21 septembre 2005

Vie intérieure

Retourner en soi, combien de fois, trop souvent, vous êtes là, tant de choses à vous dire, tous mes secrets, mon moi intérieur, gommer nos mots superficiels, tant de choses en moi gardées, ne pas heurter une éducation bien ordonnée, tant à combler, une vie durant sur le trottoir d’à côté. L’envie de traverser, une main tendue, le néant en face, rien pour me rattraper, un trou béant, une envie d’un instant, me laisser happer, un vertige et vos mains à toucher, le manque. Un oiseau sans ailes sous un bosquet attend, un mot si beau pour la mort, le columbarium.

On sort de soi, combien de fois, si peu de fois, quand la douleur trop présente ôte le masque, gommer son apparence, sortir sa vérité, son moi intérieur, bousculer une éducation trop ordonnée, tant à rattraper, ne plus taire ses silences. Une vie enfin sur le trottoir d’à côté, l’envie de traverser, une main tendue, l’amour en face, la vie, un vertige et vos mains à toucher, le manque mon amour, le manque de vous. Un oiseau fragile sous un bosquet vous attend, un mot si beau lorsque l’on parle d’une colombe.

Retourner vers nous, encore une fois, tant de choses à nous dire, tous nos regrets, nos égarements. Oser les mots de la jalousie, tant cachés, les cracher, se reconnaître si possessifs, oser enfin ! Enfin sur le trottoir d’en face personne, nos mains unies du même côté. Dis-moi, tu baises mes cheveux noirs, reconnais-tu la femme, celle perdue avec ses cheveux rouges, l’oiseau sous le bosquet attendant la mort pour double raison. Rappelle-toi un bagage à la main. Rappelle-toi un oiseau a perdu son espace.

Rentrer dans nous, encore et encore, nous retrouver, quand le plaisir crie sa victoire, graver sous nos peaux notre appartenance, tremper nos draps, détruire le passé, devenir puceaux, renaître, juste nous quand on s’envahit par tous les pores de la peau. Dormir l’un dans l’autre emboîtés comme un pied dans sa chaussure. Sur le trottoir d’à côté laisser la mort.

Rentrer dans nous, encore et encore, s’aimer ensemble, nous y arrivons si bien, me faire oublier le columbarium, tu y arrives si bien, me faire déployer mes ailes comme colombe tu y arrives si bien.

Ecoute, on s’entend s’aimer.

Lutin - 19-09-2005

.

.

.

Posté par lutinB à 21:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]


19 septembre 2005

Un oiseau a perdu son espace

oiseauodelein

Un oiseau a perdu son espace

Casser le rituel, sortir de l’ornière, récupérer ce cerveau qui n’obéit plus, cet organe qui ne fait plus partie du corps, un oiseau a perdu son espace, un aimant l’attirant inexorablement au même lieu à la même heure, là où il ne veut pas aller, là où il ne doit pas aller, pourtant un semblant de raison, les feux rouges, les alarmes s’emballent à réveiller les morts, et la croix dans toute sa puissance fière de sa force rigole de la soumission de l’humain. Un chien a mangé un oiseau, une image d’aujourd’hui, les ailes se sont immobilisées.

Fuir la mort trop présente, un au revoir trop pressé, ne pas laisser transparaître le poids de la douleur, vous dont l’absence se renforce, des fleurs rapidement arrosées, des larmes effacées, quelques mots noués murmurés en ce lieu de repos, confidences à la mort, un appel au secours la croix à la main, et un déchirement, l’autre, ma déraison, peut-on obliger à aimer, rapidement un mouvement de la main, les yeux ailleurs, ravaler sa propre honte, des ailes coupées, un oiseau à terre. Adieux bâclés, se cacher et laisser couler, couler les bras en croix, attendre la raison s’infiltrer dans une tête vide. Tout va tellement mieux quand on se fout de tout. Refuser le moindre frémissement s’enfermer dans une carapace celle de la solitude, devenir un chien sans collier, sans caresse, surtout sans caresse, ne pas perpétuer un chemin de croix, il n’y a pas d’issue, aucune échappatoire.

