05 mars 2009

Décoction

 

 

Demain quand la terre s’entrouvrira
creusée de nos mains
quand les cadrans s’arrêteront
les forêts asséchées
d’un soleil trop ardant
le bois mort avant d’être brûlé

Demain quand la terre sera un terrain vague
un entonnoir dégoulinant de nos poubelles
les rapaces toujours vivants
engrossés de nos erreurs
l’argent de tous bords traqué
la puissance individuelle à son paroxysme

Demain quand les voleurs d’âmes
au regard de chiennes
léchant le cul pour mieux ensorceler
seront cloués au pilori
les corps vidés de leur substance maléfique
je me surprendrai
fétu de paille défenestré
à tordre les inepties

L’horizon est un mur sans altitude
transpercé d’une flèche au curare
mes espérances s’égarent
comme le foulard autour du cou
demain est ma mémoire en haut d’un gratte-ciel
un ultime vertige jusqu’à vos bras tendus
que je croyais menacés des reptiles

 

lutin - 05-03-2009

 

 

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04 mars 2009

Le langage des viscères

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27 février 2009

Les confidences d'une toile

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et mon inspiration

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Tu tournes le dos au milieu du désert
Les yeux en voyage au milieu d’un nuage

Tu as cassé tes chaînes
Battu à  mort la boussole au soleil couchant

Seule ta peau au bord du tombeau
Personne pour te jeter la pierre
Dans tes pas éphémères à la recherche du vent

Du sable crisse sous tes dents
La fleur au coin de la bouche
Le jus avalé en sirop d’érable

Que laisses-tu derrière toi ?
Le silence

Que cherches-tu devant toi ?
Un mirage

.

lutine - 27-02-2009

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22 février 2009

"Quelque chose de cette mère où s'entrouvre ton ventre"

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J’ai peur de me taire
j’ai peur de perdre la voix, amie qui me tient la main
il faut que je me taise
j’avale le mot dans l’oubli de moi
les secrets seront écrits plus tard

Je vous aime dans l’atmosphère poussiéreuse
les secrets dans les recoins me collent au sol
ma mort n’y changera rien
ma mémoire a le cafard vidée d’espérance

Blafard est le teint
sur les murs sont écrites vos confidences
sur le canapé aussi des gestes incrustés
jusqu’à la salive dans le tissu, marqué du sexe aussi

L’avenir a perdu son chemin
un désert monochrome peuplé d’absence
voute les épaules dans l’air paralysé

Rien ne circule, les trains électriques se sont arrêtés
la musique aussi, le chat miaule
la mémoire en couleurs torture le ventre
le jouet est cassé
la toupie fait du sur place
le long d’un mur si haut se cogne le jour

Une part de vie dans les paquets en partance
en vrac le passé à même le sol froisse le tissu
comme la peau
des nœuds dans la tête, des lacets accrochés à la fenêtre
les pieds en suspension, la tête ailleurs
le chat se roule dans l’odeur fantôme

Je vous laisse les clefs
ma mémoire a le cafard
mon corps est un désert
une gare la nuit peuplée de vous
je choisis l’insécurité qui me colle déjà aux os


lutine - 22-02-2009

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20 février 2009

La langue

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Muette dans une prison de chair
mouillée des mots retenus
elle trempe dans son bocal salin
la langue
la bouche close tout sourire

Cerise en cours de macération
c'est une envie de la tirer
la langue
la faire baver

C'est une envie de l'enrouler
dans sa propre langue
en absorber salive et mots
salés
sucrés

C'est vouloir communier
que dis-je !
communiquer ou inversement
une langue à l'endroit une langue à l'envers
ou tête-bêche

Dressé le nez capte le jus
au bout de la langue
le mot
la voix



lutine

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18 février 2009

le vent - la vague

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Lente la vague de la pensée
au bord de l'écriture
à l'aplomb de la falaise

Le vent se nourrit des mots - gonfle la vague
lit un livre ouvert - feuilles volantes
curieux - tourne les pages
sous l'eau noie les premières joies

Monte la vague - chargée de mots
des mots de larmes
des mots d'enfants

En dessin de nuages emportés par le vent - les rêves
sous la brûlure du soleil reviennent
en cortège de cendre

