07 décembre 2011

T G V

 
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Je vois mon reflet dans la vitre
Je ne cherche pas la ligne d’horizon
Ni une perspective
Je regarde en arrière
A hauteur d'yeux
Assise au fond du siège
Secouée par les aiguillages
Un demi-vertige
Quand un train claque dans l’autre sens
Les vitres se croisent
Les regards se traversent
Où vont-ils ?
Ces corps mollement calés contre le métal
Sans éveiller un désir vivant
Savent-ils qu’une tête s’est appuyée là
Un geste de la main efface la mémoire

Un rayon de soleil
Un trou noir
Encerclé par l'incertitude
Black out quelques fractions de secondes
Des lacets d’ombre et de lumière sur le bras
Le cerveau reprend le fil de son histoire silencieuse
Alors que les lèvres palpitent
Au rythme des reflets métalliques
 

Le noir du tunnel
Je vois mon reflet dans la vitre
Un buste à demi fléchi
La bouche faisant la moue
Bateau naufragé

Nous avons tous l’air fatigué
Bringuebalés sur cette route de ferraille

Le train entre en gare
Chacun serre ses paquets entre les mains
Chaque tête se retourne sur son siège
Il ne reste que des fesses dessinées
L
es pensées s'agitent
.

 "Non je n’ai rien oublié"
.

 Nous voilà retrouvant une posture
Les corps s’animent
Redeviennent beaux
Attention à la marche
Sur le quai attend la solitude
D'une foule anonyme
 

 

lutine

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04 décembre 2011

Etude sur le masque mortuaire de Beethoven

 

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28 novembre 2011

La voix

 

 

Poésie mâchée
parabole
à peine digérée
c'est le sang qui habite
les murs de carton
on y écrit désarçonné
la joie on la dessine à la craie 
plaies vaines 
lierre étrangement rouge 
un ciel de lit tout en forêts
et nos mains en perspective
cœur de métal  
froides comme l'absence
traînent des mots poèmes
en rafales 
soupèsent la douleur
chien tendre
cachant l'impudeur 
s'adonne aux vers libres 
jetant cul par dessus tête
les règles de la poésie
le jugement
la poésie de paille
ou de coton
jamais d'argent
nos mots la démaquillent 
senteur de naphtaline
nourrit l'ortie
je n'ai plus de peau
nul cri en mes nuages
mon visage est poésie
de larmes
de sang
sourire
continue toujours
sans masque
dans ma maison il existe un pays
de carton
des écheveaux d'haleine
à torturer
dans tous les sens
suc lent
la voie est là
je digère
la voix
fredonne

 

lutin - 28-11-2011

  

 

 

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27 novembre 2011

Continuer toujours

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24 novembre 2011

Pensée du soir comme une fulgurance

 

 

 

Je rêve d'un lieu de poésie où l'échange n'est que poésie, je l'ai trouvé dans mon écrin, quand j'en soulève le couvercle elle ne demande qu'à circuler, elle ne demande qu'à recevoir aussi. J'aimerais que la poésie soit l'écriture pure, rien derrière le rideau, juste le spectacle de ce qui est offert. Etre poète c'est quitter le plancher de ce monde pour une chasse aux trésors en laissant au destin son devenir, s'il ne s'enterre ce n'est pas grave il nous aura au moins fait voyager, rêver par la fenêtre de nos yeux tenus ouverts à la poésie.

La poésie est plus qu'humaine elle a quitté le corps ou circule plus profond dans les veines comme un fleuve alors prouvons-lui qu'elle est au-dessus de ce qui encombre la vie de tous les jours mais une histoire de vie qui aime à penser autrement, la cause principale un train d'écrire le long de nos propres rails ou le tunnel dans lequel on se bat.

L'écriture est une ardeur si profonde alors je rêve d'un lieu de poésie où tout se donne dans le plus respectueux échange dans tous les sens, la voie unique n'est qu'une voix morte et sa langue inutile.

Laissons à la vie terrienne son rôle, en écriture nous avons quitté le plancher des mortels, au-dessus d'eux il y a le respect de l'écriture et sa franchise aussi nécessaire que grandissante.

J'aime lire sans me cacher et j'ai envie de dire qu'écrire est au-dessus de tout, au-dessus de moi et je cherche à m'atteindre à la pointe de mon orteil ou au-dessus sans perdre mon temps où la cause n'est pas poésie véritable, le fleuret n'est pas de mise, le poing son trampoline.

Parfois les rencontres tournent mal et il faut choisir, la poésie sera l'arme et le drapeau et non son prétexte. La poésie sera ma vie et mon linceul si elle le permet, c'est ma vision de ce soir. Quand tout s'effondre elle est là et m'apporte lumière et envie de.
 
 
lutine - 25-11-2011
 
 

 
 
 

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20 novembre 2011

Tout au bord

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 Noirmoutier - Novembre 2011

 

Donnez-moi le temps
l'air
voile épais sur le pont
je jette mon corps ici
au bas du ciel
comme un passage secret
syllabes à peine prononcées
dissoute
ma pensée est un escalier
 
J'ai faim de l'amour
du blanc lunaire
vers l'horizon mêlé
j'ai besoin de temps
de la main qui s'ouvre
se resserre