Une valise à faire, une valise en partance, casser le rituel, une valise en détresse poursuit sa course sur un tapis roulant, personne n’en veut, elle put la misère, à qui appartient ce bagage, tout bagage non accompagné sera détruit immédiatement, l’on fuit la pauvre valise abandonnée, et reste un oiseau en perdition dans l’attente de la dernière seconde. Une main sur l’épaule, ce bagage est-il à vous ? La détresse de cette valise vous appartient, elle vous ressemble. Est-ce la main du diable qui tend le poids des douleurs, états d’âmes, échecs incrustés au fond de ce bagage tellement lourd qu’il est prêt à accompagner le cœur blessé, et la croix dans toute sa puissance fière de sa force rigole.

Casser le rituel, sortir de l’ornière, réapprendre à voler, à écouter cette vague sans écho, juste une mousse blanche, les relents échoués d’un trop plein, protéger les yeux, de quoi d’ailleurs, de l’éblouissement, chimère, ils ne voient plus en trois dimensions, ont perdu le relief de la vie, une vie à plat, un oiseau sans ciel. Des mots entendus et maintenant compris, au fond d’un trou il n’y a rien à voir. Mettre les lunettes de soleil dans sa poche, avancer droit devant, les yeux baissés. Circulez il n’y a rien à voir, un oiseau gît sur la plage, un chien joueur  lui a coupé les ailes, ce n’est pas  sa faute, l’oiseau à trop jouer s’est brûlé tout seul.

Lutin – 02/09/2005

Posté par lutinB à 11:10 - Commentaires [5] - Permalien [#]

18 septembre 2005

Chat de gouttière

cercle

Il a suffi d’un regard
Deux éclairs dans ses yeux d’eau
Pour m’abandonner à un rêve lointain

Je suis un chat de gouttière
A la recherche de chimères
Je fuis toute attache

Les toits sont ma liberté
Quand je suis lasse de bondir
Aux aguets j’attends mon heure

Je guette son regard
Je reviens quand j’ai faim

Repue je surveille la fenêtre
Lorsqu’elle est entrouverte
Je m’enfuis à nouveau

Toujours mes chimères
Toujours cette fausse liberté

Je suis un chat de gouttière
A la recherche de moi-même

Trop griffée par un mâle affamé
J’ai perdu confiance

Ce soir je suis sur le bord de la fenêtre
J’ai trop faim

Aux aguets j'attends mon heure
Mon éternel recommencement

.

Posté par lutinB à 22:25 - Commentaires [6] - Permalien [#]

17 septembre 2005

Prisonnière des sens

Amour
En toi je ne vois qu’un tout

De tes charmes je ploie comme liane

Yeux
Je les vois, ils pétillent, je m’y noie

Corps
Je le sens, l’ombre occupe mon lit

Peau
Je lui manque, ma sueur en est la preuve

Lèvres
Je ferme les yeux et cette humidité je la bois

Mots
Je décode leur pudeur

Débat des pensées
Si souvent enchaînées
Au réveil du printemps
Vous pensiez renaître

Prisonnière des sens
Sous le soleil la lutte est mon quotidien
Sa caresse rappelle ta main de velours
Me met sans dessus dessous

Réveil des sens
La sève du printemps
Monte en moi le désir

Tes yeux
Ton corps
Ta peau
Tes lèvres
Tes mots
N’ont plus d’éclat
Me font fuir mon lit

Tu es mort

Lutin 02/04/2005
.

Posté par lutinB à 20:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 septembre 2005

Amour ou Possession

Amour ou possession

Cent ans déjà

Tant d’hommes

Tant de solitude

Jamais la paix du corps

Jamais une nuit sans regrets

J’ai cent ans mon amour

La peau tu la prends ailleurs

La bouche tu la mords ailleurs

Le fruit tu le manges ailleurs

Cent ans mon amour

Une peau délaissée

Une bouche desséchée

Des vérités entendues

Un fruit défendu

Attendre cent ans

Pour une main d’enfant sur ma peau

Entendre ta jalousie

Déversée une nuit durant

Et ta main dans le fruit ailleurs

La mort mon amour

Sous d’autres cieux partir

Fin de nos jalousies

De nos possessions

Pieds et poings déliés

Une mort sans toi mon amour

Une vie à toi

Une fleur à saisir ailleurs

Lutin 06/09/2005

.

