15 septembre 2005

Après

Après


Magie passée
Etouffe mes chimères
De mes mains je dépouille notre amour
Je t’aime un peu…beaucoup… à la folie..

Restent les mots mon exutoire
Lavent mes tourments
Mots libérateurs le temps d'un poème
Effacent notre empreinte digitale
Le temps du deuil

Restent les draps à déchirer
Les oreillers tandem à jeter
Trempés de nos sanglots
Sceau de notre liaison

Parlent les souvenirs trop vifs
Rimes le temps d’un poème
Effets salvateurs du temps
Les sanglots deviennent murmures
Effacent notre empreinte digitale

Et un jour une clé libératrice
Les yeux grand ouverts
En apesanteur
Le temps d'un nouvel amour

Commencement de l’ombre
Au fond de ma mémoire
De mes écrits
Mes secrets
Dédiés
Aux cœurs sensibles
Le temps d’un poème
A effeuiller


Lutin 15/04/2005
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14 septembre 2005

Chemin de croix

chapelet1

Chemin de croix


Ma première vie était une croix
Celle que l’on donne à l’enfant
Le missel à la main
Suivre le droit chemin
Le sillon tout tracé de la soumission
Education bien ordonnée.

Ma seconde vie était une croix
Celle que l’on donne à un adolescent
Ne pas se perdre en chemin
Les tentations de la chair
D’un signe de la main la caresser
Se rappeler que la faiblesse est un vilain défaut.

Ma troisième vie sur la croix écartelée
Un enfant cria à ce monde la faiblesse du corps
C’était hier.

Dévider le chapelet
Chaque grain un à un entre mes doigts
Remonter le temps
Jusqu’à l’annulation de toutes mes vies.

Aujourd’hui je cours autour d’une croix
Une liberté recherchée
Comme un aimant elle m’attire
Un boulet au pied

Je n’ai plus envie
Envie de rien
M’arracher la langue
Ne plus rien dire
Ecrire c’est entretenir
Entrave à l’oubli

Fil conducteur à rompre
Un cœur électrocuté
Brûlé à trop d’effusions
Un cœur sans corps
Un corps sans cœur

Un chemin de croix

Lutin - 27/08/2005

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13 septembre 2005

Ma peau

Ma peau
J’ai peur, elle tremble
Remplie de craintes se replie

J’ai froid, elle frissonne
Grelotte lorsque je suis mal

J’ai chaud, elle sue
Transpire lorsque je suis fiévreuse

A la sortie du bain, elle ruisselle
Sèche à la chaleur de nos corps

Tu es là
Elle tremble, frissonne, sue, ruisselle
Vibre à la chaleur de ta main
Grelotte, transpire
Et perd pied

Ma peau est mon image
Ne cache pas ses envies
Et rougit au cœur de notre désir

Ma peau est notre reflet
Elle est l’empreinte de notre union
Je suis le recto
Tu es le verso
Page indissociable

Ma peau est un livre ouvert
Ne cache pas ses souffrances
Et pâlit à l’abandon de nos nuits

Je suis le recto
Qui a perdu son verso
Page déchirée
L’instant de mots trop fiévreux
Cœur arraché

Tu reviens
Tu trembles, frissonnes, sues, ruisselles
Vibres au balancement de mes hanches
De nos mains nous tournons la page
Nous commençons une autre histoire

Tu lis le recto
Je lis le verso


Lutin – 22/04/2005
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12 septembre 2005

La mort

J’ai vu la mort en face, aujourd’hui, un corps dans une caisse, une toile cirée le recouvrant, via la chambre froide, portes fermées pour les autres, et moi j’étais là au cœur de ce mouroir.

En douce, comme honte on le transportait ce corps dans sa caisse à roulettes, dans l’anonymat ce corps doit disparaître, ne pas déranger ceux qui sont sur le pas de la porte, il faut cacher l’échec, d’un coup de balai le faire disparaître pour faire croire à ceux qui luttent qu’ils seront les vainqueurs.

Quand elle vous a trouvé, la mort, elle ne vous lâche plus et vous suce jusqu’à la moelle.

La peur panique, le dégoût du sang sont pour celui qui observe la dégradation.

La sensation des os qui se brisent est pour celui qui attend cette mort pour mieux rentrer dans la caisse.

Pourtant sur la corde raide il s’est accroché et la vie s’est dérobée, pour mieux le faire tomber dans la boîte, et d’un coup de clac le faire passer de vie à trépas.

