06 janvier 2012

Identité

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Ne plus être sous la lampe

quand les mots se délient

on les retient et on les tresse

le corps se dresse frileux

de sa prison dont il est le geôlier

amant de son propre cerveau il se libère

fermant les pages

 

La crainte a besoin de roses

dans cette agitation forcenée

on ne force pas l'intimité

pour s'exprimer au monde

en dehors d'un terrain vague

et l'eau dévale si peu pressée

au long d'un corps hivernal

 

Jolies mains d'écrivain effilochées

Le voyageur ne voit pas ta métamorphose

quand le soleil couchant vient jouer du piano

les buées pressent en arc-en ciel

l'écho halluciné de ce qui aurait pu être

j'en aime l'immobilité

et l'espérance au bout des doigts

 

 

Billie - 06-01-2012

 

 

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05 janvier 2012

Une seule porte de sortie

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Quand la lumière baisse sous la paupière
Quand les cheveux poussent
Quand la mer crie
On balaye par terre pour effacer
Minuscules coups de ciseau
C’est ainsi que l’on remonte

Les bateaux de papier ne traversent pas les mers
Ni les avions pliés sur la table
 
Le jour s'en va pour un autre regard
Fragments météorites
Les mots ne font pas avancer
Ta tête dont on visite le fond
Des cheveux tout autour
Tout du long
Est la guerre

 

 

Billie 

 

 

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04 janvier 2012

Soleille-moi (dernière version)

Soleille-moi

B - acrylique sur toile 80 x 65

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02 janvier 2012

Ombres phalliques

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C’est ici les colonnes et les mots sur le sable
Un endroit rempli d’eau
La mer crache
Se vautre sur le sable
Ce n’est plus un jeu
Dessus – Dessous
Où est l’homme ? qui est la femme ?
Le bleu pour les garçons, l'autre pour les filles

 
La mémoire s’inscrit 
Violente et ivre
Dans des éboulis de sable
Pleure mille fois amplifiée 
A l’envers le sable sur la tête
Un monologue s’instaure d’entre les vagues
Que j’accompagne comme un chien
Dans la mer devinée

  
Sur la plage marchent nos ombres phalliques
Les drapeaux ont ouvert le champ de vision
Les cabines de bain ont disparu
Ta voix m’appelle
Traçant des lettres énormes qui barrent le chemin
Un caillou entre les doigts
J’attends la courbure de la terre
Il fallait faire demi-tour en haut de la butte



 

lutine

 

 

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29 décembre 2011

Toute tentative s'achève

 

 

 

Tout est caché et visible en même temps comme la table qu'il faut fuir quand on ne s'y sent pas bien. Personne ne peut obliger à s'asseoir si soi-même on ne peut plus s'allonger dans un lit de plomb coupé en deux. Il est terrible ce manège autour d'un chant dans la tête, envoutée je suis partie innocente de ce cercle aux mets délicieux sans amour sous la langue, entre les dents les restes de l'évitement puisque toute tentative s'achève. Pourquoi ne bouscules-tu pas le malaise en criant sur la chaise ? Pourquoi ne me violentes-tu pas au bord de la forêt ? Il me pousse des épines sur la peau, des cicatrices sur le dos, je ne sais plus me coucher, j'ai peur du devoir conjugal trop tendre, de la neige dans la cour, de l'odeur indécente qui n'est pas mienne et les seins se creusent sous l'intrusion gourmande me pliant chiffonnée sous la robe. Pourquoi tu t-y prends mal ? la peau ne ment pas. Imperceptible mouvement de recul dans une rangée de bougies je fixe cette couette dérisoire comme le nuage emporte le vent et la trace de l'avion invisible n'ouvre plus la fenêtre. Les lèvres gercées d'avance j'ai froid aux mains et ne sais plus parler du rapport humain sur les plaques de marbre que sont les jambes dissoutes, au fond de l'ennui elles ne se révèlent plus comptant les plages du disque sur lequel patine le fer au pied en dehors de la chambre. Sous le faisceau de lumière de l'empli alors que tu ne me remplis pas j'habite la musique, s'égrainent les rancœurs, s'élèvent les barrières. J'ai peur qu'elle n'arrête le mouvement du berceau, les pensées invertébrées des insectes occupant l'insomnie, les gestes automatiques. Les coupelles se vident, j'ai bu plus que de raison, rasant le plaisir au bord du verre je me balance alors que les objets s'immobilisent. Ne mangeant pas à ma faim je me suis relevée autour de la nappe marchant autour du banc toutes les deux minutes comptant les piqures de fourchettes sur le pain et les miettes sous la table. Passe-moi le sel et le poivre, un verre d'eau à faire fondre sur un nid d'hirondelles, au-dessus je me lèverai, passante si peu vêtue dépouillée de tout mystère je ne sais plus jouir en eau étoilée.

