27 mars 2007

LA PHOTO

Toile_d_araign_e

Il te dira le poids du silence

quand les ombres s’infiltrent

l’imaginaire remonte de l’enfance

au fond du lit aux aguets le monde devient mauvais

un piège où la jambe se fracture

lente agonie de la gorge nouée                   

Elle te racontera la capture des images

dans son filet elle les brasse encore et encore

en remonte des mots de braise nus comme Eve

la pudeur n’est pas de mise le miroir traversé

assise sur une poudrière  ses yeux appelleront

un ciel déchargé du chaos de l’esprit

Plus noire que l’abîme l’atmosphère s’électrise

de leur sang coulent les mêmes mots de l’incompréhension

tendus ils brandissent leurs étendards pour une même guerre

aveugles ils ne voient pas qu’ils portent les mêmes couleurs

criblent leurs os d’invectives

Pitié pour eux vent de folie

allez faire la guerre ailleurs

sur cette pelouse est né leur amour

il lui dira qu’il ne croyait pas aux débauches

elle lui racontera qu’elle a griffé les images

gravé leurs souvenirs à même le sol

lutin – 27-03-2007

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27 février 2007

Eclair de vie

envol

L’aile de l'oiseau

Sur sa plume une place

Etre du même voyage

Un habit de lumière attend dans les courants ascendants

En arabesque le vent dessine la blancheur de l’esprit

D’un ailleurs invisible

Ecoute ces rafales

Comme un fouet elles dépouillent des grains de sable

L’air se charge de poussières

En tourbillon elles éclatent en orages

Chargée d’éclats de verre ou de tonnerre

La terre devient enfer

Je t’invite au voyage

Un nuage de fortune comme tremplin

Pour rattraper l’oiseau

Les doigts dessinent des pluies acides sur les lèvres

Et la peau se ronge plaquée dans ses obsessions

Tremblement de la main en ôtant ses oripeaux

Prisonnière de la terre

Elle s’accroche au sol comme l’aveugle à sa lecture

Lutin – 27/02/2007

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21 février 2007

Je veux être heureuse

rai_de_lumi_re

La naissance de ce texte grâce à http://www.leforumbleu.net/message.php?id=35859&fredblog=

Des draps jaunes des draps jaunes partout des draps jaunes, on dirait que je dors sur une plage de sable fin ou dans un champ de tournesols, d’ailleurs j’ai la tête qui tourne, une musique trop forte dans les oreilles, voix rauque et écorchée le clip U-Turn de Aaron me chante « Lili je vais bien ne t’en fais pas ». Des ampoules jaunes colorent le lit, je les compte je crois mais elles bougent se rapprochent et m’encerclent, un grand lit jaune fleuri de lumière, le point lumineux d’une touche noire celle du piano m’entraîne dans un voyage intérieur. Il pleut sur mon visage, c’est le vent ou ta main, une coulée de sable sur les paupières. J’ai mal au cœur, une course contre la montre, des empreintes dans les plis des draps, des bulles d’air veulent me tuer. La forme d’un triangle quand la porte est à demi fermée, le dessin de l’attente tracé du bout de l’ongle, un rai de lumière étrange et tu n’es même pas venu me voir, j’étais perdue dans les fragments de nos folies, j’étais petite fille recherchant son berceau. C’est douloureux cette sensation d’inexistence sur la peau, je pose le doigt sans résistance sur mon ventre et c’est le vide, je suis remplie de vide. Je me rattrape à ma peluche pleine d’amour, parachute de survie je suce son oreille pour me gorger de cette violence qu’est l’amour, je lui dis je veux être heureuse.

http://www.youtube.com/watch?v=wJRh0PlWB6g

lumi_re

lutin - 21-02-2007

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20 février 2007

Un Aller simple

bracelet

.

Le doigt serti de ta pensée

Pierre mauve ciselée

Au travers j’ai posé ton cœur

Et mes talons battent le trottoir

Au poignet une dentelle d’or

Me prend la main

Lace les pulsions de mon sang

Et mes talons  battent le trottoir

Le Tic tac du souvenir encercle ma chair

Les aiguilles cadencent mes pas

Nous avons rendez-vous

Et mes talons battent le trottoir

Mille heures à attendre l’évènement

Siamoises nos yeux fixent le Panthéon

Et mes tempes martèlent l’émotion

Au travers du métal ma sueur

Réanime la pierre

Emmêlées deux femmes glorieuses

S’accrochent l’une à l’autre

Les passants ne se retournent pas

Discrètes nous fondons dans le paysage

Son succès nous attend

.

am_thyste

Lutin – 20-02-2007

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13 février 2007

Expression

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J’ai peur de la profondeur de l’œil
de sa paupière en forme de guillotine
la sentence est dans la pupille quand les mots ne suffisent plus.

J’ai peur de la main quand les doigts goutte à goutte secouent les mots sur le papier
le verdict est au bout de l’ongle quand il trace sur le papier l’incision à jamais
le pouvoir des mots ne gommera jamais la distillation
sauvage que ce bras courant sur la ligne d’horizon.

J’ai peur de la voix
caverneuse du tréfonds de sa tombe elle remonte
lancinante attachée à l’hélium elle s’étale en surface et se rassemble en tourbillon
et me voilà capturée
mon souffle contre le sien
un lasso autour du cou.

Les larmes une à une sectionnées saignent sur la feuille
la sueur perle sur la peau
la langue boit l’imaginaire
et j’entends la raison glisser son mot à l’oreille


lutin - 13-02-2007

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27 janvier 2007

Gong

Tete_d_ange

Le sommeil est posé sur le canapé, les lumières bleues se sont éteintes, léger souffle, la chemise respire la nuit, elle dit calmement que la paix s’est installée en dessous au rythme du pouls.

