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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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Un nouveau regard, les mots qui se détachent
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6 juin 2008

Le Cri

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http://devillers.viabloga.com/

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Vivre n’est pas là, clouée et hurlante

dans sa peau pénètre vos lanières

un venin acide entre vos dents, éclaboussée

creusant ses pupilles

bouche en entonnoir

sur vous elle crie l’injustice

Elle voulait courir les chemins

dresser d’autres barricades

au sein de vos propres émeutes

au bras le poing du ralliement

avec ses jambes encerclées de vos convictions

un déluge l’a ligotée au pilori

Etre n’est pas le temps

contre le mur elle continuera la lutte

tant qu'un sang pur coulera de ses veines

crucifiée elle hurlera l’ineptie de ce monde

ficelée, bouche ouverte, muette, cordes vocales ôtées

la force de la pensée en travers de vos folies jaillira

lutin - 06-06-2008

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5 juin 2008

Après l'amour

Femme_sur_poisson_galerie_Martin_large

Après l’amour c’est dans un bassin
d’eau bleue, bordée de carreaux blancs
que le chant des corps monte en surface
le plafond de verre en miroir explosant du cri
dauphin dans un verre d’eau je me cambre
tête hors de l’eau pour l’embrasser
le dresseur de poissons

Reins immergés
devenus eau
à fleur de vague je veille entre bleu et blanc
tu es au-dessus de moi tête baissée
mon œil en haut à la recherche de ton air
chuchotements de nos chants
je devine tes contours
reconnais le pied cambré dans la margelle
dans un trop plein de salissures
ta peau est là d’un rayon de soleil habillée
nettoyée du chlore
brillante comme une plante aquatique
en vie

Ni sable, ni algue
dans mon monde aseptisé
à ciel ouvert entre eau et terre
je ne suis qu’onde chaloupant vers tes yeux
dans un verre d’eau
ainsi était mon rêve
entre mort et vie
vie et mort
je ne sais, en plongeant j’ai oublié le sens



lutin – 05-06-2008

3 juin 2008

Sans effort

Clown_sculpture

Tous les matins il rentre dedans tête baissée comme il s’enfile dans le métro de la veille, il s’y glisse comme il s'enfonce dans la rame, elles sont un moyen de locomotion, elles gardent leur forme, à peine asséchées du labeur de la veille, vieilles chaussures aplaties avec dedans les empreintes des orteils, au dehors les odeurs de la rue. Elles partent au boulot, dans le ventre une envie de vomir, les orteils agités, la cheville bloquée, la crampe dans le mollet, les lombaires douloureuses, le feu remontant au cou faisant crier la tête et les pieds qui collent, et les pieds qui collent. Chaque jour un effort de plus pour chaque maillon de la chaîne alors que les mains veulent vivre autre chose encore, vivre encore, vivre tout court. Toute la semaine entre quatre murs, entre élastomère et cuir, semelle et chiffres, sonneries et conneries, et les pieds collent, et les orteils s’étiolent dans un carcan de cuir imbibé de la rébellion de chaque organe, une semelle usée du métro, du macadam, alors que la chaussure attend l’amnésie, et le pied qui colle, et la cambrure qui souffre de la contrainte morale, et le talon qui attend la liberté. Le sien se crispe sur le contrefort, soumis, lavé de l'ennui de la veille, il se rappelle et montre le chemin inverse chaque matin du lit au métro, du métro à l’ascenseur, de l’ascenseur à la rue tournant le dos, et le dos qui fait mal. La jambe s’agite au-dessus de la chaussure, pleine de vigueur se rebelle, veut vivre encore, veut vivre encore, sans effort vivre et d'amour et d'eau fraîche les mains posées sur la table et les doigts qui dansent sans effort remontent à la tête fermant les paupières pour rêver à un autre monde, vivre encore dans un autre monde sans effort.

lutin - 03-06-2008

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