26 mars 2011

L'essentiel est dans l'ombre

 

 

C’est la nuit et les ombres sont à leur place habituelle
la rue et ses maisons
les cheminées éteintes
le vent chaud s’enroule autour des réverbères

détachés ils peignent le ciel
formes obliques auréolées de silence

Il flotte une odeur de sève
et les mêmes gens avec des chiens en laisse
(rien n’a changé alentour)
hument le changement de saison
s'ébrouent dans leurs vêtements de l'hiver
les yeux s’ouvrent en même temps que la terre
qui chante là ?  Alors que d’autres sont enfermés

Partir amoureux quand les doigts se replient
partir quand le sommeil est immense


Contre mon dos tu reposes toujours
lumière affaiblie d’une étoile consumée
j’ai tué ma muse il y a quelques heures
comme un grelot qui tintait dans mes bras
mais la mort oublie toujours quelque chose

Alors que le temps n’a plus d’importance
la nuit écrit le long d’un mur blanc

plante ses griffes assoiffées de noir

il faut aimer lire les mots sales
et les indices semés
jusqu’au fond du lit où les fantômes se dressent

 

 

 

lutin - 26-03-2011

 

 

 

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23 mars 2011

Est-ce un crime ?

 

 

Comment savoir si les mots tombent dans les mains
quand les flocons blanchissent la peau
comment savoir si les traits de la main ont un avenir
quand les gants de neige habillent les lignes du cœur et de la chance

Paumes offertes je n’ai plus d’empreinte au bout des doigts
involontairement j’ai écrasé un oiseau
et mes mains ne rêvent plus

On ne retrouvera pas ma trace où sommeille la terre
criminelle anonyme inhumée au Panthéon sous les célestes pierres
on a changé de plaque pour une autre d’identité

Le sang coule - c’est le bec ou la bouche - ou le Saint Esprit
la magie noire sur un fond de glace
les tables tournent - danse sensuelle – les hanches se déchaînent
font danser la poussière

On a brouillé les cartes
la terre s’affole sous les pas en contre-jour
crisse le verglas écrasé par le mensonge
va mourir en strates – se dévorent entre elles

La métamorphose du regard - elle bondissait – cette folie qui manquait

Les mots sont dans l’air ou derrière les arbres avec l’œil
on voit basculer les heures trahies dans le fossé
une odeur de chlorophylle -  accessoire d’urgence sous la langue

Comment savoir si les moufles de laine  ont des histoires quand on les retourne
des images sous scellés tombent dans un cliquetis métallique
racontent les sous bois sans leur couvercle

Cloches sont les mains sans les gants de la forêt
grave le silence
le bois est encore dur, les nœuds si tendres


Comment savoir si d’autres on fait la même chose dit l’oiseau
comment savoir si c’est toi que j’aime où ce que tu pourrais être

Je danse, la danse du feu, au ventre nu de l’hiver
pliant le corps jusqu'à la cassure


Est-ce un crime ? 

 

lutin 

 

 

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17 mars 2011

Stigmates

 

 mer

 

 

J’aurais du être plus présent

porter en moi tes plaisirs

l’enfant mort

et puis l’amertume au cœur de la lune

garder les yeux ouverts

 

Le ventre plein bercé d' illusions

au rythme de la peau qui se soulève

musique intrinsèque et lumières étoilées

j’aurais du t’aimer comme quelqu’un qui n’existe pas

 

Fort

 

Quand le ciel s’ouvre et se referme

les cloches sonnent le tocsin

la vierge baisse les yeux

au-dessous les cierges

et la mer murmure les vagues dans son ventre

 

Seule

 

Les bras tout autour d’elle

dans sa rondeur, elle ne sait

ceinture les larmes du manque

quand dans le berceau on couche ses entrailles

yeux clos danse la vie

comme un être de chair

 

 

lutin - 17-03-2011

 

 

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16 mars 2011

Hâte immobile

  

 

 

Nos pas seront nos confidents silencieux
le toit du monde suspendu à l’attente
 
Il n’y a plus d’heure
juste l’espérance qui recouvre nos os
ce matin j’ai respiré très fort
alors que dans le silence animal on balayait la terre
dix scies couraient le long d’un bras
laissant les arbres au sol
le ciel vide aux bruits de la ville
et mes doigts dans les poches
où s'enfuient les trésors
pourquoi se sentent-ils morts
dissimulés

Ce n’est pas fini, ce n’est pas coulé
l’envie de vibrer
 
Hier à midi dans les coussins du sol pas encore abîmés
j'ai traversé les cheveux mal lavés
la peau fatiguée
le corps à l'abandon
la triste voix mutilée quand l’air vient à manquer
et le blanc des yeux
j’étais seule, enfin pas tout à fait
c’est le train qui a bougé moi j’ai laissé faire
les portes automatiques dans mon dos
la hâte immobile
de l’ombre qui recule
 

 

 

lutin - 16-03-2011

 

 

