31 août 2009
Jour sans fin
sur une sculpture de Camille Claudel
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Il faut laisser couler l’eau longtemps
La jambe aérienne tout au bord
Hâlée juste le temps d’une saison
Musclée dans l’effort comme l’avion
Mes yeux pour toi
Au regard fier
Une énergie silencieuse
Une forme de défonce, une reconstruction
Il reste si peu de temps
Le ventre gonfle
Dans l'attente d'une liaison
Entre départ et les genoux qui se cognent
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lutin - 30-08-2009
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24 août 2009
Mille traces laissées
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Tu as disparu sous la feuille morte, j’entends tes pas
Ils s’éloignent là où on ne voit pas le besoin naturel se faire
Je lève le nez, hume la chaleur dans les rangées d’arbres
Je cherche l’eau dans l’air, signe de vie sur la terre
Le pied aussi gris que la pierre, la peau couleur poussière
J’attends l’ombre dans le froissement du taillis
Tes jambes musclées et la voix
Qui prolonge le front droit
Elle est grande par rapport à moi
Elle se penche
Je vois son dos s’arrondir
Je vois les gestes qui s’enchaînent
Le short je ne le vois pas
Je vois les mains, le tee-shirt trop court
Tu es dans la couleur bleue au-dessus, dans la contraction de la course
Un baiser pour la route, du sel dilué dans la salive
A l’heure où le bronze nous habille
C’est le mouvement qui me rassure
Tes pas devant moi jusqu’au but
C’est une image entière contre l’écorce que j’aurai
Dos plaqué, ton ventre appuyé
Des pages pleines pour l’instant illisibles s’écriront
Quand la lumière s’en ira dormir jusqu’à demain
Patiemment elles se superposeront, par mille traces laissées
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lutin - 24-08-2009
22 août 2009
Syngué sabour ou Pierre de patience de Atiq Rahimi
Syngué sabour n.f. (du perse syngue "pierre" et sabour "patiente"). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l 'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate.... Et ce jour-là on est délivré.
Le mari, une balle dans la nuque est allongé, c'est un mort-vivant, son épouse égrainant son chapelet, à genoux près de la couche, fait un monologue de sa vie de femme, d'épouse, de mère, allant jusqu'à l'intime d'elle-même, pour la première fois de sa vie elle peut s'exprimer sans le risque de voir les coups tomber. Le mari devient sa Syngué sabour ou pierre de patience qui entend tout ce qu'elle dit, il ne bouge pas, ne parle pas, seule sa fonction auditive fonctionnerait...
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Brouillard du réveil
affecté des stigmates de la nuit
en noir et blanc des lacets de mots
un trait couleur arc-en-ciel mange le visage
des rêves chiffonnés
par les mots torsadés
sous la peau
Sous la langue
le venin file
purulent dans les coins de la bouche
antidote l’amnésie
efface au fil du temps
les larmes étranglées
dans la note noire du piano
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lutine - 21-08-2009
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19 août 2009
lutine à la mer
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C’est ici les colonnes et les mots sur le sable
C’est un endroit rempli d’eau
La mer crache
Se vautre sur le sable
Ce n’est plus un jeu
Dessus – Dessous
Où est l’homme ? qui est la femme ?
Entre les couleurs
Le bleu pour les garçons, l'autre pour les filles
Des lettres effrayantes s’inscrivent
Violentes et ivres
Dans des éboulis de sable
Elles pleurent mille fois amplifiées
Croulant sous le poids
A l’envers le sable sur la tête
Les yeux fermés
Un monologue s’instaure d’entre les vagues
Je t’accompagne comme un chien
Dans la mer devinée
On marche sur la plage, ombres phalliques
Les drapeaux ont ouvert le champ de vision
Les cabines de bain ont disparu
Ta voix m’appelle vers le noir
Je trace des lettres énormes qui barrent le chemin
Un caillou entre les doigts
J’attends la courbure de la terre
Il fallait faire demi-tour en haut de la butte
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lutin - 19-08-2009
18 août 2009
Petites mains
"une grande oeuvre dans de petites mains" "F" ma réponse
Mais que racontes-tu ? chaque chose à sa place, il faut être grands comme Camille ou Rodin ou comme à Versailles, voici le Gladiateur mourant, je croyais le dessiner easy... nous ne sommes que des écrivaillons ou des dessinriens, des riens quoi, et alors où est le problème on peut tenter et se faire plaisir, le plaisir il n'y a que cela de vrai.
