les secrets de lutin

poésie et textes...Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

21 octobre 2009

Mots blancs

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14 mai 2009

Les assis


Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;


Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S'entrelacent pour les matins et pour les soirs !


Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.


Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L'âme des vieux soleils s'allume emmaillotée
Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains.


Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S'écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour.


- Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage...
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.


Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors !


Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez pris dans un atroce entonnoir.


Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales
Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever.


Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;


Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules
- Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.

Arthur RIMBAUD, Poésies 1870-1871

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21 avril 2009

"Dans ma maison sous terre" Chloé Delaume

Inspiration de ces mots "De ces secrets qui dévastent et ruinent l'identité"

et aussi de l'oeuvre de Anselm Kiefer

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Il faut casser les murs
en dehors de la peau
bouger de l’épaule au pied
sur un trapèze j’ai peur des jeux de l'enfer
de me déshabiller je me moque si l’on ne me touche pas

Il fait froid nu sous l'écorce
tout est noir le bleu au ventre
je n’écrirai plus sans harnais
la couleur de la peau et ses palpitations

Les chaises sont vides
les assiettes attendent les mains
les verres sont des miroirs émaillés
au fond des bateaux rouillés
dorment nos aimés sous le voile transparent de nos pensées

J’entends le silence étoilé peser sur mon dos
la mer pleine dégueule ses vagues sur le pont
cela n’avait rien de sexuel
la profondeur des yeux embrassant le vide
les corps en plein visage sur un champ de bataille

Sous le coude la musique céleste s’écroule
les bras s’agitent dans une noyade autour du cou
bouche ouverte la langue avale les mots
gémis au fond des draps
il est là l’amour lentement tu d’une folie passagère
d’un sang pollué sur une couche de glaise


lutin - 19-04-2009

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04 mars 2009

Le langage des viscères

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13 février 2009

Planète morte

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Il suffira de dire que c’était spirituel ces images de la nuit
quand les volets frappaient aux carreaux
j’ai senti mes jambes fuir
j’ai peint de la neige au couteau sur un mur
tué le cauchemar et réchauffé mes mains entre les pages d’un livre
récoltant des mots imprimés comme des pétales de roses
à pleines mains je les ai avalés
des lacets de cris ont étranglé la nuit
ai-je assassiné une autre vie plongeant entre les lignes d’un thriller ?

Quelle arme utilise-t-on pour oublier ?

une arme à feu

une arme blanche

ou à sang

Il faudrait refaire les bonnes connexions
savoir pourquoi la main se bloque alors que les doigts ne gèlent plus
sortis de la pierre ensevelie
blanc le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée
un point lumineux au centre montre le chemin de l’espace protégé
il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps
je me suis exercée à compter le cliquetis des touches sur le clavier
à la recherche des phrases sur lesquelles prendre appui
peau contre drap les lignes s’enroulent jusqu’à la gorge
la tête est une planète morte quand le sommeil fuit
dans l’envie d’un point d’eau, d’un coin de peau
entre deux livres, ivres de naître avant demain




lutin - 13-02-2009

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02 février 2009

voie d'ombre

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On se demande de quoi est faite la peau
chaque ride est-elle la griffe de la main loin d’ici ?
au bras si long qu’elle parcourt les espaces

Première cible, ils reçoivent les éclats perdus
la langue du serpent a vomi

Debout tu t’accoudes à la chaise
tu attends le vide de la tête
l’ombre de l’inconnu incrusté
tu soupçonnes la raison

Noires les idées – à mordre la chair
blanc l’os de la mâchoire – à retenir le cri
Contractée la bouche devient prison
folle elle se camisole

Tu attends le sommeil sans couleurs
protecteur des sillons creusés à l’emporte-pièce
d’un trop plein de rayons ultra-violets

Ailleurs dévastatrice la haine se propage
à  terre meurent les enfants innocents
on se demande pourquoi ?

Sous contrôle le crochet de l’enfer sort de terre

enferme dans son ventre les jeunes fruits
refusant le bonheur, les violons et les rires
crevant les espérances
meurent nos enfants
aux mentons lisses, les traits aussi

Sans rempart face au mauvais
suis-je en train de vivre la mort

alors que je flotte
suspendue à l’image

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lutin - 02-02-2009

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18 janvier 2009

Rien que le sel

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Oiseau j’ai nourri ta main de mon sel

m’enroulant dans le paysage de tes doigts
en son creux - les grains sur mes ailes
de l’intérieur j’ai arrêté le sens - dans une cage
spirale d’or autour du cou -  je me pends
grande strie sanguinolente

A  ton cou je suis l’anneau

écrivant sur ton dos
la patte cerclée de l’oiseau - migrateur
quand le vent un peu plus me porte
vers l’épuisement
à l’intérieur - notre démesure

J’ai couché les bourrasques

comme la vague contre le sable
quand la peau se tord – eau contre vent
ce sont les balbutiements de la renaissance
notre premier geste maladroit
autour de nous - rien que le sel

