08 juillet 2008

Fracture

Ascension_du_Christ_Dali

.

L’obscurité était dans ses yeux aveuglant la route
elle avait atteint un point du cerveau, aussi le corps
une tête sans étoile, au dessus les ténèbres
la jambe comme un boulet freinant la lumière

Après lui, un vêtement allongé sur le lit
deux jambes de tissu mort, le pli creusé de l’absence
le genou ailleurs, le pull évidé de sa substance
le caleçon aplati de sa dernière érection
tel un fantôme il repose ailleurs

La mort à grande vitesse, elle danse
des embrassades dans les troncs d’arbre
des larmes alimentent le fossé
une caresse suit le cheveu, l’inclinaison de la nuque
l’épaule dans le vide que l’on soulève

A angle droit je suis la route dans le virage
trempée de la pluie, le macadam luisant
dans la pente infernale, l’escalier et ses marches
vers le chemin du cimetière
et passent les saisons

Des fleurs déposées dans la chambre, porte ouverte
un oreiller et sa mémoire
une odeur, je l’appellerai Présence
comment faire quand crie la voix, irraisonnée

Tu peux remonter le temps contre le tronc déchiré
comme un soleil couchant te frotter à l’écorce
jusqu’au sein irrité, rien que des souvenirs
cela ne changera rien




lutin – 08-07-2008

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06 juillet 2008

Magie noire

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Je cherche la flamme
la ronde dans le brasier
la phobie du feu en nous

Est-ce qu'on s'aimera mieux
notre âme dans la magie noire
ventre liquéfié

Quand on fait l'amour tout se déchaîne
l'ombre du serpent dans la tête
une odeur de mort plane

Dis plus bas est-ce qu'on s'aimera mieux
dans les cendres est-ce qu'on se reconnaîtra
pépites de sang séché entre les doigts

Est-ce que tu crois à l'oubli
est-ce que tu peux nager loin
épaule contre rien
notre jardin là haut il y fait froid

Membres déshabillés de la main
un coussin sur le ventre
au fond un fleuve qui déborde
à l'intérieur c'est la chaleur de l'enfer

Des silex se frottent
bras mutilés derrière la nuque
en cavale il faut craquer l'allumette
on peut vivre poussières

Sur des brindilles de bois séché il faut se coucher
se consumer
dans le feu s'unir
et ne plus vivre demain



lutin - 06-07-2008

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03 juillet 2008

lui

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Je suis perdue dans les grains de sable je les compte chaque jour ici depuis que je t’ai perdu je connais la couleur de leur profil dans cet endroit plat devenu mon repère le vent les promène isolés sauvant l’empreinte fatidique ils sont l’écho de ton passage quand le dessin de l’oasis enfonce la matière ils sont lumière au passage de ma roue comme le phare au milieu de la route les corneilles les entourent dans une danse macabre marquant le talon d’une balise à mes yeux. Le vent se jette dans mes cheveux mes larmes vont à toi mais non folie il fait chaud et le vent est ailleurs ce sont tes poumons gonflés expulsant l’air qui vont à ma rencontre dans le frein grinçant d’un vélo aimanté passé par là hier et les autres jours parfois je rêve que je suis folle imaginant les silhouettes. Des cercles s’incrustent autour de toi autour de moi nous balisons notre route autour de nous rien c'est une ronde de feu dans la rosée du soir le foulard parfumé dans le dos je te sens c'est l'heure du cri du grain de sable dans le virage un soleil éclaire la route on se télescope dans notre danse pieds et poings liés les yeux assoiffés retenant l'heure accrochés à la grille verrouillée la clef métallique n'a pas de pitié pour l'amour la clef est en nous souvent je rêve d'un monde sans porte

lutin - 02-07-2008

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29 juin 2008

Le Cri (revu)

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Vivre n’est pas là
clouée et hurlante
peau lacérée
le venin entre les dents
éclaboussée
creusant les pupilles
bouche en entonnoir
sur vous elle crie

I n j u s t i c e

dresse des barricades
au sein de vos propres émeutes
au bras le poing
son ralliement
ses jambes encerclées
de vos convictions

.
Un déluge au pilori
ligotée
être n’est pas cela
elle continuera
luttant
un sang pur

de ses veines coulera
crucifiée
elle hurlera

I n e p t i e

d’un monde ficelé
bouche ouverte
muette
cordes vocales ôtées
la force de sa pensée
en travers de vos folies
jaillira

.

.

lutine 29-06-2008

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27 juin 2008

Magnétique

le_cri_du_peuple_grec

.

Le cri même si on ne l’entend pas se prolonge

comme la distance se rapproche ou s’éloigne

l’écho rappelant le chemin

autour d’un cercle en attente de sa courbe

C’est une route entre deux forêts noires

longue et tendue, derrière rien

C’est une mobylette réveillant le silence

cintrant la route dans sa roue, devant rien

C’est un objet en suspension

le visage en vrille entre deux arbres

les freins serrés ralentissant le temps

la route est son aimant

papillon de nuit attendant un halo de lumière

.

