14 novembre 2005

Cauchemar (2)

spectre

La pression monte, la peur de l’explosion des mots, de la porte qui claque. Fuir dans le sommeil la séparation des corps, un vieux couple vivant leur dernière heure. La nuit n’est pas de tout repos, remonte un brassage de tous les silences, les absents frappent ma tête avant d’entrer et prennent possession de quelques cellules de mon cerveau alors que d’autres sont envahies de nos discours sans fin, sans amour, elles en font un film d’épouvante, un fou séquestre une folle dans son appartement, une nuit durant une torture morale, deux êtres hagards rampant laissent couler sur le carrelage un vomissement de mots, et ces fous les ravalent pour mieux se les resservir. Une camisole, calmer la peur. Mal de tête, palpitations du sang, sortir de l’enfer, ouvrir les yeux. Il fait nuit, deux corps séparés chacun dans sa cellule, dans sa propre chair. Je le sens, je l’entends enfoncer les touches du clavier, la musique dans ses oreilles grésille, mes sens en éveil je pourrais presque lire les mots qu’il couche sur l’écran, une vie ratée, l’avenir seul, la séparation, nous n’aurons pas d’enfant, un ton sarcastique.

Lutin - 14-11-2005

.

.

.

Posté par lutinB à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 novembre 2005

Cauchemar (1)

cauchemar1

Le silence, le poids des ans ancré tout au fond comme un bateau naufragé rouillé de plus en plus pesant, le silence appelle le silence, un mutisme contagieux. Une perte de parole, l’oubli des mots, une désincarnation sournoise de sa personnalité. S’effacer face au désabusement, puis la douleur au fond, j’y suis. La peur du mot, de son sens, de son interprétation, la lutte de deux êtres décortiquant chaque syllabe à en perdre le fil. Les heures s’égrainent dans la confrontation, dans la masturbation intellectuelle. Rendre les armes celles qui lient le cerveau à trop torturer les mots, les phrases, décortiquer l’âme jusqu’au vertige, l’épuisement, et le sommeil qui happe refoulant l’orgasme, un corps à bout ne pouvant plus répondre, ne pouvant plus jouir, rentrer dans la nuit le froid au sexe. Rentrer dans le sommeil, laisser les heures faire leur œuvre et se réveiller le cœur vide le sexe asséché. Une envie prendre chaque touche du clavier les jeter en l’air, les laisser retomber au sol dans un ordre bien précis, au secours !

Lutin - 13-11-2005

.

.

.


Posté par lutinB à 10:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 novembre 2005

La flamme

implorante1
Une flamme jaillit
Une vie
Notre harmonie
Une étincelle
La communion de l’enfant
Son sourire
Notre partage

Une flamme vacille
Ma peine grandit
Mon cœur étouffe
Vous dire sa réussite
Sous d'autres cieux
Je ne le peux
Et mes yeux pleurent

La flamme de la colère s’est éteinte
Solitude du sang je te côtoie
Un cerveau anesthésié absorbe le superficiel
Le plus grave il ne l'intègre pas
Une vie dans l’ombre
Nos absents sont si présents
Et mes yeux pleurent.

La rébellion m’a quittée
La cire se consume
La mèche qui me tient à la vie s’amenuise
Des heures comptées
Je passe mon chemin le long du temps
Mon sang s’enflamme d’amour
Fuit les querelles

Des fleurs colorent vos tombes
Mes mots racontent le monde des vivants
Nous partageons sa réussite
En secret nous communions
Un éblouissement
Et mes yeux pleurent.


Lutin - 07-10-2005
.
.
.

Posté par lutinB à 07:43 - Commentaires [2] - Permalien [#]

03 novembre 2005

Oxygène

ombre_1_

.

.

.

Me voilà
Devant mon miroir
Ses yeux en transparence
J’écoute ce qu’il m’a dit
D’une oreille distraite
En apparence
D’une mémoire infaillible
Marquée au fer rouge
Un tête-à-tête
Avec moi-même

Me voilà
Face à moi
Mes yeux en effervescence
Sans complaisance
Etre celle qu’il attend
Je ne veux pas me perdre
Lui plaire
Sans m’oublier
Un compromis
Rester vivante


lutin - 02-11-2005

Posté par lutinB à 07:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 octobre 2005

Pas sur la bouche

bouche_1_

Pas sur la bouche je l’ai dit souvent quand je n’aimais pas, je l’ai répété quand j’ai su que les putains refusaient leurs lèvres, les gardaient pour leur homme, la seule parcelle de leur corps à protéger, sinon que reste-il à l’homme aimé, même pas les miettes, rien, moins que rien, si l’esprit mais rien de palpable. Pas sur la bouche, mélanger sa salive à l’inconnu sorti du bar empestant l’alcool et le tabac, plutôt vomir, elle mérite mieux, le goût de la chlorophylle, la salive enrobée de sensualité quand les mains ourlent le bord des lèvres.

