03 septembre 2008

Qu'importe

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Sur l’épaule de l’autre
Posé par habitude
Le vide a fait son nid
La tête passe dans un trou béant

Epaule habillée de bleu
Le tissu est un rempart
Des défenses d’animal sur l’être
Laissant l’autre brûlant

Quand j’étais enfant
Au ventre de ma mère
Des mains serraient mon cou
C’est tuant la différence

Dans le fleuve
On essaie de marcher sur l’eau
A la mer où que l’on aille
Qu’importe j’emmène



lutin - 03-09-2008

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20 août 2008

Exorcisme

Mensonge

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..........Il y a les mots que l'on ne dit pas mais qui surgissent comme l'évidence, des silences qui hurlent, une vague d'encre jetée au visage défigurant l’amour quand nous étions nous-mêmes, un ras de marée couvait sous une mer d'huile qui cachait l'inévitable ramenant sur la plage des cadavres cachés au fond des placards et des vivants à moitié fantômes envahisseurs dans leur semi présence. Dans la tête un clocher sonne les heures, en écho une voix d’ici-bas dans le sac promenée en bateau.

Ce soir j’ai marché tard à la lisière de l’eau la tête dans le miroir, les pieds râpant le ciment, quelqu’un siffle très fort, tout est calme aux alentours. Il y a le masque méconnaissable frisant la démence, l’eau claire reflétant les pensées infusées accrochées aux algues, drôle de tête se disent les poissons moqueurs au-dessous soufflant quelques bulles, l'air est pesant au-dessus, quelqu’un crie à l’intérieur, vous êtes dans mon monde sans oxygène.

Sans repère embrassant le vide j’ai senti le froid du vent soulever le cheveu décollant la racine libérant le mâle, trébuchant j’ai vu plier mon corps ramassant la poussière, j’ai vu mes mains fouiller les poubelles, mes propres bras enserrant ma tête pour en faire un toit, les doigts écrasant les paupières pour fermer les volets, les ongles crevant l’œil pour ne plus jamais voir, même pas le brouillard.

Il faut crier et pourquoi ne pas chanter, ou danser révolté dans le fumier, ça brûle follement quand on bascule le tympan éclaté, c’est la peur qui rentre dans le corps, l’esprit qui sort, un dédoublement de soi et pourquoi je pense à ce film d’horreur, l’exorciste, une tête à 180° fait le tour du passé crevé sur le pavé.

Les démons en forme de mensonges jaillissent dans le noir visant la tête, j’ai peur des mensonges, des balles perdues, je rampe sous les portes craquant l’allumette pour ne pas me cogner, je fais silence en moi pour ne pas déranger les voisins,  je ne suis là pour personne derrière les rideaux, je dors la porte ouverte, les flashs sont cruels sous les fenêtres, coquelicot cueilli dans la campagne, écrasé dans la main, je suis tombée empoisonnée.

J'aime les anges qui marchent avec moi emportant comme un drapeau noir la dernière étreinte et le désir gonflant le bas ventre sous l’étoffe. Allongée comme l’animal attaché à son arbre, l’entaille au poignet, mes mains comme deux nœuds de vipère frappent en l’air au centre de la terre la regardant sous ses jupes. Je vais mordre la rage dans la mâchoire, le mouchoir entre les dents, je vais pousser mon premier cri primal, je ne suis pas folle, on a volé mon sang, les mains malhabiles cherchent encore dans un panier de linge sale un ultime coït pour lui tordre le cou.





lutin – 20–08-2008

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17 août 2008

Cendres

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http://devillers.viabloga.com/

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Ouvrir les yeux refusant le prolongement de la lumière aveuglante

Les ombres s’allongent de l’œil au sol

De la terre à la main surgit l’éclaboussure de l’évidence

Un monstre était là tapi sous la paupière

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La main vers l’extérieur conduit l’œil clos

Les doigts mêlés aux barreaux du regard

Le soupirail noirci de la cécité craque

Dans les yeux décousus vient danser la mort

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Rouille accumulée au fond de l’orbite

La poutre dans l’ossature de la machine cède

Au creux du ventre la main se brise

L'holocauste était là dans toutes ces mémoires empilées

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lutin - 17-08-2008

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16 août 2008

Eau déflorée

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On a étendu l’eau comme un drap à rayures sur le lit, on la regarde comme la chambre virginale en attendant  l’union