 

 

lutin 29-12-2011

  

 

 

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24 décembre 2011

Le bruit du silence

 

 

 

 

Vous avez tracé des rails de lumière, un point d'horizon et des maisons tout autour, des gens qui dorment. Vous avez dessiné au vent les mains le long du corps et de longues enjambées dans la lenteur d'un brouillard floconneux touchant à peine le sol. Vous avez déposé entre deux trains une forme qui fuit quand le pavé résonne aux carreaux. Rien de plus apaisant la main posée sur le monde. Vous avez enfermé les insomniaques derrière le tableau, de l'autre côté de la ville vous avez coupé les ponts. La tête que vous avez voulu bien faite respire l'isolement entre deux murs empêchant le voyage. Bouche muette au bord du chemin c'est une image dans l'image que vous avez décidé de poser ainsi ouverte à la pluie à votre langue indicible, habillée comme vous le souhaitiez nue sur le fer qui sépare la route à la merci de votre crayon dont vous en êtes le propriétaire. La colère mange le coin de la rue que vous avez oublié. Tout est métallique mystérieusement tendu dans cette forme sans âme et sans écharpe que votre main a le pouvoir de rayer comme une illusion puisque vous avez omis le banc sur lequel la poser. A quelle heure ? dans ce parfait silence cette rébellion du corps qui risque prendre vie et une forme de pensée dont vous perdriez la maitrise faudra-t-il la dissoudre en particules d'acier.

 

  

lutine - 24-12-2011

 



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20 décembre 2011

Deux sacs de cuir

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Je ne supporte ni les blonds ni les bruns
je défragmente les mots morts
les mots tressés
la musique diluée dans le ciel à peine brouillé

Je ne suis pas en colère d'être comme cette eau
l'abstraction du manque
derrière la Cour Carrée au-dessus du banc il y a des pas qui dansent
des plaques de marbre dans le dos
la voix cérémonieuse en hauteur rit les entrechats photographiés

Je compte les intervalles
l'étonnement de l'œil
la soif de la langue
on ne pénètre pas le corps sur un banc
on attend les contours de l'horloge
la verticale de l'heure dans un lieu nommé chambre

Murs tendus nous n'y possédons rien
juste la peau au cœur d'années éphémères
la sentence entre deux musées
roule chaque nuit la pendaison

Jouissive vérité d'un long trajet entre Paris et les livres
jonchent le sol
je serai la première à fermer les messages
à taire le crayon

Je ne peux m'empêcher de lire la peau usée
je ne peux m'empêcher de gommer les histoires inventées
Où vont-elles dans le roman qu'on ne lit pas ?
Où vont les livres qui n'existent pas au travers du mutisme ?
Ils écrasent mon œil
m'emportent à la cave où perle la nuit

J'ai soif des aiguilles où se couche l'oubli
du sang que nous avons mêlé dans le même tricot
de la tresse au fond des draps
veine ouverte au même rythme
nous nous y sommes enfoncés

C'est la nuit des mots à jamais
ce sont des verges qui se dressent dans la pénombre
alors que le monde dort on s'entend respirer

Sur le banc c'est l'empreinte des talons
les bras tendus comme l'oiseau cherche l'air
la mer et son sommet

 

 

lutine - 20-12-2011

 

 



 

 

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19 décembre 2011

 

 

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B - acrylique sur toile 80 x 65

 

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16 décembre 2011

Troublant

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Trou blanc aux reflets argentés

La neige remonte de la mer

Mon souffle aussi

Devenu vague arrachée de son lit

Sa langue cogne aux marches


Cauchemar du vent prenant sa revanche

L'écume s'enroule

Aiguise le lasso

S'ouvre l'anneau pour avaler

La tempête et son sexe





Invisible bateau au milieu de l'hiver

Dans son ventre emporte les peurs

Deux sacs de billes

Frayant la route d'un passage secret

Mobile est la fente

 

 

 

lutin - 16-12-2011

 





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12 décembre 2011

En brasse

 

 

Personne ne m’embrasse et mes lèvres se tendent
j’embrasse le vent
j’embrasse la pluie qui ne tombe pas
le sol asséché
les odeurs au fond de ma poitrine
la main qui ne se pose pas
la montée de la lumière
Je suis venue voir le jour qui commence

J’embrasse le paysage
la feuille blanche sur le marbre encore froid
le gravier sous mes pieds
le champagne que nous n’avons pas bu
le café que je porte à ma bouche
les gâteaux que nous n’avons pas mangés
et l’arôme que je porte à mes lèvres
rempli de présence

Les cuisses douloureuses
nues sur une chaise de fer d'heures entières
les bras suspendus à mon corps
penchée sur la table
j’ai découvert le sens de la prière
j’enlace les lettres que j’écris
ma poésie de l'espace
sur des pages volantes je la retiens

 

 

lutine - 12-12-2011

 

 

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