les secrets de lutin

poésie et textes...Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

14 avril 2008

Ultime

araign_ebourgeois

Il plonge dans sa tête
alors qu’elle perd pied

Elle nage dans son ventre
alors qu’il est dans sa tête

Elle serre les dents pour ne pas l‘avaler
elle ouvre les yeux pour l’oublier

Elle noue ses mains pour ne pas le tuer
elle s’attache les pieds pour ne plus flotter

.

Il pend dans le vide
ses pas à la recherche de la veille

Suspendu  il se heurte à sa folie
et remonte le fil

Gesticulations stériles
de sa démence il en fait un rituel

En nourriture des images en pagaille dans la tête
dans le ventre il ne reste rien

.

Rien que la culpabilité
semée et l’absence nécessaire

Sur la peau la destruction
dans l’oeil le cyclope en mémoire

lutin - 14-04-2008

.

Un transfert : la destruction et la reconstruction du père

louise_bourgeois

Posté par lutinB à 22:30 - Ecriture libre - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Salut Lutin

A donner le vertige

Posté par marlene, 16 avril 2008 à 17:15

Oui même au ras du sol. Merci Marlène de ta visite.

Posté par lutin, 16 avril 2008 à 23:30

écrire n'est pas dire, mais écrire c'est expulser, exprimer, presser hors de soi, dans cet acte salvateur je te salue petit Lutin courageux. bisous.

Posté par Pant, 17 avril 2008 à 21:54

Amusant ce que tu écris, alors écrire c'est être une grappe de raisin, d'abord on la tient dans la main, puis elle va dans le pressoir et on la piétine avec les pieds pour en sortir le jus, puis sorti du tonneau on boit le vin quelques années plus tard. Si je dois boire le vin de tout ce que j'ai écrit alors je préfère me mettre à l'eau, cela ne sera pas un vin de qualité.

Posté par lutin, 17 avril 2008 à 22:02

Comme Marlène je reste assise pour ne pas tomber...
la violence de la première partie
oserai-je te dire que je m'y reconnais?
moi qui serre tellement des machoires quand je vais chez ma mère
que depuis des années
j'ai perdu toutes mes molaires les unes après les autres... Comme les serpent, j'aurais sans doute mordu
avec les dents du fond
j'ai préféré le perdre.

Posté par Viviane, 18 avril 2008 à 09:59

Et l'araignée mord aussi, pourtant elle n'a pas de dents, elle laisse sur la peau une boursouflure rouge, le venin distillé fait son oeuvre en sourdine.

Posté par lutin, 18 avril 2008 à 12:22

Toute une atmosphère ici ! J'étais intriguée, cherchant le lien entre l'image et le titre "ultime". Cette araignée, prête à remonter comme sur son fil, ces lignes écrites.
Je n'arrêtais pas de me demander c'est qui "elle", c'est qui "il" ?
Vient alors l'ultime image... Originale, cette représentation du "transfert" qui défait d'un sourire la tension grimpée peu à peu.

Posté par Marianne, 18 avril 2008 à 14:17

"Ultime" pourquoi ? c'est aussi quand on a tiré trop sur le fil, il CASSE. Merci Marianne de chercher à dénouer l'intrigue.

Posté par lutin, 18 avril 2008 à 17:17

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