19 juin 2015

Chemin de mots

 

 

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Inutile d'aller
de vouloir regarder
ailleurs
nos yeux encore nos yeux
le corps reste
et puis se jette
en nous

ça donne une amplitude
un goût dans la bouche
un étranglement


Regardons-nous
alors que de suivre nos corps
du doigt
pour corrompre le sang


Dessine-moi ma langue avec ta main
la parole nous ancre
regarde-moi te dis-je
après une journée d'absence
bâtie de nos mémoires
en phrases inachevées


Puisque le temps danse
célébrons la part du feu
ouvrant le dialogue
cette énergie
qui tue la mort
étrangère
comme un ciseau

 

 

19-06-2015

 

 

 

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12 juin 2015

Etre là

 

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Sans rien d'autre autour
les murs surveillent
l'espace rétrécit
l'air circule autant
il n'y a que la couleur
qui s'affaisse
lourde sur les épaules
il ne fallait pas rester
je me voute
habillée de noir
les murs m'ont accaparée
presque à minuit
sur le même banc
m'habite l'espace
point

 

12-06-2015

 

 

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23 mai 2015

Berceuse au coeur

  

toi

 

 

Tes bras autour de mon cou
cette chaleur prend au ventre
dans les poumons repasse
cela dure

Tes mains encore si petites
lianes et boucles d'or m'enserrent
tandis que mes yeux sont un lac
c'est ma mémoire qui revient
et m'envoûte

Hier j'étais la femme, la mère
visage aux mêmes traits de lait
le corps remplit du même jardin
berceuse au cœur

 

 

23-05-2015

 

 

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18 mai 2015

Obstinément

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Ne serait-ce qu'un jour
il n'y a plus d'heures
compte tenu de la manière
le matin quand l'air prend nos poumons
je te l'avais prédit
nous nous mîmes à nous fier aux odeurs de la terre
et à notre propre sueur

Ce dimanche, étrange dimanche
j'ai mis mes pas dans les tiens
sommes-nous en mesure de laisser d'autres traces ?
quelque chose s'inverse
sous nos pieds
les liserons prolifèrent

On vit ici
le sang en crue
du large que l'on partage
d'une goutte d'eau
d'une guerre perdue
on navigue on dérive à vue


Emergent des visages
et se défont
fin du bruit
 

On a voulu, on a rêvé
telle plante fouille le sol
c'était encore plus subtil
l'égrainement de la semaine
les mains accomplissant les mêmes gestes
visages posés l'un sur l'autre




18-05-2015

 

 

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25 avril 2015

Les artistes du Chesnay (c'était en 2010)

 

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Il fait noir, la porte vient de se fermer, derrière, le froid et le vent poussent l’absence, dedans tombe la neige au cœur, l’odeur imprégnée reste encore. Il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps, il faut attendre les branches construisant leurs parasols de l’été.

Et le corps se retourne sur des pages d'écriture à venir.

Il est 17 heures, il n'y a plus d'espace dans le manteau de la nuit, il n’y a que le noir de nos peaux suspendu à la cime d’un arbre éternel, en transparence on y devine leur couleur originelle.

Un drapeau flotte au vent déchirant la pierre ensevelie.

Il y avait quelque chose qui suggérait la présence, la bouche et les lèvres, la façon de les serrer sans cesser de regarder l’arbre et son drapeau. Il y avait l’odeur hormonale, la sueur expulsant son envie à travers les pores frémissants.

Il y avait un fleuve en crue dans l’autre pièce emportant la branche et sa main, c’était une fascination étrange ces milles petites bulles attirées en spirales au centre de gravité. Scrutateurs les yeux ont suivi le mouvement, derrière la porte des gens cachés chuchotaient entre la mer et nous et nos mains faites d’os et de chair appelaient à l’aide à travers un mur de verre.

Habillée j’ai brisé la glace me retrouvant prisonnière de l’eau.

Il suffira de dire que c’était spirituel ces images venues de très loin ou que la fièvre a créé un délire. J’ai senti mes jambes se dérober sous toi ou moi androgyne. J’ai peint de la neige au couteau sur une toile pour tuer l’absence et réchauffer mes mains, ou bien ai-je assassiné une autre vie et bu le sang.