Tiraillée sur le velours de ce lit de fortune l’étoffe du vêtement baille. Tu laisses ainsi le poids des souffrances de ce monde. Enfant tu redeviens, la main près du visage, le pouce si près de la bouche mais le sommeil n’est pas assez profond alors il résiste. Encore quelques minutes et ce doigt retrouvera la saveur du petit garçon roulé dans son lit.

La jambe abandonnée à l’équerre raconte dans sa mollesse la profondeur des rêves qui te puisent et t’épuisent. Au creux de l’oreiller laisse tes peurs.

Fluidité du cil contre la joue et soudain la crispation du nerf, l’orage de tes jours froisse la peau. Le doigt jusqu’à présent inerte tremble sur le tissu, soubresaut imperceptible alors que l’ouragan devrait transpercer le tissu qui t’habille. Il faut chasser ses peurs dans le sommeil réparateur, les expulser dans la sueur des draps pour se retrouver aussi léger que la plume.

La guerre est couchée sur ce lit de repos. L’armée a ravagé une tête d’ange, les canons ont réveillé les paupières et les voilà agitées comme si l’obus avait atteint le cœur laissant un cratère béant. Tes lèvres expulsent quelques éclats, traîtresse la nuit a pris possession de toi alors que le corps n’aspire qu’aux plaisirs sans contrainte comme le cheval au galop sur la plage.

Un pied s’agite voulant chasser les sorcières de tes cauchemars, comme c’est drôle de regarder tes orteils enveloppés de chaussettes noires, elles sont en accordéon, un petit trou découvre un ongle. Tu es donc l’enfant de tes rêves, des châteaux de sable naissent de tes mains.



lutin - 27-01-2007

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10 janvier 2007

Deux mondes

statue

Deux mondes se regardent
Seule importe la force
Profondeur du regard
Etre humain de chair colorée et tiède

Statue clouée sur un socle
Peau lissée
Exempt de sang
Sans passé
Sans avenir
Froideur de l’éternité

Monde des vivants
Peau plissée
Au centre de la main l’histoire d’une vie
Si longue
Trop courte
La ligne de chance

Deux mondes se regardent
Admiration de la beauté sculpturale
Pitié pour la froideur du sein
Du poignet sans pulsation
De la main sans artère

Au creux de ta main
Ma ligne de cœur
Palpitations de mon pouls

Sucrée ma peau buvard
Absorbe l’histoire de ta vie
Devient mienne

lutin - 09-01-2007

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30 décembre 2006

Le Mendiant

mendiant


Il était là
Suppliait le ciel
L’œil blanc à trop regarder la lumière
L’esprit bien plus loin que les nuages
Là où les voyants n’osent l’imaginable

Abandon des bras
Doigts dans la poussière
Il gratte son passé
Ongles chargés d’une vie trop lourde
Frêles épaules à la courbure du temps

Il a marché longtemps
Une route trop longue pour un seul homme
A genoux il mendie son trépas
Nus face au néant les yeux réclament clémence
Du creux de ses paumes il appelle Dieu

Si vous le rencontrez
Déliez ses chaînes
Il attend l’aile blanche
A son sommet il croit en l’oubli
Neige éternelle

Roulé dans les sanglots de sa vie
Il pleurait là

A la morsure du passage
Cet inconnu

lutin  - 30-12-2006

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01 décembre 2006

Inversion

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Je perds mes mots mon amour
ma bouche devient frileuse
des grains de sable crissent sous la dent
pour une autre sonorité

Je tremble dans l’inversion du mot
animal blessé dans les taillis
il se cache sous la feuille
on le piétine à entendre son dernier souffle
les feuilles ont-elles mal quand elles chutent

Je saigne sur le fil du rasoir
mes lèvres acrobates rattrapent les mots
mes mains jonglent avec les sons
je les mets à nu comme les arbres en hiver
on peut voir leur racine

Les mots n’ont qu’un seul sens mon amour
les mots ne sont pas mis en scène
inutile de lever le rideau nous ne sommes pas au théâtre
les mots sont entre parenthèses quand je tends les bras vers toi
entends-tu les remous de mon pouls quand derrière les mots tu cherches autre chose

D'un seul geste de la main l'ombre peut ternir le regard
chaque pépite doit être capturée pour éclairer les moments sombres
sous les paupières closes il y a toujours un soleil
des souvenirs pour des mots
les yeux sont ainsi faits
les cils balayent devant leur porte
chassent la poussière du temps
l'iris fleurit quand la paupière se lève au renouveau
ainsi va le monde de balbutiements en battements de cils

Parle plus fort je ne t’entends plus
l’obscurité a pris possession de moi
bouche sèche je perds pied sur ce tapis de mots
J'attends le matin pour être déshabillée de la nuit


lutin - 30-11-2006

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11 novembre 2006

Eclats de verre

effluve


La pierre est lisse pour y graver nos noms
L’érosion du temps fera son oeuvre
Une pluie fine lancinante et si longue dans son silence
Infiltre son relief
Fait peau neuve du pavé

L'écorce est lisse pour y graver nos noms
Un cœur percé en son milieu
Empreinte d’amants voulant l’éternité
Maladie de l’arbre
L’homme exécuteur coupera le tronc

Tout est éphémère
Comme un écho j’entends le cri de la pierre
Expirer son histoire
Le long des canaux des platanes déracinés
Saignent les amours scellés

L’amour est sur le lit
Transpiration du drap
Un filé d’air
Eclats de verre
Les effluves se répandent sur le pavé

Et j’ai ciselé nos cœurs
La flaque de sang distille son parfum
Infiltre la pierre d’amours torturés
Traîtresse la pluie lave le trottoir
Nous ne sommes que les passagers amnésiques de l’histoire



Lutin – 11-11-2006

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