23 juin 2008

Volontaire

 

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Chambre 13
Voyageur enfermé dans son ventre
Sur le mur est écrit « v o l o n t a i r e »
Reptile ligoté
Sur le blanc encollé
Est-ce toi avec ton doigt ?
Une coïncidence
Un présage
Le point sur le i ficelé
Le lien dépassant les frontières
En  message des lettres tatouées
Les dents serrées
Les poings enfoncés
Lire et relire « v o l o n t a i r e »
Quand je m’allonge sur le lit
Traumatisme crânien dans le V
Vouloir/Victoire/Veuvage/Viscéral
Hématome dans le L
Lacérée/Liberté/Libido/Lien
Taire comme se taire quand on aime
Terre/Terrasser/Terminus
Aire/Air/Errer
Visage/Visuel/Vie
Voix vitale/Voie tracée
En rappel
Vol/ au dessus du déséquilibre
Vol retour
Vrai, c’est vrai, je peux
Le mur devient écran géant
Téléphone muet
Filaire
Tout le monde descend
Jeu de l’insomnie
Poursuivie par la vitesse
Lon, oui c’est long de brasser
Un scrabble solitaire
Face à l’océan de la nuit
Une main dans le ressac
Dans la salle d’eau est écrit « i c i » à l’envers
Pourquoi à l’envers ?
Il faut pencher la tête pour lire
Plonger jusqu’aux épaules
Contre nature
Attendre le matin « v o l o n t a i r e »




Lutin – 23-06-2008




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19 juin 2008

Trauma

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.

Je vais partir
devant moi un ruban d’asphalte en plein jour
j’ai peur la nuit
alors j’attends
les phares jaunes m’attirent
mes yeux sont papillons collés à la lumière

Je vais me jeter à l’eau demain
dans les courbes noires
comme le peintre dans sa palette de couleurs
en vrille je roulerai vers l'inconnu
dans les méandres d’un but à atteindre
épaule en avant je trouverai le fossé au petit matin
ivre du manège

Je pars les insectes prisonniers sur le pare-brise
le canon d'une arme sur la tempe
à coups d’essuie glace je me chasse
d’un tourbillon où le jour est en sommeil
les rêves en apnée
sur la route meurent des troncs d'arbres déracinés

Le drap pèse dans l’attente
des nuages noirs percutent le plafond
où les corps cambrés ont laissé leur ombre
violemment un linceul écrase les formes
dans ma nudité s’accélère le compteur des heures
je bascule - puis rien
le silence


lutin – 19-06-2008

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15 juin 2008

Réfractaire

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Attendre c’est mourir
tenter de mourir, c’est épuisant

Avant l’attente, il n’y avait rien
l’apesanteur derrière la feuille

Derrière la feuille, l’arbre
derrière l’arbre, moins que rien
un brin d’herbe
un pas de géant voilé vers l’éphémère des paysages

Devant, le pas lourd de  l’inutile
dans le vent d’une journée perdue
tout est poids, le mouvement de l’attente
après

Un saule pleureur dans un ciel de traîne
une femme dans les ramures

Ployées, ses lignes de main balancent
les courbes d’une vie

Là, elle voudrait être flamme
lécher les cendres des rêves éparpillés
devenir cœur de pierre réfractaire
au ventre de la terre



lutin – 15-06-2008

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11 juin 2008

Isidore dans la couleur

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lutin - 11-06-2008

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10 juin 2008

Je m'appelle Isidore

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lutin - 10-06-2008

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08 juin 2008

J'ai peur

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J’ai peur de me perdre dans ce front immense

