10 juin 2008

Je m'appelle Isidore

Isidore_Pils

lutin - 10-06-2008

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08 juin 2008

J'ai peur

cown

J’ai peur de me perdre dans ce front immense

de me reconnaître dans le tunnel du cheveu

à la racine me casser le nez

une larme le long de la joue peinte

J’ai peur de l’œil cerclé de mascara noir

mon deuil à venir souligné d’un trait fin

de ses sarcasmes captivant le spectateur

de ses armes fatales feintes

J’ai peur de vivre sans la géométrie multicolore du vêtement

habituée au triangle isocèle de ses humeurs

à sa bouche posée sur la mienne

J’ai peur de mourir d'amour

sans la main bordant mon sommeil

d’un lit froid sans jambe

J’ai peur de l’uniformité de la vague

du plastron collé sous la veste

la cravate accrochée au cou

J’ai peur des oreilles ouvertes

de leur manière à fermer les écoutilles

sur le monde

J’ai peur d’être femme assise sur un banc

devant moi la piste aux étoiles

je veux rester enfant

J’ai peur d’avoir peur

d’autres mains ont gratté le costume

de l’ongle ont emporté leurs illusions

J’ai peur de l'amour et je vous aime

j’ai peur de l’éphémère

du présent perdu

de l’avenir sans nom

Je suis le magicien au nez rouge

faisant un pied de nez

sans en avoir l’air je vous bouleverse

là est ma démarche

J’ai peur de vos armes et je vous désarme

je suis un clown

je vous fais peur

j'ai peur

lutin – 08-06-2008

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07 juin 2008

Sentinelle

sentinelle

http://devillers.viabloga.com/

Scarifiée à la verticale

suspendue aux oiseaux

la peau de son ventre  à l’air libre

elle aspire la brutalité comme l’enfant

naïf des tortures de l’esprit

les yeux crevés

devant, elle regarde dans la pensée

Guerre où les hommes se déchirent

dans la morsure des biens appropriés

à coups de hache affûtée

au pilori implorant la paix

elle fixe le ciel enflammé

obscurci d’une cendre opaque

à l’intérieur, ses yeux reconnaissent l’odeur acre

Le ciel est lourd d’orage

la peau criblée de cruauté en mille parts

elle demande un couteau

comprimant sa rébellion entre les lèvres

la terre est un cratère d’invectives

traversées de giclées de mots impossibles

muette, entre les dents elle sert la lame

lutin – 07-06-2008

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06 juin 2008

Le Cri

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http://devillers.viabloga.com/

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Vivre n’est pas là, clouée et hurlante

dans sa peau pénètre vos lanières

un venin acide entre vos dents, éclaboussée

creusant ses pupilles

bouche en entonnoir

sur vous elle crie l’injustice

Elle voulait courir les chemins

dresser d’autres barricades

au sein de vos propres émeutes

au bras le poing du ralliement

avec ses jambes encerclées de vos convictions

un déluge l’a ligotée au pilori

Etre n’est pas le temps

contre le mur elle continuera la lutte

tant qu'un sang pur coulera de ses veines

crucifiée elle hurlera l’ineptie de ce monde

ficelée, bouche ouverte, muette, cordes vocales ôtées

la force de la pensée en travers de vos folies jaillira

lutin - 06-06-2008

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05 juin 2008

Après l'amour

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Après l’amour c’est dans un bassin
d’eau bleue, bordée de carreaux blancs
que le chant des corps monte en surface
le plafond de verre en miroir explosant du cri
dauphin dans un verre d’eau je me cambre
tête hors de l’eau pour l’embrasser
le dresseur de poissons

Reins immergés
devenus eau
à fleur de vague je veille entre bleu et blanc
tu es au-dessus de moi tête baissée
mon œil en haut à la recherche de ton air
chuchotements de nos chants
je devine tes contours
reconnais le pied cambré dans la margelle
dans un trop plein de salissures
ta peau est là d’un rayon de soleil habillée
nettoyée du chlore
brillante comme une plante aquatique
en vie

