02 novembre 2006

Dansons la Carmagnole

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Dansez la Carmagnole

Pauvres fous que vous êtes

Le passé vous rattrapera

Vous avez cru lui avoir tordu le cou

Mais il surgit quand on s’y attend le moins

Tapis il renaît de ses cendres

Les jupons s’envolent

Les bouches se collent

Des mots d’amour sentent bon le futur

Mais il prend son virage à la corde

Le passé vous rattrape

Vous avez cru lui avoir tordu le cou

La main n’a pas serré assez fort

Et les doigts s’enfoncent dans la carotide

Non jamais le bonheur ne sera éternité

Il t’effleure juste un peu pour que tu connaisses son parfum

Et les doigts nouent la camisole

Et les mots déshabillent les sentiments

Vivre juste un peu pour une longue agonie

Et je danse sur le lit quand tes mains enserrent ma tête

Je cramponne le pan de ta chemise

Tu m’entraînes dans un tourbillon de feu

Sa puissance me fait perdre pied

Et la tête tourne et je tombe et je tombe…suspendue à tes lèvres

Une rose rouge entre les dents

Et ta main s’accroche à mon cou

Le passé ce vieux fou est tombé dans l’abîme

Dansons la Carmagnole mon Amour

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lutin - 2-11-2006

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01 novembre 2006

Novembre

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Des fleurs colorent vos tombes
Des couleurs enchantent la pierre
Des pétales d’or et de lumière
Et mes yeux pleurent

L’anniversaire de la mort
Des pas traversent les allées
Des mains versent de l’eau
Sur vos fleurs toute neuves
Et mes yeux pleurent

Votre anniversaire
Je vous implore
Donnez-moi la force
Pour un cœur plus léger

Des couples se promènent
Sourient en caressant la pierre
Je vous implore
Donnez-moi votre secret

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lutin

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27 octobre 2006

Expiration

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Je te regarde
Faut pas pleurer
Mes bras ballants retiennent leur souffle
Ma bouche articule les mots
Je t’admire

Non ne te retourne pas
C’est toi dans le bain
Debout contre le mur
Mes yeux embrassent l'image à retenir
Pour une nuit je bois le parfum de mes rêves

Je t’imagine
Dans ta maison de sang
Je pille les lieux
Mon souffle aspire vos visages
Un goût de sucre mouille mes lèvres
Dans l’attente de l'intensité des mots

Il fait sombre
Je respire l’air de la pièce
Je vois vos ombres sur la table
Et je n’entends rien
Rien que des mots muets
Effluves de faux-semblant
Dans la peur du premier pas

Je prépare le matin
Les clefs ne sont plus dans la serrure
Faut pas pleurer
Amputées de mes bras
Aux aurores mes mains renaîtront d'une pelote d'anges
Aurai-je tué tous les démons ?



lutin - 28-10-2006

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18 octobre 2006

Distillation

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J’écris le soir quand ton corps s’en va
Vers ta maison de sang tu emportes mon âme
Je reste là dans mon enveloppe vide
L’inertie m’étreint et je rejoins  les draps
Tu as laissé ton âme entre les plumes de la couette
Je la rentre dans mon sac vide
Je suis de nouveau habitée


J’écoute la pluie tomber
Je n’ai pas besoin de lumière
Ma tête sur l’oreiller ressent les vibrations de ta maison
Où tu as déposé mon âme
Mon sang baigne ta chambre d’enfant
J’ai remonté la source


Ton absence devient présence
Sur  le chevalet ton costume prend forme
Goutte à goutte tu distilles ton parfum
Les draps se gonflent quand ton pantalon gît sur la moquette rouge
J’enlace l’air rempli de toi
Je peux fermer les yeux
Nos corps chancellent dans nos nuits blanches



lutin - 18-10-2006

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10 octobre 2006

Page blanche

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Reste avec moi mon amour, il n'est pas besoin d'un miroir pour se regarder nus, la page pleine suffit. La nervosité de la plume, l’appui de l’encre sur la feuille donne l’intensité du moment, nul besoin du reflet. Etrange main qui donne le caractère de la relation.

