14 avril 2008
Ultime
Il plonge dans sa tête
alors qu’elle perd pied
Elle nage dans son ventre
alors qu’il est dans sa tête
Elle serre les dents pour ne pas l‘avaler
elle ouvre les yeux pour l’oublier
Elle noue ses mains pour ne pas le tuer
elle s’attache les pieds pour ne plus flotter
.
Il pend dans le vide
ses pas à la recherche de la veille
Suspendu il se heurte à sa folie
et remonte le fil
Gesticulations stériles
de sa démence il en fait un rituel
En nourriture des images en pagaille dans la tête
dans le ventre il ne reste rien
.
Rien que la culpabilité
semée et l’absence nécessaire
Sur la peau la destruction
dans l’oeil le cyclope en mémoire
lutin - 14-04-2008
.
Un transfert : la destruction et la reconstruction du père
Commentaires
Salut Lutin
A donner le vertige
Oui même au ras du sol. Merci Marlène de ta visite.
écrire n'est pas dire, mais écrire c'est expulser, exprimer, presser hors de soi, dans cet acte salvateur je te salue petit Lutin courageux. bisous.
Amusant ce que tu écris, alors écrire c'est être une grappe de raisin, d'abord on la tient dans la main, puis elle va dans le pressoir et on la piétine avec les pieds pour en sortir le jus, puis sorti du tonneau on boit le vin quelques années plus tard. Si je dois boire le vin de tout ce que j'ai écrit alors je préfère me mettre à l'eau, cela ne sera pas un vin de qualité.
Comme Marlène je reste assise pour ne pas tomber...
la violence de la première partie
oserai-je te dire que je m'y reconnais?
moi qui serre tellement des machoires quand je vais chez ma mère
que depuis des années
j'ai perdu toutes mes molaires les unes après les autres... Comme les serpent, j'aurais sans doute mordu
avec les dents du fond
j'ai préféré le perdre.
Et l'araignée mord aussi, pourtant elle n'a pas de dents, elle laisse sur la peau une boursouflure rouge, le venin distillé fait son oeuvre en sourdine.
Toute une atmosphère ici ! J'étais intriguée, cherchant le lien entre l'image et le titre "ultime". Cette araignée, prête à remonter comme sur son fil, ces lignes écrites.
Je n'arrêtais pas de me demander c'est qui "elle", c'est qui "il" ?
Vient alors l'ultime image... Originale, cette représentation du "transfert" qui défait d'un sourire la tension grimpée peu à peu.
"Ultime" pourquoi ? c'est aussi quand on a tiré trop sur le fil, il CASSE. Merci Marianne de chercher à dénouer l'intrigue.
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