A  la fenêtre c’est encore hier,  les trottoirs jusqu’à l’extinction des pas gardent leur nappe blanche. Il faudrait refaire les bonnes connexions et savoir pourquoi la semelle piétine dans le froid alors que les doigts ne gèlent plus sortis de la pierre ensevelie.

Noir le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée, quand on ouvre les journaux à la page des faits divers, la grande histoire de la vie c’est l’amour.

Il n'y a que des cris d'amour jusqu'à la racine de soi.



lutine

 

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25 mars 2015

L'envie

 

 

MONTRE-LUNAIRE

 

L'hiver et le rire
cet éclat donne l'envie
à la saison si longue
telle la rançon
de la chair vivante
repliée
cette patience dans l'attente du bleu
l'allumette ne veut pas mourir


Oui rire jusqu'au fond du lit
les tempes à l'unisson
dans un même souhait
la lumière
abord du ciel
quand elle ouvre les jambes
forme des contours
se mêle à l'air


Les yeux se plissent
certains d'être vivants
on se prend un café

  

 

25-03-2015

  

 

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Ecrire est presque trop

 

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Rideau aux formes humaines
oui, plénitude - ne pas écrire
juste un peu mais pas trop
vite, vite, dans un espace temps, jour

Que fais-tu dans ton sommeil ?

J'apprends, tu apprends quoi ?
rien, j'apprends le réel
cette immobilité du corps juste après
un trèfle à chaque doigt
le quatrième pétale et son frémissement
pour qu'une rose vive

Et que fais-tu de tes jours ?

Je rêve la nuit
soigne la terre qui me vient
aussi précieuse que l'enfant m'affole
marqué par les plis du sommeil

C'est l'infini amour ce carnet
livré au tamis
entre murmures tu me presses

J'ai vu les fleurs de la création
honorer nos heures entières longilignes
puis faire leur nid

Ecrire est presque trop
les mots qui se détachent

  

 

lutine

  

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05 février 2015

Comme un soleil

 

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Où vont ces silhouettes, ne sont-elles que des notes de musique
où vont ces pas en tous sens
diagonales, lignes droites ou courbes
aux changements incessants
la surface doit s’effacer
et la neige tombe suspendue aux heures de l’horloge

 

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A la recherche d’un équilibre les arbres s’habillent
au milieu de l’art entre rythme et géométrie du vent
dans cette austérité presque inhumaine
une fleur éternelle me tient compagnie
harmonie secrète entre forme et couleur
je l’appelle éphémère

 

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Les nuages font vivre le ciel
ne pouvant pas peindre les murs
le baiser sur les lèvres impalpables
le silence est là décalqué
et se tait

 

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Entre deux chaises vides
je dessine le blanc et le noir
nature morte et cubique
comme un soleil inachevé avant la nuit
dans les lumières de la ville

 

lutine


 

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03 février 2015

Autour du cercle

 

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Une voix s'éleva d'un long souffle vigoureux, la lune nourrit tant d'ombres détachées du ciel, les volets que l'on tire créent l'invitation et ses mirages.

Quelqu'un est venu autrement que dans l'impuissance les yeux grands ouverts, naïveté souveraine.

Le bleu du ciel n'arrête pas le regard et nous marchons en dehors de la sphère, son pas seul me fait grandir et me rassure liant les corps et leurs noms.

Serait-ce l'enfant aux deux jambes si longtemps attendu, dans la gravité de la terre. Il avait choisi le jaune pâle si calme du coma, entracte de l'aube, le soleil séparé en deux qui envoûte.

J'ai posé ma main, là où repose l'esprit qui éclaire le monde, elle a ressenti les vibrations où nous sommes deux aux épaules de l'hiver puis le mouvement du temps avec dans l'âme l'envie d'être dans le même train.

Pendant que des éclairs habitent son visage, s'évaporent les ans, d'un geste de la tête j'approuve.


lutine

 

 

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17 janvier 2015

Une seule porte de sortie

 

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Quand la lumière baisse sous la paupière
Quand les cheveux poussent
Quand la mer crie
On balaye par terre pour effacer
Minuscules coups de ciseau
C’est ainsi que l’on remonte


Les bateaux de papier ne traversent pas les mers
Ni les avions pliés sur la table
Le jour s'en va pour un autre regard


Fragments météorites
Les mots ne font pas avancer
Ta tête dont on visite le fond
Des cheveux tout autour
Tout du long
Est la guerre

 

lutine

 

 

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