Les choses mortes ne m’intéressent plus, ne raconte pas les phrases du passé, il est mort, regarde la feuille est vierge, le passé est un néant. Notre présent est une autre histoire, la naissance d’un livre. N’aie pas peur mon amour de cette amnésie naturelle, quand je tourne la page, quand je pose le livre, l’enfant renaît dans l’attente du premier amour, toi.

Reste avec moi mon amour pour le début de la phrase dictée au futur, en italique elle prend la pose d’un devenir, le vent entraîne le mot amour au-dessus de l’horizon. C’est une question de vie ou de mort ce mot sur la page silencieuse.

Et je remplis la page comme le peintre étale sa peinture sur la toile, guidé par les sentiments le poignet ne ment pas. La fleur dépose son point, le papillon met l’accent sur la lettre. La force est dans le trait, elle vient du cœur mon amour quand ses pas se déplacent sur la moquette rouge.

Tiens-moi la main mon amour, notre chambre est un grimoire, une autobiographie à quatre mains enlacées pour mieux tenir la plume. L’encre séchée laisse une odeur incrustée sous la peau, des pastels au mur tels des nus dans le miroir signent notre dédicace, le fusain trame un couple, la sanguine pointe son nez quand les lèvres se touchent.

Il est presque l’heure de tes pas dans l’escalier, mes doigts se bloquent sur le clavier, j’écoute le silence, j’attends ta main sur la page blanche, tes yeux sur mes doigts pour me dicter ce que je ne sais pas encore, des levers de soleil.


lutin - 10-10-2006

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06 octobre 2006

Oxygène

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Un automate dans la lutte
Une barre de fer transperce le corps
Droit dans l’adversité il possède la force

Elle est le chêne tendu sur la moquette rouge
Seuls ses yeux baissés dévoilent sa fragilité
La forêt l’entoure comme des fantômes

Les paysages rétrécissent autour du cercle
Des murs de béton remplacent la vie
Le peuplier ne s’élance plus vers le ciel

Il a perdu ses racines dans ce monde moderne
Seul dans la foule
Il s’invente des moulins à vent

Des clochettes d’argent tintent au loin
Un dernier soubresaut avant la mort
Et le corps se relève

La main se tend comme un étau
Attrape le mal et le broie
Entre ses doigts une encre noire

Des grains de riz pour des larmes de joie
Les arbres reprennent leur place
La clairière se remplit d’oxygène


lutin - 06-10-2006

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12 septembre 2006

Collier de perles

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Je fus ruisseau

Eau fraîche si claire

Que l’on voyait au travers mes émotions

Le clapotis d’un cœur tendre

C’était l’enfance

Un ru en croissance

Je fus rivière

Rythme déferlant

Que l’on entendait de loin

En cascade je laissais couler l’amour

Nature désirée

Sur mon passage une envie de tout boire

Je fus fleuve

Fuite en avant

A pas de course cœur tuméfié

Il me fallait oublier la déception

Retrouver la mer et ses marées

Me rouler dedans pour oublier le monde

Qui du ruisseau ou de la mer

Est la source

Je ne sais

Un collier de perles

autour du cou

Enlace les battements de mon pouls

Lutin – 11-09-2006

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11 septembre 2006

Le cri

mouette

Les mouettes c’est  beau, j’aimerais être mouette, regardez elles se laissent porter, une valse à quatre temps selon l’amplitude des vents. Quelquefois elles donnent l’impression de faire du sur place. Comme j’aimerais être suspendue entre le ciel et l’eau. Quand la faim les tenaille elles prennent une autre forme, comme une fusée elles fendent l’eau, une nourriture providentielle à tout moment pour mieux reprendre la liberté celle qui nous manque jusqu’à l’oppression. Nous terriens nous sommes si peu de chose, des prisonniers de la vie devant la rame du métro.