Posté par lutinB à 07:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]


15 septembre 2005

Après

Après


Magie passée
Etouffe mes chimères
De mes mains je dépouille notre amour
Je t’aime un peu…beaucoup… à la folie..

Restent les mots mon exutoire
Lavent mes tourments
Mots libérateurs le temps d'un poème
Effacent notre empreinte digitale
Le temps du deuil

Restent les draps à déchirer
Les oreillers tandem à jeter
Trempés de nos sanglots
Sceau de notre liaison

Parlent les souvenirs trop vifs
Rimes le temps d’un poème
Effets salvateurs du temps
Les sanglots deviennent murmures
Effacent notre empreinte digitale

Et un jour une clé libératrice
Les yeux grand ouverts
En apesanteur
Le temps d'un nouvel amour

Commencement de l’ombre
Au fond de ma mémoire
De mes écrits
Mes secrets
Dédiés
Aux cœurs sensibles
Le temps d’un poème
A effeuiller


Lutin 15/04/2005
.
.

Posté par lutinB à 07:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 septembre 2005

Chemin de croix

chapelet1

Chemin de croix


Ma première vie était une croix
Celle que l’on donne à l’enfant
Le missel à la main
Suivre le droit chemin
Le sillon tout tracé de la soumission
Education bien ordonnée.

Ma seconde vie était une croix
Celle que l’on donne à un adolescent
Ne pas se perdre en chemin
Les tentations de la chair
D’un signe de la main la caresser
Se rappeler que la faiblesse est un vilain défaut.

Ma troisième vie sur la croix écartelée
Un enfant cria à ce monde la faiblesse du corps
C’était hier.

Dévider le chapelet
Chaque grain un à un entre mes doigts
Remonter le temps
Jusqu’à l’annulation de toutes mes vies.

Aujourd’hui je cours autour d’une croix
Une liberté recherchée
Comme un aimant elle m’attire
Un boulet au pied

Je n’ai plus envie
Envie de rien
M’arracher la langue
Ne plus rien dire
Ecrire c’est entretenir
Entrave à l’oubli

Fil conducteur à rompre
Un cœur électrocuté
Brûlé à trop d’effusions
Un cœur sans corps
Un corps sans cœur

Un chemin de croix

Lutin - 27/08/2005

.

Posté par lutinB à 00:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 septembre 2005

Ma peau

Ma peau
J’ai peur, elle tremble
Remplie de craintes se replie

J’ai froid, elle frissonne
Grelotte lorsque je suis mal

J’ai chaud, elle sue
Transpire lorsque je suis fiévreuse

A la sortie du bain, elle ruisselle
Sèche à la chaleur de nos corps

Tu es là
Elle tremble, frissonne, sue, ruisselle
Vibre à la chaleur de ta main
Grelotte, transpire
Et perd pied

Ma peau est mon image
Ne cache pas ses envies
Et rougit au cœur de notre désir

Ma peau est notre reflet
Elle est l’empreinte de notre union
Je suis le recto
Tu es le verso
Page indissociable

Ma peau est un livre ouvert
Ne cache pas ses souffrances
Et pâlit à l’abandon de nos nuits

Je suis le recto
Qui a perdu son verso
Page déchirée
L’instant de mots trop fiévreux
Cœur arraché

Tu reviens
Tu trembles, frissonnes, sues, ruisselles
Vibres au balancement de mes hanches
De nos mains nous tournons la page
Nous commençons une autre histoire

Tu lis le recto
Je lis le verso


Lutin – 22/04/2005
.
.

