On ne se détache pas (1)
C'est
vide
rempli de lumière
roue libre de mémoire
cela palpite
cette tendresse
de la mer
m'enrobe
de blanc
Elle s'en ira comme le reste
page blanche du ciel
juste quelques bateaux
rejoignant le flou
la mer vit
La journée est devant
on s'enlace
mot pour corps
nous rêvons plus large
encore
dans les premières vagues
Durant des heures
on va
on doute
la mer n'a pas d'yeux
on surveille les marées
le beige du sable
au pied de la mer
nous sommes seuls
Un grand verre de ciel
l'air descend
le coeur se tait
les yeux encore nos yeux
de plus en plus serrés
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
Quand la terre se détache
Attente intime
Dans l'illusion du matin
d'un même mouvement d'étirement
le corps se lève chassant la torpeur
c'est à la lumière qu'il dédie
l'absence
portant sur ses jambes
le poids des heures
et nous marchons....
respirant les mots
Nous marchons séparément
l'espace niant les corps
liant les noms
sans peur ni vertige
ainsi nous apprenons à vivre
paroles absentes
chaque matin nous réapprenons
jusqu'à l'émiettement du jour
l'attente....
qui unifie
18-07-2015
Chemin de mots
Inutile d'aller
de vouloir regarder
ailleurs
nos yeux encore nos yeux
le corps reste
et puis se jette
en nous
ça donne une amplitude
un goût dans la bouche
un étranglement
Regardons-nous
alors que de suivre nos corps
du doigt
pour corrompre le sang
Dessine-moi ma langue avec ta main
la parole nous ancre
regarde-moi te dis-je
après une journée d'absence
bâtie de nos mémoires
en phrases inachevées
Puisque le temps danse
célébrons la part du feu
ouvrant le dialogue
cette énergie
qui tue la mort
étrangère
comme un ciseau
19-06-2015
Etre là
Berceuse au coeur
Tes bras autour de mon cou
cette chaleur prend au ventre
dans les poumons repasse
cela dure
Tes mains encore si petites
lianes et boucles d'or m'enserrent
tandis que mes yeux sont un lac
c'est ma mémoire qui revient
et m'envoûte
Hier j'étais la femme, la mère
visage aux mêmes traits de lait
le corps remplit du même jardin
berceuse au cœur
23-05-2015
Obstinément
Ne serait-ce qu'un jour
il n'y a plus d'heures
compte tenu de la manière
le matin quand l'air prend nos poumons
je te l'avais prédit
nous nous mîmes à nous fier aux odeurs de la terre
et à notre propre sueur
Ce dimanche, étrange dimanche
j'ai mis mes pas dans les tiens
sommes-nous en mesure de laisser d'autres traces ?
quelque chose s'inverse
sous nos pieds
les liserons prolifèrent
On vit ici
le sang en crue
du large que l'on partage
d'une goutte d'eau
d'une guerre perdue
on navigue on dérive à vue
Emergent des visages
et se défont
fin du bruit
On a voulu, on a rêvé
telle plante fouille le sol
c'était encore plus subtil
l'égrainement de la semaine
les mains accomplissant les mêmes gestes
visages posés l'un sur l'autre
18-05-2015
Les artistes du Chesnay (c'était en 2010)
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Il fait noir, la porte vient de se fermer, derrière, le froid et le vent poussent l’absence, dedans tombe la neige au cœur, l’odeur imprégnée reste encore. Il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps, il faut attendre les branches construisant leurs parasols de l’été.
Et le corps se retourne sur des pages d'écriture à venir.
Il est 17 heures, il n'y a plus d'espace dans le manteau de la nuit, il n’y a que le noir de nos peaux suspendu à la cime d’un arbre éternel, en transparence on y devine leur couleur originelle.
Un drapeau flotte au vent déchirant la pierre ensevelie.
Il y avait quelque chose qui suggérait la présence, la bouche et les lèvres, la façon de les serrer sans cesser de regarder l’arbre et son drapeau. Il y avait l’odeur hormonale, la sueur expulsant son envie à travers les pores frémissants.
Il y avait un fleuve en crue dans l’autre pièce emportant la branche et sa main, c’était une fascination étrange ces milles petites bulles attirées en spirales au centre de gravité. Scrutateurs les yeux ont suivi le mouvement, derrière la porte des gens cachés chuchotaient entre la mer et nous et nos mains faites d’os et de chair appelaient à l’aide à travers un mur de verre.
Habillée j’ai brisé la glace me retrouvant prisonnière de l’eau.
Il suffira de dire que c’était spirituel ces images venues de très loin ou que la fièvre a créé un délire. J’ai senti mes jambes se dérober sous toi ou moi androgyne. J’ai peint de la neige au couteau sur une toile pour tuer l’absence et réchauffer mes mains, ou bien ai-je assassiné une autre vie et bu le sang.
A la fenêtre c’est encore hier, les trottoirs jusqu’à l’extinction des pas gardent leur nappe blanche. Il faudrait refaire les bonnes connexions et savoir pourquoi la semelle piétine dans le froid alors que les doigts ne gèlent plus sortis de la pierre ensevelie.
Noir le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée, quand on ouvre les journaux à la page des faits divers, la grande histoire de la vie c’est l’amour.
Il n'y a que des cris d'amour jusqu'à la racine de soi.
lutine
L'envie
L'hiver et le rire
cet éclat donne l'envie
à la saison si longue
telle la rançon
de la chair vivante
repliée
cette patience dans l'attente du bleu
l'allumette ne veut pas mourir
Oui rire jusqu'au fond du lit
les tempes à l'unisson
dans un même souhait
la lumière
abord du ciel
quand elle ouvre les jambes
forme des contours
se mêle à l'air
Les yeux se plissent
certains d'être vivants
on se prend un café
25-03-2015
