Ni sable, ni algue
dans mon monde aseptisé
à ciel ouvert entre eau et terre
je ne suis qu’onde chaloupant vers tes yeux
dans un verre d’eau
ainsi était mon rêve
entre mort et vie
vie et mort
je ne sais, en plongeant j’ai oublié le sens



lutin – 05-06-2008

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03 juin 2008

Sans effort

Clown_sculpture

Tous les matins il rentre dedans tête baissée comme il s’enfile dans le métro de la veille, il s’y glisse comme il s'enfonce dans la rame, elles sont un moyen de locomotion, elles gardent leur forme, à peine asséchées du labeur de la veille, vieilles chaussures aplaties avec dedans les empreintes des orteils, au dehors les odeurs de la rue. Elles partent au boulot, dans le ventre une envie de vomir, les orteils agités, la cheville bloquée, la crampe dans le mollet, les lombaires douloureuses, le feu remontant au cou faisant crier la tête et les pieds qui collent, et les pieds qui collent. Chaque jour un effort de plus pour chaque maillon de la chaîne alors que les mains veulent vivre autre chose encore, vivre encore, vivre tout court. Toute la semaine entre quatre murs, entre élastomère et cuir, semelle et chiffres, sonneries et conneries, et les pieds collent, et les orteils s’étiolent dans un carcan de cuir imbibé de la rébellion de chaque organe, une semelle usée du métro, du macadam, alors que la chaussure attend l’amnésie, et le pied qui colle, et la cambrure qui souffre de la contrainte morale, et le talon qui attend la liberté. Le sien se crispe sur le contrefort, soumis, lavé de l'ennui de la veille, il se rappelle et montre le chemin inverse chaque matin du lit au métro, du métro à l’ascenseur, de l’ascenseur à la rue tournant le dos, et le dos qui fait mal. La jambe s’agite au-dessus de la chaussure, pleine de vigueur se rebelle, veut vivre encore, veut vivre encore, sans effort vivre et d'amour et d'eau fraîche les mains posées sur la table et les doigts qui dansent sans effort remontent à la tête fermant les paupières pour rêver à un autre monde, vivre encore dans un autre monde sans effort.

lutin - 03-06-2008

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30 mai 2008

Buée

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C'est la vie qui s'échappe et que l'on regarde, drôle d'image que l'on ne comprend pas et qui hypnotise au point qu'elle reste encrée de rouge, de noir, de blanc dans le cerveau. C'est le buste qui ne se gonfle plus, comme l'enfant dans le berceau endormi. Ce sont des yeux absents comme des yeux de verre, des prothèses pour handicapés. Ce sont les mains jointes, les infirmières vous les posent d'office, sans connnaître votre religion. Ce sont les pieds enrobés d'un ruban de tulle. La position est déjà faite pour la mise en bière, il faut que le corps rentre dans le cercueil. Tout est pensé tant que le corps est encore chaud. On en fait des peintures, des toiles remplies de noir et de blanc, on ne risque pas de se tromper, selon les religions une des deux couleurs est la bonne alors que la mort c'est le rouge, c'est le sang perdu, c'est le rouge baiser qui ne se posera plus sur la joue, c'est le mot que l'on n'entendra plus, c'est le mot papa, c'est le mot maman, que l'on ne prononcera plus jamais au présent, avec le sourire, dans l'attente des fêtes à venir, c'est le mot qui restera coincé au fond de la gorge, c'est le mot qui étouffera dans le refus de l'absence, c'est la trachée atrophiée qui se rétrécira dans l'angoisse. Au secours là haut, j'ai besoin de vous, m'entendez-vous ? dois-je crier, dois-je pleurer, dois-je prier, me mettre à genoux. A genoux je le suis souvent, vous riez là haut, jamais vous n'auriez imaginé cette position, ne vous moquez pas je le suis, j'ai tant compris dans votre silence me faisant mes questions et vos réponses. J'ai compris l'humilité les mains tendues dans le vide. Je ferme les yeux souvent pour me rapprocher de vous. Aujourd'hui est un jour de souffrance, un nerf que l'on retire du coeur, le sang que l'on ponctionne des entrailles, un assèchement total de la filiation, c'est la rupture d'un bassin de rétention, le béton va exploser en mille cailloux, un fleuve de mots, un torrent d'amour va déferler emportant sur son passage tous les livres vécus, dans les mains seulement des photos paralysées, figées, clic clac kodac faites un sourire à la dame. Aujourd'hui est à 20H30 la perte de ma création. S'ils avaient été morts avant ma naissance, je ne serai pas là à écrire leur absence. J'en ferai un livre, une histoire à trois tomes, eux, moi, et nous mon amour.

