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L'herbe et les feuilles ont les empreintes
les semelles portent la terre et les odeurs
les pieds connaissent le chemin
même nus ils marchent à reculons

Et si c'était l'enfer
les plaisirs à la chaîne
les clous semés
on dit que les arbres en crèvent
de la faille labourée
dans les jardins aux grilles fermées

Derrière les armures au regard scrutateur les cordes se nouent
la lame s’affûte
d’un seul coup tombera sans cesser de regarder le ciel
et les voix se tairont

Un visage s’interpose entre la terre et moi
écrasé trop foulé
un pont levis s’érige
sur la pointe les pieds s’accrochent
comme on change les roues d’une voiture
se chaussent d’un autre destin

La terre se redresse
seuls des vêtements vides battent au vent
si fort qu’il emporte les parfums




lutine - 07-12-2009