Rien que le vent et la terre
c’est Hiroshima
jusqu’à la forêt pétrifiée
aux grands arbres on leur demande de se taire
on s’asphyxie
on court comme l’on va à une manifestation contre le nucléaire
à la sortie du musée quelqu’un distribue des tracts
on prend le papier, on y parle du don d’organes la main sur le cœur
de peur qu’on nous l’ôte, il tape à l’intérieur
du bout des doigts on  le calme
le berce comme l’enfant


Est-ce aujourd’hui
est-ce demain que nos corps s’enrouleront
sans entendre le cri
les chaînes font silence, je cherche
je sais maintenant que les cartes sont distribuées
cartes retournées, il n’y a plus de jeu sur la table
ni de clauses particulières


C’est le monde qui rétrécit 
se contamine
lèvres closes on enchaîne
l’espérance, l'amour sans repos
la maladie est trompeuse
elle se couche
glisse le long du corps
s’arrête insidieuse
broyant quelques os
lentement elle ira
les lumières s’éteindront