L 'important est de savoir ce que l'on veut, ce que l'on vaut, et ne pas pét.... plus haut que son.....c... ceci en toute modestie, ce mot "modestie" fait partie de moi, je sais ce que je vaux, ce que je veux, si je devais avoir une prétention dans le monde de l'art je le saurais déjà, la fée ne s'est pas penchée sur mon berceau, mais j'ai envie de me frictionner à ce monde, pour moi, oui juste pour moi parce que ce monde je l'aime depuis toujours, mais une chose est certaine quande je serai morte on ne parlera pas de moi. J'ai vu deux fois l'expo Utrillo à la Pinacothèque, j'ai besoin de partager mes états, il n'avait aucune prétention, si ce n'est vendre ses peintures pour quelques verres de vin, s'il savait ce qu'il est devenu après sa mort.... A-t-il pensé une seconde que ses variations de blanc seraient des notes de musique à nos yeux, les siens au fond d'un verre dans un café. Delacroix n'en parlons pas, je suis allée trois ou quatre fois à l'Institut du Monde Arabe, quand on aime on ne compte pas, quant au musée Rodin j'en ai fait ma demeure, ressentant la violence de ces deux êtres et la lutte dans leur travail, qui sera le plus grand, l'élève ou le maître alors que je les voudrais enlacés dans l'art, dans la vie, dans la mort. Je me suis appropriée leur couple dans le mien.
Après ma mort que je souhaite le plus loin possible il n'y aura que les miens pour penser à moi, je lèguerai mon amour pour eux et là est le principal, mes écrits, mes peintures, seront un poids, je le sais déjà. J'y pense souvent, on ne peut pas brûler les textes ou les peintures d'une femme aimée, même s'ils ne sont pas bons, on les garde, comme on garde un bijou de famille, comme je porte les bijoux de ma mère, comme je regarde la photo de mon père dans le premier tiroir d'une table de nuit, comme je porte autour du cou ce que j'emporterai dans la tombe.
Pourquoi je te raconte tout cela, je ne sais pas, cela couvait en moi depuis si longtemps. J'ai dans ma chambre tant de souvenirs de mes parents, ma chambre n'est faite que de cela, je ne parlerai pas des tiroirs, tu comprendras un jour, un jour le plus loin possible, un jour ce que je fais meublera par amour une autre maison alors que je serai sous terre, quelquefois j'y pense et je ne veux pas léguer mes propres maux.
J'ai tant aimé, j'aime tant, que je vais continuer à écrire et à peindre. Me voici à confess F, mais tout cela est parti de tes mots "petites mains", il n'y a jamais de petites mains, il y a des mains et elles ont tant à dire, les petites mains sont pour l'obéissance, nous sommes loin de cela, n'est ce pas ? nous voulons nous libérer, nous avons un tel besoin de dire que nous sommes tombés dans le travers de la poésie pour nous exprimer, aimant la poésie d'abord, voulant aimer et être aimés, nous avons trouvé un moyen de communication au travers de l'écriture, l'écriture le déversoir d'accord, l'écriture racolleuse pas d'accord.
Mais pourquoi je te raconte tout cela, parce que tu parlais de "petites mains", non nous sommes des grandes mains qui veulent s'exprimer, oui F nous sommes de grandes mains parce que nous nous exprimons, nous sommes des géants, tu sais comme les ombres couchées sur le sol quand le soleil se couche, j'aime cette heure sur mon vélo, le monde est gigantesque alors que quelques heures avant nous n'étions que liliputiens écrasés par le soleil. Je te dis cela parce que je souffre aussi de ne pas sortir de l'ornière, oui je souffre comme ceux qui s'expriment sur le bleu. Je suis là pour le dire sous mon pseudo lutine, dévoilée par des cons je suis Bernadette Delage, comme on l'a écrit, sans mon autorisation, je me moque de ces gens, je les plains, je suis B/lutin/lutine/Bernadette Delage selon les évèvements, B pour les peintures, lutin pour un lieu sage, lutine pour le bleu où tout diverge et Bernadette Delage quand je m'adresse à des lieux où le nom le vrai est obligatoire, de mon nom on en fait ce que l'on veut, de mes mains si petites, je les regarde et je les fais travailler, et si sur ce bleu on écrit mon nom le vrai, sans mon autorisation, je m'en moque, je ne travaille pas pour des petits yeux et des petites gueules et les guerres intestines entre hommes et femmes, j'ai un besoin de m'exprimer, je suis B avant tout.
