25 novembre 2009
Impact
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J’ai fait l’amour avec le vent
frissonnant de peur entre lèvres et point d'impact
j'ai négocié l'inflexion de la voix
le tapis d’or s’en est allé
c'est comme s’il avait mis les mains dans mon ventre
pour en retirer tous les organes
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La vie n’est pas une quantité négligeable
c’est une histoire de sentiments
et l’on marche dessus
comme le théâtre d'ombres glisse vers l’après
réduisant l’humain à un tas de chair
regardé jusqu’à la hauteur du sexe
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lutine - 25-11-2009
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20 novembre 2009
Anthologie 2008-2009 de la Revue Francopolis éditée aux Éditions Clàpas
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Si vous aimez la poésie
Si vous aimez l'offrir
Si vous aimez le contact du papier entre vos mains
Découvrir des poètes
Nous sommes là dans l'espoir de vous plaire
Comme le dit si bien Serge Maisonnier, "Tous, ici, vous invitent à récolter la rosée de leurs prairies, à épouser leurs chants, à arpenter joyeusement leurs venelles embaumées."
Éditions Associatives Clapàs
10 Bd. Sadi Carnot
12100 Millau
*Prix : 12 euros
plus frais de port : 2,50 euros pour la France
et 4,50 euros pour l’étranger
19 novembre 2009
La forêt sent l'homme
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Nuit silencieuse
sur le tapis glissent les pas
détachés du corps
Ils ont desserré les mains
Une plume encre dans la terre glaise
Vole la page noircie
Poings déliés
Entre les mots... des Coraux
coupent la peau jusqu'à la cuisse
au travers du collant recousu
Comme la tombe profanée
ils n’ont plus de corps
les lèvres en...Suspension
en... Arrêt de mort
Les arbres résistent
sous la sentence l’humide pourrit la chair
papier mâché sous le baiser
Au sol
Silence et cheveux épars
Dans un livre ouvert
Un parfum dort
Il n'a plus d'odeur
regarde
si elle le regarde
assise dans l'humus
La forêt sent l'homme
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lutin - 19-11-2009
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17 novembre 2009
Khéops libérée
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On a quitté le mouvement
Les portails sacrés se sont refermés
Sur un fond camaïeu les lasers lancent leurs flammes
Au plafond les papiers se sont envolés
Les armes pointées criant la mort
Tuent les mots
Treize balles dans la peau pour un mot de trop
Le corps est droit
Les mains pressant le ventre
Des aiguilles sous les pieds agitent les braises
Comme la lumière réveille les jambes devenues rouges
C’est une résurrection la chambre souterraine
Le chant qui monte
Le faisceau encercle la taille et l’étrangle
La voix flambe écartant les barreaux
A la recherche du sommet elle ne cesse de monter
Et se tait
Autour d’une nuit si particulière
J’étais debout sur la tranche d’une vie
C’est un révélateur intense la trachée devenue pouls
Le tournoiement des pas jusqu’au pavé qui tremble
Comme un couvercle libérant le feu
lutine - 17-11-2009
16 novembre 2009
rectO-versO
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Bouche décousue
coupée en deux
mots plus bas
plus haut la voix
cisailles ouvertes
voilà
attends un peu
ne ferme pas les yeux
en eau forme la haine
à coups de rasoir
et crache
papier buvard
saturé
c’est le sang dans la voix
injecté dans la salive
langue pointue du serpent pris au piège
c’est du mercure au chrome sur la plaie de l’autre
le venin antidote sous-cutané
cargo de mots puants
projetés dans la tête lacérée
tissu de chair vivante
émiettée dans l’assiette
entre deux couteaux
tempête pulvérisée dans un verre d’eau
mensonges
en médicament de rémission
embryon de mort
glissant dans la salive avalée
un clou au fond de la gorge
dans l’œsophage un marécage
s’enfonçant dans l’estomac
un cri au bout de la langue
l’écho dans le ventre
sans oxygène
cherchant la porte de sortie
vers le bas
la haine sur le visage
le crachat est authentique
on l’apprend dans la rue
on l’offre à la pute
ramassis de fiente humaine
sur la mèche de cheveux
bouche laquée du fiel de l’homme
le nerf sectionné
elle ne sourit plus
lèvres en suspension
une balle
trois balles
plombée d’écume rouge
plus bas la voix
arrêtez la musique
capsule blanche pour quoi faire
sous la langue sèche
et si c’était la fin
embrasse Marie pour moi
lutine
14 novembre 2009
Femme accroupie
Une nouvelle escapade au musée Rodin
Je suis nue sur une table tournante .
