09 janvier 2010

Présence ou Cerveau/Cerveau ou Présence

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B - pastel sec - 09-01-2010

On fouille Madame aujourd'hui ! Demandez, c'est plus simple, en cliquant sur "contactez l'auteur", puisqu'il en est ainsi, je remonte mon coup de crayon, la lumière c'est tellement mieux qu'une vie souterraine.

Il parait que quelque part je me suis exprimée, comme si je m'étais dessinée (ce ne sont pas mes mots), une sorte de mixte entre fantasme et réalité.

lutin/lutine/B

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Assis côte à côte

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La présence est silencieuse. Derrière la fenêtre une boule orange flotte comme une planète morte. Elle veille la nuit et son insomnie. Elle roule et se pose sur la table, éclaircit les tapis, s’infiltre sous les yeux et remplit la tête. Le corps s’apaise quand elle est là. Il est minuit dix derrière le mur de verre, elle tourne et se rapproche, le nez se colle au carreau, elle ouvre la bouche, la buée donne vie à l’intérieur et chaleur au corps. Ce soir elle glisse le long du balcon givré. Au bout de l’attente et du froid elle voudrait entrer, frappe et s’agite. Il faut arrêter d’écrire contre la vitre, cela ne sert à rien. La lumière clignote, la présence grelotte et la tête à l’intérieur se relève. Elle donnerait n’importe quoi pour un peu d’amour, beaucoup d’amour, un peu de peau, beaucoup de peau et des bras, des bras comme des lassos tournant en rond autour du corps et des doigts tout au bout.

Le cerveau devenu fou commande la main, tape sur le clavier alors que les pieds mal assurés s'agitent sous la chaise, les doigts effacent et recommencent. C’est un ballet autour d’une sphère. Le vent concentre les gestes, autour de lui un silence étrange, peut-être le murmure des survivants et la même musique dans l’air. C’est venu tout doucement, à entretenir la folie le corps est un champ de bataille comme le lit défait, les serviettes de bains empilées dans la baignoire. Il n’y a plus de corps quand le peigne passe dans les cheveux, quand il sourit, quand il répond au téléphone, quand le matin il se vide de la nourriture de la veille, seul le cerveau commande l’automate des mots. Les flacons encore ouverts racontent la présence de la veille. Il voudrait dire et ne peut dire, la parole est partie sur le trottoir d’à côté.

Des chaînes en guise de bras les maintiennent à hauteur du regard, assis côte à côte.




lutin - 09-01-2010

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07 janvier 2010

Poésie

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Acrylique sur toile 65 x 56

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Rêve du soir
Poésie n'a plus corps
entre chien et loup
silence des mots
le parfum si présent

De l’Est point l' horizon rose
coloriant l'amour blessé
il ne savait pas l'aimer
l'aimait avec son désespoir

Sur la touche de piano repose la paix
la main s’est arrêtée là
suspendue
dans ses propres blessures

Les yeux brûlés deviennent lumière
la douceur de la bouche
si loin, si proche
si tendre, tente un baiser
imaginaire
dans l'obscurité, le tremblement des lèvres

Sur un drap froissé
les yeux, les yeux,
si loin, si proches,
il avait pris sa main dans un rêve

Accoudée, si proche
elle écoute Schumann
Rêverie

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lutin

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05 janvier 2010

V O L O N T A I R E

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Chambre 13
voyageur enfermé dans son ventre
sur le mur est écrit « v o l o n t a i r e »
reptile ligoté sur le blanc
est-ce toi avec ton doigt ?
cette brume qui me happe
le point sur le i ficelé
gommant les frontières
des lettres tatouées
les dents serrées
les poings enfoncés
lire et relire « v o l o n t a i r e »

Quand je m’allonge volontaire sur le lit
traumatisme crânien dans le V
Vouloir/Victoire/Veuvage/Viscéral
hématome dans le L
Lacérée/Liberté/Libido/Lune de miel
Taire comment se taire quand on aime
Terre/Ether/Terrasser/Terminus
Aire comment Errer sans Air
V o l o n t a i r e comme Vie/Visage/Vrai
Voix vitale/Voie tracée
Vol/au dessus du déséquilibre
Vol retour
Vrai, c’est Vrai, je peux Venir

Le mur devient écran géant
téléphone filaire
jeu de l’insomnie
poursuivis par la vitesse
les doigts glissent/lissent
Lon, oui c’est long de brasser
un scrabble solitaire
face à l’océan de la nuit
une main dans le ressac

Dans la salle d’eau est écrit « i c i »
à l’envers
pourquoi à l’envers ?
il faut pencher la tête pour lire
plonger jusqu’aux épaules
contre nature
le désir est silencieux
Si vous joignez les mains
attendre «i c i» le matin « v o l o n t a i r e »


lutin

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03 janvier 2010

Poésie - Point de fuite - Cascade - Femme de l'ombre - Nous

B - Année 2008

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30 décembre 2009

Vie souterraine

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Le gris du ciel on le regarde d’en bas - le sel dans les yeux
les jours de vertige
les murs de nuages posés très bas
les mouettes dansent sur tes cheveux
mes yeux couverts de neige
devant - la terre où tombent les mots
les voix
le vide et le silence
les racines comme des serpents t’emportent dans le bruit de la glace
d’où monte une vie souterraine

