Volontaire
Ce n'est pas de moi, c'est une réponse d'ailleurs, coïncidence, le même titre
Merci "d"
Ce n'est pas de moi, c'est une réponse d'ailleurs, coïncidence, le même titre
Merci "d"
Chambre 13
Voyageur enfermé dans son ventre
Sur le mur est écrit « v o l o n t a i r e »
Reptile ligoté
Sur le blanc encollé
Est-ce toi avec ton doigt ?
Une coïncidence
Un présage
Le point sur le i ficelé
Le lien dépassant les frontières
En message des lettres tatouées
Les dents serrées
Les poings enfoncés
Lire et relire « v o l o n t a i r e »
Quand je m’allonge sur le lit
Traumatisme crânien dans le V
Vouloir/Victoire/Veuvage/Viscéral
Hématome dans le L
Lacérée/Liberté/Libido/Lien
Taire comme se taire quand on aime
Terre/Terrasser/Terminus
Aire/Air/Errer
Visage/Visuel/Vie
Voix vitale/Voie tracée
En rappel
Vol/ au dessus du déséquilibre
Vol retour
Vrai, c’est vrai, je peux
Le mur devient écran géant
Téléphone muet
Filaire
Tout le monde descend
Jeu de l’insomnie
Poursuivie par la vitesse
Lon, oui c’est long de brasser
Un scrabble solitaire
Face à l’océan de la nuit
Une main dans le ressac
Dans la salle d’eau est écrit « i c i » à l’envers
Pourquoi à l’envers ?
Il faut pencher la tête pour lire
Plonger jusqu’aux épaules
Contre nature
Attendre le matin « v o l o n t a i r e »
Lutin – 23-06-2008
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Je vais partir
devant moi un ruban d’asphalte en plein jour
j’ai peur la nuit
alors j’attends
les phares jaunes m’attirent
mes yeux sont papillons collés à la lumière
Je vais me jeter à l’eau demain
dans les courbes noires
comme le peintre dans sa palette de couleurs
en vrille je roulerai vers l'inconnu
dans les méandres d’un but à atteindre
épaule en avant je trouverai le fossé au petit matin
ivre du manège
Je pars les insectes prisonniers sur le pare-brise
le canon d'une arme sur la tempe
à coups d’essuie glace je me chasse
d’un tourbillon où le jour est en sommeil
les rêves en apnée
sur la route meurent des troncs d'arbres déracinés
Le drap pèse dans l’attente
des nuages noirs percutent le plafond
où les corps cambrés ont laissé leur ombre
violemment un linceul écrase les formes
dans ma nudité s’accélère le compteur des heures
je bascule - puis rien
le silence
lutin – 19-06-2008
Attendre c’est mourir
tenter de mourir, c’est épuisant
Avant l’attente, il n’y avait rien
l’apesanteur derrière la feuille
Derrière la feuille, l’arbre
derrière l’arbre, moins que rien
un brin d’herbe
un pas de géant voilé vers l’éphémère des paysages
Devant, le pas lourd de l’inutile
dans le vent d’une journée perdue
tout est poids, le mouvement de l’attente
après
Un saule pleureur dans un ciel de traîne
une femme dans les ramures
Ployées, ses lignes de main balancent
les courbes d’une vie
Là, elle voudrait être flamme
lécher les cendres des rêves éparpillés
devenir cœur de pierre réfractaire
au ventre de la terre
lutin – 15-06-2008
J’ai peur de me perdre dans ce front immense
de me reconnaître dans le tunnel du cheveu
à la racine me casser le nez
une larme le long de la joue peinte
J’ai peur de l’œil cerclé de mascara noir
mon deuil à venir souligné d’un trait fin
de ses sarcasmes captivant le spectateur
de ses armes fatales feintes
J’ai peur de vivre sans la géométrie multicolore du vêtement
habituée au triangle isocèle de ses humeurs
à sa bouche posée sur la mienne
J’ai peur de mourir d'amour
sans la main bordant mon sommeil
d’un lit froid sans jambe
J’ai peur de l’uniformité de la vague
du plastron collé sous la veste
la cravate accrochée au cou
J’ai peur des oreilles ouvertes
de leur manière à fermer les écoutilles
sur le monde
J’ai peur d’être femme assise sur un banc
devant moi la piste aux étoiles
je veux rester enfant
J’ai peur d’avoir peur
d’autres mains ont gratté le costume
de l’ongle ont emporté leurs illusions
J’ai peur de l'amour et je vous aime
j’ai peur de l’éphémère
du présent perdu
de l’avenir sans nom
Je suis le magicien au nez rouge
faisant un pied de nez
sans en avoir l’air je vous bouleverse
là est ma démarche
J’ai peur de vos armes et je vous désarme
je suis un clown
je vous fais peur
j'ai peur
lutin – 08-06-2008
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http://devillers.viabloga.com/
Scarifiée à la verticale
suspendue aux oiseaux
la peau de son ventre à l’air libre
elle aspire la brutalité comme l’enfant
naïf des tortures de l’esprit
les yeux crevés
devant, elle regarde dans la pensée
Guerre où les hommes se déchirent
dans la morsure des biens appropriés
à coups de hache affûtée
au pilori implorant la paix
elle fixe le ciel enflammé
obscurci d’une cendre opaque
à l’intérieur, ses yeux reconnaissent l’odeur acre
Le ciel est lourd d’orage
la peau criblée de cruauté en mille parts
elle demande un couteau
comprimant sa rébellion entre les lèvres
la terre est un cratère d’invectives
traversées de giclées de mots impossibles
muette, entre les dents elle sert la lame
lutin – 07-06-2008
http://devillers.viabloga.com/
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Vivre n’est pas là, clouée et hurlante
dans sa peau pénètre vos lanières
un venin acide entre vos dents, éclaboussée
creusant ses pupilles
bouche en entonnoir
sur vous elle crie l’injustice
Elle voulait courir les chemins
dresser d’autres barricades
au sein de vos propres émeutes
au bras le poing du ralliement
avec ses jambes encerclées de vos convictions
un déluge l’a ligotée au pilori
Etre n’est pas le temps
contre le mur elle continuera la lutte
tant qu'un sang pur coulera de ses veines
crucifiée elle hurlera l’ineptie de ce monde
ficelée, bouche ouverte, muette, cordes vocales ôtées
la force de la pensée en travers de vos folies jaillira
lutin - 06-06-2008
Après l’amour c’est dans un bassin
d’eau bleue, bordée de carreaux blancs
que le chant des corps monte en surface
le plafond de verre en miroir explosant du cri
dauphin dans un verre d’eau je me cambre
tête hors de l’eau pour l’embrasser
le dresseur de poissons
Reins immergés
devenus eau
à fleur de vague je veille entre bleu et blanc
tu es au-dessus de moi tête baissée
mon œil en haut à la recherche de ton air
chuchotements de nos chants
je devine tes contours
reconnais le pied cambré dans la margelle
dans un trop plein de salissures
ta peau est là d’un rayon de soleil habillée
nettoyée du chlore
brillante comme une plante aquatique
en vie
Ni sable, ni algue
dans mon monde aseptisé
à ciel ouvert entre eau et terre
je ne suis qu’onde chaloupant vers tes yeux
dans un verre d’eau
ainsi était mon rêve
entre mort et vie
vie et mort
je ne sais, en plongeant j’ai oublié le sens
lutin – 05-06-2008