Position ordonnée
Corps soumis
Dépossédé
J’aime vos yeux
Humiliation jouissive
Je vous laisse déshabiller le plus profond de mon être
Scruter les angles de ce corps docile
Pénétrer de vos pupilles dilatées l’ondulation de mes courbes
Asservie je pivote sur une table tournante
Toutes faces examinées
Dépouillées
J’aime vos mains
Intrusion enivrante
Je vous laisse habiller ce marbre de mes formes les plus profondes
Sculpter mon indécence exigée
Lacérer ma peau à coup de ciseaux
Envahir de vos doigts déliés les plis de mon intimité
Femme accroupie
Esclave de vos exigences
Cœur aliéné de dépendance
Corps approprié
Je suis un bronze prisonnier
Glacé d’indécence
Sur place publique
Lutine
10 novembre 2009
Ecrire de lutine -
J'ai beaucoup aimé le "Ecrire de Marguerite Duras", voilà comment je l'exprime.
...On parle d'inconscience quand la plume prend votre main, mais c'est cette magie que nous recherchons dans l'écriture, se lire et découvrir justement cet état couché sur la page blanche devenue noire de notre intérieur. Est-elle vérité ? je pense.
C’est étrange comme c’est indispensable d’être seule pour écrire. Comment s’intérioriser pour extérioriser si des parasites s’agitent autour de vous, juste le silence pour compagnon ou une musique permet ce recueillement. L’amoureux de l’écriture est un animal sauvage qui a besoin de se replier le temps de l’accouchement d’un texte.
Je vois au bord de l’écriture comme à l’aplomb de la falaise ce mouvement plongeant pour aller au fond de moi. Le vent se nourrit de mes pensées et lit en moi comme dans un livre ouvert, celui que je ne connais pas encore. Dans le sifflement de sa trajectoire il transporte mes états d'âme les mixant aux éléments. Sous la brûlure du soleil ils me reviennent en cortège de cendre et les doigts s’agitent sur le clavier.
Je ferme les yeux pour sentir la liberté, dans le noir je sors du carcan imposé par notre mode de vie, passant de l'état conscient à l'inconscient, la peau se lisse, les muscles se dénouent, ou l'inverse, se produit un dédoublement.
Devenir aveugle quand on sait que ce n'est pas irréversible. Un doux moment quand s’emballent les mots du cerveau à la pointe de l’épée. Avez-vous remarqué que les couples ferment les yeux quand ils font l'amour.
J’écoute toujours la même musique, celle qui réduit mon champ de vision à un point fixe dans le vide, et je danse en suspension vers le point final mais ce n’est jamais la fin dans le martèlement des touches, le leitmotiv des sons rentre en moi, là, face à cette table où tu es présent.
Je vois dans la peinture les images de mon écriture. Je laisse courir sur la trame ma vie mise à plat.
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Sous la chair il y a un coeur qui bat.
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lutine
09 novembre 2009
Ecrire de Marguerite Duras
"Il y a une folie d'écrire qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.
L'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait rien de ce qu'on va écrire. Et en toute lucidité.
C'est l'inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n'est même pas une réflexion, écrire, c'est une sorte de faculté qu'on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d'une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible, douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d'en perdre la vie.