Tu disais "j'aime la justesse du trait" je n'en suis pas certaine, tu aimes le trait, mais tu es contre le classissisme, comme moi, je lutte aussi contre cela, trés difficile d'en sortir, car c'est là où il faut s'exprimer sans les béquilles qui nous entourent. Un jour je ferai du ski sans mes bâtons pour prendre les virages, les bâtons ont toujours été ma sécurité dans les descentes, sans bâtons je deviens l'enfant qui apprend à marcher et à chaque virage je tombe, oui je tombe car j'ai perdu mes repères et aussi mon père, un jour je nagerai sans bouger, un jour je courrai sans courir, un jour je dormirai les yeux ouverts, un jour je parlerai sans m'exprimer ou inversement, ce que l'on me reproche souvent, je vis de silences, un jour de mes silences j'en ferai une vie à haute voix. Dieu faites que je me débarasse de mes repères mais jamais de mon père. Tout ceci est née de tes mots "PETITES MAINS", qui est petit, qui est grand, qui est la référence, oui qui ? PRESENTEZ LE MOI.
Je pourrais continuer si longtemps mais je te libère F et ceux qui veulent bien me lire avec mes petites mains que je considère grandes en toute modestie, rien n'est petit sauf les petits mots d'amour si grands.
Quand j'étais enfant on m'appelait "souris" je fus aussi "lézard", chacun de ces mots doux a sa signification. D'entre tous je préfère "B" il est grand avec sa majuscule et se prononce "petite b", son écho et "O".
lutin/lutine/B/souris/lézard/...- 17-08-2009
16 août 2009
Jardin d'eau
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Volets clos
De bas en haut nos regards suivent les fenêtres
A quoi penses-tu ta main dans la mienne
Il y a un jardin d’eau au milieu de la ville
Au milieu du jardin flottent des bateaux
Je voudrais grimper le long des façades
M’élever comme la mouette criant en haut du mât
J’entends ta voix prisonnière du vent aller jusqu’à moi
Le ciel est devenu miroir
On suit la ligne d’eau
Le vent épousant nos formes
On écrira nos noms sur les portes des maisons
On fera des livres effacés par la mer
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lutin - 15-08-2009
15 août 2009
Etoile de mer
Animal échoué
ne pouvant rejoindre ses congénères
couché sur la roche
il avait soif
et vous le regardiez
foulant le sable d’un pas nonchalant
sous vos pas craque la vie sans importance
Il espérait des mains
attendait un radeau
voulant prendre la mer
quand la vague se retire
il espérait un geste humain
vous l'avez laissé là
où l’eau ne monte pas
Il a perdu l'odeur des embruns
la mer était sa maison
d'où on l’a chassé
entre les flaques il n’a pu nager
c’était un animal blessé
dans un monde rêvant de sirènes
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lutin - 15-08-2009
Des photos à regarder : http://theblackandwhiter.over-blog.com/
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14 août 2009
Essai
B - 14-08-2009
07 août 2009
Distance
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Je marcherai sur l'eau jusqu'à la libération
Juste le vent derrière moi chassant les orages
Me protégeant du noir
La lumière en éventail
La proue du bateau en forme d'aile
Un feu d'artifice en victoire
Le but atteint
Comment être
Espérer encore
Mêler à la mer le désespoir
Dans la nuit sans étoile
Sans toit
Comment nager loin
Sans toi
Ne trouvant que des mots
Entre les doigts serrés
Hissons la grand voile
Allons voir si la terre est ronde
Emmène-moi comme Christophe Colomb
Au sein de ton équipage je me confondrai
Si la terre n'est que disque alors je plongerai
Je rapporterai les profondeurs
Je raconterai la distance entre jour et nuit
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lutin - 07-08-2009
06 août 2009
Calcul mental
de Jean Crotti - la mariée dévissée - Musée d'art moderne
Quel est le moyen pour s’en sortir, il y a deux manières de dégager une forme par soustraction et par addition, je n’aime pas les mathématiques, comment retrancher ce qui ne vas pas dans la tête, jusqu’à l’échafaud pilant les moins du pied. Je suis architecte et j’échafaude dans l’espace les volumes, du vide je fais un plein de ce matériau impalpable en faisant un langage de tous les jours, ôtant la saleté et la bassesse, rendant possible tous les modelages, les constructions.