de me reconnaître dans le tunnel du cheveu

à la racine me casser le nez

une larme le long de la joue peinte

J’ai peur de l’œil cerclé de mascara noir

mon deuil à venir souligné d’un trait fin

de ses sarcasmes captivant le spectateur

de ses armes fatales feintes

J’ai peur de vivre sans la géométrie multicolore du vêtement

habituée au triangle isocèle de ses humeurs

à sa bouche posée sur la mienne

J’ai peur de mourir d'amour

sans la main bordant mon sommeil

d’un lit froid sans jambe

J’ai peur de l’uniformité de la vague

du plastron collé sous la veste

la cravate accrochée au cou

J’ai peur des oreilles ouvertes

de leur manière à fermer les écoutilles

sur le monde

J’ai peur d’être femme assise sur un banc

devant moi la piste aux étoiles

je veux rester enfant

J’ai peur d’avoir peur

d’autres mains ont gratté le costume

de l’ongle ont emporté leurs illusions

J’ai peur de l'amour et je vous aime

j’ai peur de l’éphémère

du présent perdu

de l’avenir sans nom

Je suis le magicien au nez rouge

faisant un pied de nez

sans en avoir l’air je vous bouleverse

là est ma démarche

J’ai peur de vos armes et je vous désarme

je suis un clown

je vous fais peur

j'ai peur

lutin – 08-06-2008

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07 juin 2008

Sentinelle

sentinelle

http://devillers.viabloga.com/

Scarifiée à la verticale

suspendue aux oiseaux

la peau de son ventre  à l’air libre

elle aspire la brutalité comme l’enfant

naïf des tortures de l’esprit

les yeux crevés

devant, elle regarde dans la pensée

Guerre où les hommes se déchirent

dans la morsure des biens appropriés

à coups de hache affûtée

au pilori implorant la paix

elle fixe le ciel enflammé

obscurci d’une cendre opaque

à l’intérieur, ses yeux reconnaissent l’odeur acre

Le ciel est lourd d’orage

la peau criblée de cruauté en mille parts

elle demande un couteau

comprimant sa rébellion entre les lèvres

la terre est un cratère d’invectives

traversées de giclées de mots impossibles

muette, entre les dents elle sert la lame

lutin – 07-06-2008

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06 juin 2008

Le Cri

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http://devillers.viabloga.com/

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Vivre n’est pas là, clouée et hurlante

dans sa peau pénètre vos lanières

un venin acide entre vos dents, éclaboussée

creusant ses pupilles

bouche en entonnoir

sur vous elle crie l’injustice

Elle voulait courir les chemins

dresser d’autres barricades

au sein de vos propres émeutes

au bras le poing du ralliement

avec ses jambes encerclées de vos convictions

un déluge l’a ligotée au pilori

Etre n’est pas le temps

contre le mur elle continuera la lutte

tant qu'un sang pur coulera de ses veines

crucifiée elle hurlera l’ineptie de ce monde

ficelée, bouche ouverte, muette, cordes vocales ôtées

la force de la pensée en travers de vos folies jaillira

lutin - 06-06-2008

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05 juin 2008

Après l'amour

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Après l’amour c’est dans un bassin
d’eau bleue, bordée de carreaux blancs
que le chant des corps monte en surface
le plafond de verre en miroir explosant du cri
dauphin dans un verre d’eau je me cambre
tête hors de l’eau pour l’embrasser
le dresseur de poissons

Reins immergés
devenus eau
à fleur de vague je veille entre bleu et blanc
tu es au-dessus de moi tête baissée
mon œil en haut à la recherche de ton air
chuchotements de nos chants
je devine tes contours
reconnais le pied cambré dans la margelle
dans un trop plein de salissures
ta peau est là d’un rayon de soleil habillée
nettoyée du chlore
brillante comme une plante aquatique
en vie

Ni sable, ni algue
dans mon monde aseptisé
à ciel ouvert entre eau et terre
je ne suis qu’onde chaloupant vers tes yeux
dans un verre d’eau
ainsi était mon rêve
entre mort et vie
vie et mort
je ne sais, en plongeant j’ai oublié le sens



lutin – 05-06-2008

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03 juin 2008

Sans effort

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Tous les matins il rentre dedans tête baissée comme il s’enfile dans le métro de la veille, il s’y glisse comme il s'enfonce dans la rame, elles sont un moyen de locomotion, elles gardent leur forme, à peine asséchées du labeur de la veille, vieilles chaussures aplaties avec dedans les empreintes des orteils, au dehors les odeurs de la rue. Elles partent au boulot, dans le ventre une envie de vomir, les orteils agités, la cheville bloquée, la crampe dans le mollet, les lombaires douloureuses, le feu remontant au cou faisant crier la tête et les pieds qui collent, et les pieds qui collent. Chaque jour un effort de plus pour chaque maillon de la chaîne alors que les mains veulent vivre autre chose encore, vivre encore, vivre tout court. Toute la semaine entre quatre murs, entre élastomère et cuir, semelle et chiffres, sonneries et conneries, et les pieds collent, et les orteils s’étiolent dans un carcan de cuir imbibé de la rébellion de chaque organe, une semelle usée du métro, du macadam, alors que la chaussure attend l’amnésie, et le pied qui colle, et la cambrure qui souffre de la contrainte morale, et le talon qui attend la liberté. Le sien se crispe sur le contrefort, soumis, lavé de l'ennui de la veille, il se rappelle et montre le chemin inverse chaque matin du lit au métro, du métro à l’ascenseur, de l’ascenseur à la rue tournant le dos, et le dos qui fait mal. La jambe s’agite au-dessus de la chaussure, pleine de vigueur se rebelle, veut vivre encore, veut vivre encore, sans effort vivre et d'amour et d'eau fraîche les mains posées sur la table et les doigts qui dansent sans effort remontent à la tête fermant les paupières pour rêver à un autre monde, vivre encore dans un autre monde sans effort.

lutin - 03-06-2008

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