Je l’ai vue elle est si étroite qu’il faut bien qu’ils se brisent ces os pour se réduire dans cet habitacle.

A force de lutter on tombe d’épuisement mais la fin se fait attendre. Tu enfanteras dans la douleur, mais ce que l’on ne te dit pas c’est que le pire est pour la fin, elle se fait attendre, désirer, la mort, est-ce pour mieux apprécier le passage quand les os se brisent pour rentrer dans la boîte et surtout refermer le couvercle pour mieux oublier le passage d’une vie.

Tout ceci pour te dire qu’avant d’en parler de la mort, il faut que tu saches qu’elle n’est pas propre au fond de nos mouroirs.

Vis à fond la caisse dès maintenant de toute ta hauteur, car elle te rattrapera un jour, la mort, pour te briser les os pour mieux rentrer dans sa boîte.


Lutin 10/05/2005

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11 septembre 2005

Je compte les jours

Je compte les jours, peu de jours sont passés
Et déjà l’heure ne nous séparer je la sens
J’ai déjà vécu cette séparation j’en connais les prémices
Tout me parle, les yeux, les non dits, les odeurs, la sensation de l’absence
Tout me parle et me pousse à écrire, à ne pas me taire, exorciser les démons de mes nuits
Je compte les jours, et j’entends déjà tes pas dans la nuit éternelle
Je me sens faible, j’ai déjà vécu cette douleur j’en connais les prémices
Tu es au début d’un monde qui m’est inconnu, tu en comprends déjà les reliefs
Il me reste les nuits et mes éphémères écrits et notre terre à comprendre sans mes repères
Je regarde pour ne pas oublier le passage, l’apprivoiser
Je voudrais avoir la certitude qu’au début de ce monde qui m’est inconnu, l’autre attend
Je voudrais savoir si de tes pas en quittant notre terre les bras que tu attends sont bien là
Avoir la certitude qu’il existe pas loin la main tendue pour montrer le chemin, celle qui te manquait.
Je veux entendre tes pas dans la nuit éternelle, je veux en ressentir les échos, sentir les ombres.
Je me fais violence pour paraître sereine après mes nuits blanchies de souvenirs
J’ai la haine, et personne dans mes yeux ne peut comprendre la peur qui m’atteint
Je laisse mes mots courir en cachette sous mes doigts pour ne pas perdre la face
J’entrevois le fil du temps, de rage en silence je pleure, face au précipice je suis seule
J’ai peur ils ne sont plus là, il n’y a plus personne devant moi, et je sens mon tour venir
Mon ventre se déchire, ma poitrine est en feu, j’ai le vertige, est-ce les indices d’une fin prochaine ?
Je ne peux supporter d’être la première face à ce vide qui prochainement me happera
Je ressens déjà l’ombre qui m’enrobe, l’odeur de la mort, la présence de l'au-delà
Face au précipice, je ressens le poids du temps, et les pages éphémères de ma vie


En première ligne, je voudrais arrêter le temps


Lutin - 01/05/2005

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10 septembre 2005

Danger

tempete
Danger
Tu vogues
Dans un enfer d’acier
Souvent côtoyé

Paquebot à la dérive
Tous les feux  clignotent
Ne joue pas avec la mer
Un dieu veille les bateaux en perdition

Marin
Ecoute ta boussole
fuis la déraison
Tant qu’un brin de raison persiste

Violence
Les nœuds sont en toi
Coulissent
N'atteins pas le fond
Rejoins la terre

Epave
Dans un calvaire éprouvé
Chemin de croix
Méandres retrouvés
Affronte la terre

Navire ancré au port
Feux éteints
laisse toi bercer
Laisse couler les flots
Un dieu veille les marins perdus

Tempérament de feu
Marin écoute ta boussole
Tu dois fuir le chant des sirènes
Ne pas atteindre le fond
Seule la nuit t’attend

Marin
Ecoute le dieu de la mer
Un équipement de survie
A enfiler
Et renaître

Lutin – 04/07/2005
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Bulles

bulle
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Bulle dans son ventre
Tu m’as protégée
A l’heure de ma naissance

