15 mars 2013

Fil rouge

 

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Le front collé au ciel
l'astre comme une source
ombre - lumière
noir et blanc
paupières toujours baissées
aveuglées, détournées
sous les pupilles le même fil rouge
frôle les rails de l'invisible
si près du sol 
descend les marches
la main sur le feu de la route
compte les gestes automatiques


J'attends le murmure des vents
la brume sur le lac
celle de septembre à dix heures
puis l'or du soir qui étincelle
ivre de soleil
c'est ainsi que je regarde le manège
des ombres qui s'allongent 
l'absence sur son lit de feuilles
lèvres closes, légèrement spongieuses
plaie promise à l'oubli 
ce grand miroir qui ne change pas
immuable et secret
enfile ses vieux habits de cendre




lutine

 

 

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05 mars 2013

De peur que les fantômes ne la rattrapent

    

 

Elle aimait ces marches de pierre ornées de haies soigneusement taillées, elle aimait les paysages gris et noir aux décors verticaux, l'absence de soleil, la brume qui descendait jusqu'à la route effaçant la géométrie de l'espace, elle l'accompagnait de la main, s'y appuyant quelquefois, elle suivait le muret, l'ardoise des toits, les voitures en contrebas. Ses yeux guettaient le vent et ses détours jusqu'au clocher perdu. De terrasse en terrasse elle se déplaçait comme l'oiseau au sol émiettant quelques cailloux du pied, fuyant le promeneur. Elle aimait se suspendre au froid de l'hiver, griffer les murs pour en sortir la lumière blême de la rue, les nuages bourdonnant à l'intérieur de sa tête. Elle était une chanson dans quelques bulles d'air, toujours rêveuse elle se laissait porter de peur que les fantômes ne la rattrapent. Elle aimait la transparence des flaques d'eau ne se lassant pas de regarder les façades à l'aplomb du ciel tout en écrivant le monde derrière sa porte. C'était juste après la grande maison entre les statues, là où la pierre forme un creux dans lequel se blottir, qu'elle attendait le printemps, une légère auréole bleue serrait ses chevilles.

 

 

lutine - 05-03-2013

 

 

 

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27 février 2013

Au pied du ciel

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Silence sous les paupières
les bras et les mains sont des bateaux
les trains roulent et boivent la mer
mots pour corps tout déraille
une boîte à musique entre les fentes
file la voix

Quand on lève les yeux
c'est le délitement de la traîne
cet air étouffant de lumière
lèvres terriblement closes
les doigts occupés de mille choses
papillons c'est la mort ici
toutes ces silhouettes de papier

 

 

lutine

 

 

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18 février 2013

Auréole étrange

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Alors une voix s'éleva, la lune nourrit tant d'ombres détachées du ciel. Quelqu'un viendra autrement que dans l'impuissance, les yeux grands ouverts, et nous marcherons en dehors de la sphère. Serait-ce l'enfant aux deux jambes, dans la gravité de la terre. Il avait choisi le jaune pâle si calme du coma, entracte de l'aube, le soleil séparé en deux. J'ai posé ma main, là où repose l'esprit qui éclaire le monde suspendu au fil de la vie, elle a ressenti les vibrations où nous sommes deux, le mouvement du temps avec dans l'âme l'envie de reprendre le train pendant que les éclairs habitaient ton visage.

  

 

lutine - 18-02-2013

 

 

 

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09 février 2013

Trois petits délires

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B - sur papier kraft - fusain - sépia - sanguine - craie blanche

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05 février 2013

Les heures suspendues

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Elle peut tout imaginer
l'horizon plus gris que la lumière du jour
grises les voitures en contrebas
grise l’éclaboussure des flaques d’eau

Les insectes aux ailes mouillées
prisonniers de la fente
elle peut les entendre crisser
alors qu'un papillon se brûle sous l'abat-jour

En se penchant un peu elle ne voit pas
elle dit que rien n’est visible
mais entend les détails de la rue
tantôt lisse à la manière d’un tronc élagué
tantôt déchirée
 
Cette ombre occupe mon dos
je suis l’obstacle
toujours devant
toujours immobile
elle voulait me quitter
me devancer dans le sommeil

La douleur devint lancinante
quand elle prit ma place
 

 

lutine

 

 

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La vie circule - suivi d'une lecture de C.

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Viens, tu crois ne rien voir
c'est le ciel qui t'inonde

tu es venu tête nue comme un avenir rebondit
un corps et ses gestes puérils
tu es venu déposer de l'autre côté du rideau
ta pelote de laine et ses mailles
rumeur d'écume.

Qu'y puis-je s'il me semble te voir
liant les branches de nos premiers pas
et c'est le ventre qui bouge
la peau se gonfle si peu mais doucement
alors je te dessine un lit
sous la robe blanche
une source où l'ombre persiste.

Viens, ne crains pas les sons qui se voilent
le silence
l'écho énigmatique des ténèbres
le chiffre des jours dont la fleur se défait.

Je t'écris de ma table
comme je m'adresserais au brouillard
fluide entre mes mains
lorsqu'il me libère
tes lèvres se vêtent d'un sourire
gorgé d'attente

 

lutine

 

un écho de c. ici

http://leforumbleu.net/message.php?id=211245&page=0&fredblog=0

 

 

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29 janvier 2013

La vie circule

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Viens, tu crois ne rien voir et c'est le ciel qui t'inonde. Tu es venu tête nue comme un avenir rebondit des pieds aux épaules, un corps et ses gestes puérils, tu es venu déposer de l'autre côté du rideau ta pelote de laine et ses mailles, rumeur d'écume.

Qu'y puis-je mon rêve s'il me semble te voir liant les branches de nos premiers pas et c'est le ventre qui bouge, la peau se gonfle si peu mais doucement, alors je te dessine un lit, un repas chaud sous la robe blanche, une source où l'ombre persiste.

Viens, ne crains pas les sons qui se voilent, le silence, l'écho énigmatique des ténèbres, le chiffre des jours dont la fleur se défait. Je t'écris de ma table comme je m'adresserais au brouillard fluide entre mes mains, lorsqu'il me libère tes lèvres se vêtent d'un sourire gorgé d'attente.

 

 

 

lutine - 29-01-2013

 

 

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27 janvier 2013

Mots muets

 

 

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B - 30 x 40 -

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24 janvier 2013

Louise

 

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B - Pastel sec

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