Le triangle des Bermudes certains l’ont côtoyé, quelquefois sans succès, certains y ont laissé leur peau, nous terriens nous sommes si peu de chose affublés de notre costume trois pièces, l’attaché case à la main, la liberté en moins. J’aimerais être un oiseau migrateur, passer les saisons au gré des vents et du climat sans croiser l'homme prédateur.

Avez-vous déjà écouté le cri des mouettes ? est-ce un cri ? Non c’est un rire je vous le jure, le rire moqueur de l’oisiveté, celle qui nous manque dans cette camisole que l’on nous enfile le jour de la naissance. Ces oiseaux blancs non bagués dévalent sur les plages en escadron pour mieux nous narguer. Regardez les, ils ont l’oeil du vainqueur sur ce monde.

Pourquoi ai-je les yeux baissés lorsque mes pieds frôlent les vagues, tout simplement parce que je me sens si fragile, lilliputienne face à l’immensité. Prends ma main, mes pas dans les tiens, nus suspendus l’un à l’autre, nous laisserons des traces nouvelles vite effacées quand la mer fera son œuvre. Seuls nous vaincrons.

lutin - 11-09-2006

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05 septembre 2006

Empreintes


empreinte

Entre l'écume et le phare d'eau je chasse  les poissons hors du commun. Dans l'écran noir une lumière jaillit.

Il n’a pas de perchoir pour fuir ma main, la cage est ouverte. Fendant l’eau il a une proportion hors norme dans les ténèbres des fonds sous-marins, tout n’est qu’illusion. Tout n’est qu’allusion quand reviennent lancinants  les sons parasites des piranhas qui s’incrustent. Gardien du phare je veille, je serai toujours là à attendre jour et nuit. Comme un écho tu balises le territoire.

Regarde sur le sable les griffures des mouettes se mélangent aux sabots des chevaux et nos pas superposent leurs traces dans une logique calculée. Nous laissons nos empreintes à lire quand l’horizon fuit et demain s’installeront les premiers baigneurs. Enigme du matin qui le dernier a marqué son territoire, l’oiseau ou nos pieds cadencés au rythme du galop transperçant l’eau.

Il est temps d’écarter les bras entre l’écume et les traces enchevêtrées avant que le soleil ne se lève, ne laissons pas les regards indiscrets se répandrent, les méduses translucides sur la plage sont des verrues. Tirons la couverture, remontons le drap, sous la vague cachons le lien, les algues sont nos lassos. La mer est notre lit. Une mouette repue rit, la charogne s’est volatilisée. J’ai chaud.

lutin - 05-09-2006

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29 août 2006

Traction

mer

La mer est une vasque que l’on balance.

Regarde le sable, la mer s’est retirée laissant son histoire, quelques vaguelettes dessinées comme le vent empile des dunes dans le Sahara.

Le fouet des algues a incrusté des tulipes, leurs lanières happées par l’autre monde se sont cramponnées mais ont lâché prise, une traction trop forte.

Tu sais de l’autre côté des gens tirent l’eau pour rattraper la mer.

La mer est un berceau où je me replie

Nous sommes à marée basse et je m’étale pour laisser mon empreinte avant que les astres nous ramènent une profusion d’eau. Tes pas viendront fouler le creux de mes reins, entre mille tu reconnaîtras ma trace parmi la flore abandonnée.

Un cil mouillé flèchera ta route, le même que celui trouvé entre les pages de mon livre, une larme a effacé l’autographe, le cri a gommé la dédicace, le geste m’a posé sur la plage.

J’ai rebondi quand l’autre monde nous a rendu l’eau, les mains nouées à la crinière du cheval je m’enfonce dans la mer. Comme un couteau elle m’a transpercée, j’avais si chaud avant que tu n’ouvres la page.

La mer lave les blessures

Nous sommes à marée haute, dans les rouleaux j’arrondis les angles, retrouver une peau de pêche pour la main tendue en attente d’une autre page, une écriture en italique couchée par le vent.

lutin - 29-08-2006

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