le voile

M 'asseoir près de vous

Quand la nuit devient jour

A genoux vous raconter

L'ombre est une couleur comme la lumière *



lutin - 26-07-2006

* Cézanne

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