Il y avait ce
vent qui poussait les mots jusqu’à l’infini
des mots entêtants - l’esprit en chemin
il faudrait des oiseaux sans mémoire
même forme - même couleur
une eau  sans reflet - un autre soleil
d’autres gens sans histoire
un voile habillant l'air
une tempête de quarante nuits
des cours d’eau – des odeurs d’enfance


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lutine – 30-12-2009

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Oeuvre de Anselm Kiefer - Kain und Abel

http://www.exporevue.com/magazine/fr/kiefer_monumenta.html

Au centre de la terre - le cri
les pieds dans la boue - l’écho
la pluie glisse au travers de la peau
jusqu’aux pas alourdis
où se noie le monde

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lutine – 28-12-2009

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22 décembre 2009

Poésie (une poésie revue dans ses mots)

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B - Acrylique sur toile 65 x 55

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Rêve du soir
Poésie n'a plus corps
entre chien et loup
silence des mots
le parfum si présent

De l’Est point l' horizon rose
coloriant l'amour blessé
il ne savait pas l'aimer
l'aimait avec son désespoir

Sur la touche de piano repose la paix
la main s’est arrêtée là
suspendue
dans ses propres blessures

Les yeux brûlés deviennent lumière
la douceur de la bouche
si loin, si proche
si tendre, tente un baiser
imaginaire
dans l'obscurité, le tremblement des lèvres

Sur un drap froissé
les yeux, les yeux,
si loin, si proches,
il avait pris sa main dans un rêve

Accoudée, si proche
elle écoute Schumann
Rêverie

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lutin - 22-12-2009

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Période grise (une couleur merveilleuse à travailler)

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12 décembre 2009

Verticolor

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Rien n’est droit rien n’est penché

il n’y a pas d’horizontal

il n’y a pas de vertical

c’est une diagonale qui s’empale dans la chair

à vif les sentiments n'ont plus corps

une corde vocale pointe son dard dans la couche d’ozone

pluie d’épines dans le plexus solaire

pente glissante à remonter le temps

dans les mains un livre ouvert

le marque pages boit le sang des mots

hématomes bleu ciel - violet

des jours noirs

touches de piano et musique

Danube bleu

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C’est une érection tendant vers l’infini

vaisseau via la mer en multicolore

une embouchure inversée

entonnoir fermé

une tangente sans soleil

descendant vers la terre

rails couchés sur le clavier

métal brossé d’espoir

le désespoir au bout gravé

dans la pierre

fossile brisé

un peu plus bas, un peu plus haut

une combinaison à deux trames

en biais le mur cassé

au centre la clef sans serrure

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C’est un labyrinthe entre deux triangles

à la recherche de l’angle droit

le phallus érigé

personne ne voit jamais la même chose

n'entend les mêmes sons

le pied sur la pédale

le piano continue sa course folle

sur le clavier une touche noire

une blanche comme la main

caresse la peau

Clair de lune, une larme bleue

un soir de Décembre

la terre est restée dans la note de musique

entre les espaces les organes se libèrent sur une toile

"Verticolor"

il faut bien que les livres s'achèvent

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lutine

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11 décembre 2009

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Merci Isa pour ce cadeau précieux

http://isabercee.wordpress.com/

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10 décembre 2009

Rien que...

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Rien que le vent et la terre
c’est Hiroshima
jusqu’à la forêt pétrifiée
aux grands arbres on leur demande de se taire
on s’asphyxie sur des plaques de glaise ou de fumée
on y court comme l’on va à une manifestation contre le nucléaire
à la sortie du musée quelqu’un distribue des tracts
on prend le papier, on y parle du don d’organes la main sur le cœur
de peur qu’on nous l’ôte, il tape à l’intérieur
du bout des doigts on  le calme
le berce comme l’enfant flaire l’abandon


Est-ce aujourd’hui nos derniers pas en dehors de la ville
est-ce demain  que nos corps s’enrouleront dans la cendre
sans entendre le cri de la douleur mécanique
le genou replié sur le ventre
les chaînes font silence, je cherche ta présence
les poumons entravés par l’étreinte
si puissante elle nous couche à terre, sur le trottoir
je sais maintenant que les cartes sont distribuées
cartes retournées,  il n’y a plus de jeu sur la table
ni de clauses particulières


C’est le monde qui rétrécit jusqu’à ce que les peaux se touchent
se contaminent
lèvres closes on enchaîne chaque jour une série de rituels
d’espérance, d'amour sans repos collés à la sève des arbres
la maladie est trompeuse
elle se couche sur les épaules
glisse le long du corps
s’arrête insidieuse
broyant quelques os sur son passage
lentement elle ira jusqu’à la plage où l’on soigne les maux
les lumières s’éteindront dans un monde silencieux
pollué jusqu’au fond des mers

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lutine – 09-12-2009

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