03 juillet 2008

lui

portrait1

Je suis perdue dans les grains de sable je les compte chaque jour ici depuis que je t’ai perdu je connais la couleur de leur profil dans cet endroit plat devenu mon repère le vent les promène isolés sauvant l’empreinte fatidique ils sont l’écho de ton passage quand le dessin de l’oasis enfonce la matière ils sont lumière au passage de ma roue comme le phare au milieu de la route les corneilles les entourent dans une danse macabre marquant le talon d’une balise à mes yeux. Le vent se jette dans mes cheveux mes larmes vont à toi mais non folie il fait chaud et le vent est ailleurs ce sont tes poumons gonflés expulsant l’air qui vont à ma rencontre dans le frein grinçant d’un vélo aimanté passé par là hier et les autres jours parfois je rêve que je suis folle imaginant les silhouettes. Des cercles s’incrustent autour de toi autour de moi nous balisons notre route autour de nous rien c'est une ronde de feu dans la rosée du soir le foulard parfumé dans le dos je te sens c'est l'heure du cri du grain de sable dans le virage un soleil éclaire la route on se télescope dans notre danse pieds et poings liés les yeux assoiffés retenant l'heure accrochés à la grille verrouillée la clef métallique n'a pas de pitié pour l'amour la clef est en nous souvent je rêve d'un monde sans porte

lutin - 02-07-2008

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29 juin 2008

Le Cri (revu)

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Vivre n’est pas là
clouée et hurlante
peau lacérée
le venin entre les dents
éclaboussée
creusant les pupilles
bouche en entonnoir
sur vous elle crie

I n j u s t i c e

dresse des barricades
au sein de vos propres émeutes
au bras le poing
son ralliement
ses jambes encerclées
de vos convictions

.
Un déluge au pilori
ligotée
être n’est pas cela
elle continuera
luttant
un sang pur

de ses veines coulera
crucifiée
elle hurlera

I n e p t i e

d’un monde ficelé
bouche ouverte
muette
cordes vocales ôtées
la force de sa pensée
en travers de vos folies
jaillira

.

.

lutine 29-06-2008

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27 juin 2008

Magnétique

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.

Le cri même si on ne l’entend pas se prolonge

comme la distance se rapproche ou s’éloigne

l’écho rappelant le chemin

autour d’un cercle en attente de sa courbe

C’est une route entre deux forêts noires

longue et tendue, derrière rien

C’est une mobylette réveillant le silence

cintrant la route dans sa roue, devant rien

C’est un objet en suspension

le visage en vrille entre deux arbres

les freins serrés ralentissant le temps

la route est son aimant

papillon de nuit attendant un halo de lumière

.

Elle voudrait brûler l'absence

le moteur asphyxiant l’air de ses accélérations

les phares blancs s’enfoncent dans la pente

quelle angoisse le ciel qui se vide

le sang qui se glace dans les veines

le silence et le noir

.

.

lutin - 26-06-2008

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24 juin 2008

Volontaire

Ce n'est pas de moi, c'est une réponse d'ailleurs, coïncidence, le même titre

Emotions censurées, j'en ai plein le container
J'm'accroche aux cendriers et j'm'arrange pas les maxilaires
Sélection rythmique, sélection d'combat, effets secondaires
C'est elles, séquelles, c'est tout c'qui me reste de caractère

Tête brûlée, j'ai plus qu'à m'ouvrir le canadair
N'essayez pas d'm'éteindre, ou j'm'incendie, volontaire
Volontaire!
A l'analyse, il sortirait que j'suis pas d'équerre
Vol de nuit sur l'antarctique, j'attends la prochaine guerre

Jamais d'escales, jamais d'contacts avec l'ordinaire
Perdus la boussole, le compas : erreur volontaire
Volontaire!

Frôler des pylônes, des canyons
Et frôler l'éphémère

Si tu touches, si tu t'crashes,
tu rentres dans le légendaire

Réalité, réalités, punition exemplaire
Si c'est pour jouer les fugitifs, moi j'suis volontaire
Volontaire!