  
Derrière elle je me cache
j'appréhende
m'ouvre
et me ferme
dans un lit.....ouvert
s'il ne me ferme
en eau profonde
 
Je suis le "bateau ivre"
aux mains de chair
l'esprit et la colombe
la bouche tendue
aux lèvres de velours
oubliant de compter les heures
suspendues


lutin - 20-11-2011

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18 novembre 2011

En noir et blanc

  

Un soleil noir et des nuages tout autour
Mot pour corps 
Détaché du ciel
Sur ce rocher tu aiguises la lame
Présente comme de la porcelaine
Fragile et transparente
Pour exister habillée de blanc
La vie circule 
Aveugle ouvrant les paupières

C’est écrit
Comme une fin implacable
La peur

Le ciel tourmenté bouscule l’absence
Laisse filer les boîtes à musique
A travers les plis de la mer
Et toi qui cherches à tâtons
Qui donc es-tu ? Toi, l’aimé
Oubliant l’abîme
De cette forme liée au vent 

Le buste de papier
Offert au cimetière
Personne ne peut savoir
Quand cela bouge au creux du ventre 

La voix son cortège
Annonce le seuil d’une nouvelle demeure





lutin - 18-11-2011

 



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12 novembre 2011

11 11 2011...... 11, 1+1, 1 debout

 

 

1+1 c'est égal à deux, quand l'un se couche l'autre est debout, quand l'un est debout l'autre se couche, c'est mathématique, quand les deux chiffres se couchent cela fait 1. C'est mathématique disent les aiguilles de l'horloge à minuit comme à midi. Elles sonnent aussi le quart, belle image du quinze heures à table, l'un couché l'autre debout comme le dit la géométrie du cadran.

Jouons avec les aiguilles à angle droit, que fait-on quand la pendule sonne la demie, demi de quoi, demi de rien, demi de tout. Les aiguilles n'aiment pas les mathématiques quand elles doivent sonner les heures inutiles puisque le temps n'est rien, à quoi cela sert qu'il se manifeste. J'en resterai là du temps qui coule, la montre n'aime pas montrer, tromper le temps les mains sur les yeux, les mains sur les oreilles, tout s'entend dans le silence puisque les lèvres s'ouvrent.

C'est mathématique quand la trotteuse s'ajoute et alimente le petit 1 et le grand 1.

1 + 1 = 3

C'est une course contre la montre ces trois aiguilles sur le cadran, solaire je ne crois pas mais du soleil nous en avons fait des mathématiques sans ombre dit le poignet, membre porteur du temps. Tout est blanc là où le pouls bat la mesure, rouge aussi, comme les mathématiques les couleurs se discutent dans l'impulsion.

Tout ceci n'est qu'écriture car je n'aime pas les mathématiques, comment écrire quand le temps nous est compter, dirais-je conter. Raconter est ennuyeux mais imaginer propulse le temps, le temps sans aiguille

Et me voilà les yeux au ciel et les satanées aiguilles ne sont que des orages que j'ignore comme l'algèbre sur lequel je me suis assise si longtemps préférant le confort du rocher.

Me voilà partie dans le regard du ciel, il me faut éteindre les lumières c'est à dire juste les paupières et un cerveau toujours prêt à jouer avec les aiguilles, celles qui sont en moi, d'ailleurs elles portent un autre nom, flèche peut-être, singulier ou pluriel, qu'importe, on n'en reçoit qu'une seule à la fois, est-ce celle de midi ou de minuit, qu'importe c'est le long chemin, le quart n'étant qu'un chemin de traverse.

Tout ceci parce que l'on parlait de mathématiques plus haut et que je n'aime pas les mathématiques comme elles ne m'ont jamais aimée.

Je ne vous parlerai pas des chiffres père ou impair car nous y passerions la nuit

 

 

lutin - 11 - 11 - 2011

 

 

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05 novembre 2011

Secrets d'alcôve

 

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Rien que le vent et la terre
noirs comme la pupille 
Jusqu’à l'amer pétrifié 
C’est le monde qui rétrécit 
Le baiser sur la pierre 
Pose ses lèvres d’espérance
 

Est-ce parce que la terre a perdu son parfum

Est-ce parce qu'il n'y a plus de neige et les pas
Dans le blanc de tes yeux
Que l'on sent les embruns et leur chant
Au travers de la peau 


Le ciel pleure comme on murmure 
Alors que dans l'air sèchent la pluie 
Les fleurs et les oiseaux 
S'enfuient les orages 
Jamais les larmes retenues
 

J'écris d'un secrétaire de bois 
Entre ramures et hardes de mer  
Les secrets d'alcôve 
Dans les cris de la scie

 

 

lutine


 

 

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30 octobre 2011

Fin du bruit

 

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B - 03-11-2011

 


Ils volent si bas enfermés

trou blanc dans le silence

dédoublés dans le chemin perdu

le soleil dort

la mémoire tourne

poupée de soie au sourire éternel

juste des ombres faites de plumes

sanctuaire métallique trop près du monde

tournent sur elles-mêmes

puis le soir revient coucher les survivants

fêlure fine sous l’aile de l’oiseau

tu voudrais mettre de la musique

on ne sait pourquoi

alors tu coupes les roses fanées

sur un banc du jardin
 


lutin - 29-10-2011



 

 

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