20 décembre 2011

Deux sacs de cuir

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Je ne supporte ni les blonds ni les bruns
je défragmente les mots morts
les mots tressés
la musique diluée dans le ciel à peine brouillé

Je ne suis pas en colère d'être comme cette eau
l'abstraction du manque
derrière la Cour Carrée au-dessus du banc il y a des pas qui dansent
des plaques de marbre dans le dos
la voix cérémonieuse en hauteur rit les entrechats photographiés

Je compte les intervalles
l'étonnement de l'œil
la soif de la langue
on ne pénètre pas le corps sur un banc
on attend les contours de l'horloge
la verticale de l'heure dans un lieu nommé chambre

Murs tendus nous n'y possédons rien
juste la peau au cœur d'années éphémères
la sentence entre deux musées
roule chaque nuit la pendaison

Jouissive vérité d'un long trajet entre Paris et les livres
jonchent le sol
je serai la première à fermer les messages
à taire le crayon

Je ne peux m'empêcher de lire la peau usée
je ne peux m'empêcher de gommer les histoires inventées
Où vont-elles dans le roman qu'on ne lit pas ?
Où vont les livres qui n'existent pas au travers du mutisme ?
Ils écrasent mon œil
m'emportent à la cave où perle la nuit

J'ai soif des aiguilles où se couche l'oubli
du sang que nous avons mêlé dans le même tricot
de la tresse au fond des draps
veine ouverte au même rythme
nous nous y sommes enfoncés

C'est la nuit des mots à jamais
ce sont des verges qui se dressent dans la pénombre
alors que le monde dort on s'entend respirer

Sur le banc c'est l'empreinte des talons
les bras tendus comme l'oiseau cherche l'air
la mer et son sommet

 

 

lutine - 20-12-2011

 

 



 

 

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19 décembre 2011

 

 

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B - acrylique sur toile 80 x 65

 

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16 décembre 2011

Troublant

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Trou blanc aux reflets argentés

La neige remonte de la mer

Mon souffle aussi

Devenu vague arrachée de son lit

Sa langue cogne aux marches


Cauchemar du vent prenant sa revanche

L'écume s'enroule

Aiguise le lasso

S'ouvre l'anneau pour avaler

La tempête et son sexe





Invisible bateau au milieu de l'hiver

Dans son ventre emporte les peurs

Deux sacs de billes

Frayant la route d'un passage secret

Mobile est la fente

 

 

 

lutin - 16-12-2011

 





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12 décembre 2011

En brasse

 

 

Personne ne m’embrasse et mes lèvres se tendent
j’embrasse le vent
j’embrasse la pluie qui ne tombe pas
le sol asséché
les odeurs au fond de ma poitrine
la main qui ne se pose pas
la montée de la lumière
Je suis venue voir le jour qui commence

J’embrasse le paysage
la feuille blanche sur le marbre encore froid
le gravier sous mes pieds
le champagne que nous n’avons pas bu
le café que je porte à ma bouche
les gâteaux que nous n’avons pas mangés
et l’arôme que je porte à mes lèvres
rempli de présence

Les cuisses douloureuses
nues sur une chaise de fer d'heures entières
les bras suspendus à mon corps
penchée sur la table
j’ai découvert le sens de la prière
j’enlace les lettres que j’écris
ma poésie de l'espace
sur des pages volantes je la retiens

 

 

lutine - 12-12-2011

 

 

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11 décembre 2011

l'inavouable

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Dans le secret de mes bras froids
Aux portes du vent bat l'inavouable
Un bouquet d'épines contre la peau
L'hiver s'appuie sur les épaules

Dans les flaques que dépose la pluie
Allégées des chaines rompues
Sous le drap se prolongent les mains
Tendues vers nulle part

Entre syllabes mortes et yeux clos
C'est une guerre de distance
Faible voix de la terre 
Palpitent ses lèvres entrouvertes

J’ai senti la glace parcourir mes veines
Mémoire de mes bras morts
Et ma parole s'enfouir
Nouée autour du cou

Dans le dos l'ombre toujours présente
Mur rouge qui s'ouvre et se ferme
C'est une terreur d'être emportée
Sur l'autre rive à l'uniforme gris
 

 

lutin - 10-12-2011 

 



 

