04 mai 2008
Achille
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Du papier froissable on voudrait faire du bronze, une matière invulnérable brillant au soleil représentant un pharaon dans la vallée des Rois.
On a tous voulu cela un jour.
Je m'y suis accrochée et je me suis ensablée comme tant d’autres.
Quand je marche mes pieds s’enfoncent à devenir humides, à trop creuser ils ont pris l’odeur du puits des morts.
Dans mes mains j’ai mis une matière noble à pétrir, de l’or dégoulinant dans l’interstice de mes phalanges.
J’ai senti le feu remonter au poignet, au coude, à l’épaule, dans ma nuque penchée sur l’ouvrage, des gouttes d’émotion perlant de ma peau, mes boyaux secoués d’une nervosité telle que la matière en rebondissait le long des parois en crampes successives.
Petit poucet mal éduqué j’en ai perdu ma route donnant au corps médical une litanie suspendue au plafond. J’ai un trou dans la maison qui prend pluie. J’ai l’orage dans la tête, la tempête dans le ventre, le vent sur la couche.
Une pierre éclatée s’est enfoncée dans le cosmos à la rencontre de la dé fusion, happée elle a laissé sa racine à arroser, une tête évidée comme la coquille de l’escargot avalé d’un coup de langue.
Je vomis un goût d’ail sous le palais quand le coq reçoit le premier coup de couteau dans la cuisse.
Il faut écrire maladroitement ce que les mains ressentent si bien sur la rive pleine de promesses abandonnée à la hauteur de la faille. Il faut encore respirer tant que le sarcophage est ouvert, tu n’es pas mort comme Achille.
De la pâte in modelable on voudrait faire du fer forgé à planter au sommet des églises, girouette météorologique des amours pour demain, comme nourriture quelques grains de sel au bout de la queue pour immobiliser le temps.
J’ai fait des nœuds avec les veines, j’ai tressé les muscles, j’ai cousu la peau, j'ai mouillé le talon.
lutin - 04-05-2008
Commentaires
toi, passionnée , toujours.
très fort .
un poème qui démontre nos limites
et les déceptions que donnent nos souhaits irréalisables
nous ne sommes que des humains.
l'art nous aide à croire un instant en nos illusions
il nous donne un moment de passion un moment de bonheur
tu semble l'avoir compris et il sera ton ami
où as tu trouvé l'illustration?
Achille ressemble à un origami
Je pensais en écrivant que la douleur pouvait venir du pied, la destruction de soi aussi alors j'ai pensé à Achille et c'est pour cela que je lui mouille le talon pour qu'il devienne invulnérable. L'illustration, c'est un travail de Johann Heinrich Füssli.
http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Johann_Heinrich_F%C3%BCssli_064.jpg
j'aime voir le texte avec l'image
on a tous notre talent-ou-talon d'Achille
je sais ! peux mieux faire ! (rires)
moi et mes phrases à deux balles parfois ;-)
bises ! un petit coucou au passage
avec l'image c'est tout autre
et ici le texte a plus de "densité" peut-être ?
j'ai vu le site de Devilliers (c'est ainsi j'espère que ça s'écrit)
ce que j'ai du mal à le commenter
c'est impossible ! j'espère que j'y arriverai un jour !
le talent et le talon, tu as exprimé un ressenti énorme, et quand les deux habitent la même personne cela tue.
ça tue dis tu!!
non ça crée
ça fait vivre l'art
je ne comprendrai jamais pourquoi la plupart des oeuvres naissent dans les périodes les plus tristes ou les plus mélancoliques
quand ce n'est pas pendant les guerres...
l'art serait il un cri?
O U I, si je pouvais écrire plus gros je le ferai !
le cri de Munch
crier si fort ouvrir si grand la bouche que le mal s'en envolerait très loin pour toujours emportant tous les briseurs de rêves avec lui
pour s'écraser contre une banquise glacée
Merci chères Dames
Oui, merci de m'avoir fait penser à MUNCH le phtisique (rouge) ... du coup, j'ai tapé une vieille lettre en 4 actes où je citais ses propres mots :
http://www.maisoublanco.fr/wordpress/?p=107
Par contre le rapport entre la mort et le talent m'échappe complètement.
Une piste serait peut-être de considérer l'art comme un antidote de la société. La rigueur allemande amène le romantisme - celle des catalans (les commerçants espagnols) apporte Dali, Picasso, Miro ???
Je cherche la caractéristique française - l'empire du milieu ? - quel serait son antidote ? A vous de travailler.
Amicalement
Merci chères Dames
Oui, merci de m'avoir fait penser à MUNCH le phtisique (rouge) ... du coup, j'ai tapé une vieille lettre en 4 actes où je citais ses propres mots :
http://www.maisoublanco.fr/wordpress/?p=107
Par contre le rapport entre la mort et le talent m'échappe complètement.
Une piste serait peut-être de considérer l'art comme un antidote de la société. La rigueur allemande amène le romantisme - celle des catalans (les commerçants espagnols) apporte Dali, Picasso, Miro ???
Je cherche la caractéristique française - l'empire du milieu ? - quel serait son antidote ? A vous de travailler.
Amicalement
PAUL ELUARD
Reprenant la phrase d'Adeline "le cri emportant tous les briseurs de rêves", voici un poème du poète français qui nous a transmis les germes de ce qui peut nous sauver (début de ma conclusion à une critique du film Alphaville sur des textes de P. Eluard) :
Pour ce film que j'adore, je m'autorise à citer un poème de Paul ELUARD non référencé dans Alphaville.
Il peut être adapté à la description de certains de ces hommes de pouvoir incapables de voir la beauté dans la diversité ... et à nous-même lorsque le pessimisme et l'isolement nous submergent :
Ils n'animent plus la lumière
Ils ne jouent plus avec le feu
Pendus au mépris des victoires
Et limitant tous leurs semblables
Criant l'orage à bras ouverts
Aveugles d'avoir sur la face
Tous les yeux comme des baisers
La face battue par les larmes
Ils ont capturé la peur et l'ennui
Les solitaires pour tous
Ont réduit le silence
Et lui font faire des grimaces
Dans le désert de leur présence.
L'amour la poésie – Seconde nature XX.
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