On la défroisse, on prend sa température, comme l’enfant au bord de l’eau on la surveille protégeant l’abîme géant

Pudiquement on y met les mains portant les doigts aux lèvres, on bénit son sein avec quelques mots de tendresse

On la berce pour calmer sa soif d’exister, on la prépare à devenir épouse dans la lumière

On la rassure tissant un pacte entre silence et sang bouillonnant, des yeux on plonge dans ses entrailles pour la dompter

C’est épuisant la fébrilité nouant le ventre, on la borde pour la nuit, dans l’attente de l’engagement seule sous le drap on se retourne dans des rêves agités.

Il y a des nuits qui vous relèvent épuisée

On est debout les doigts croisés dans le dos nattant des prières à genoux dans la tête

On tremble, c’est l’heure de la défloraison, il y a l’appréhension du premier contact, sans mot comme une flèche on la pénètre

C’est fini la caresse, on vit une fusion plus profonde, violemment on la bague, on la boit.

C’est terrible cet instant, dans la seconde qui suit on sait si le corps prend forme dans la jouissance ou l’enfer

lutin - 16-08-2008


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15 août 2008

J'ai perdu pied

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J’ai bu le sang dans l’avidité du geste
Je n’ai pas compris la guerre
Etirée entre eau et air
Je construisais la femme victorieuse

J’ai bu le sang à fendre l’eau
Tu ordonnais, j’obéissais
Des mots de feu glissés sous la peau
Tu m’as écorchée vive
Dans la douleur j’ai ralenti le geste

Ton sang bouillonnant était le mien
Dans l’eau froide il me réchauffait
A l'horizontal mon corps luttait
Fier de te satisfaire dans ton cri
Il nous unissait entre terre et eau

J’ai cru remporter des médailles
A pendre à ton cou
Colosse les yeux baissés
Tu as hurlé une fois de trop
J’ai perdu pied

lutin - 15 - 08 -2008


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12 août 2008

Cube d'eau

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Je vais couper l'essentiel qui me semblait être et partir, je ne serai jamais tranquille entre deux bassins, du réel à l'irréel, je me perds. Amère je le suis à l'étroit dans une combinaison qui ne me convient pas, le buste aplati, l’épaule bloquée dans un bleu trop épais. Je suis liane et me voilà enchaînée alors que je devrais être lame de rasoir dans la pliure de la matière. J'ai retourné ma peau, elle ne transpire plus et ralentit mon expression. Invulnérable je me suis accrochée comme un lierre et me voilà feuille étiolée dans une maison sans étoile.

J'avais creusé le sillon jusqu'au podium  tant de fois, préparé le nid, élagué les ronces craignant la peau écorchée. Dans ma voracité j'ai fait plus blanc que blanc légère comme une plume d’oiseau et me voilà fleuret brisé d'ennui dans un monde sans vague, dans une eau mazoutée. Je vais gonfler mes poumons et atteindre des sommets ailleurs, peu importe si je ne croise pas le fer, l'important est de respirer sans perdre la tête.

Je vais casser la vague émoussée avant l'heure, on s’est trop applaudi pour supporter la plage sans rouleaux. Comment fendre cet habit de lumière et glisser dans le gant de l’océan ? Un doigt oui juste un doigt sans anneau non. Le corps déshabillé du fourreau contre l’aiguille du temps se meurt.

Il y a une ligne d'eau qui mène à l’exil, dans mes bras je l’ai longtemps serrée, je l’ai usée suspendue à la gloire. Le feu s’est éteint dans un cube d’eau.


lutin - 12-08-2008

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05 août 2008

espiègle

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03 août 2008

Ailleurs dans la couleur

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lutin - 03-08-2008

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02 août 2008

Mouvance

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27 juillet 2008

Ailleurs

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DelacroixOrpheline

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lutin - 27-07-2008

Pour répondre à Viviane,  c'était un très bel exercice dans l'apprentissage. Mon but la maîtrise de la main passant par l'observation. On croit voir, mais ce n'est pas vrai, voir est un apprentissage, preuve en est.

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