09 mai 2016

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06 mai 2016

Je m'efface là

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"Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour."

Christian Bobin - La part manquante -


"L'amour c'est un fleuve. Il disparaît parfois. Il s'enfonce dans la terre. Il poursuit son cours dans l'épaisseur d'une langue. Il réapparaît ici ou là, invincible, inaltérable"......


jusqu'à l'instant où il n'est plus besoin d'écrire dans cet espace temps rempli d'amour, je me pose là.





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Bleu

 

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Tu mourras de tes insomnies
nos mains tremblent
nos doigts se cherchent
tout est différent
nous avons basculé
petites bêtes au bord du vide

Les poissons de pierre
enfantent sur le trottoir
reste donc un peu tranquille
j'aimerais te regarder encore
trop bleu éteindre la lumière

Nous nous sommes enfermés
dans la fenêtre ouverte
quand je tourne la tête
l'arbre se meurt dans sa maison
et invente des nuages

 

 

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01 mai 2016

Paris dégouline

 

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C'était Paris aujourd'hui
le train d'un point A vers un point B
stations aux miroirs gris
griffées de tags ensanglantés
ils ont l'air si fatigué les gens
inexistants sans arbre ni oiseaux
les pierres le long des rails métalliques

Silhouettes de papier mâché
il n'y a que l'aigreur de la pluie aux carreaux
flèches aux couleurs de mouette
certaines plus vivaces touchent terre
rejoignent congénères piétinés

C'est la course
au crochet de la lune
la morosité que la saison dissimule
les journaux coulent l'encre
ne pas lire
non ne pas lire lors du dernier train
sous le pied l'encre effacée
alors qu'on illumine les rues
sombrent les yeux sous la rame

Tout dégouline dans l'espérance du sommeil
les cernes lavés d'indifférence
courent vers la solitude
à l'abri de quoi
à l'abri de rien
du moindre bruit de pas

 

 

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Comme une nouvelle terre

Oskar-Kokoschka_Die-Windsbraut,-1914

Oskar Kokoschka 1914 - Die-Windsbraut


Les jours se couchent
les mots se consument
petites bêtes le long des doigts
aiguilles d'or et d'esprit
cousent espérance d'étincelles

C'est écrit comme des filaments
entre la tempête au creux des paumes
file la mer presque morte
les corps nus embrassant la terre
est-ce l'amour ce mouvement d'air ?

C'est la croix de l'église plantée
la présence de Dieu contre la nuit
sa parole prend forme se déchire
ma main qui s'ouvre et se ferme

Sous la fenêtre c'est l'orage
on lui coupe la parole
on ferme les volets
à l'image d'une maison bien rangée
et nos corps, nos corps suspendus
pourquoi se déforment-t-ils ?

On lève la tête
comme se relève la jambe
presque bleus nos yeux brillent
quelque chose a changé
quand on a perdu le cerceau
la poussière tout autour a changé
l'empreinte de nos pas, animale

J'ai l'air d'être comme tu es passé
on parle d'enfer sous les orties
comme une nouvelle terre

 

 

 

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