Si on savait quelque chose de ce qu'on va écrire, avant de le faire, avant d'écrire, on n'écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.
Ecrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait - on ne le sait qu'après - avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. Mais c'est la plus courante aussi.
L'écrit ça arrive comme le vent, c'est nu, c'est de l'encre, c'est l'écrit, et ça passe comme rien d'autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie."
Marguerite Duras
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J'adhère tellement à ces mots, je les ressens si profondément, que j'ai du les lire mille fois cette semaine, et c'est ainsi que j'ai écrit lors de la création de mon blog dans son en-tête
Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....
lutine
06 novembre 2009
Symphonie
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Il y a ce vertige intérieur
danse solitaire
les yeux veulent être autre que pierre
du désert, la larme la plus cruelle
celle qui sèche à l’intérieur
s’est s’échappée
S’écoule le déluge
couvrant le visage d’une robe de sel
en couches successives de peau
jusqu’à paraitre blanc
parfaitement habillé
Vêtue de soie
je vous offre une flute de champagne
pour l’éloge de nous
dans la bouche des torrents de mots
Les glandes lacrymales ont inversé le sens
les arbres bientôt nus reflètent nos visages
enfermés tout l'été, et si c'était la fin
Mélangés nous nourrissons la sève
au printemps à quelles cimes serons-nous séparés
les haies dans la tête deviennent obsession
fantômes dont on ne peut défaire les draps
Enroulée sur un banc, je contemple l’envol des oiseaux
les paumes des mains en feu , respirant l’air empoisonné
l'hiver est une prison comme le lac gelé de mes yeux
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lutin - 07-10-2009
Ailleurs "Zorg" l'a mis à l'envers et cela fonctionne, merci à toi
l'hiver est une prison comme le lac gelé de mes yeux
les paumes des mains en feu , respirant l’air empoisonné
Enroulée sur un banc, je contemple l’envol des oiseaux
fantômes dont on ne peut défaire les draps
les haies dans la tête deviennent obsession
au printemps à quelles cimes serons-nous séparés
Mélangés nous nourrissons la sève
enfermés tout l'été, et si c'était la fin
les arbres bientôt nus reflètent nos visages
Les glandes lacrymales ont inversé le sens
dans la bouche des torrents de mots
pour l’éloge de nous
je vous offre une flute de champagne
Vêtue de soie
parfaitement habillé
jusqu’à paraitre blanc
en couches successives de peau
couvrant le visage d’une robe de sel
S’écoule le déluge
s’est s’échappée
celle qui sèche à l’intérieur
du désert, la larme la plus cruelle
les yeux veulent être autre que pierre
danse solitaire
Il y a ce vertige intérieur
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04 novembre 2009
Il y a des nuits
Dans les jardins du musée une oeuvre de Rodin
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Rien ne s’oublie – c’est incrusté sous la peau
Les habitudes des mouvements dans le lac glacé
Les pas craquent sous le poids lent de l’absence
s’écoule le silence du même habit vêtu
Il faut apprendre à dormir dans les courants d’air
dans l’isolement – sans la bûche près du feu
La main s’est échappée – c’est la voix
dans le couloir de nuit sombre
Sans respiration les yeux ne se ferment plus
le clocher sonne la fuite des odeurs - des heures aussi
Il y a des nuits - c’est la natte du temps tissé
S’instaure une relation étrange comme le vent que l’on attrape du bras
On le blottit là où les reins craignent le vide
On s’appuie dessus pour croire en la peau
La chaleur se dégage, et la voix monte de l’autre côté du rideau
C’est une descente lente dans le corps
le sucre des mots jamais entendus - jamais savouré
Si tu n’ouvres pas les yeux tu peux y croire
c’est chaud, c’est mou
mort à la fois - un corps en sommeil
Celui que l’on pose tout contre les reins
en boule ne pense pas – époux de tes formes
dans le lit il te prend le cou – t’emporte
lutine - 04-11-2009
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