Gonfle la vague
en chemin une éolienne brasse le vent
parle la vague

Des mots engloutis dans la tempête - vague
pour eux qui s'aiment
chasse les algues - les feuilles mortes

lutin - 18-02-2009

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15 février 2009

Ebauche

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lutin - 15-02-2009

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13 février 2009

Planète morte

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Il suffira de dire que c’était spirituel ces images de la nuit
quand les volets frappaient aux carreaux
j’ai senti mes jambes fuir
j’ai peint de la neige au couteau sur un mur
tué le cauchemar et réchauffé mes mains entre les pages d’un livre
récoltant des mots imprimés comme des pétales de roses
à pleines mains je les ai avalés
des lacets de cris ont étranglé la nuit
ai-je assassiné une autre vie plongeant entre les lignes d’un thriller ?

Quelle arme utilise-t-on pour oublier ?

une arme à feu

une arme blanche

ou à sang

Il faudrait refaire les bonnes connexions
savoir pourquoi la main se bloque alors que les doigts ne gèlent plus
sortis de la pierre ensevelie
blanc le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée
un point lumineux au centre montre le chemin de l’espace protégé
il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps
je me suis exercée à compter le cliquetis des touches sur le clavier
à la recherche des phrases sur lesquelles prendre appui
peau contre drap les lignes s’enroulent jusqu’à la gorge
la tête est une planète morte quand le sommeil fuit
dans l’envie d’un point d’eau, d’un coin de peau
entre deux livres, ivres de naître avant demain




lutin - 13-02-2009

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09 février 2009

46ème salon - sélection du jury

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Tu es seule sur un promontoire à l’abri de la ville
tu n’entends rien derrière le double vitrage bleuté
c’est une cathédrale habitée de vies sorties de l’esprit
les spots au dessus de ta tête éclairent le ciel
se décuplent en appel dans les fenêtres éteintes
on doit te voir, tu es le centre au-dessus de l’affiche
la terre est en bas trempée de pluie
les pas fuient sous les parapluies aux baleines fragiles
et les arbres  humbles se couchent
les cheveux de ces dames s’envolent
les parapluies se retournent
tu es au centre du manège à l’arrêt
comme l’ange gardien juché sur son nuage de fortune
quand frappe la tempête

le détecteur intuitif se focalise
la porte s’ouvre
le vent s’engouffre
les pas aussi, les voix montent de plus en plus amples
deux femmes te parlent
assise tu sursautes, si seule et si bien
tu penses à un hall de gare
il n’y a pas de pendule
ni de train, ni de joueur d’accordéon
ni de micro annonçant les grèves
tu imagines les passagers bloqués entre hanche et épaule
tu sens l’odeur des cheveux mouillés et des manteaux de laine
te remonte l’odeur de la sueur incrustée dans les métros clos
tu as perdu pied dans le silence
si loin des routes gorgées de voitures aux phares allumés
suspendue comme un drapeau entre terre et ciel   
les voix crispent tes pensées
déconcentrent ton admiration
des mots futiles de politesse t’obligent à lever les yeux
à sourire aussi

l’écho d’une voix forte te perturbe encore plus
guerrier des lieux, le pardessus trempé, tonitruant il passe la porte
comme d’habitude volubile à l’excès
sa passion est là face aux tableaux
et ses cordes vocales montent en extase jamais assouvie
timides d’autres têtes baissées s’éclipsent
tu rêves d’applaudissements
tu tends l’oreille à l’écoute des commentaires chuchotés
une galerie d’art c’est comme une église on y parle tout bas
les hommes ôtent leur chapeau
on est debout en prière, le doigt pointé
les lèvres fermées n’osant pas s’ouvrir
resteront en mémoire les mots du connaisseur dont je baise la main
il y a une forêt, un puits de lumière sur le visage
le mort en est vivant
une tempête de neige s’est abattue sur la ville
c’est un autre signe
la jonction entre le ciel et l’artiste
une flèche
un nom aussi au numéro 121 écrit de noir



lutin - 09-02-2009

Merci à notre Président de donner aux artistes le moyen de s'exprimer dans un lieu si beau

sculpture : Danièle Dekeyser


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07 février 2009

Isa et son crayon

Une ébauche d'Isa et de son crayon nerveux

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Une ébauche de lutin et de son crayon d'écolière

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Merci à toi Isa http://plumedargent.hautetfort.com/

lutin - 07-02-2009

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