A la rencontre de l’aimé
Bulle d’amour
L’oiseau s’est envolé

Bulles de savon
Je me pare de mille beautés
L’effervescence des sens

Bulles de champagne
A la lumière des chandelles
Les yeux pétillent

Bulles d’air
Deux corps amoureux
Deux cœurs essoufflés

Au calme clair de lune
Explosion de bulles
Ma flamme s’anime

Au déchaînement de nos nuits
Corps en fusion
Enlacement de bulles

Contre l’oreille
Bulles de mots tendres
Crépitent en leur creux

Notes musicales
Bulles, do, mi, sol, la
Rythment notre passion

Au clair du matin
Bulles de savon
Effacent notre union

Et la continuité de la vie
Dans mon ventre
Une bulle

Collier de bulles
Ainsi va le monde
Une naît, l’autre meurt

Eclatement d’une bulle
Des ronds dans l’eau
La fin du voyage

Eclosion d’une bulle
Une vie prend son envol
Un rossignol clame sa naissance

foetus1

Lutin – 05/05/2005

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09 septembre 2005

Alliance

Alliance

Ta jeunesse fut miel
A la rencontre de ton bien aimé
Ta peau fut douce
Sous le joug du seul amour de ta vie
Ton corps s’est embrasé
A une époque où les gens bien nés n’avaient que mari

Ta vie fut sans surprise dans ses habitudes
Lassitude du temps
Ta peau fut soumise
Sous l’emprise du seul homme de ta vie
Ton corps fut docile
A une époque où les gens bien nés se pliaient

Ton déclin fut rancœur
Quand vos corps se sont échappés
Vos sentiments éteints
Un trop plein de monotonie
Une vie sans surprise
Rien que la grisaille d’un ciel sans étoile

Ton crépuscule fut larmes
Quand son corps s’est dérobé
Tourné vers d’autres cieux
Tes sentiments décuplèrent
Quand son corps s’est embrasé
A une époque où les gens bien nés pleurent à tout jamais

Ta nuit est souffrance
Maintenant que ton corps fuit
Accrochée à la vie tu résistes alors que tu voulais en finir
Depuis mon enfance je m’en souviens
La peur au ventre tu luttes
A une époque où les gens bien nés acceptent les flammes

Main tendue le cœur de sa jeunesse te montre le chemin
Sans crainte mêlez vos cendres
Comme vous avez su mêler vos corps
Embrasez-vous
Ne commettant pas les mêmes erreurs
A une époque où les gens bien nés ne brisent pas l’alliance

Lutin – 13/05/2005
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07 septembre 2005

Amour ou Possession

Amour ou possession

Cent ans déjà

Tant d’hommes

Tant de solitude

Jamais la paix du corps

Jamais une nuit sans regrets

J’ai cent ans mon amour

La peau tu la prends ailleurs

La bouche tu la mords ailleurs

Le fruit tu le manges ailleurs

Cent ans mon amour

Une peau délaissée

Une bouche desséchée

Des vérités entendues

Un fruit défendu

Attendre cent ans

Pour une main d’enfant sur ma peau

Entendre ta jalousie

Déversée une nuit durant

Et ta main dans le fruit ailleurs

La mort mon amour

Sous d’autres cieux partir

Fin de nos jalousies

De nos possessions

Pieds et poings déliés

Une mort sans toi mon amour

Une vie à toi

Une fleur à saisir ailleurs

Lutin 06/09/2005

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06 septembre 2005

Attente inhumaine

Attente inhumaine


Des pas montent l’escalier
Les voix continuent de monter
Cœur palpitant, les pas s’arrêtent sur le palier
Cœur à l’arrêt, les voix continuent leur chemin
Etre l’épuisement d’une attente inhumaine
Le regard tourné vers le ciel
Face à cette lune qui éclaire une chambre désertée
Les nerfs à fleur de peau
La tête entre les mains elle broie ses souvenirs
Laisse rouler ses larmes sur le plancher
Dépossédée d’elle-même
Derrière ses rideaux blancs qu’elle froisse
Dans l’espoir d’entrevoir l’ombre de ses pas
Elle est la douleur inhumaine
Elle compte les heures
Se raconte des chimères
Ne plus entendre les pas
Ne plus entendre les voix
A l’écoute du silence
Seule à genoux
Elle demande à dieu pardon
Une nuit trop longue l’écrase
Elle ne peut résister à l’au-delà
A l’aube aux premiers chants des oiseaux
Quand le soleil naît à l’horizon
Un corps épuisé gît sur le plancher
Les yeux clos vidés d’attente inhumaine

Lutin – 25/06/2005

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