Embrasse-moi sur la bouche toi que j’aime, pénètre ma béance libre pour toi, je te l'offre, comme je t'offre tout le reste, fais en le tour au plus profond, dépose ton sel, signe de notre appartenance, laisse couler au fond de ma gorge tes mots d’amour liquéfiés, que mon corps s’en imprègne et réveille mes sens plus bas. Suis ce schéma qui me convient si bien, ma bouche, mes seins, mon ventre, mon sexe. De haut en bas mouille moi de ta salive, une chair imbibée pour mieux recevoir. Mon corps se prépare chaque soir à te recevoir, le bain parfumé, le lait sur ma peau, des dessous de dentelle et j’imagine ta main glisser à la recherche des recoins les plus cachés, tes papilles en alerte.

Une bouche en manque quelquefois quand tu refuses mon intrusion, une bouche mentholée interrogative et connaisseuse, pas sur la bouche quand l’osmose n’est pas, le vécu remonte au bord de mes lèvres, n’avais-je pas dit il y a longtemps, pas sur la bouche.

.

.

.

Posté par lutinB à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]


20 octobre 2005

Sens

goutte4_1_1

Ecoute, écoute
La musique
Ferme les yeux
Ecoute, écoute
Les notes pénètrent ma peau

Embrasse-moi
Tes lèvres
Ferme les yeux
Je sens, pressens
Les notes de tes doigts sur ma peau

Entends, entends
Mes mots d’amour
Ferme les yeux
Vibrent, frémissent
Les sons glissent à fleur de peau

Ferme les yeux
Un instant de détente
A l’abandon
Laisse parler ta peau
Mes mains à l’écoute de tes sens

Entends, entends
L’harmonie de nos peaux
Ecoute, écoute
Des gouttes d’eau
Perlent aux creux de mes seins

Vois, vois
Des yeux dans l’ombre
Entendent les mots de l’amour
Eteins la lumière
Laisse parler nos sens

Lutin – 19-10-2005

.

.

.

Posté par lutinB à 07:55 - Commentaires [2] - Permalien [#]

18 octobre 2005

Lutte épuisante

miroir0_1_

Quand tes yeux se posent sur moi en plein effort à la recherche des traces nouvelles
mon regard inquisiteur cherche à pénétrer ton cerveau.
Quelle est l’image que je reflète, un visage plein d’eau
des traits meurtris par la rigueur de la force déployée.
Suis-je femme quand on se perd en chemin par tous les temps
le vent refoulant les efforts de notre périmètre
la pluie absorbant la sueur de nos violences
Il y a des traces nouvelles sur mes traits, celles de la souffrance
une peau meurtrie quand une vie défaille.
Il y a des creux au fond de mes yeux qui accusent le manque
qui n’acceptent pas les nuits peuplées de rêves insensés
Il y a des traces d’ombre, elles cerclent mes jours quand une vie envahit mes nuits.
Mes rêves toujours les mêmes, une image trop présente celle aux cheveux noirs, aux yeux si grands
tant moi devant mon miroir
Je lui ressemble tant, je ne me vois plus, un regard et mes jours deviennent nuit
le peigne dans mes cheveux noirs, les siens, je suis morte elle vit dans mon reflet.
Quand tes yeux se posent sur moi, je lutte, des traces à gommer, celles du temps.
Mon regard inquisiteur cherche à pénétrer ton cerveau de nouveaux traits que j’affirme à la pénombre de la lumière
celle qui fait pétiller le vert de mes yeux, un reflet doux.
Gommer les cernes de mes nuits encombrées de l’absence
Une lutte épuisante
Quand mes yeux se posent sur toi en plein effort, tes pas à la recherche de la veille, des années passées
ta marque indélébile à chaque virage
mon regard appuyé sur le profil de tes jambes, de ton dos si droit dans l’effort
tu cherches à pénétrer mon cerveau.
Quelle est l’image que tu reflètes, la vie, celle qui manque
quand le conscient rejoint l’inconscient de mes nuits
la vie celle que tu ressuscites quand nos corps se côtoient en toute lucidité
des peaux qui se reconnaissent.
Emmène-moi à la mer, un besoin de me laver du passé.
Dans la nudité de nos peaux tout au fond laisser nos douleurs, les ombres de nos nuits.
Emmène-moi à la mer, une envolée d’oiseaux.

