19 décembre 2005

Angoisse

...

un amour qui s'endort dans l'éther

jeté au fond du bocal s'enterre

les pores anesthésiés rejettent les relents

qu'emporte l'ouragan

un lambeau humble mille feuilles dans l’air

laisse tomber ses peaux comme fleurs à terre

...

lutin - 19-12-2005

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14 décembre 2005

Oppression 2

caressereve

Un déplacement d’air dans le noir de la nuit
aveugle paupières ouvertes
un bras cintre ma taille une main
sur mes lèvres une odeur
mon bras tendu en fuite

Une fenêtre ouverte le tremblement de ma peau
un bras retient un cœur affolé
il fait froid le corps est chaud
un vêtement frotte mes reins une oppression
je dessine l’ombre de mon lit la présence impétueuse d’un courant d’air
glissé sous mes draps

Un rideau se soulève le tremblement d’une paupière
ombres chinoises de la chambre des livres
au sol
je tends le bras l’ombre de mon lit est froide
il fait si froid dehors
comme d’habitude j’enlace nos bras à attendre la moiteur de nos peaux

Un déplacement sous les draps un sexe chaud
guerrier de nos nuits à la conquête du bras tendu
paupières ouvertes dans le noir de la nuit
fenêtre close une enveloppe cerne le bord du lit
tes bras crispés sur mes bras tendus et les corps s’abandonnent
sans pardon

lutin - 13-12-2005

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13 décembre 2005

Oppression

fenetre

Une fenêtre fixe la lumière
celle qui éclaire ma propre fenêtre.
une ombre derrière la fenêtre surveille mes pas de la nuit
la fenêtre si proche est noire, mon appartement un écran de cinéma
chez moi un film à regarder.

Des yeux de chat transpercent la nuit, traversent la rue
d’un regard
une vue plongeante
mon corps mis à nu
mes pensées aussi

Une présence derrière la fenêtre
celle qui pénètre mon intimité
dans l’ombre
lumière éteinte je lève le rideau
le noir de la nuit
juste un réverbère
il dessine mon ombre
ombre chinoise

Des yeux captent mon oppression
Plus profonds je les vois s’approcher
Peur panique je ferme les volets

Fermer les yeux
délires de l’imagination
aveugle dans le noir de la nuit
un cœur affolé paupières closes entend les pas de la nuit

lutin - 12-12-2005

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10 décembre 2005

Boîte de Pandore

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J’ai ouvert ma boîte de Pandore
Un feu sous la peau
J’ai ouvert sur le monde
Mes états d’âme
Insufflé mes pensées
Des mots si faciles sur le papier
Si durs les yeux dans les yeux

Lâche j’ai confié au monde mon amour
Sans pudeur j’ai donné mon corps
Lâche mes écrits n’étaient pas vains
Une écoute
Celle du monde
Mais toi mon amour tu as lu
Tous les mots criés à la face du monde
Rien que pour toi
Je les ai déposés sur place publique
J’ai crié mon amour sur le parvis de Notre Dame

Deux chandelles près de l’âtre
Et nos yeux
Notre guerre à tous deux
N’ayant pas la force des mots
On s’abandonne

Lève les yeux
Au ciel comme laser
Mes mots brillent
Incrustent la voûte céleste

Je ferme ma boîte de Pandore
Un feu habite mon cœur
Je ferme sur ce monde
Mes états d’âmes
Insuffle au fond de moi la pudeur

Décision douloureuse
Mes yeux dans mes yeux
Courageuse je confie mes chaînes
A mon lit glacé
Mes écrits vains
Je confie mes peines
A Dieu


lutin - 09-12-2005
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07 décembre 2005

Ombre

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Un homme sur le périphérique court en  boucle, un  écureuil dans une cage, il pédale à toute vitesse de ses pattes folles, et sa vie est un sur place. Il court les phares en pleine face, se refusant toutes les portes de sortie, il court après son ombre. Il court en boucle pour la mille et unième fois, un enfer. A bout de souffle quelquefois il s’arrête, toujours au même endroit, la peur de l’inconnu. Son ombre est son ennemie. Comme un aimant elle guide ses pas vers le passé lui refusant un futur. Aura-t-il un jour le courage de se planquer, attendre cette ombre en silence, lui tordre le cou ? Aura-t-il le courage de l’empoigner, la regarder en face ? Aura-t-il le courage de l’agresser ? L’envie au fond de lui sortira-t-elle, lui faire avaler à reculons et à contre sens dans le flot des phares tous les kilomètres inutiles. Aura-t-il le courage de lui flanquer une bonne trempe ? Comment ne pas se rebeller contre une ombre qui guide ses pas.