Quelques instants s’écoulent dans le silence puis reviennent résonner contre la fenêtre, derrière la porte, les signes des opérations. Tu as respiré dix fois dans la minute écoulée il y a quelques jours, il y a deux jours et quelques heures. Je ne divise plus en heures, en minutes et en secondes, je sais qu’il reste des tours à l’envers à défalquer aux années empilées. Au vingtième tour et quelques mètres où en serais-je du temps passé. Le temps que je calcule les heures tournent, les minutes chronométrées s’emballent et la mer monte alors que le soleil plonge dans l’eau. Le sablier entre les doigts écartés je compte la poussière, les graviers et la peau arrachée. J’additionne les vagues toutes les cinq secondes, la distance parcourue, les bulles d’air écrasées au sol, les intervalles entre flux et reflux, ils sont courts comme un électro épuisé.
Le bracelet-montre étanche maintient l’os du poignet, je peux te dire que 36 minutes se sont écoulées de l’absence à la présence, l’absence est la soustraction, le signe de croix l’addition autour du cou, la main si présente au croisement du signe. S’accroupir c’est se soustraire, de quoi, du regard, où est-ce la déconstruction. D’un geste rapide et habile, elle enlève le compte-tours du bras, arrache le cathéter, retire la seringue, il n’y a plus de temps derrière la porte, dans le couloir. Combien de souffles du rez de chaussée à l’étage, le tensiomètre sur la table est mort, plus de séquences dans les yeux esquintés, son regard s’égare.
Elle fait la moyenne des plus et des moins, à l’oblique lève l’appareil photos des sourires volés, la vingtième image est un homme sur son vélo égratignant le sol à coups de freins, traversant l’air à coups de jambes, il est vingt heures et les roues s’allongent, le métal devient immense et lui est équipé d’un corps de géant, là ce n’est pas du calcul mental c’est la déformation alors que treize canards se confondent dans l’eau.
A quelle température avons-nous fusionné, je crois qu’il faisait 20° en 2004 sur la pelouse haute de quatre centimètres à trois mètres de l'eau profonde de 1,50 m, le soleil à la vertical, il était midi et quelques secondes, nous étions cinq à compter nos prouesses, trois corps se sont soustraits, cinq moins trois égal 2, quatre jambes côte à côte, deux paires de mains. Elle replie le paréo où se décomposent les doigts, l'encre d'un livre à 200 pages écrit à quatre mains, le remet à sa place, dans l’angle de la chambre, elle vérifie le thermomètre, 33° le corps dans le vide, peut-être 37° si elle s’étale par terre la fièvre au ventre.
Elle recule d’un pas à la recherche de l’ombre, la lumière avance de deux pas, elle retire le drap, continue sa marche arrière de quelques mètres et centimètres jusqu’à la pelouse rase, un arbre à angle droit, inlassablement les rayons du soleil la couvrent, deviennent diamètre et cercle qui l’enferme. 39° la peau s’enflamme, deux comprimés pour la tête, pour le sang qui pulse, encore deux comprimés, quatre pastilles d’un même médicament, elle regarde lentement autour d’elle. A 180° c’est une tête qui dévisse, c’est une soustraction du corps, c’est revenir à la case départ :
Je n’aime pas les mathématiques, comment retrancher ce qui ne vas pas dans la tête, jusqu’à l’échafaud pilant les moins du pied.
lutine - 06-08-2009