Merci "d"

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23 juin 2008

Volontaire

 

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Chambre 13
Voyageur enfermé dans son ventre
Sur le mur est écrit « v o l o n t a i r e »
Reptile ligoté
Sur le blanc encollé
Est-ce toi avec ton doigt ?
Une coïncidence
Un présage
Le point sur le i ficelé
Le lien dépassant les frontières
En  message des lettres tatouées
Les dents serrées
Les poings enfoncés
Lire et relire « v o l o n t a i r e »
Quand je m’allonge sur le lit
Traumatisme crânien dans le V
Vouloir/Victoire/Veuvage/Viscéral
Hématome dans le L
Lacérée/Liberté/Libido/Lien
Taire comme se taire quand on aime
Terre/Terrasser/Terminus
Aire/Air/Errer
Visage/Visuel/Vie
Voix vitale/Voie tracée
En rappel
Vol/ au dessus du déséquilibre
Vol retour
Vrai, c’est vrai, je peux
Le mur devient écran géant
Téléphone muet
Filaire
Tout le monde descend
Jeu de l’insomnie
Poursuivie par la vitesse
Lon, oui c’est long de brasser
Un scrabble solitaire
Face à l’océan de la nuit
Une main dans le ressac
Dans la salle d’eau est écrit « i c i » à l’envers
Pourquoi à l’envers ?
Il faut pencher la tête pour lire
Plonger jusqu’aux épaules
Contre nature
Attendre le matin « v o l o n t a i r e »




Lutin – 23-06-2008




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19 juin 2008

Trauma

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.

Je vais partir
devant moi un ruban d’asphalte en plein jour
j’ai peur la nuit
alors j’attends
les phares jaunes m’attirent
mes yeux sont papillons collés à la lumière

Je vais me jeter à l’eau demain
dans les courbes noires
comme le peintre dans sa palette de couleurs
en vrille je roulerai vers l'inconnu
dans les méandres d’un but à atteindre
épaule en avant je trouverai le fossé au petit matin
ivre du manège

Je pars les insectes prisonniers sur le pare-brise
le canon d'une arme sur la tempe
à coups d’essuie glace je me chasse
d’un tourbillon où le jour est en sommeil
les rêves en apnée
sur la route meurent des troncs d'arbres déracinés

Le drap pèse dans l’attente
des nuages noirs percutent le plafond
où les corps cambrés ont laissé leur ombre
violemment un linceul écrase les formes
dans ma nudité s’accélère le compteur des heures
je bascule - puis rien
le silence


lutin – 19-06-2008

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15 juin 2008

Réfractaire

l_arbre_qui_dance

Attendre c’est mourir
tenter de mourir, c’est épuisant

Avant l’attente, il n’y avait rien
l’apesanteur derrière la feuille

Derrière la feuille, l’arbre
derrière l’arbre, moins que rien
un brin d’herbe
un pas de géant voilé vers l’éphémère des paysages

Devant, le pas lourd de  l’inutile
dans le vent d’une journée perdue
tout est poids, le mouvement de l’attente
après

Un saule pleureur dans un ciel de traîne
une femme dans les ramures

Ployées, ses lignes de main balancent
les courbes d’une vie

Là, elle voudrait être flamme
lécher les cendres des rêves éparpillés
devenir cœur de pierre réfractaire
au ventre de la terre



lutin – 15-06-2008

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11 juin 2008

Isidore dans la couleur

Isidore_Pils1

lutin - 11-06-2008

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10 juin 2008

Je m'appelle Isidore

Isidore_Pils

lutin - 10-06-2008

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08 juin 2008

J'ai peur

cown

J’ai peur de me perdre dans ce front immense

de me reconnaître dans le tunnel du cheveu

à la racine me casser le nez

une larme le long de la joue peinte

J’ai peur de l’œil cerclé de mascara noir

mon deuil à venir souligné d’un trait fin

de ses sarcasmes captivant le spectateur

de ses armes fatales feintes

J’ai peur de vivre sans la géométrie multicolore du vêtement

habituée au triangle isocèle de ses humeurs

à sa bouche posée sur la mienne

J’ai peur de mourir d'amour

sans la main bordant mon sommeil

d’un lit froid sans jambe

J’ai peur de l’uniformité de la vague

du plastron collé sous la veste

la cravate accrochée au cou

J’ai peur des oreilles ouvertes

de leur manière à fermer les écoutilles

sur le monde

J’ai peur d’être femme assise sur un banc

devant moi la piste aux étoiles

je veux rester enfant

J’ai peur d’avoir peur

d’autres mains ont gratté le costume

de l’ongle ont emporté leurs illusions

J’ai peur de l'amour et je vous aime

j’ai peur de l’éphémère

du présent perdu

de l’avenir sans nom

Je suis le magicien au nez rouge

faisant un pied de nez

sans en avoir l’air je vous bouleverse

là est ma démarche

J’ai peur de vos armes et je vous désarme

je suis un clown

je vous fais peur

j'ai peur

lutin – 08-06-2008

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