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Saint Aignan - octobre 2017 

 

C’est une image qui revient sans cesse
cette incroyable précision, la main et le déhanchement
le pied aérien à peine posé au sol
une musique s’est tue sur le chemin sans aube
l’hiver a fermé les ponts
j’aimerais savoir où vont les couleurs de vivre
les vies et les voix
la lumière reflétée dans l’eau
les ombres qui marchent avec nous
où dorment-elles ?

En face de ma fenêtre un arbre a perdu ses feuilles
puis deux, puis trois gesticulent leur nudité
chair affamée de mains tendres
les trottoirs sont habillés de forêts déchirées
il y a cette agonie sur la route
la signature d’une saison qui a perdu son nom
j’aimerais faire un tour de manège le long des murs
me suspendre au cri des oiseaux
comme une eau dormante

Et l’eau que tout emporte
où respire-t-elle ? quand elle nous vole
un tableau  de Géricault
j’aimerais savoir pourquoi elle n’attend pas
l’engourdissement des feuilles
la pâleur des couleurs
le refroidissement de la peau
Pourquoi les fleuves se ressemblent
nourris d’étoiles et de boue ?