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Vos doutes me désarment et me voilà sèche et tremblante, feuille sans sève à terre prenant la couleur de l’automne, le ton de la voix. Les veines enflammées je deviens rouge comme le serpent fouillant le sol de ma Dordogne. J’entends crier, oh liberté ! Le feu aux joues mes pas dans la boue emboitant les vôtres, mon pygmalion je volerai, je creuserai la pierre, je nagerai dans l’antarctique, je briserai vos chaînes et serai le socle, le roc branlant. Au travers du granit il y aura l’eau ruisselante de nos larmes unies dans le miroir, mon amour vous ne pourrez pas les voir elles ne coulent que dans la tombe de ma nuit. Elles surgiront en geyser à mon enterrement gravant en épitaphe mon infortune.
Nous sommes des insectes chaussés de cuir fourmillant de nos pattes velues dans le modernisme de la communication, aussi frileux que le prématuré dans sa couveuse. Comme des chouettes nous regardons dans le noir pour ne pas être vus. Sous la croix je réclamerai les maxillaires au poing la lumière blanche transperçant le cercueil, en pleine lumière à travers vous je veux passer la porte de l’autre monde. Vous apprendrez qui je suis sans fard au creux de votre ventre secoué.
Vous m’amusez mes amours dans vos corsets guindés coupant ma liberté d’expression mais je vous aime et je m’entrelace dans vos lacets, le cou coincé dans l’œillet, mes amours, mon sang pur et impur, je me baigne en vous, cherchant quelquefois à me jeter par la fenêtre. Comme un aimant je me rattache à vous me retrouvant sur la piste aux étoiles un foulard autour du cou, le trapèze entre les mains, et je serre très fort pour ne pas tomber, j’ai horreur du suicide et de sa lâcheté.
Sous un train dans ma tête, le mouchoir à la main entre les rails, j’entends vos histoires, vous criez liberté ! en marchant dans les passages cloutés attendant le feu vert du piéton, mon secret est de traverser en diagonale au rythme de l’escargot lors d’une formule un.
Je me ronge, je ne vous entends pas rire, je n’ai plus d’ongles. A tendre les mains vers vous le vent les a emportés dans son érosion insidieuse. Mes doigts s’effilochent comme un vieux tissu traversant les saisons, ma peau s’affine du sel de mes yeux infiltrant les pores, il n’y a plus de sueur, je n’ai plus peur.
J’ai prié en hâte ce matin fenêtres ouvertes celui qui a tous les pouvoirs, faisant la pluie et le beau temps je lui demande de passer l’aspirateur sur cette terre, il a semé et doit entretenir son jardin sans oublier d’ôter les mauvaises herbes, et les masques de ces sujets, moi il ne me verra pas je suis transparente, le portail s’est refermé, dans mon cœur mon amour, mes amours.
Il pleuvait ce matin entre deux rayons de soleil acidulé, c’était la lumière s’infiltrant sous le bois dans l’interstice du chêne, ma demeure.
lutin - 06-10-2008