Des draps de satin son ombre les lui offre mais avec si peu de largesse. Une boucle, toujours les mêmes draps, des roses, des verts, l’homme n’a pas le choix de la couleur, l’homme n’a pas le choix des bras, toujours les mêmes ceux du passé,  l’ombre lui refuse un futur. Un homme comme un écureuil en cage. Sa vie est un sur place. Son ombre est son ennemie. Aura-t-il le courage au fond de son lit, un drap arme au poing, un nœud coulissant, broyer son cou ? Aura-t-il le courage de la jeter aux chiens ou pire la jeter aux oiseaux ? Une ombre déchiquetée. L’ombre son maître, le geôlier des portes, le geôlier de son cœur, le dictateur.

Un homme court après son ombre, sans crier gare elle a pris une porte de sortie sur ce périphérique d’une vie, des voitures à folle allure, des phares en plein cœur l’homme se désintègre, son ombre sur le pont ricane. Et maintenant une ombre erre sur le périphérique à la recherche de sa propre ombre.

lutin - 05-12-2005

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04 décembre 2005

Pacte du sang

femme_sang1

Dessine-moi ton cœur 

Avec mon propre sang 

De l’index écrase sa couleur 

Au bord de tes lèvres 

A l’encre rouge 

Comme des enfants 

Signons le pacte du sang 

Siamois 

A la vie à la mort 

Peint mon corps 

Au fer rouge

...

Un cœur noir 

Bordé d’encre de chine 

Sang d’encre 

A trop couler 

Une enveloppe indélébile 

Imperméable 

Un cœur plein de détresse 

A ne pouvoir aimer

lutin - 04-12-2005

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01 décembre 2005

Sortir du cercueil

lamainsortdelatombe

Si longtemps dans ce carcan
Notre amour est corset
Lierre agrippé
Elans épiphytes
Racines oppressantes
Membres lianes

Notre amour est tombe
Tu meurs
Je meurs
Un amour sans air
Dans ce cercueil enlacés
Nos cœurs s'étiolent

Une bouffée d’air
Une main tendue
Qui la première
La tienne
La mienne
Pour un ailleurs

Vers le ciel
Une main
Au masculin
Au féminin
Sans alliance
Une ligne de la main
Avortée du bonheur

Ouvrons nos mains
Trop de pression
Trop d’oppression
Offrons-nous demain
Une ligne de cœur
L’espoir d’une tentation

A deux mains
Notre ligne de vie
Notre possession
Nos doigts
Nos lianes
Pour demain


Lutin – 01-12-2005

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La main du diable

la_main_du_diable

L’hystérie des cloches me laisse tremblante

les sons forcent mon thorax

une vibration intérieure

une pénétration de mon cortex.

...

Position du fœtus

dans l’ombre

baignée du liquide amniotique

je remonte le temps.

...

Lavée de mes démons

Salissures rongées du liquide ammoniacal

une circulation sous cutanée

renaître Ile de la cité sur le parvis.

...

lutin - 30-11-2005

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29 novembre 2005

Hommage

Même dans la vie, on se voit juste en transparence, un oubli d’identité quand dans le couple l’un prend le dessus.

Et un jour une descente dans une cave, une cachette précieuse, la mort pour la découvrir.
L’enfant devenu adulte met la main sur un trésor, la vie cachée de son grand amour, si doux, si…. Enfin tout ! L’ours mal léché, la force tranquille, sa façon à lui, cacher ses émotions, comme je te ressemble.

Tu me renverses, tu es beau, des photos en noir et blanc agrafées à des titres, elles sentent le moisi, ton odeur de maintenant, toi  brancardier, toi sauveteur spécialiste, toi secouriste, toi sauveteur spécialisé des accidentés et asphyxiés, super man de natation.

Je sais de qui je tiens, pourquoi tous ces secrets, toi mon père diplômé des compagnies républicaines, enfant je me serais tenue droite fière de toi. Ta médaille de Constantine que faisait-elle dans ce recoin, ces photos sous un verre à l’abri des regards, pourquoi ? Question à jamais sans réponse.
Je comprends maintenant tes heures dans cette cave, ta vie secrète.