Lutin – 17-10-2005

.

.

Posté par lutinB à 12:20 - Commentaires [1] - Permalien [#]

17 octobre 2005

Nature

parcenneig_

Nature


Mon parc de ta robe de mariée tu- t’es vêtu
Effarouché tu n’es plus que silence
De pas feutrés, de mots feutrés
Tu t’entoures.

Mon lac d’un parquet trop brillant tu- t’es vêtu
Figé tu n’es plus que miroir
A pas feutrés, à mots feutrés
Les époux y valseront.

Demain de ta nuit consommée
Tu quitteras tes habits de fête
Le roi Soleil de ses rayons
Effacera les traces de votre union
De sa chaleur naîtra le printemps

Mon parc épanoui tu seras explosion de couleurs
A pas feutrés à mots feutrés
Nous parlerons d’amour
Dans tes longues allées

Mon lac tu seras le berceau de nos confidences
A pas feutrés à mots feutrés
Nous parlerons d’avenir
Et de naissance

Lutin - 4 Mars 2005

.

.

.

Posté par lutinB à 20:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 octobre 2005

Une cicatrice en moi

Au coucher du soleil, j'ai souvent fait le chemin vers cette boule de feu à fleur d'eau, espérant la toucher avant qu'elle ne plonge dans l'eau. J'en suis toujours revenue bredouille, en me disant je recommencerai demain. Une envie de conjurer le sort me brûler les mains, perdre mon identité, mon empreinte digitale pour devenir quelqu’un d’autre. Une ligne d’horizon intouchable qui s’éloigne quand on croit l’atteindre.

Au lever du soleil, j’ai souvent tendu les mains dans l’attente de l’autre, celui qui obscurcit mes nuits. Attente vaine, les mains dans les poches je m’en suis allée, des larmes au bout des doigts en me disant je recommencerai demain. Une envie de renaissance, couper les fils, quitter le sillon tracé de la marionnette, fuir l’ensorceleur aux doigts crochus, un ciel électrisé gronde sa colère, de l’index conjurer le sort, l’envoyer en enfer.

Au cœur de ma nuit, j’ai souvent gardé les yeux grand ouverts à compter les jours inutiles, à poser ma main sur ma peau, l’endroit endormi par trop d’attente à vouloir réveiller pour demain, le mot odieux à ne plus entendre.

Aujourd’hui la vague m’emporte, fait le vide du passé et du futur, reste le temps présent. Au cœur de nos nuits je suis une boule de feu, tu en fais le tour, me plonges dans un état second. Au lever du soleil, tu caresses la rosée au coin de mes yeux, tes lèvres pleines de promesses me disent à demain, n’aie plus peur de demain.

Demain, j’ai peur, une cicatrice en moi.

Lutin - 12-10-2005

.

.

.

Posté par lutinB à 22:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 octobre 2005

Le temps qui passe

coucherde_soleil

Au coucher du soleil, j'ai souvent fait le chemin vers cette boule de feu à fleur d'eau, espérant la toucher avant qu'elle ne plonge dans l'eau. J'en suis toujours revenue bredouille, en me disant je recommencerai demain...

Au lever du soleil, j’ai souvent tendu les mains dans l’attente de l’autre, celui qui obscurcit mes nuits. Attente vaine, les mains dans les poches je m’en suis allée, des larmes au bout des doigts en me disant je recommencerai demain…

Au cœur de ma nuit, j’ai souvent gardé les yeux grand ouverts à compter les jours inutiles, à poser ma main sur ma peau, l’endroit endormi par trop d’attente à vouloir réveiller pour demain….

Demain le jour odieux à ne plus attendre. Aujourd’hui la vague m’emporte, fait le vide du passé et du futur, reste le temps présent. Au coucher du soleil, je suis une boule de feu, tu en fais le tour, me plonge dans un état second. Au lever du soleil, tu caresses la rosée au coin de mes yeux, tes lèvres pleines de promesses me disent à demain, n’aie plus peur de demain….


Lutin - 10-10-2005

.

.

.

Posté par lutinB à 22:58 - Commentaires [6] - Permalien [#]