13 septembre 2013

Le fil de l'oubli

 

A ma tante, la seule qui peut me dire encore,

  

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 B - acrylique sur toile 60 x 60

  

Je ne veux pas être ciel
lumière dans l'écorce de l'arbre
au fond du jardin
bougie éteinte dans la vigne
avant de connaître les miens

Je cherche le bleuet désespéré
visage d'oiseau que l'on transporte
vif et gris jusqu'à l'arrêt
l'œil infuse et boit le thé du souvenir

Mon cœur est nuage
navigue et dérive
tout du long l'enfance
où j'ai gravé peu de pierres blanches
au bout je baise la nuit

L'on parle d'amnésie
la vie se tait dessus la rivière
ferme mon corps à l'intrus
je ne voudrais pas partir sans mémoire
avant d'enfouir ma dépouille

Raconte ! les lieux et les tombeaux
le long fil de l'oubli
le blanc qu'elle a peint

Lentement c'est la trêve
ce qui pèse à mes cuisses
à mes lèvres closes
le cœur est chaud prés de mon père
alors qu'une femme enivre mes pensées

 

lutine

  

 

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06 septembre 2013

Coquelicot d'été

couple---la-Picasso

 

 

Dès qu'il eut posé sa main
chemin mesurable sur l'aire de la table

elle s'empara des couleurs qu'elle aimait
des habits enfilés à la hâte
la peau soignée jusqu'au creux de l'aisselle
sous la nappe blanche il signait son combat
les semelles de l'homme confortable

l'envol au bout d'une journée de désordres
sur les graviers les pas s'estompent
comme feuilles jaunies amorcent septembre


Un aimant fiché dans
l'œil

le buste en avant effaçant l'obstacle
à la bouche natale

raisins et figues
tarte meringuée et coulis de framboise
de jour en jour il ne s'agit plus de manger
jusqu'à la nudité de l'assiette

mais de rejoindre la nuit
toujours plus proches


Cette chambre où ils se serrent
d'une nouvelle vie

 

 

 

lutine - 06-09-2013


 

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13 août 2013

l'étreindre encore

 

 

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Oeuvre de Isabelle Zimmermann

 

Les jours entre tes deux mains
tourne le monde
ainsi qu'une voix claire
sans personne autour

je continue à vieillir, peu m'importent
les plantes qui grimpent le long du toit
dans la blancheur qui m'enveloppe

la mer efface où se crée l'espérance
douce bouche avec ses cris

j'y enfouis nos visages dans notre cou
nos cheveux fauves

et nos sexes inondés de lumière


S
imples désirs et le vent tournoie

sois tranquille, tu brûles
au bout de chaque nuit
nos lèvres sont des pylônes
la fusion était là
silencieuse et profonde
puis la mer à nouveau calme
l'oeil habité qu'elle replie

regarde l'eau comme elle file !
tout est là pareil à l'éphémère
tandis que draine ton parfum
l'étreindre encore

 

lutine - 13-08-2013



 

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19 juillet 2013

Passe l'air entre les lèvres

 

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En ce jardin la voix ne tarit pas
j'ai vu le granit épouser le ciel

la pierre cette table de fortune
vivre dans tes yeux

les sièges recouverts de mousse d'une autre saison
embrasser la terre et mes genoux plier


Je n'ai rien inventé de l'étincelle
tout le long de la colonne vertébrale
que l'amour emprisonne
fenêtres brûlantes aux volets ouverts
au fond du jardin tintements d'heures
ce n'est pas un sanctuaire cette maison
sous l'ardoise du toit il serre le nœud
de nos quatre mains à peine visibles
celles que les jours désespèrent
sans révolte et s'évaporent


Tous ces petits personnages s'emballent dans la tête
tel un bulldozer traverse le fil rouge
oubliant la peur

en même temps les bras mesurent la hauteur des murs
la distance parcourue au silence discret
on veut grandir les lieux
passe l'air entre les lèvres
puis une langue fluide si douce et si réelle
porte l'avenir
 

 

 

  

lutine - 19-07-2013

 

 

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15 juillet 2013

Jusqu'en septembre

 

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"Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge."

