Le monde à l'envers
Au moment où tes doigts comptent le temps
pourquoi le sol se dérobe ?
tant d'yeux autour
dans le reflet de l'eau est le monde
émergent des visages
des bras tendus remplis de fleurs
pourquoi les algues avancent ?
et se détachent l'une après l'autre
Dans ta mémoire qui tourne il y a une berceuse
est-ce les cheveux qui tombent ?
le bleu du ciel n'est qu'un conte de fée
à la pliure des coudes il coule des fontaines
des pensées sans arrêt sur elles-mêmes
c'est un garrot qui te noue la gorge
Dans les eaux sombres de ton jupon mouillé
baignent les notes de piano que tu transportes sur ton dos
pourquoi le bruit d'un train ou d'une voix blessée
l'étang est un tunnel qui enferme le souffle des mots
la fièvre des égarés
où tu plonges la tête
Les griffes du chat traversent le ciel ruisselant
et c'est la grêle qui remplit tes mains
mieux vaut dormir au fond de la forêt
on y dressera des tables de chêne
l'on invitera l'ange de l'étang à poser ses larmes
au moment où tu comptes les couverts
pourquoi ton corps se remplit
pourquoi tu fouilles le monde à l'envers
lutine - 20-05-2012
bonjour furtif caressé par les roses (un titre de Rechab)
Et de la vie, le manque !
ma robe s'en est allée
étendue dans l'herbe
Sous la dépouille
est une tache de sang
la chair voilée de cire
Dans le vent flotte le ruban
de velours était la peau
de marbre l'aile s'est posée
Une statue semble rêver
sous les graviers de l'allée
les pas sont toujours là
Et crissent les mots de l'oiseau
se tendent les baisers
contre l'épaule le rêve fige
lutine - 15 - 05 - 2012
Merci Rechab à cet écho que je pose ci-dessous dans "Entre les pierres" http://secretslutin.canalblog.com/archives/2012/05/04/24141798.html
Au bonjour furtif caressé par les roses
Courbant les flammes des chandelles
Peut-être diras-tu fantôme ou esprit
Celui-ci est le reflet d'une attente
Tant prolongée et désirée
Que les ailes de l'oiseau de nuit
Se heurtent aux vitres des fenêtres closes
Attiré par la courbe de ton profil
Dessiné de profil en contre-jour
Cet hématome de désir, brisant le silence S'éclatant sur le verre,
à te savoir si proche
D'une épaisseur d'air, et pourtant inaccessible
Ce n'est pas un ciel de combat
Que la vie distante où chacun ressent
L'absence, et de la vie, le manque !
http://ecritscrisdotcom.wordpress.com/
la lame du poète
le cri - musée Rodin
Je ne savais pas qu'être était guerre
maintenant je le sais
Quatre vers déchirent un corps
Du sang frais on se nourrit
Je ne savais pas qu'il fallait tuer mes lèvres
maintenant je le sais
Dans ce grand miroir aux yeux obliques
L'eau m'assemble en tourbillons
J''ai vu des mendiants se battre pour le porche de la nuit
La peur durcir les coeurs
Sanglante sous la lune
Pourquoi seules les pierres poussent
drues et glacées
des mots que nous voulions nous dire
lutine - 15 - 05 - 2012
Entre les pierres
Qui es-tu fantôme ?
lumière autour de moi
Un bouquet de roses sur la table
L’ovale d’un visage
Solitaire le temps de le reconnaître
Ou bien l'éclair du désir
Bonjour l'ombre
Qui toujours erre
Pourquoi me regardes-tu ainsi ?
Simple caresse
Comme avant
Le chant monte du même ventre
L’air manque
Invisible mer
Tes joues entre mes mains
Souviens-toi
L’eau qui creuse
Au plus loin de soi
Entre les pierres
Tu es venu
La nuit s’installe et regarde
Hématome du silence
Le plaisir frappe encore
Gémissant
Oiseau de nuit dans un ciel de combat
J'étais là plus rouge
Que le sang
lutine
Blues animal
Ce soir j'ai bu la pluie immense
ça fait du chagrin le long de la joue
ses mille mains
ses mille voix hachurées
J'ai regardé ses doigts se défaire
comme l' horloge absorbe le temps
ruisselante elle respirait plus que moi
Et ce goutte à goutte toujours au-dessus de la tête
pour ne jamais se poser à terre
martèle son refrain tel un adversaire
lutin - 28-04-2012
il y a trop de monde quand je lève les yeux
Renverser la table ne sert à rien
le ciel n'en n'est pas proche pour autant
et je repars me mordre les doigts en leur lieu de naissance
de ce qui s'est passé le long des routes vides
les lumières rouges vertes et jaunes
les volets clos de l'espérance
je marche, je marche
les sonnettes luisent tel un navire dans une flaque d'eau
pour ne jamais se poser sur terre
au loin le sifflement de l'autoroute
j'entends qu'il pleut
pleure la pluie au bout de mes pieds
C'est déjà mort le nom sur les plaques d'égouts
et lacent mes chevilles
par trop de jours
je n'aime pas le vent et les roseaux
j'aime la nuit
les banderoles qui me suivent
le silence de la rue de l'Hermitage
de la rue Berthier qui l'embrasse
les vélos attachés aux panneaux interdits
les selles encore chaudes
c'est le ballet des béquilles le long du parc
elles s'arriment la nuit reines le long des trottoirs
Voilà quelques images murmurées lors de mon périple
au travers des fenêtres nous sommes dans la solitude
je voulais être animal dans la nuit sans lune
promenant mon silence, évitant la voie ferrée
juchée sur des talons aiguilles ce fut mon erreur
les arbres me regardent
un chien promène son maître ou l'inverse
qui renifle dans mon dos
et la mouche se hâte au cul d'un camion
ce soir j'ai regardé le temps qui palpite
il y a trop de monde quand je lève les yeux
lutine - 21-04-2012
C'était presque hier
Je lisais une poésie de Rechab et j'ai eu envie de donner mes impressions juste comme ça sans réfléchir
http://re-ecrit.blogspot.fr/2011/04/je-seraii-mere-bientot.html
J’ai aimé mon ventre
les petites bulles prémices de ta vie
à la recherche de mon oxygène
avant que la mer ne forme ses vagues
soulevant ma robe d'été à fleurs
ton dos contre ma peau
souvent côté cœur
ton sang se nourrissait du mien
cette chair tendre appelée placenta
tu buvais à la paille mes envies de fraises
ton poing frappant mon nombril
gourmand de chocolat
la faim te faisait bondir
je regardais mon ventre Mappemonde
transparent tant la peau se tendait
alors je t’ai vue au travers de mon miroir
soleil de printemps à l’intérieur
le soir ma grotte mystérieuse illuminée
la lune veillait nos rêves de nous toucher
les heures de sommeil étaient communion
calme, calme... ce n'est pas l'heure
du premier baiser, de la première toilette
mes mains comme des étoiles caressaient la mère
les rondeurs du sein
comptaient les mois et les heures
l’enfant que l’on poserait sur mon ventre
ton premier cri fut ma première larme
avant d'autres coulant ton bain de mes joies
nos bécots sur le bout du nez toujours
C'était presque hier ce désir d'enfant
quand on se berçait
lutine - 16-04-2012







