06 juin 2009

On se dispute un landau

Un peu de poésie

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22 mai 2009

A la manière d'une autre écriture

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......................Il suffit de presque rien, une rotation peut-être programmée, par un appareil photos, ou du vent, ou son propre souffle, au creux de l'oreille, tout doucement, ou dans la bouche, un peu plus fort, un doigt, sous le menton, pour que le portrait devienne manège, un cheval de bois dont on tient les rênes, un animal qui se cabre, face à son miroir, il suffit d'un réglage focal, écartant la lumière, pour un fond blanc sans barreaux, une tête à l'endroit de l'enfant qui a fini sa dernière pirouette, dans un autre monde, dans un autre voyage, à la dernière page du livre, il suffit d'en commencer un autre, la table des matières répertorie les chapitres, à lécher une barbe à papa, le sourire en bouche, le premier promet l'ouverture d'un angle, il est un cercle à lui tout seul, un ballon rond qui dévale la pente, à toute allure, dans un champ de coquelicots, pourquoi tant de vitesse, me direz-vous, c'est parce qu'on lui a dit que c'était là où on avait écrit le titre "je veux être heureux" que c’était là l’équilibre des choses, l’aiguille cherchant sa verticale, entre deux plateaux, vous avez l’air d’un excellent jeune homme, mais je ne connais rien de vos pulsions meurtrières, disait cette histoire stylisée, écrite depuis toujours, je croyais aux maisons, aux volets, aux chevaux, je croyais à la sauvagerie de l’âme, je ne savais rien de la lame de fond, des os tranchés, hier soir, j’étais la femme parlant à l’homme, des éclats de soleil qui passent dans la rue, les bras le long du corps, suspendus, dans ce geste impossible, pour mieux danser avec un vélo, elle a quitté sa vie.

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lutine - 22-05-2009

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19 mai 2009

Juste au bord

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C’est un grand terrain vague

Brèches invisibles

Les murs saignent de la violence de la table

On ne chasse pas les images à coups d’éponge

Nous portons notre dernier habit

La mort est envie jusqu’aux chuchotements des rêves

Et le fleuve continuera de couler

Dans le gouffre que nous sommes



On ne cache pas les résonnances du silence

Du fil inversé à la pliure de la main

C’est un inventaire dans une ligne suturée

Où les contours sont perméables
   
 



lutine - 18-05-2009

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18 mai 2009

les enfants de Don Quichotte

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"On est capable d’envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l’espace, d’identifier un criminel à partir d’un cheveu ou d’une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d’informations. ON EST CAPABLE DE LAISSER MOURIR DES GENS DANS LA RUE."

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On est capable d’ériger des gratte-ciel de six cents mètre de haut, de construire des hôtels sous-marins et des îles artificielles en forme de palmiers, on est capable d’inventer des matériaux de construction « intelligents » qui absorbent les polluants atmosphériques organiques et inorganiques, on est capable de créer des aspirateurs autonomes et des lampes qui s’allument toutes seules quand on rentre chez soi. ON EST CAPABLE DE LAISSER DES GENS VIVRE AU BORD DU PERIPHERIQUE.

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No et moi de Delphine de Vigan

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Colère
Laisse couler les mots
Sans retenue
Comme lave en fusion
Déferle sur la ville

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Crie !

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Que ta voix
Réveille les sans questions
Hurle le poids de tes déchirures
Bouge cette inertie
Crève les tympans
Des aveugles

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Rage
Livre-toi
Sans pudeur
A ce monde léthargique

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Comme voiture folle
Déferle sur la ville

Regards affolés
La mort en face
Dernier soubresaut
Des yeux expressifs
Des têtes qui se relèvent

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Enfin !

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En fleuve déchaîné
Sur la ville
Laisse couler tes eaux
Chargées d’éboulements

Des yeux épouvantés

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Enfin réveillés !

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Au travers de ta peau

Hurle à exploser les vitraux
De cette église
Qui est tienne

Dans leur dénuement
Qui sait …

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lutin

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14 mai 2009

Les assis


Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;


Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S'entrelacent pour les matins et pour les soirs !


Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.


Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L'âme des vieux soleils s'allume emmaillotée
Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains.


Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S'écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour.


- Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage...
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.


Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors !


Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez pris dans un atroce entonnoir.


Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales
Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever.


Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;


Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules
- Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.

Arthur RIMBAUD, Poésies 1870-1871

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13 mai 2009

Recto-Verso

Une exposition à ne pas manquer si vous passez par la Belgique

http://devillers.viabloga.com/

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Bouche décousue
coupée en deux
mots plus bas
plus haut la voix
cisailles ouvertes
voilà
attends un peu
ne ferme pas les yeux
en eau forme la haine
à coups de rasoir
et crache
papier buvard
saturé
c’est le sang dans la voix
injecté dans la salive
langue pointue du serpent pris au piège
c’est du mercure au chrome sur la plaie de l’autre
le venin antidote sous-cutané
cargo de mots puants
projetés dans la tête lacérée
tissu de chair vivante
émietté dans l’assiette
entre deux couteaux
tempête pulvérisée dans un verre d’eau
mensonges
en médicament  de rémission
embryon de mort
glissant dans la salive avalée
un clou au fond de la gorge
dans l’œsophage un marécage
s’enfonçant dans l’estomac
un cri au bout de la langue
l’écho dans le ventre
sans oxygène
cherchant la porte de sortie
vers le bas
la haine sur le visage
le crachat est authentique
on l’apprend dans la rue
on l’offre à la pute bottée de noir
ramassis de fiente humaine
crachats sur la mèche de cheveux
bouche laquée du fiel de l’homme
le nerf sectionné
elle ne sourit plus
lèvres en suspension
une balle
trois balles
plombée d’écume rouge
plus bas la voix
arrêtez la musique
capsule blanche pour quoi faire
sous la langue sèche
et si c’était la fin
embrasse Marie pour moi

lutin

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12 mai 2009

Hélène Soris

Entrez et laisser vous porter

(félicitations Miss)

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http://www.francopolis.net/salon/Fourmi-Salonmai09.html

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11 mai 2009

Cascade

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acrylique sur toile

lutin - 11-05-2009

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09 mai 2009

Le cerisier

Une peinture d'ailleurs / un souvenir d'enfance

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                           J'ai grimpé jusqu'à la cime du cerisier, dans un short trop court mes jambes balafrées m'ont emmenée à la dernière cerise écrasée contre ma bouche de petite fille gourmande, en chemin j'ai perdu ma sandalette et me voici les yeux larmoyants assise sur une branche à regarder le sol et le soleil décliner. L'ombre se fait terreuse alors que l’écureuil ami s’excite enroulant sa queue contre le tronc en éclair d’orage. Dans mon regard noirci vous pouvez lire la peur, les pupilles sont des cailloux qui tombent, le blanc est un étang qui déborde. J’ai mal au ventre, il ne faut pas avaler les noyaux, mon grand père me le disait si souvent. Une boule m’empêche de respirer, tout se noue entre la bouche et l’estomac, seul  le ventre comme un robinet ouvert réclame la sortie. Je suis perchée emmaillotée dans une culotte de coton blanc et serre des poings, le feu monte aux joues, cramoisie je crie l’échelle, c’est l’heure de la sieste et je suis seule au monde mes doigts teintés d'encre rouge comme mes lèvres, juste un caillou entre mes mains transporté du sol au plafond pris sur la table. Il n’y a plus de ciel dans l’arbre centenaire, il n’y a plus de soleil, juste le vert des feuilles sur mes épaules pesant une tonne. Quand les parents appelleront à l’heure du goûter, les bols remplis de fraises marinées dans du sucre et du vin, je serai morte.

lutine

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28 avril 2009

La mariée dévissée

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de Jean Crotti - Musée d'art moderne

Tu perds l'équilibre au milieu du désert
Les yeux en voyage en dehors des heures

Tu as cassé tes chaînes
Battu à  mort la boussole au soleil couchant

Juste ton nom au bord du tombeau
Personne pour te jeter la première terre
Dans tes pas éphémères à la recherche du temps

Du sable crisse sous tes dents
La fleur mâchée au fond de la bouche
Le jus avalé en sirop d’érable

Que laisses-tu derrière toi ?
Le silence

Que cherches-tu devant toi ?
Un mirage

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B

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