 

Christian Bobin

 

  

 

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22 juin 2013

Il bat, mon cœur

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Lorsque tu t’absentes
cette envie de boire à la fontaine
nos trois roses fraîchement nées

un mot, deux mots, dont l'envie
battions-nous déjà la vie ?

aux jupes de marbre

 

l'eau des rivières
je parle de la clef charriée
retirée du collet

or mobile qui palpite
j'aimerais l'épouser

 

toujours au fond de la mémoire
se tend la paume
se mêle et s'unit

 

cueillir la fleur
dès que tremble la tige

 

il n'y a que le ciseau
sépare les ronces sauvages
l'anneau d'une vie que l'on opère

 

il bat, mon cœur

d'une autre peau

 

 

lutine - 22-06-2013

 

 

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09 juin 2013

Verticalité

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Puis vint cette autre fille
Aux lèvres closes
Sans arbres ni oiseaux
Emportée le long des trottoirs
Fil rouge sensible au soleil couchant

Sur la pointe de ses pieds
Les pas ne résonnaient pas
Elle apprenait le monde
Oublié, au bas de soie
Sur ses talons aiguilles
Elle marchait comme le chat
Silhouette de papier
A longues enjambées
Cambrure mise à nu

Ce soir, dans la lumière infinitésimale
Proche d'une main sortie de la foule
Ouverte en bouquet d'espérance
Audacieuse elle leva les yeux
Comme une succession de promesses



lutine - 09-06-2013

 

 

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31 mai 2013

Entre l'oeil et ta main

 

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La mer se faisait sourde 

bout du monde lumineux et fermé 
alors que le soleil se lève à l'est
mes paupières roulaient dans leurs propres vagues
le calme d'une solitude bienheureuse
avant que l'homme ne vienne déposer son ombre

Je l'ai vue et reconnue cette intermittence trouble 
elle est encore un tableau
sur fond de toile tendue 
un mouvement presque agressif 
diffus et présent

Je me souviens de sa démarche 
du contour de sa silhouette 
on ne pénètre pas ainsi un corps
ni une voix
ni l'approche amidonnée
 
Codifiés les premiers mots 
laissent filer la boîte à musique
les vieilles mouettes et leurs poèmes stridents

Je me souviens de son profil
de ses lèvres douces et harmonieuses 
une main offrant l'accompagnement
brassant la mienne dans une translation magique 
toute une complicité hydraulique

La dame noire toujours présente
on ne l'entendait presque plus
si peu l'aboiement du chien 
 
Ce n'était pas un accident notre rencontre 
proche d'un rituel d'espérance

 

lutine

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29 mai 2013

La folle allure

 

  

"Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge."

 

Christian Bobin

 

 

Cette lecture me permet de vous dire que je m'absente un peu, juste un peu, car elle est ce que je ressens dans des moments de bonheur qui ne s'écrivent pas tout de suite.

 

 

 lutine - 29-05-2013

 

 

 

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19 mai 2013

Tempête sous un crâne

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Dans ma tête il y a des nuits
Des sommeils qui tuent le silence

Dans ma tête il y a de la pluie aux carreaux
Du vent sous les paupières
Jusqu’à la vague qui noie les heures

Dans ma tête il y a des avions
Des oiseaux dedans
Des voyages qui passent
Des déserts enlisés au fond des draps

Dans ma tête il y a la mer
Une prison entre elle et moi
Un fourreau qui protège du froid
Un bas de soie galbant l’insomnie 

Dans ma tête il y a des trains
Le noir des tunnels
Le hurlement du métal contre la peau
Des plaines sorties de mes bras
Des précipices à hauteur d’homme

Dans ma tête il y a un cercle qui m’isole
La foudre dans l’immobilité d’un cierge éteint
Prisonnier de l'air
Elle vient chaque nuit noircir les murs

Dans ma tête je suis ailleurs
A la merci des vents contraires
Je suis un océan
Fluide dans mon propre poing

Dans ma tête il y a des mouches
Collées sur la bouche
Pris au piège
Dans mon ventre le corps s’agite

Dans ma tête il y a l'assassin de la nuit
Des mains qui se portent sur le visage
Sa salive brille et nourrit les heures

 

 

lutine

 

 

 

 

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