08 décembre 2013

Les yeux ouverts

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Il n'y a plus de vent
les lampes sont mortes
paroles inutiles
les yeux ne voient que le foyer
rêve englouti
retrouvant la chaleur des braises

Détachée des flammes
une forme bouge
devient rouge
l’ovale d’un visage
lente intensité entre mes mains
s'ouvrent les paupières

Nous marchons d'un même pas
qui éclaire le monde
nous allons
traversant l'autre
 

  

 

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07 décembre 2013

La voix

 

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Elle est là si présente
Je l’avais laissée sous la glace engloutie
A la cime des arbres suspendue
Ecrasée au sol dans la foulée ardente

Je m’étais déshabillée d’elle
Paupières baissées comme le vêtement choit

Le héron enroulé dans son cou tant il faisait froid
Se souvenait d’images plus heureuses
Chevelure d’ombres le long des arbres

Silence, tout est silence, la terre glisse
Autour de l’œil
Sous la peau les bruits du cœur

Dans un monde où je marche tête nue
La voix n’est plus
Comme mes pensées au bord du sommeil

Dans l'espace elle s'est envolée
Rebondissant la nuit le long du dos


 

 

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19 novembre 2013

Cette chambre où ils se serrent d'une nouvelle vie

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Ils sont là, l'un traversant l'autre
comme un seul être


Un homme regarde
déchire sa peau
entre mes mains
ivre bien au chaud
arpente cette nouvelle terre
la flaire
pénétrant la nuit
puis le rire bourdonne


Sous ses gestes de l'embrassement
la circulation des langues
les yeux ne cessent de fixer
la gravité de la bouche
capable d'amour
chaleur divine qui palpite
afin de mieux céder au feu


Leurs doigts enfermés en une même main
cette façon qu'ils ont d'être

 

 

  

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16 novembre 2013

Noir et blanc

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 B - plume et encre de chine

 

Murmure des vents
 

brume sur le lac
 
l'or du soir étincelle

ivre de soleil
 

 ce grand miroir nous brûle

immuable et secret



 

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13 novembre 2013

Comme une nouvelle terre

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 B - plume et encre de chine

 

Les jours se couchent
 

les mots se consument
 

petites bêtes le long des doigts
 

aiguilles d'or et d'esprit

cousent espérance d'étincelles



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05 novembre 2013

Espace intérieur

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B - fusain et craie blanche - 50 x 60

étude selon : http://flaviensempere.free.fr/images/nudedosfusain.jpg

 

 

 

 

 

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22 octobre 2013

Ecrire est presque trop

 

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Rideau aux formes humaines
oui, plénitude - ne pas écrire
juste un peu mais pas trop
vite, vite, dans un espace temps, jour

Que fais-tu dans ton sommeil ?

J'apprends, tu apprends quoi ?
rien, j'apprends le réel
cette immobilité du corps juste après
un trèfle à chaque doigt
le quatrième pétale et son frémissement
pour qu'une rose vive

Et que fais-tu de tes jours ?

Je rêve la nuit
soigne la terre qui me vient
aussi précieuse que l'enfant m'affole
marqué par les plis du sommeil

C'est l'infini amour ce carnet
livré au tamis
entre murmures tu me presses

J'ai vu les fleurs de la création
honorer nos heures entières longilignes
puis faire leur nid

Ecrire est presque trop
les mots qui se détachent

 

lutine - 22-10-2013

 

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01 octobre 2013

Traîne pas dans le vent

Devillers

une peinture de Michel Devillers
http://devillers.viabloga.com/

 

C'est toi qui cours là-bas
pigeon voyageur à ma recherche
je me souviens des murs clos
remets-toi au piano...
les sonates t'attendent et mes chimères
j'ai dit que je reviendrai la nuit
sur le rocher lorsque la lune se posera

J'ai dit que je me poserai
dans l'ombre où j'ai posé ma voix
j'ai pénétré la mer
les couloirs sous-marins
les viscères de la terre
j'ai dit que rien ne finirait
ce jardin au bout de la rue
nous l'arroserons d'eau de pluie
lorsque les années se poseront dans nos corps

Paumes ouvertes
j'ai couru la nuit jusqu'au port
la lune derrière les arbres
les étoiles au fond des yeux
je descends les échelles
saute les vagues
le vent sous mes jupes
je me souviens de mes fesses assassines
des mâts tout au bord
reine mer tempétueuse
le cri arrimé à l'anneau

Je veux encore sentir la gloire
qui farfouille mon cœur
au pilori porter ma couronne
brinquebalant mes jambes au ponton
mon frère avant de venir à toi
arroser les fleurs et les jonquilles
ils te diront quel bateau prendre
quand la nuit tombera
en langue d'oiseau jusqu'à ta porte

lutine

  

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13 septembre 2013

Le fil de l'oubli

 

A ma tante, la seule qui peut me dire encore,

  

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 B - acrylique sur toile 60 x 60

  

Je ne veux pas être ciel
lumière dans l'écorce de l'arbre
au fond du jardin
bougie éteinte dans la vigne
avant de connaître les miens

Je cherche le bleuet désespéré
visage d'oiseau que l'on transporte
vif et gris jusqu'à l'arrêt
l'œil infuse et boit le thé du souvenir

Mon cœur est nuage
navigue et dérive
tout du long l'enfance
où j'ai gravé peu de pierres blanches
au bout je baise la nuit

L'on parle d'amnésie
la vie se tait dessus la rivière
ferme mon corps à l'intrus
je ne voudrais pas partir sans mémoire
avant d'enfouir ma dépouille

Raconte ! les lieux et les tombeaux
le long fil de l'oubli
le blanc qu'elle a peint

Lentement c'est la trêve
ce qui pèse à mes cuisses
à mes lèvres closes
le cœur est chaud prés de mon père
alors qu'une femme enivre mes pensées

 

lutine

  

 

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06 septembre 2013

Coquelicot d'été

couple---la-Picasso

 

 

Dès qu'il eut posé sa main
chemin mesurable sur l'aire de la table

elle s'empara des couleurs qu'elle aimait
des habits enfilés à la hâte
la peau soignée jusqu'au creux de l'aisselle
sous la nappe blanche il signait son combat
les semelles de l'homme confortable

l'envol au bout d'une journée de désordres
sur les graviers les pas s'estompent
comme feuilles jaunies amorcent septembre


Un aimant fiché dans
l'œil

le buste en avant effaçant l'obstacle
à la bouche natale

raisins et figues
tarte meringuée et coulis de framboise
de jour en jour il ne s'agit plus de manger
jusqu'à la nudité de l'assiette

mais de rejoindre la nuit
toujours plus proches


Cette chambre où ils se serrent
d'une nouvelle vie

 

 

 

lutine - 06-09-2013


 

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