Elle voudrait brûler l'absence

le moteur asphyxiant l’air de ses accélérations

les phares blancs s’enfoncent dans la pente

quelle angoisse le ciel qui se vide

le sang qui se glace dans les veines

le silence et le noir

.

.

lutin - 26-06-2008

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24 juin 2008

Volontaire

Ce n'est pas de moi, c'est une réponse d'ailleurs, coïncidence, le même titre

Emotions censurées, j'en ai plein le container
J'm'accroche aux cendriers et j'm'arrange pas les maxilaires
Sélection rythmique, sélection d'combat, effets secondaires
C'est elles, séquelles, c'est tout c'qui me reste de caractère

Tête brûlée, j'ai plus qu'à m'ouvrir le canadair
N'essayez pas d'm'éteindre, ou j'm'incendie, volontaire
Volontaire!
A l'analyse, il sortirait que j'suis pas d'équerre
Vol de nuit sur l'antarctique, j'attends la prochaine guerre

Jamais d'escales, jamais d'contacts avec l'ordinaire
Perdus la boussole, le compas : erreur volontaire
Volontaire!

Frôler des pylônes, des canyons
Et frôler l'éphémère

Si tu touches, si tu t'crashes,
tu rentres dans le légendaire

Réalité, réalités, punition exemplaire
Si c'est pour jouer les fugitifs, moi j'suis volontaire
Volontaire!

Merci "d"

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23 juin 2008

Volontaire

 

DSCN2484

 

Chambre 13
Voyageur enfermé dans son ventre
Sur le mur est écrit « v o l o n t a i r e »
Reptile ligoté
Sur le blanc encollé
Est-ce toi avec ton doigt ?
Une coïncidence
Un présage
Le point sur le i ficelé
Le lien dépassant les frontières
En  message des lettres tatouées
Les dents serrées
Les poings enfoncés
Lire et relire « v o l o n t a i r e »
Quand je m’allonge sur le lit
Traumatisme crânien dans le V
Vouloir/Victoire/Veuvage/Viscéral
Hématome dans le L
Lacérée/Liberté/Libido/Lien
Taire comme se taire quand on aime
Terre/Terrasser/Terminus
Aire/Air/Errer
Visage/Visuel/Vie
Voix vitale/Voie tracée
En rappel
Vol/ au dessus du déséquilibre
Vol retour
Vrai, c’est vrai, je peux
Le mur devient écran géant
Téléphone muet
Filaire
Tout le monde descend
Jeu de l’insomnie
Poursuivie par la vitesse
Lon, oui c’est long de brasser
Un scrabble solitaire
Face à l’océan de la nuit
Une main dans le ressac
Dans la salle d’eau est écrit « i c i » à l’envers
Pourquoi à l’envers ?
Il faut pencher la tête pour lire
Plonger jusqu’aux épaules
Contre nature
Attendre le matin « v o l o n t a i r e »




Lutin – 23-06-2008




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19 juin 2008

Trauma

insecte_eveil

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Je vais partir
devant moi un ruban d’asphalte en plein jour
j’ai peur la nuit
alors j’attends
les phares jaunes m’attirent
mes yeux sont papillons collés à la lumière

Je vais me jeter à l’eau demain
dans les courbes noires
comme le peintre dans sa palette de couleurs
en vrille je roulerai vers l'inconnu
dans les méandres d’un but à atteindre
épaule en avant je trouverai le fossé au petit matin
ivre du manège

Je pars les insectes prisonniers sur le pare-brise
le canon d'une arme sur la tempe
à coups d’essuie glace je me chasse
d’un tourbillon où le jour est en sommeil
les rêves en apnée
sur la route meurent des troncs d'arbres déracinés

Le drap pèse dans l’attente
des nuages noirs percutent le plafond
où les corps cambrés ont laissé leur ombre
violemment un linceul écrase les formes
dans ma nudité s’accélère le compteur des heures
je bascule - puis rien
le silence


lutin – 19-06-2008

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15 juin 2008

Réfractaire

l_arbre_qui_dance

Attendre c’est mourir
tenter de mourir, c’est épuisant

Avant l’attente, il n’y avait rien
l’apesanteur derrière la feuille

Derrière la feuille, l’arbre
derrière l’arbre, moins que rien
un brin d’herbe
un pas de géant voilé vers l’éphémère des paysages

Devant, le pas lourd de  l’inutile
dans le vent d’une journée perdue
tout est poids, le mouvement de l’attente
après

Un saule pleureur dans un ciel de traîne
une femme dans les ramures

Ployées, ses lignes de main balancent
les courbes d’une vie

Là, elle voudrait être flamme
lécher les cendres des rêves éparpillés
devenir cœur de pierre réfractaire
au ventre de la terre



lutin – 15-06-2008

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11 juin 2008

Isidore dans la couleur

Isidore_Pils1

lutin - 11-06-2008

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