De nous - doigts liés

notre écriture sur le dos

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lutine

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09 janvier 2009

Oxygène en bouteille

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J'ai un verre à la main
la bouteille dans la poche
je ne sais pas boire sans un verre à pied
même si mon pied frôle le caniveau
et que le talon casse en angle droit
comme ma voix dans les ritournelles de mes désillusions

Je veux boire chic le petit doigt en l'air
je ne serai pas pocharde aux yeux cernés

le corps comme un arbre sec
les lèvres au goulot
je ferai illusion dans mes chansons articulées

au son d’un accordéon sous-marin
il ne faut pas avaler les mots
il faut du liquide chaud chatouillant les cordes vocales
le rond de la bouche formant des sons audibles

Je serai princesse de la nuit
Messieurs vous me baiserez la main sans l'espoir de soulever mes jupes
vos chansons à la cantonade ne sont pas miennes
je n'aime pas la vulgarité
je suis bon genre et me couche seule
sur le lit je tangue et m'accroche aux souvenirs d'un amour d'eau
les yeux fermés
seules les vagues puissantes de l'investigation du ventre remontent à la gorge
créant une paralysie du pharynx

C'est le chlore qui nettoie la peau
au matin d'une gueule de bois
ce n'est pas clore sa bouche
mais en chlorer les cellules humaines
comme l'éther sous le nez anesthésie la pensée
c'est le coton imbibé sous la langue
sniffé par le nez endormant la douleur
quand ça fait mal on se fouette au sang
on ouvre et l'on verse

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Ce n'est pas éclore à l'air libre
c'est donner de l'oxygène en bouteille
des bulles blanchies montent à la surface
la peau est désinfectée
d'un mal trop profond
en cratère sous la peau
au fond d'une piscine
d'eau chlorée
c'est aussi la naissance de bulles
éclatant en surface

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lutin

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09-01-2009

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07 janvier 2009

Maison déshabillée

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Derrière le papier peint
il y a une autre respiration
un passé écrasé dans le creux de la main
poing à jamais amnésique
si on n’en soulève pas le coin


Il y a la lumière diffuse dans l’œil
la voix faïencée qui tombe du plafond
dans l’ombre du tapis
les mots que l’on croyait morts
s’infiltrent sous la porte


Les draps blancs jetés comme des fantômes
pour ne pas perdre l’envoûtement
grimacent dans le désordre de la pièce
et les mots rampent en poussière de plâtre


Derrière la couleur des murs
il y a la blancheur des corps qui se mangent
dans la nudité, à même le sol
et les sons résonnent en cristal
au vent des sentiments


Dans une maison déshabillée
il y a une église
une amplitude dans le son de la voix
un ciel haut où se retrouver
une maison nue, c’est le monde à l’envers
fenêtres ouvertes



lutine

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03 janvier 2009

Espace protégé

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................................Il fait noir, la porte vient de se fermer, derrière, le froid et le vent poussent l’absence, dedans tombe la neige au cœur et l’odeur imprégnée reste encore. Il n’y a pas de sortie de secours avant longtemps, il faut attendre les branches construisant leurs parasols de l’été.

Il est 17 heures, il n'y a plus d'espace dans le manteau de la nuit, il n’y a que le noir de nos peaux suspendues à la cime d’un arbre éternel,  en transparence on y devine leur couleur originelle, rouge était le regard passion, vert était l’iris de l’espérance se mélangeant au velours de la peau, montée en puissance de la main cerclée de l’anneau. Un drapeau flotte au vent déchirant la pierre ensevelie, manipulation des éléments du bas vers le haut en toi et moi, androgyne.

Il y avait quelque chose qui suggérait l’expérience, la bouche et les lèvres, la façon de les serrer sans cesser de regarder l’arbre et son drapeau. Il y avait l’odeur hormonale, la sueur expulsant son envie à travers les pores frémissants.

Il y avait un fleuve en crue dans l’autre pièce emportant la branche, c’était une fascination étrange ces milles petites bulles attirées en spirales au centre de gravité. Scrutateurs les yeux ont suivi le mouvement, derrière la porte des gens cachés chuchotaient entre la mer et nous et nos mains faites d’os et de chair appelaient à l’aide à travers un mur de verre, habillée j’ai brisé la glace me retrouvant chaude prisonnière de l’eau.

Il suffira de dire que c’était spirituel ces images venues de très loin ou que la fièvre a crée le délire d’un trop plein de rhum. J’ai senti mes jambes se dérober sous toi ou moi androgyne. J’ai peint de la neige au couteau sur une toile pour tuer l’absence et réchauffer mes mains, ou bien ai-je assassiné une autre vie et bu le sang.

A  la fenêtre c’est encore hier,  les trottoirs jusqu’à l’extinction des pas gardent leur nappe blanche. Il faudrait refaire les bonnes connexions et savoir pourquoi la semelle piétine dans le froid alors que les doigts ne gèlent plus sortis de la pierre ensevelie et reconstruite.

Noir le ciel, d’un noir soutenu toute l’écriture empilée, les géraniums, point rouge au centre, montre le chemin de l’espace protégé.

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dormir

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lutin - 31-12-2008

Posté par lutinB à 18:27 - Ecriture libre - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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