Posté par lutinB à 05:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 septembre 2005

La mort

J’ai vu la mort en face, aujourd’hui, un corps dans une caisse, une toile cirée le recouvrant, via la chambre froide, portes fermées pour les autres, et moi j’étais là au cœur de ce mouroir.

En douce, comme honte on le transportait ce corps dans sa caisse à roulettes, dans l’anonymat ce corps doit disparaître, ne pas déranger ceux qui sont sur le pas de la porte, il faut cacher l’échec, d’un coup de balai le faire disparaître pour faire croire à ceux qui luttent qu’ils seront les vainqueurs.

Quand elle vous a trouvé, la mort, elle ne vous lâche plus et vous suce jusqu’à la moelle.

La peur panique, le dégoût du sang sont pour celui qui observe la dégradation.

La sensation des os qui se brisent est pour celui qui attend cette mort pour mieux rentrer dans la caisse.

Pourtant sur la corde raide il s’est accroché et la vie s’est dérobée, pour mieux le faire tomber dans la boîte, et d’un coup de clac le faire passer de vie à trépas.

Je l’ai vue elle est si étroite qu’il faut bien qu’ils se brisent ces os pour se réduire dans cet habitacle.

A force de lutter on tombe d’épuisement mais la fin se fait attendre. Tu enfanteras dans la douleur, mais ce que l’on ne te dit pas c’est que le pire est pour la fin, elle se fait attendre, désirer, la mort, est-ce pour mieux apprécier le passage quand les os se brisent pour rentrer dans la boîte et surtout refermer le couvercle pour mieux oublier le passage d’une vie.

Tout ceci pour te dire qu’avant d’en parler de la mort, il faut que tu saches qu’elle n’est pas propre au fond de nos mouroirs.

Vis à fond la caisse dès maintenant de toute ta hauteur, car elle te rattrapera un jour, la mort, pour te briser les os pour mieux rentrer dans sa boîte.


Lutin 10/05/2005

.

Posté par lutinB à 00:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 septembre 2005

Je compte les jours

Je compte les jours, peu de jours sont passés
Et déjà l’heure ne nous séparer je la sens
J’ai déjà vécu cette séparation j’en connais les prémices
Tout me parle, les yeux, les non dits, les odeurs, la sensation de l’absence
Tout me parle et me pousse à écrire, à ne pas me taire, exorciser les démons de mes nuits
Je compte les jours, et j’entends déjà tes pas dans la nuit éternelle
Je me sens faible, j’ai déjà vécu cette douleur j’en connais les prémices
Tu es au début d’un monde qui m’est inconnu, tu en comprends déjà les reliefs
Il me reste les nuits et mes éphémères écrits et notre terre à comprendre sans mes repères
Je regarde pour ne pas oublier le passage, l’apprivoiser
Je voudrais avoir la certitude qu’au début de ce monde qui m’est inconnu, l’autre attend
Je voudrais savoir si de tes pas en quittant notre terre les bras que tu attends sont bien là
Avoir la certitude qu’il existe pas loin la main tendue pour montrer le chemin, celle qui te manquait.
Je veux entendre tes pas dans la nuit éternelle, je veux en ressentir les échos, sentir les ombres.
Je me fais violence pour paraître sereine après mes nuits blanchies de souvenirs
J’ai la haine, et personne dans mes yeux ne peut comprendre la peur qui m’atteint
Je laisse mes mots courir en cachette sous mes doigts pour ne pas perdre la face
J’entrevois le fil du temps, de rage en silence je pleure, face au précipice je suis seule
J’ai peur ils ne sont plus là, il n’y a plus personne devant moi, et je sens mon tour venir
Mon ventre se déchire, ma poitrine est en feu, j’ai le vertige, est-ce les indices d’une fin prochaine ?
Je ne peux supporter d’être la première face à ce vide qui prochainement me happera
Je ressens déjà l’ombre qui m’enrobe, l’odeur de la mort, la présence de l'au-delà
Face au précipice, je ressens le poids du temps, et les pages éphémères de ma vie


En première ligne, je voudrais arrêter le temps


Lutin - 01/05/2005

.

Posté par lutinB à 00:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]