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07 mars 2011

La parole n'est pas utile

 

 

C’est le matin dans la cuisine
mille fourmis circulent sous la peau
le marchand de la nuit que met-il dans le sable ?
allez viens prendre ton café
dans les tourbillons de l’heure le tonnerre gronde encore
je me verse un peu d’eau

Sur la table il y a le lait et  la confiture
ainsi dansent les mouvements de tes bras
les titres des journaux
les chaises vides et le bruit que l’on n’entend pas
les murmures du temps se sont effacés
cloués comme un banc qui attend

On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras
alors j’ai froid comme si la terre m’aspirait
hier, demain quand je n’écrirai plus
je compte mes chances de courir après les mots
derrière il n’y a que la transpiration
l’effort du muscle, le pas, le saut face à la tranchée géante
il n’y a que le regard qui veille
l’ombre, le cri
et l’oubli
le corps dans les flots jusqu’à la mer
le raz de marée dans la tête et le sang qui se noie

Ne m’offrez pas de fleurs au métro des Invalides
l’orgue au sommet de l’église et les bols de chocolat
c’est la voix qui me manque
jusqu’où l’ardente palpitera-t-elle ?
écoute, écoute-moi, des voix frôlent la vitre
des rires d’enfants filent sous les fenêtres
écoute et ouvre ta porte
je vois des cheveux qui ne sont pas les tiens




lutine - 07-03-2011

 

 

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01 mars 2011

Enfant

 

 

 

Enfant je marchais le long des murs tapissés d'une toile de Jouy comme d'autres ont du marcher sur la lune. Enfant j'ouvrais les portes de mon armoire elle aussi tendue du même décor. J'y entrais par effraction pour aller au devant de la forêt. Mon armoire était sans fond et n'avait pas de limite dans les sous-bois. Les yeux fermés j'étais l'enfant dans l'enfant dans un autre ciel car mon armoire n'avait pas de plafond. J'étais le rêve à côté de la chambre des parents qui elle ne pouvait être que sérieuse. Enfant on n'imagine pas le voyage des grands quand ils s'isolent la nuit. Deux mondes parallèles construisent la nuit alors que tout est silence.



Enfant d’un signe de la main alors que nos doigts se cherchent quand l’ombre se penche et que les portes se ferment je ne suis pas seul,  voilà le vent. Enfant je te laisse les souvenirs à garder sans haine et sans peur. D’un si long regard je sais qu'en plein soleil je deviens somnambule entre nos deux chambres et la terre m'échappe alors que ton corps se tend. Au travers de mes yeux c’est l’incendie que je transmets, ton devenir sans moi comme une veine court sous la peau. Dans mes larmes je construis un fleuve où tu devras nager sans moi, une route où tu devras courir sans moi et nos mains tremblent. Ne pleure pas alors que la musique me berce et caresse tes cheveux il y a cette vitre qui déforme. Les courants marins m’emportent et les contours se brouillent dans la fenêtre ouverte.

 

lutin 28-02-2011

 

 

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27 février 2011

Comme en poésie

 

Comme_en_po_sie

Participez à l'opération poèmes tracts lancée par Comme en poésie. Inscrivez vous au groupe Comme en poésie et vous aurez les informations. Mettre la poésie en tracts à la portée de tous, voilà l'idée.
Rappel le numéro 45 de la revue Comme en poésie sera mis à la poste le 3 mars. Il est encore temps de vous abonner ou vous réabonner.
ou retrouvez "comme en poésie" sur Facebook
 
 

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25 février 2011

Enfant

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Enfant je marchais le long des murs tapissés d'une toile de Jouy comme d'autres ont du marcher sur la lune. Enfant j'ouvrais les portes de mon armoire elle aussi tendue du même décor. J'y entrais par effraction pour aller au devant de la forêt. Mon armoire était sans fond et n'avait pas de limite dans les sous-bois. Les yeux fermés j'étais l'enfant dans l'enfant dans un autre ciel car mon armoire n'avait pas de plafond. J'étais le rêve à côté de la chambre des parents qui elle ne pouvait être que sérieuse. Enfant on n'imagine pas le voyage des grands quand ils s'isolent la nuit. Deux mondes parallèles construisent la nuit alors que tout est silence.

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lutin - 25-02-2011

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17 février 2011

Dora

31937_Femme_qui_pleure_ultimo_periodo_pablo_picasso

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Sanctuaire blanc loin du monde
Territoire vierge que je caresse
Le tableau s’appellera ainsi
Avant de perdre l’esprit

Longue cicatrice transparente
Sans visage moi je peins
Comme les enfants inventent leurs rêves
Alors que je suis fâchée avec la mort

Même si je sais que la passerelle n’existe pas
Je vais prier pour elle sans voix
Dans un flot de paroles
Alors qu’elle n’a pas de sexe

Cette figure je l’invente
C’est une confession la destruction du corps
Quand j’écorche le cœur aux joues

C’est ton regard que je tue

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lutin - 07-02-2011

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