14 août 2005

A trop en parler...

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A trop en parler....

A trop en parler de ces corps qui s’échangent dans ces lieux réservés, une obsession s’installe occultant une relation ordinaire, la main qui effleure, les lèvres qui se touchent, les sexes qui s’emparent, tout ceci devient une platitude à en devenir impuissant, frigide, à en devenir rien, un légume dans l’attente du pas à franchir. Etre celui qui sortira de la normalité, d’abord c’est quoi être normal, où est la référence, être normal, c’est ce que l’on veut être, pense être. Franchir la référence celle inculquée, pas simple, mais il faut y aller, se guérir de ses obsessions, de ses empêchements, il ne suffit pas d’en parler, l’acte toujours l’acte en toutes circonstances. De la force il en faut, le muscle il le faut pour franchir cette descente aux enfers, je parle du muscle cérébral, je parle du muscle le sexe pour assouvir ses délires, ses viles folies. Ne pas se résigner et passer le cap il le faut, se rouler dans la débauche, passer de la banalité à la servilité, gommer à jamais une éducation. Sculptures présentes à mon esprit vous me tenez la main, le corps n’est-il pas là pour être admiré, encensé, reluqué, poli de la main, peu importe où elle se pose. Faire abstraction de son cerveau pour devenir animal, la propriété de son maître d’un moment, condescendance dans la jouissance si cela peut être, je ne sais, mais il faut y goutter ne pas en rester là, trop dit, trop répété, trop présent, comme une paralysie.

Et un rendez-vous rue… chez…, prélude à une initiation sans en avoir l’air, paraître conquérant dans son apparat, le meilleur moyen d’avoir l’air de… en fait je ne sais, mais être l’égal, de qui au fait, ce lieu n’est-il pas un théâtre où chacun à l’air, l’air de quoi ? Une porte franchie et l’air de tout le monde, un lieu artificiel, sans esprit, lourd de sous-entendus, de cons ennuyeux bedonnants bandant mou, de connes à la cuisse ouverte et gondolante en mal de jouissance arrivés là par facilité. Sculptures présentes à mon esprit vous me lâchez la main, la laideur vous ferait-elle fuir ? oui j’en conviens chez vous il est écrit, prière de ne pas toucher. Trop peu d’esprit cela en crève les yeux, mais ils ne sont pas là pour ça, crever un sexe, un gros, un maigre, est leur démarche. Observation de vos approches, vous avez l’air de rien, si, l’air de ne pas donner envie, l’air de faire fuir celui qui a encore un brin de raison, oui fuir votre obscénité, rien n’est plus obscène qu’un débile au cerveau vide de tout sens humain prêt à lécher le cul d'un inconnu. J’ai voulu voir et transmettre au travers de mon propre regard, vous m’avez déshabillée, désirée, à peine effleurée, une envie de renouveau dans ce lieu clos. J’ai voulu m’adapter, plier l’échine, assouvir les fantasmes d’un autre, dans le regard de l’autre, dans la pensée de l’autre, exorciser ses démons, et je me suis rebellée ne faisant pas partie des vôtres. Je suis sortie de chez… rue… indemne, une seule envie me collant à la peau me laver de votre débauche, du sexe que je n’ai pas eu et dont je me sens sale.

Imaginaire quand tu me tiens tu ne me lâches pas. Toute ressemblance...

Lutin

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02 août 2005

Saboter mon image

encelade

Saboter mon image je m’y échine en toute conscience
perdre ma peau dans l’inéluctable
dans un marécage elle s’englue
le pied d’abord, pas grave
la vase ne me fait pas peur
la voici au nombril, pas grave
les mains au ciel et me raccrocher, pas grave
un bain de boue monte jusqu’à mes seins, pas grave
les yeux suspendus aux nuages je garde espoir
et je perds pieds
happée je pense à Encelade ce géant vaincu
visage extraordinairement pathétique
de ma bouche sort un jet de mots à arroser les cœurs perdus

Saborder mon image et devenir animal
je suis le cabot qui suit son maître
le maltraité qui attend sa caresse
je cours derrière son ombre
je suis son ombre
le chien fidèle de l’homme à sa propre recherche
mon flair aiguisé de chien chasseur ne sert à rien
ne dit-il pas seuls les chiens me lèchent le cul

Au milieu de blocs de pierres émerge l’animal blessé
ces mots en trop
saborder mon image et redevenir humain

.

Lutin - 02-08-2005

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05 juillet 2005

Regrets

Regrets

Cœur à fleur de peau
Douleur à fleur de mots
Tant de fois noyée
Vous remontez à la surface

Lèvres touchées
Peaux calquées
Tant de fois mélangées
Vous attendez assoiffées

Corps tant de fois ployé
Mains vagabondes déliées
Tant de fois unis
Vous refusez l’amnésie
L’oubli de la danse de nos ombres

De mes pleins et déliés
Je vous écris nos souvenirs
La peau a encore soif
Le corps se souvient

Corps à fleur de maux
Mains nostalgiques liées
Et maintenant sans vie
Vous refusez la mélancolie

Je me noie sans vous
Je veux vous dire mes regrets
De ma langue déliée
Je veux vous dire mon combat

Dites-moi qu’il n’est pas trop tard
Sur vos flancs j’aimerais y passer la vague tout du long

Lutin revu le 18/03/2005

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04 juillet 2005

Voleur d'âme

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J’ai rencontré un voleur d’âme
Il m’a tout pris et laissée démunie
Je me suis noyée dans ses yeux
Happée par son déséquilibre
Il m’a tirée vers le fond.
Il a mis ma vie entre parenthèses
M’a dépossédée de moi-même.