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07 décembre 2011

T G V

 
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Je vois mon reflet dans la vitre
Je ne cherche pas la ligne d’horizon
Ni une perspective
Je regarde en arrière
A hauteur d'yeux
Assise au fond du siège
Secouée par les aiguillages
Un demi-vertige
Quand un train claque dans l’autre sens
Les vitres se croisent
Les regards se traversent
Où vont-ils ?
Ces corps mollement calés contre le métal
Sans éveiller un désir vivant
Savent-ils qu’une tête s’est appuyée là
Un geste de la main efface la mémoire

Un rayon de soleil
Un trou noir
Encerclé par l'incertitude
Black out quelques fractions de secondes
Des lacets d’ombre et de lumière sur le bras
Le cerveau reprend le fil de son histoire silencieuse
Alors que les lèvres palpitent
Au rythme des reflets métalliques
 

Le noir du tunnel
Je vois mon reflet dans la vitre
Un buste à demi fléchi
La bouche faisant la moue
Bateau naufragé

Nous avons tous l’air fatigué
Bringuebalés sur cette route de ferraille

Le train entre en gare
Chacun serre ses paquets entre les mains
Chaque tête se retourne sur son siège
Il ne reste que des fesses dessinées
L
es pensées s'agitent
.

 "Non je n’ai rien oublié"
.

 Nous voilà retrouvant une posture
Les corps s’animent
Redeviennent beaux
Attention à la marche
Sur le quai attend la solitude
D'une foule anonyme
 

 

lutine

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04 décembre 2011

Etude sur le masque mortuaire de Beethoven

 

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28 novembre 2011

La voix

 

 

Poésie mâchée
parabole
à peine digérée
c'est le sang qui habite
les murs de carton
on y écrit désarçonné
la joie on la dessine à la craie 
plaies vaines 
lierre étrangement rouge 
un ciel de lit tout en forêts
et nos mains en perspective
cœur de métal  
froides comme l'absence
traînent des mots poèmes
en rafales 
soupèsent la douleur
chien tendre
cachant l'impudeur 
s'adonne aux vers libres 
jetant cul par dessus tête
les règles de la poésie
le jugement
la poésie de paille
ou de coton
jamais d'argent
nos mots la démaquillent 
senteur de naphtaline
nourrit l'ortie
je n'ai plus de peau
nul cri en mes nuages
mon visage est poésie
de larmes
de sang
sourire
continue toujours
sans masque
dans ma maison il existe un pays
de carton
des écheveaux d'haleine
à torturer
dans tous les sens
suc lent
la voie est là
je digère
la voix
fredonne

 

lutin - 28-11-2011

  

 

 

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27 novembre 2011

Continuer toujours

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24 novembre 2011

Pensée du soir comme une fulgurance

 

 

 

Je rêve d'un lieu de poésie où l'échange n'est que poésie, je l'ai trouvé dans mon écrin, quand j'en soulève le couvercle elle ne demande qu'à circuler, elle ne demande qu'à recevoir aussi. J'aimerais que la poésie soit l'écriture pure, rien derrière le rideau, juste le spectacle de ce qui est offert. Etre poète c'est quitter le plancher de ce monde pour une chasse aux trésors en laissant au destin son devenir, s'il ne s'enterre ce n'est pas grave il nous aura au moins fait voyager, rêver par la fenêtre de nos yeux tenus ouverts à la poésie.

La poésie est plus qu'humaine elle a quitté le corps ou circule plus profond dans les veines comme un fleuve alors prouvons-lui qu'elle est au-dessus de ce qui encombre la vie de tous les jours mais une histoire de vie qui aime à penser autrement, la cause principale un train d'écrire le long de nos propres rails ou le tunnel dans lequel on se bat.

L'écriture est une ardeur si profonde alors je rêve d'un lieu de poésie où tout se donne dans le plus respectueux échange dans tous les sens, la voie unique n'est qu'une voix morte et sa langue inutile.

Laissons à la vie terrienne son rôle, en écriture nous avons quitté le plancher des mortels, au-dessus d'eux il y a le respect de l'écriture et sa franchise aussi nécessaire que grandissante.

J'aime lire sans me cacher et j'ai envie de dire qu'écrire est au-dessus de tout, au-dessus de moi et je cherche à m'atteindre à la pointe de mon orteil ou au-dessus sans perdre mon temps où la cause n'est pas poésie véritable, le fleuret n'est pas de mise, le poing son trampoline.

Parfois les rencontres tournent mal et il faut choisir, la poésie sera l'arme et le drapeau et non son prétexte. La poésie sera ma vie et mon linceul si elle le permet, c'est ma vision de ce soir. Quand tout s'effondre elle est là et m'apporte lumière et envie de.
 
 
lutine - 25-11-2011
 
 

 
 
 

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