Toi  ce grand sportif, ces certificats de natation, nous étions en compétition et tu ne m’as jamais rien dit ? Imagine les soirées dingues de deux sportifs amplifiant leurs exploits, un peu comme les pêcheurs et leurs poissons gros comme des baleines. Imagine les discussions, partager nos sensations comme deux complices avec le fils que tu n’as jamais eu.

Je me souviens un matin tu es rentré chancelant, et maintenant je retrouve l’enregistrement de tes blessures : Lésions avec hématome au niveau de la jambe droite et au cuir chevelu.

Une vie en sous-sol.

Au nom du Président de la République, que de découvertes, un père méconnu si et trop modeste.

Dans ton esprit pénètre l'esprit du corps disparu, tu as deux esprits en lutte, un domine l'autre, et le dominant c'est celui du mort. Quand on est mort tu ne sais pas à quel point l'esprit est fort. Homme vivant comme tu es faible face à la mort.

J’écris mes yeux plongés dans tes yeux bleus, l’impression d’un message, un sourire à peine dessiné, un regard profond, ton message, avance petite, avance tu es mon sang et je te veux forte, tu l’étais enfant, tu étais ma rebelle, j’étais si fier de toi, ne pleure pas, ne me déçois pas, fixe-moi encore sur cette photo je me concentre, rentre au fond de mes yeux prend ma force, fixe mon sourire encore sur cette photo je me concentre je t’envoie mon amour, je te donne ma force pour ta propre route. Prends soin de toi et de ma petite fille. Range ces photos je ne te veux pas de mal, mais garde les pour mes arrières petits enfants, ma façon à moi de veiller sur vous.

lutin - 28-11-2005

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26 novembre 2005

Une balle en plein coeur

rosemorte

J'ai écrit ce texte en colère quand des superficiels ne savent pas de quoi ils parlent

Dans mon vase une rose morte, une rose rouge recueillie délicatement sur un cercueil, je connais la mort, je ne l’invente pas, je la regarde chaque matin à mon réveil, chaque soir avant de me coucher, je n’invente pas la mort, elle me côtoie, me colle à la peau.
Moi vivante une balle en plein cœur, une morte vivante, l’esprit au-dessus de nos médiocres vies.
Je ne l’invente pas la mort je la vis.
Je meurs chaque matin à la sonnerie de mon réveil, un pas devant l’autre, un pas vers la mort, puisque chaque matin j’ai pris un jour.

Une rose se reflète dans un miroir, chaque jour sa couleur s’assombrit, sa robe rouge devenue noire, ses pétales souples devenues si dures comme la mort me confirme que nos morts ont pris la même teinte, le noir de la peau, le noir des os devenus cendres, une poudre à prendre dans les mains à jeter en mer.

Une rose morte chaque matin me salue quand je me traîne vers la cuisine, une rose morte, son clin d’œil, je suis une morte vivante.

Assise sur un banc recroquevillée je meurs de tout, d’un trop plein sur mes épaules, d'un trop vu, des corps défaits, l'écho des cris de la douleur, le sol se dérobe, mes pieds glissent.
Une fleur desséchée dans mes mains celle du vase qui me suit là où mes pas me guident pour me rappeler qu’elle est morte en même temps qu’eux, et qu’elle est ma destinée, celle qui sera présente un jour. Nous avons un jour tous un jour de trop.

La porte de la souffrance c’est celle que l’on entre-baille quand la maladie arrive, quand le corps se délabre, alors qu’une balle en plein cœur laisse le souvenir de la beauté, c’est celle qui reste grande ouverte quand il est trop tard, celle qui ne se referme jamais quand sa propre mort fait un signe comme un aimant, un éclair qui t’électrocute te laisse à terre.
Une chair dans la douleur se fripe à vue d’œil à prendre cent ans en une seconde, la mort c’est cela, tu n’as pas le temps de décider, le temps de prendre la pose.

Des mots impossibles à lire sur une plaque dans ce cimetière :
un nom, une date
vous hier si vivants
je suis en train de mourir
je vous regarde
je regarde la vérité celle que l’on invente pas
une rose rouge à la main
la vôtre
la mienne pour bientôt
un clin d’œil qui ne trompe pas

Suis-je vivante ?
Je n’ai pas la réponse
Si je suis vivante, une balle en plein coeur, s'il vous plait, je ne joue pas, je n'invente rien, je le veux.

lutin - 25-11-2005

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