Quand je l’imagine loin de mes bras noués
Aux heures du passé ma torture est terrible.
Il a volé mes nuits
, hante mes journées
Je ne suis que loque humaine dans le chaos de ma vie.

Vous ne le croyez pas, mes yeux pétillent
Je souris dans mon apparat
Mais je suis l’ombre de moi-même
Tel un fantôme exilé au monde du néant
Drapée de délires à l’affût je l’attends
Qu’il me rende mon corps, mon âme
Je lui donnerai mes états d’âme contre ma rébellion

Si vous le rencontrez fuyez ce n’est qu’un voleur d’âme
Vous le reconnaîtrez il ressemble à un ange
Son visage rôde dans mes songes
Dans l’abysse ses mains m’emportent dans la vague ensoleillée

Qu’a-t-il donc de plus que les autres
Rien
Cette différence cette fragilité en font quelqu’un d’important

C’est un voleur d’âme.

Lutin – 20/03/05

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03 juillet 2005

Vie mon amie

Nostalgie je te renie

Je te maudis

Appel de la vie

Après tant de délires

Habits de grisaille

Au fond de mes ténèbres

Je vous bannis

Le froid est parti

Flûte traversière

Tout l’hiver tu m’as suivie

De tes souvenirs

Soit l’instrument de ma vie

De tes sons laisse ma mélancolie

Cœur sans ressort

Entend l’appel de la vie

Le temps des saisons te délie

De tes insomnies

De la mort sournoise

Hiver ne te retourne pas

Repart dans les ténèbres

Dans le froid de mes nuits

Fait toi oublier

Vie mon amie

Lutin 26/03/2005

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02 juillet 2005

Prisonnière des sens

Amour

En toi je ne vois qu’un tout

De tes charmes je ploie comme liane

Yeux

Je les vois, ils pétillent, je m’y noie

Corps

Je le sens, l’ombre occupe mon lit

Peau

Je lui manque, ma sueur en est la preuve

Lèvres

Je ferme les yeux et cette humidité je la bois

Mots

Je décode  leur pudeur

Débat des pensées

Si souvent enchaînées

Au réveil du printemps

Vous pensiez renaître

Prisonnière des sens

Sous le soleil la lutte est mon quotidien

Sa caresse  rappelle ta main de velours

Me met sans dessus dessous

Réveil des sens

La sève du printemps

Monte en moi le désir

Tes yeux

Ton corps

Ta peau

Tes lèvres

Tes mots

N’ont plus d’éclat

Me font fuir mon lit

Tu es mort

Lutin 02/04/2005

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01 juillet 2005

Les amants

Mains déliées tu es l’amant
Corps ployé je suis l’amante
La magie du masculin du féminin
L’oubli des tourments
L’horizon à quatre mains
Cœur à l’envers cœur chaviré
Nous sommes amants
A l’unisson nos cœurs battent

Puis vient le poids des mots
Ils effacent les traces de notre union
Corps à l’abandon

Corps solitaires
Nous nous tournons le dos
Lèvres muettes nous sommes fantômes
Pour des mots utilisés mal à propos
Restent les maux

La douleur de la peau
Le temps maudit est arrivé

Le mutisme m’asphyxie
J'attends le soleil levant
Il me soulèvera
M'emportera au firmament

Drapée de délires j’attends mon heure
Mon éternel recommencement
Cœur à l’envers cœur chaviré
Amants nous tentons une autre histoire

Mains déliées je deviens l’amant
Corps à l’abandon tu deviens l’amante
La magie s’est envolée
Les mots nous collent à la peau
Nous sommes amants d’une nuit
Sans explosion des sens rien que les prémices

Je suis l’amant

Tu es l’amante
Je te courtise pour faire renaître notre printemps
Je mendie tes mains qui ne se délient pas
Mon corps a soif

Le tien attend
Nous sommes amants d’une nuit
Je suis l’homme qui entreprend
Je m’humilie face à ton indifférence
Piètre amant mes mains de femme ne savent pas
Ce ne sera que simulacre de jouissances passées
Atrophie de nos sens

La magie est passée
Il me faut étouffer mes chimères
Déchirer les draps
Pour mieux te faire mourir
Pour mieux rebondir
Redevenir femme dans les bras d’un homme

Je suis l’homme tu es la femme

Lutin 08/03/2005

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30 janvier 2005

Jeu de dames

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Jeu de dames


Elle traverse le miroir
ses doigts en éventail
des ongles de sang
le bras tendu attend
le noir ou le blanc

Un damier où son ombre est prisonnière
en diagonale ses pas s’enfoncent
des cases de fer
ses larmes mouillent sa robe noire
un pion dans la boue
elle y macère depuis si longtemps
la volonté d’en sortir pour aller à dame

A la lisière du noir et du blanc
ses doigts en éventail
des ongles acérés pour mieux accrocher
une main blanche celle du futur
à califourchon sur ces taches de couleur
ses cuisses enserrent le bien et le mal
la volonté d’en sortir pour aller à dame

Elle tend le bras dans ce miroir
ses doigts en éventail
une main dans une case de marbre
le bras tendu attend
mante religieuse boire le sang
distiller une autre couleur
un rond blanc au cœur de sa peau

Une rose de fer
pétales noirs sur le damier abandonnés
en diagonale un pion blanc
corolle nue cherche à naître
aller à dame pour deux corps superposés

dame

lutin - 04-01-2006

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