lutin 30-05-2008

bu_e

Elle cherchait quoi tout à l’heure, la pelure d’orange sur le radiateur, le souvenir de l’arôme distillant sous ses narines les images de la petite fille qui jouait à la balle. Elle collait son nez à la fenêtre, soufflait sur le carreau, elle admirait l’étendue de la buée qui progressivement rétrécissait. En cachette elle laissait l’empreinte de ses lèvres, elle se disait, j’ai embrassé un garçon. Vite il fallait effacer la marque, une femme aux cheveux noirs allait gronder cette petite dévergondée.

C’est écrit quelque part dans un livre, là où les images jaunies sentent bon l’écorce du fruit.

Non vous n’êtes pas morts dans les pages de l’histoire. Je suis cet enfant transporté au creux de la page, petite figurine entre la robe et l’imperméable au Champ de Juillet où le Dimanche je faisais du poney autour du bassin alors que d'autres enfants plongeaient leur tête dans le fleuve imaginé. Je grattais le sable avec mon râteau comme l'ongle gratte maintenant le coin de la photo. Non il n’y a rien en dessous, seul mon imaginaire et l’arôme de l’orange.

Un silence, deux grosses larmes sur la feuille, l’hématome ne se résorbe pas. Je mange le fruit et avale les souvenirs. Pourquoi ce poids lourd sur mon cœur, j’ai deux petits trous en son centre. Mon amour tend tes mains pour obturer la brèche, comme l'enfant jadis approche tes lèvres et souffle...

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28 mai 2008

le vent

tourbillon5

Poussée par le vent

Depuis si longtemps

Me voilà dans le champ

Combien de temps ?

Des années, quelques heures, combien ?

Mon amour je ne sais pas

Cela dépend du vent

De sa fougue à me pousser dans le cadre

A me retenir

A me jeter hors du champ

Cela dépend de tes bras

Quand le vent tombera

Poupée de chiffon je tomberai

Comme le vent

Si ta main ne se tend pas

Lutin – 28–05-2008

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Echo de Sylvie

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Que j'aime le rouge vif en terrain vague,
l'écume écarlate qui flamboie le long des bastions,
l'abondance en grand tapis rubescent.

Mes songes se remplissent de sourires vermillons,
en voyant les coquelicots...

Le rouge colle à ma peau comme un venin secret,
je le dévoile en filigranes comme un doux poison,
je l'exhibe en incandescence dans l'instant.

Mes chimères se peuplent de rires papillons,
en voyant les coquelicots.

Bon sang!
Que j'aime le rouge vif,
il colle à ma peau
comme un filet à rêves.

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Dédoublement

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lutin - 28-05-2008

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27 mai 2008

Réplique

pascal_balancoire

C’est encore un jour qui ressemble à tant d’autres
l’aile du corbeau tend son ombre
traître et poisseux il recherche notre ciel à noircir
il aura notre peau à coups de pierres
aux allures de la mort il approche

ergots enracinés creusant la tombe.            

Il faut fermer les paupières et oublier la couleur du deuil
imaginer l’oiseau blanc dans son sillage
il te dira je suis perdu sur un chemin de pluie
je tourne en rond dans l’enfer de vos doutes
il te dira  j’ai perdu la lumière de mes ailes
l’odeur de mes congénères
je suis seul dans l’éphémère
j’ai froid.

Comment laisser l’immaculé mourir entre ciel et terre
immense est son cri dans la forêt
ailes déployées
lourdes de la cendre des mots
les arbres tremblent
la peur au ventre

il est prisonnier des batailles humaines.




lutin - 27-05-2008

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